Bullitt

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Bullitt

Réalisation Peter Yates
Scénario Roman :
Robert L. Fish
adaptation :
Alan Trustman
Harry Kleiner
Acteurs principaux
Sociétés de production Solar Productions
Warner Bros. Pictures
Pays d’origine Drapeau : États-Unis États-Unis
Genre Action
Policier
Sortie 1968
Durée 113 min.

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

Bullitt est un film thriller dramatique américain réalisé par Peter Yates et produit par Philip D'Antoni, sorti en 1968. Les personnages principaux sont interprétés par Steve McQueen, Robert Vaughn et Jacqueline Bisset. Le scénario est écrit par Alan R. Trustman et Harry Kleiner. Il est une adaptation d'un roman de Robert L. Pike, pseudonyme de Robert L. Fish, intitulé Mute Witness écrit en 1963 et traduit dans la Série noire sous le titre Un silence de mort. Lalo Schifrin écrit la bande-originale d'inspiration jazzy, accompagné de cuivres et de percussions. Robert Duvall a un petit rôle comme chauffeur de taxi qui fournit des informations à McQueen.

Le film est produit par la compagnie de McQueen Solar Productions, avec son partenaire Robert E. Relyea comme producteur exécutif. Sortie par Warner Bros.-Seven Arts le 17 octobre 1968, le film est un succès critique et commercial, gagnant pour l'occasion l'Oscar du meilleur montage pour Frank P. Keller et a reçu une nomination pour la meilleure bande-son en 1969. La même année, les scénaristes Trustman et Kleiner gagne le Prix Edgar-Allan-Poe du meilleur scénario par le Mystery Writers of America. Bullitt est aussi connu pour la scène de poursuite à travers les rues de San Francisco, qui est une des scènes les plus influentes de l'histoire du cinéma[1].

En 2007, le film est sélectionné par Le National Film Registry pour être conservé à la Bibliothèque du Congrès aux États-Unis pour son « importance culturelle, historique ou esthétique »[2].

Synopsis[modifier | modifier le code]

Frank Bullitt, un lieutenant de police, est chargé par un politicien ambitieux, Walter Chalmers, de protéger Johnny Ross, un gangster dont le témoignage est capital dans un procès où est impliqué l'homme politique. Malgré les précautions prises par Bullitt et ses hommes, Ross est grièvement blessé, et décède des suites de ses blessures sur son lit d'hôpital. Bullitt mène alors l'enquête pour retrouver les meurtriers.

Résumé détaillé[modifier | modifier le code]

Chalmers doit assister à une audience d'un sous-comité du Sénat des États-Unis sur le crime organisé à San Francisco. Afin d'améliorer sa réputation politique, il espère faire tomber le mafioso de Chicago, Peter Ross, à l'aide du témoin clé Johnny Ross, frère de Peter. Le film se déroule pendant le week-end précédant l'audience, du vendredi au dimanche soir.

Chalmers convoque le populaire lieutenant Frank Bullitt dans son élégante villa de Pacific Heights sur Vallejo Street. Il exige de la police de San Francisco qu'elle assure la protection de Johnny Ross pendant ce week-end. Bullitt, le sergent Delgetti et le détective Carl Stanton, se relaient pour assurer une protection 24 heures sur 24 à l'hôtel Daniels, un hôtel bon marché proche de l'autoroute Embarcadero Freeway. Comme Bullitt dîne avec son amie Cathy dans un cabaret branché, puis la « raccompagne », la garde de nuit du samedi soir ne sera assurée que par le jeune Stanton…

Dans la nuit, deux hommes (dont un qui, selon le réceptionniste, serait Chalmers) se présentent à l'hôtel et demandent à voir Ross. Pendant que Stanton téléphone à Bullitt pour demander des instructions, Ross ôte discrètement la chaîne de sécurité de la porte de la chambre. Quelques secondes plus tard, deux hommes (joués par Paul Genge et Bill Hickman) font irruption dans la pièce. L'un d'eux ouvre le feu avec son fusil de chasse Winchester à pompe (canon raccourci). Stanton, atteint à la cuisse, est assommé, et Ross, touché d'une décharge de chevrotines au thorax, laissé pour mort sur son lit.

Bullitt arrive trop tard. Il accompagne Stanton pour l'hôpital tandis que Delgetti lui, suit Ross. Chalmers, en colère, profère des menaces contre Bullitt. Il veut faire remplacer le chirurgien par un homme sous ses ordres.

