Crâne humain

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Crâne humain

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Crâne humain vu de côté

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Schéma simplifié d'un crâne humain vu de face

Données
Latin cranium

Chez les vertébrés, le crâne est la partie supérieure du squelette. Il est essentiellement destiné à protéger le cerveau. Il repose sur le rachis cervical par l'intermédiaire de l'atlas ou vertèbre C1, et maintien en antérieur le massif facial. Chez l'Homme, l’ensemble composé par la tête et le crâne représente environ un huitième du poids du corps et est la partie la plus solide du corps. Le crâne humain a également d'autre fonctions : cavités de résonance pour le chant et la voix, cavité de thermorégulations. Cet ensemble d'os a évolué au cours des derniers millions d'années. Les mouvements du crâne sont ceux de la tête et sont dus aux vertèbres cervicales qui permettent :

  • la rotation antérograde et rétrograde sur le couple atlas/axis ;
  • les flexions antérieure, postérieure et latérales droite et gauche.

Description[modifier | modifier le code]

Le crâne humain est composé de la boîte crânienne, ou neurocrâne, et du massif facial, ou viscérocrâne, ou même splanchnocrâne.

La boîte crânienne[modifier | modifier le code]

La boîte crânienne, ou neurocrâne, comprend deux parties :

  • la voûte, (ou calvaria) formée de plaques osseuses, soudées entre elles par des sutures interdigitées extrêmement solides. À la naissance, les os de la calvaria sont séparés par des fontanelles, qui permettent la croissance de la boîte crânienne.

Comme le cerveau, schématiquement, la voûte comprend quatre parties ou pôles :

    • frontal ou plutôt fronto-orbitaire, à l'avant (formée des os frontal, ethmoïde, sphénoïde et percé de cavités pneumatiques creuses : les sinus) ;
    • pariétal droit et gauche, latéralement (os pariétal et temporal) formant les tempes, zones les plus fragile de cette boîte ;
    • occipital à l'arrière (os occipital).
  • le plancher (ou base du crâne), formé de trois fosses crâniennes  :
Vue endocrânienne du plancher d'un crâne humain
    • La fosse crânienne antérieure, composée de la partie orbito-nasale de l'os frontal, de la lame criblée de l'ethmoïde et des petites ailes du sphénoïde
    • La fosse crânienne moyenne, composée des grandes ailes et de la partie supérieure du corps du sphénoïde, ainsi que des parties pétreuse et tympanique et de la région infra-zygomatique de la partie squameuse de l'os temporal.
    • La fosse crânienne postérieure, composée de la partie postérieure du dos de la selle turcique du sphénoïde, de la face postéro-supérieure de la portion pétreuse de l'os temporal et de l'os occipital.

Le plancher est donc limité par l'os occipital en arrière et la partie supra-orbitaire de l'os frontal en avant. Il est percé de trous laissant passer les différents éléments innervant ou permettant la circulation sanguine à l’intérieur du crâne. On retrouve selon un axe antéro-postérieur :

Le massif facial[modifier | modifier le code]

Crâne « éclaté » présentant les sutures osseuses et les os séparés. Utilisé pour l'enseignement médical, XIXe siècle, Archives médicales militaires des États-Unis.

Le massif facial est formé de quatorze os :

Rôle des os du crâne[modifier | modifier le code]

Os de structure[modifier | modifier le code]

Vue de face Vue de face
Vue de face
Vue de côté Vue de côté
Vue de côté


Les os structuraux sont au nombre de neuf :

  • Os frontal, front et voûte orbitaire ; placé en avant du crâne et des deux os pariétaux ;
  • Os occipital, arrière et base du crâne ;
  • Os pariétaux, au nombre de deux. Calotte crânienne et parties latérales du haut du crâne ;
  • Os temporaux ; au nombre de deux. Situés sous les pariétaux ce sont les os les plus fragiles du crâne, car les plus minces.

Ces os sont larges, plats ou convexes :

  • Sphénoïde, base du crâne, calvaria et massif facial ;
  • Ethmoïde, entre les orbites participe à la fosse crânienne antérieure par sa lame criblée et le processus crista gali, ces deux structures viennent s'encastrer dans l'incisure ethmoïdale de l'os frontal ;
  • Maxillaire, forme la mâchoire supérieure.

Ces trois derniers et le frontal contiennent les sinus : espaces creux remplis d'air (espaces pneumatiques).

Os fonctionnels[modifier | modifier le code]

Ou « petits os », en nombre variable, ce sont :

  • Os lacrymaux (à l'intérieur des orbites)
  • Vomer (dans la cavité nasale)
  • Os palatins (voûte du palais osseux)
  • Zygomatiques (sous les orbites)
  • os ou osselets de l'oreille moyenne : de chaque côté ; les trois os de l'audition :
  • Os surnuméraires ou wormiens (nommés d'après Ole Worm (1588-1654)).

Maladies du crâne[modifier | modifier le code]

Ce sont celles du squelette :

Déformations du crâne[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Déformation volontaire du crâne.

