Nerf vague

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Illustration du trajet du nerf vague dans le corps.

Le nerf vague, également appelé nerf pneumogastrique ou nerf cardio-pneumo-entérique, est le Xe nerf crânien. C'est une voie très importante de la régulation végétative (digestion, fréquence cardiaque…) mais aussi du contrôle sensorimoteur du larynx et donc de la phonation.

Le nerf vague est le nerf crânien dont le territoire est le plus étendu (d'où son nom). C'est un nerf mixte qui convoie des informations motrices, sensitives, sensorielles et surtout végétatives parasympathiques.

Au sein du système parasympathique, il constitue la principale innervation efférente du cœur. En 1921, Otto Loewi a, le premier, mis en évidence la transmission synaptique en montrant que la stimulation du nerf vague entraînait une sécrétion d'acétylcholine qui induisait un ralentissement du rythme cardiaque[1]. Le nerf vague est plus généralement une voie importante de la viscéromotricité des appareils cardio-vasculaire, trachéo-broncho-pulmonaire et digestif ainsi que de la régulation des sécrétions des glandes surrénales, du pancréas, de la thyroïde, des glandes endocriniennes et du système digestif. Il transmet aussi des informations viscérosensitives (notamment la pression sanguine aortique).

Sur le plan moteur, il innerve les muscles lévateurs du voile du palais et certains muscles constricteurs du pharynx et du larynx. Il assure aussi la transmission de la sensibilité somatique du pharynx, du larynx, et de l'épiglotte ainsi qu'une partie des informations gustatives.

Anatomie du nerf vague[modifier | modifier le code]

Les fibres nerveuses (filets nerveux) constituant les nerfs craniens proprement dits prennent naissance dans de petits îlots de substance grise disséminés dans la substance blanche de l'encéphale. Puis chaque nerf pneumogastrique quitte la boîte crânienne par le foramen jugulaire, descend dans le cou dans la gaine carotidienne (précisément en arrière de la veine jugulaire interne et de l'artère carotide interne), longe l'œsophage, passe dans le médiastin puis le diaphragme et arrive dans l'abdomen où il se termine en de nombreux filets nerveux distribués au foie, à l'estomac pour le vague gauche et à l'ensemble des viscères de l'abdomen. À l'intérieur du nerf pneumogastrique chemine un autre nerf : le nerf récurrent qui innerve les cordes vocales. Il s'agit d'un nerf mixte car possédant des fonctions motrices et sensitives. Néanmoins, la fonction principale du nerf pneumogastrique est végétative (automatisme, autonomie). Durant son trajet il donne plusieurs rameaux pour les organes sus-diaphragmatiques. On retrouvera un « rameau laryngé supérieur », « pharyngé », « cardiaque supérieur », un « rameau du corpuscule carotidien », tous prenant naissance au ganglion plexiforme (ou ganglion inférieur du X). D'autres rameaux partent du nerf tels que le rameau récurrent qui passe sous l'artère sous-clavière à droite et sous la crosse de l'aorte à gauche et qui va aller s'immiscer dans la loge thyroïdienne pour se finir à l'union laryngo-pharyngienne (de ce récurrent part le nerf cardiaque moyen). Émergent ensuite un « rameau œsophagien », « pulmonaire » (qui avec son homologue vont former le plexus pulmonaire), « broncho-pulmonaire », « cardiaque inférieur » (les trois rameaux cardiaques formant le plexus cardiaque) et des « rameaux trachéaux ». Puis les deux vagues vont s'épanouir au niveau des viscères et du plexus solaire après être passés dans l'orifice du diaphragme en compagnie de l'œsophage.

Noyaux centraux du nerf vague[modifier | modifier le code]

Les neurones préganglionnaires du nerf vague émanent du bulbe rachidien au niveau des noyaux ambigus et font synapse dans les ganglions intramuraux des organes ciblés.

Faisceaux cortico-nucléaires moteurs[modifier | modifier le code]

Rapports du nerf vague[modifier | modifier le code]

Examen du nerf vague[modifier | modifier le code]

Éléments cliniques[modifier | modifier le code]

Exploration électro-physiologique[modifier | modifier le code]

Action : la stimulation du nerf pneumogastrique est à l'origine de la fabrication et de la sécrétion d'acétylcholine, qui est la première substance chimique reconnue comme jouant le rôle de neuromédiateur (ou neurotransmetteur).