L'assassin, armé d'un pic à glace scotché à sa cheville, arrive à l'hôpital pour achever Ross. Alerté par le cri d'une infirmière, Bullitt réussit à le faire fuir, mais Ross décède de ses blessures. Pour éviter que l'affaire soit classée, Bullitt demande au docteur Willard de taire le décès, d'enregistrer Ross comme John Doe (un mort inconnu) et d'égarer quelques jours le dossier. Il fait emporter le corps à la morgue par une ambulance privée et rentre chez lui.

Chalmers arrive à l'hôpital le dimanche matin et il est fou furieux de voir que Ross a disparu. Il exige que Bullitt lui restitue son témoin, mais le policier refuse obstinément. Contacté par Chalmers, le capitaine Sam Bennet refuse de faire pression sur Bullitt pour qu'il restitue Ross. Chalmers fait du chantage à Sam Bennet (alors que le policier entre dimanche matin avec sa famille à la Grace Cathedral), en jouant sur les sentiments ou la carrière et finalement il lui remet devant ses gardes du corps (qui sont témoins) une injonction juridique officielle (habeas corpus) l'obligeant à présenter le témoin.

Pendant ce temps, Bullitt cherche à reconstituer les dernières heures de Ross. Il retrouve dans un centre de lavage auto le chauffeur de taxi Weissberg qui l'a amené à l'hôtel. Reprenant le parcourt, celui-ci lui dit que Ross a passé deux coups de téléphone depuis une cabine publique dont un appel longue distance (« il a utilisé beaucoup de pièces »). Un petit truand occasionnellement indicateur (qui espère en retour une intervention du policier en faveur d'un ami emprisonné) informe Bullitt que l'Organisation de Chicago recherche activement Johnny Ross qui lui a volé 2 millions de dollars.

Bullitt, de retour au centre le lavage, reprend son véhicule, une Ford Mustang GT Fastback verte et se rend compte qu'il est filé par une voiture (une Dodge Charger B noire). En utilisant des détours, il réussit à se retrouver derrière et prend en chasse la voiture. C'est le début de la longue et célèbre poursuite de voitures dans les rues de San Francisco, souvent en pente raide dans les descentes vers le port. La poursuite continue en banlieue. Le passager de la voiture (qui est en fait celui qui a tué Ross) essaie de tirer au fusil à pompe sur Bullitt, mais il est gêné par la vitesse. Finalement, la voiture des tueurs quitte la route et percute une station-service qui explose et prend feu. La piste s'arrête.

De retour au poste de police, Bullitt subit un blâme de la part de son chef, qui est mis sous pression par sa hiérarchie, acquise à Chalmers. Le capitaine ordonne à Bullitt de restituer le corps au plus tard le lundi matin, limite de l'habeas corpus. La police cherche à gêner Bullitt en refusant de lui donner une voiture de remplacement, et Bullitt doit se faire conduire par son amie Cathy (dans une Porsche 356 C Cabriolet jaune) à l'hôtel où Ross a appelé. Il y découvre le corps d'une femme, inscrite sous le nom de Dorothy Simmons (jouée par Brandy Carroll), récemment étranglée. Cathy, qui voit le corps, est perturbée. Elle exprime sa crainte que Bullitt ne soit en train de devenir aussi froid et insensible que les criminels qu'il chasse.

Dans les bagages de la femme décédée, Bullitt et Delgetti trouvent deux étuis (vides) de passeport et de billet d'avion, deux brochures d'une agence de voyages basée à Chicago avec une publicité pour des forfaits vacances à Rome. Ils trouvent aussi cachés dans des vêtements, deux paquets de traveller-checks pour presque 100 000 $ chacun. L'un d'eux a été signé par Mme Dorothy Rennick et l'autre par son mari, Albert E. Rennick. Bullitt demande à Delgetti d'appeler le service de l'immigration de Chicago pour obtenir les photos de passeport de M. et Mme Albert Rennick.

Chalmers arrive au commissariat et exige que Bullitt signe un aveu reconnaissant que Ross est mort alors qu'il en avait la garde. Bullitt refuse, et lorsque la photo de passeport d'Albert Rennick, vendeur de voitures à Chicago arrive par télécopie, elle s'avère être celle de la personne connue sous le nom de Ross et qui a été tuée. Bullitt apporte donc la preuve à Chalmers qu'il a demandé la protection d'un homme qui n'était pas Johnny Ross.