Les déformations volontaires du crâne sont des malformations induites par certaines cultures pour des raisons sociales ou esthétiques :

  • déformation burgonde ;
  • déformation inca ;
  • déformation toulousaine[1].

Le crâne vu par différentes disciplines[modifier | modifier le code]

Reconstitution d'un visage d'homme préhistorique à partir d'un crâne au muséum d'histoire naturelle de Lille

Anthropologie[modifier | modifier le code]

L'étude des crânes (chargée de science mais aussi de légendes) forme une partie importante de cette discipline.

Paléoanthropologie (Préhistoire)[modifier | modifier le code]

Le crâne abrite les structures nobles et son étude est prépondérante dans la connaissance du vivant, encore plus dans l’étude des hominidés. L’assemblage de ses structures osseuses très complexes étant relativement robuste il n’est pas rare de retrouver des crâne entier ou des fragments utile pour l’étude.

Le processus de fossilisation étant complexe au-delà de 100 000 ans l’os n’existe plus et est remplacé par une structure minérale qui peut être datée.

Ostéopathie[modifier | modifier le code]

Certains ostéopathes disent pratiquer des techniques crâniennes dans le but de mobiliser les os du crâne et de lever leurs restrictions de mobilité. Pourtant plusieurs études anatomiques indiquent depuis des années que les os du crâne ne bougent plus après l'âge de douze ans.

La mobilité des os du crâne décrite par les ostéopathes pourrait en fait être une illusion proprioceptive[2] due à l'effet idéomoteur. En utilisant cette approche ils abaisseraient le tonus musculaire inhérent des muscles du crâne et du cou et lèveraient ainsi des tensions musculaires et fasciales.

Phrénologie[modifier | modifier le code]

Illustration d'une revue populaire de vulgarisation scientifique en 1874.

Du grec phrenos (« diaphragme » ; relatif au diaphragme ou à l'esprit), la phrénologie est la discipline qui étudiait la forme des crânes et spécialement leurs « bosses » pour définir les caractères psychologiques de ce dernier. Elle reposait sur la croyance erronée que la conformation du crâne pourrait être corrélée à la physiologie du cerveau et sur les fonctions intellectuelles de l'homme. Inventée par François Joseph Gall, elle connut son heure de gloire au XIXe siècle. Il n'en reste de nos jours que l'expression « la bosse des maths ».

Secourisme[modifier | modifier le code]

La prise en charge de victimes susceptibles de présenter un traumatisme du crâne nécessite de réaliser et transmettre un bilan spécifique détaillé. Celui-ci se révélera important pour la prise en charge médicale de la victime et le diagnostic de ses lésions[3].

Chakralogie[modifier | modifier le code]

Selon certaines croyances, le crâne, siège de la pensée, et donc du commandement suprême, serait le chef des quatre centres, par lesquels les chakras schématiseraient une représentation macrocosmique de l'Homme ; les trois autres centres étant situés à la base du sternum, au nombril et au sexe. Il en est de même chez l'ethnie africaine des Bambaras.

Littérature[modifier | modifier le code]

« Mais arracher des enfants à leur activité normale, qui est celle de l'agitation inutile et joyeuse, pour les enfermer entre quatre murs où pendant des années on leur empile dans le crâne des notions abstraites, c'est la torture la plus masochiste que l'homme ait inventée contre lui-même. »

— René Barjavel, La Charrette bleue, Denoël, p. 145

Peinture et symbolique[modifier | modifier le code]

El Gréco, Marie-Madeleine pénitente

Présent dans certaines natures mortes, notamment les vanités, le crâne symbolise le temps destructeur et la vanité de tout attachement humain aux choses périssables. Il peut être également l'attribut de la mélancolie ou connoter la repentance, la méditation et la préparation à la mort (Memento mori). Il est l'attribut de Marie de Magdala dans les représentations de Marie-Madeleine pénitente.

Mais le crâne figure aussi au pied de Jésus mort sur sa croix (sur le Mont du Crâne, le Golgotha) en référence au péché qu'il aurait racheté suivant la tradition chrétienne, celui d'Adam, et dont ce serait le crâne.

L'un des exemples les plus commentés de memento mori, figure dans le tableau d'Holbein, les Ambassadeurs, dont une forme allongée barre le tableau et qui s'avère être, quand on observe l'œuvre à un certain angle, l'anamorphose d'un crâne humain.

La tête de mort assortie de deux tibias croisés est l'emblème de la piraterie. C'est également l'icône qui sert d'avertissement pour représenter un danger, par exemple un produit toxique.

Galerie[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Sur la déformation toulousaine du crâne - Paul Broca, Bulletins et Mémoires de la Société d'anthropologie de Paris, 1871, pp. 100-131
  2. Pierre de Lasteyrie « Le mouvement crânien : une explication par l'effet idéomoteur » Osteopathie-64.fr, 2011
  3. Les traumatismes du crâne - Secourisme.net, 7 janvier 1999

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]