Elle est sécrétée par une variété de cellules nerveuses (neurones). Son rôle est de permettre le passage de l'influx nerveux dont la conduction se fait grâce à une zone de contact (synapse, fente synaptique) située entre deux cellules nerveuses (neurones).

Ses principaux effets sont un ralentissement de la fréquence des battements du cœur, une diminution du calibre des bronches, un renforcement de la contraction des muscles lisses (muscles autonomes) du tube digestif et une augmentation de la sécrétion de la salive et des sucs digestifs.

En conclusion, les fonctions du nerf pneumogastrique sont motrices, c'est-à-dire qu'il assure l'innervation du voile du palais en intervenant dans la déglutition (le fait d'avaler) et plus précisément dans le troisième temps de ce mécanisme. Il possède également une action motrice sur le pharynx. Ses fonctions sensitives sont les suivantes : il transmet la sensibilité du larynx et la sensibilité du pharynx, de l'épiglotte, du voile et de la base de la langue (plus précisément la partie adjacente de celle-ci).

La fonction végétative du nerf pneumogastrique intéresse le cœur et les vaisseaux qu'il modère. Le pneumogastrique possède également une fonction hypotensive (diminution de la tension artérielle). L'action végétative du pneumogastrique s'applique également aux glandes surrénales, au pancréas, à la thyroïde, aux glandes endocriniennes, à l'appareil trachéo-broncho-pulmonaire et à l'appareil digestif.

Pathologie du nerf vague[modifier | modifier le code]

Un mauvais fonctionnement du nerf pneumogastrique entraîne la survenue de syncopes dont souffrent certains patients, se caractérisant par une sensibilité spéciale du système nerveux autonome (fonctionnant de façon automatique, sans intervention du système nerveux de la volonté) grâce à l'action du nerf vague. Les symptômes en sont les suivants :

  1. Une bradycardie
  2. Une tendance aux syncopes et à l'anxiété
  3. Un myosis (diminution du calibre des pupilles)
  4. Une transpiration se localisant aux extrémités des membres
  5. Une sécrétion excessive de salive
  6. Une hyperchlorhydrie (excès de sécrétion de l'acide chlorhydrique par l'estomac)
  7. Des spasmes
  8. Des épisodes de diarrhée et de troubles de la respiration
  9. Un malaise vagal

La syncope correspond à la perte de connaissance brève, brutale et complète, secondaire à une anoxie (absence d'oxygénation due elle-même à une insuffisance d'apport sanguin) du cerveau, survenant brutalement. Les patients ayant ce type d'affection présentent une pâleur extrême et le plus souvent un arrêt respiratoire réversible et de courte durée.

Une lésion du nerf vague peut également être à l'origine de dysphagie (difficulté à avaler) ou d'une dysphonie (difficulté à émettre des sons). Cette pathologie survient essentiellement quand il existe une lésion des branches pharyngiennes de ce nerf.

Certains patients présentent également une anesthésie de la partie supérieure du larynx et une paralysie du muscle crico-thyroïdien à l'origine d'une voix affaiblie ou d'une fatigabilité accrue de celle-ci.

Différentes pathologies sont susceptibles de retentir sur le fonctionnement normal du nerf pneumogastrique. Il peut s'agir, entre autres, d'un anévrisme de l'arc de l'aorte, d'une compression d'origine tumorale au niveau du médiastin (zone contenant le cœur et située entre les poumons), d'un cancer des poumons.

Une intervention chirurgicale du cou peut également léser le pneumogastrique. La paralysie des deux nerfs laryngés récurrents entraîne une aphonie, c'est-à-dire une perte de la voix, et un stridor respiratoire c'est-à-dire un bruit respiratoire strident dont la tonalité est très élevée.

Une pathologie de la glande thyroïde est également susceptible de retentir sur le pneumogastrique. C'est essentiellement le nerf récurrent gauche qui est le plus fréquemment lésé, étant donné son trajet plus long.

Stimulation du nerf vague[modifier | modifier le code]

Dans diverses circonstances, on peut être amené à vouloir déclencher une stimulation vagale, par exemple pour ralentir le cœur.

On pratique alors une manœuvre vagale.

Il existe également des stimulateurs électroniques implantés en cas de déficience fonctionnelle.

Galerie[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) « Otto Loewi Bibliography », Elsevier Publishing Company (consulté le 17 mars 2008)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]