Calavera (Mexique)

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Une calavera en sucre.

Les calaveras, dans leurs différentes formes, sont des symboles du Jour des morts et de la culture mexicaine officielle mise en place dans les années 1920 par les gouvernements nationalistes issus de la révolution de 1910 qui cherchaient à unifier le pays en lui donnant notamment une culture plus uniforme[1].

« Calavera » désigne en espagnol un crâne humain ou « tête de mort » (« une tête humaine entière dépouillée de sa chair et de sa peau[2] »).

Par métonymie, « calavera » désigne également une figurine à la tête de squelette[3] (bien que « calaca » désigne dans la vie quotidienne un squelette entier ou la représentation d'un personnage entier sous forme de squelette).

  • Les calaveritas de azúcar (« petits crânes en sucre »), également appelées calaveras de dulce (« crânes en sucrerie ») ou calaveras de alfeñique (« crânes en pâte de sucre »), sont utilisés pour orner les autels lors du Jour des morts[3] et peuvent être mangés[4] ;
  • « Calavera » peut se référer à toute représentation artistique de crânes, comme les lithographies de José Guadalupe Posada ;
  • Les « calaveras literarias » sont des poèmes composés à l'occasion du Jour des morts mais destinés à moquer les vivants.

Crânes en sucre[modifier | modifier le code]

Calavera de azúcar

Une offrande et un don[modifier | modifier le code]

La calavera est utilisée principalement durant le Jour des morts mais elle peut l'être toute l'année, principalement sous forme de caricatures politiques ou satyriques.

Elle représente un crâne anthropomorphique.

Il peut s'agir :

  • d'une offrande à un mort ;
  • d'un don à un proche.

Rites et mises en scène[modifier | modifier le code]

Plusieurs pratiques sont toutefois d'usage courant parmi ceux des mexicains qui fêtent leurs morts :

  • en famille, s'échanger des calaveras à l'effigie ou portant le nom de l'autre ;
  • des calaveras sont mises en scène dans des petits autels au foyer ;
  • une calavera à l'effigie du défunt peut être déposée en offrande sur sa tombe.

La calavera au sens strict (crâne seulement) est destinée à reposer sur une surface plane et à ne présenter que la face, et, éventuellement, l'arrière du crâne. Si elle porte le nom du défunt que sa famille veille en ce Jour des morts, elle est destinée à le nourrir. C'est une offrande à un mort et il y en a d'autres ce jour-là. L'offrande prend son sens pour l'individu qui la fait s'il pense que le défunt erre ce jour-là sur Terre, et a les mêmes préoccupations matérielles que les vivants. Pour ceux et celles qui n'ont pas cette croyance, l'offrande, le don à un mort, garde toutefois son sens de deuil et de travail de mémoire : faire une calavera à un mort, c'est consacrer du temps pour façonner un objet à son image ou à son nom.

Fabrication[modifier | modifier le code]

Article connexe : Alfeñique.

Les calaveras peuvent être en pâte à sucre, s'apparentant alors à des bonbons, mais peuvent également être faites avec des graines d'amarante ou du chocolat[4]. Leur usage est malgré tout davantage décoratif et symbolique qu'alimentaire. Les décorations des calaveras sont le plus souvent des glaçages faits à partir de sucre glace et de colorants alimentaires, mais aussi des papiers ou des petits objets collés.

De nos jours, la fabrication industrielle a souvent remplacé les fabrications familiales, l'aspect commercial de la fête fait que la pâte et des moules sont produits industriellement.

Autres[modifier | modifier le code]

Des gravures subversives[modifier | modifier le code]

La Calavera Garbancera.
Manuel Manilla : Squelette de Guadalajara

Les calaveras, ce sont aussi ces personnages de lithographie ou d'eau-forte nés sous les pointes de Manuel Manilla au début du XXe siècle.

Souvent mal attribuées, mais dans tous les cas ré-appropriées et popularisées par son élève José Guadalupe Posada, ces caricatures « calavérisent » toute la société mexicaine, en forme de squelettes. Toutes et tous y passent : Don Quichotte, les fêtards, les dandys indigènes qui vivent comme les européens (cas de la Calavera Garbancera, dont Diego Rivera s'est inspiré pour sa Calavera de la Catrina dans son mural Sueño de una Tarde Dominical en la Alameda Central terminée en 1947) les bourgeois, les religieux, les indigènes, sans oublier l'armée et les puissants.

Ces gravures s'adressaient en premier lieu à des gens éduqués appartenant principalement a la petite bourgeoisie à laquelle appartenait Posada, qui se sentaient abandonnés par le gouvernement de Porfirio Díaz et aspiraient aux responsabilités politiques et aux postes lucratifs dans l'administration gouvernementale.

Poèmes[modifier | modifier le code]

Aujourd'hui, on appelle « calaveras literarias », ou encore « poème moribond », un poème humoristique, potentiellement ironique ou satirique, écrit aux alentours du Jour des Morts. Il évoque le décès et laisse deviner le nom d'une personne connue du public, couramment un homme politique, un artiste, un ami ou un membre de la famille encore vivant. Il s'agit d'une tradition orale et écrite.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (es) Fernando Solana, Historia de la educación en México, Fondo de Cultura Ecónomica, México, 1982 (ISBN 968-16-090-18), 642 pages[réf. insuffisante]
  2. (es) Diccionario ideologico de la lengua espagnola, Editorial Gustavo Gilli S.A. Barcelona, España [réf. insuffisante]
  3. a et b (en) Day of the Dead - Amy Luscinski, Vanderbilt University [PDF]
  4. a et b (es) « son también una forma de agasajar nuestro paladar » : Las calaveritas de azúcar, una dulce tradición para el día de muertos - CONACULTA, 31 octobre 2011

Annexes[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]