À l'aéroport, il y a des réservations pour Rome au nom de M. et Mme Rennick. Mais la recherche sur le vol pour Rome ne révèle aucun Ross ou Rennick. Bullitt devine que Ross est monté un peu plus tôt dans un avion pour Londres, et fait arrêter l'avion qui s'apprêtait à décoller. Chalmers, fou de rage de se voir berné par Ross, arrive à l'aéroport et fait une dernière tentative pour récupérer le mafioso, témoin capital qui doit comparaître devant la commission d'enquête, mais Bullitt refuse de façon abrupte. Le vol de Londres revient au satellite de départ, et tous les passagers sont priés de débarquer. Ross, prudent, ne se presse pas pour descendre. Soudain, devinant qu'il est recherché, il saute de l'appareil par une porte arrière, et s'enfuit en courant sur la piste. Bullitt le poursuit sur les pistes malgré les avions qui décollent. Ils échangent des coups de feu, se retrouvent dans le terminal. Ross tire sur un policier mais se retrouve coincé dans un sas d'entrée vitré et Bullitt, en légitime défense car Ross braque son arme sur lui, l'abat de 3 balles.

Bullitt retourne chez Cathy qui s'était endormie en l'attendant. Bullitt va dans la salle de bains se laver les mains, il se regarde dans le miroir et se demande s'il est devenu un être froid et cynique comme Cathy le redoute.


On peut reconstituer l'histoire comme suit :

Johnny Ross, membre de la mafia de Chicago a volé 2 millions de dollars à l'Organisation. Il a soudoyé un pigeon, Albert Rennick, inconnu des services de police, afin qu'il prenne sa place en échange des deux paquets de 100 000 dollars de travellers checks et deux billets à destination de Rome pour lui et sa femme. Il s'agissait de prétendre vouloir témoigner devant une commission anti-mafia, mais avec la promesse d'être délivré auparavant pendant le week-end : c'est la raison pour laquelle, à l'hôtel, le prétendu Ross a ouvert la porte à ses agresseurs. Les hommes « chargés de le libérer » sont en fait des tueurs de la mafia. Ross, qui a élaboré une stratégie complexe pour disparaître, a tué la femme de Rennick pour éviter qu'elle ne parle. La mort de Ross à l'issue d'une fusillade dans l'aéroport enterre l'enquête. Le policier intègre et tenace est frustré de son succès - et le politicien Chalmers peut retourner à ses prévarications : il sort de l'aéroport et monte tranquillement dans sa grosse voiture avec chauffeur ; l'arrière de la voiture porte un auto-collant : « support your local police ».

Fiche technique[modifier | modifier le code]

Distribution[modifier | modifier le code]

Commentaire[modifier | modifier le code]

Le film est centré tout entier sur le personnage principal, le lieutenant Frank Bullitt, interprété par Steve McQueen ; il est présent dans chacune des scènes, exceptées la scène d'introduction et la scène entre Walter Chalmers et le capitaine Sam Bennett, devant l'église. De plus, le film se déroule sur une période de temps très courte, deux jours. Le scénario se concentre non seulement sur la psychologie de Bullitt et l'action en cours, en choisissant de ne pas s'élargir à de multiples intrigues et personnages, à l'instar des classiques du film noir, comme Le Grand Sommeil par exemple.

Bullitt est donc un film simple avec une intrigue facile à suivre, des personnages peu nombreux et qui parlent peu. Ceci n'empêche toutefois pas les acteurs de réaliser une performance : bien que le visage de Steve McQueen reste à tout moment quasiment immuable, stoïque, il n'en est pas moins expressif. Le caractère de Bullitt est décrit en quelques plans : il est direct, renfermé, séducteur, mais romantique, incorruptible (« we all have to compromise » « Bullshit »), un peu filou, et il possède un profond sens du devoir. D'une esquisse presque caricaturale donnée par le scénario, Steve McQueen amène son rôle à un archétype à la Bogart.

Production[modifier | modifier le code]

Pré-production[modifier | modifier le code]

Steve McQueen a confié la réalisation du film au réalisateur britannique après avoir vu et apprécié Trois milliards d'un coup (1967). Ce sont ses débuts à Hollywood[4]. Mais celui-ci accepta à condition que le scénario soit modifié et que le tournage se déroule dans des décors naturels, ce qui permettait de moderniser le sujet. McQueen soutient ses exigences face à la Warner. Mais à la fin du tournage, la major, qui devait produire encore cinq autres films avec McQueen, préféra résilier le contrat qui les liait[4].

Casting[modifier | modifier le code]

Steve McQueen, producteur à travers sa société Solar Production, tient le rôle principal du film. Son personnage de flic rebelle s'inspire de la personnalité de l'inspecteur Dave Toschi, chargé de l'affaire du Zodiac, ce tueur qui défraiya la chronique dans les années 1960 à San Francisco. L'acteur demande à avoir les mêmes costumes, holster et arme à feu, un révolver Cobra 38 que ce dernier[5].

Tournage[modifier | modifier le code]

Le maire de San Francisco, Joseph L. Alioto, autorisa à tourner dans la ville et mit trois policiers à disposition afin de barrer les rues et d'assurer la sécurité des lieux où avait lieu le tournage. Pour le remercier, McQueen força la Warner à donner à la ville l'argent nécessaire à la construction d'une piscine[4]. C'est la première fois que l'injure « bullshit » est mentionnée dans le scénario d'une grosse production américaine[4].

Steve McQueen et sa société de production Solar se sont vu reprocher par le syndicat des acteurs de second plan d'avoir employé quatre véritables infirmières dans une scène se déroulant à l'hôpital au lieu d'avoir eu recours à des figurants. Pour calmer le syndicat, l'acteur proposa qu'une partie des bénéfices leur soit versée en compensation[5].

Course-poursuite[modifier | modifier le code]

Réplique la Ford Mustang GT Fastback de 1968

Au moment de la sortie du film, cette scène engendra un énorme engouement autour du film[1]. Elle parvient à se démarquer de celles qui l'ont suivie par un réalisme saisissant grâce à un positionnement judicieux des angles de vue. Elle fait désormais partie des classiques du cinéma américain. Emanuel Levy écrit en 2003 que : « Bullitt contient une des poursuites de voiture les plus excitantes de l'histoire du cinéma, une séquence qui révolutionna les standards de Hollywood[6]». Dans sa notice nécrologique pour Peter Yates, Bruce Weber écrit  :« La notoriété de "Mr Yates" s'appuie plus principalement sur "Bullitt", son premier film américain, et plus précisément sur une scène particulière, une hallucinante course poursuite en voiture qui est devenu instantanément un classique »[7]. Le montage de cette scène a permis au monteur Frank P. Keller de remporter l'Oscar du meilleur montage[8].

Plus tard, le producteur Philip D'Antoni produira. La scène a inspiré 2 autres films avec des courses-poursuites automobiles célèbres : celles de French Connection et de The Seven-Ups (Police Puissance 7, 1973, avec Roy Scheider) dans New-York.

La scène totale dure 10 minutes et 53 secondes. Cependant les paysages connus défilent en arrière-plan d'une façon hallucinante. Cela débute dans le quartier de Fisherman's Wharf sur Columbus et Chestnut puis remonte vers le centre-ville allant sur Hyde et Laguna Streets et on reconnait au passage, silhouettés sur la baie de San Francisco, l'île d'Alcatraz, et la célèbre Coit Tower près de l'église St-Pierre et ses alentours. La poursuite continue sur Filbert Street et University Street. La scène se termine en-dehors de la ville sur Guadalupe Canyon Parkway à Brisbane[9].

Dodge Charger R/T de 1968

Deux Ford Mustang Fastback V8 GT390 de 1968 avec quatre vitesses manuelles, dont la Ford Mustang Fastback GT '68 (V8 de 390 ci, immatriculée JJZ 109) furent utilisées pour la scène de poursuite[10]. Elles furent prêtés par Ford Motor Company à Warner Bros. suite à un arrangement commercial. Le moteur, les freins et les suspensions furent profondément modifiés pour la course par un vétéran des courses sur circuit Max Balchowsky. Les voitures furent debadgées par Carroll Shelby à la demande de Steve McQueen. Ford prêta aussi deux Ford Galaxie sedan pour la poursuite, mais les producteurs trouvèrent les voitures trop lourdes pour sauter les collines de San Fransisco. À la place, on leur préféra deux Dodge Charger Magnum V8 de 1968, dont la Dodge Charger R/T 1968 (V8 440 ci, soit 7,2 litres, immatriculée RDR 838)[10]. Les moteurs des deux Chargers restèrent non-modifiés, mais les suspensions furent améliorées pour pouvoir supporter les cascades.

Le réalisateur a demandé des vitesses maximums de 121 à 130 km/h, mais les voitures (incluant le tournage de la scène de course poursuite) atteignent parfois des vitesses de 180 km/h (110 mph) [11]. Le réalisateur parvient à intégrer le spectateur en lui faisant adopter le point de vue du pilote, à la manière d'une vue subjective d'un jeu vidéo. Le tournage dura trois semaines, résultant 9 minutes et 42 secondes de poursuite, la première partie Bullitt poursuivi par les tueurs, puis l'inverse.

McQueen, en pilote accompli, conduit sur les scènes où les voitures se frôlent, tandis que le coordinateur des cascades Carey Loftin engage le cascadeur et pilote de moto Bud Ekins et la doublure cascade habituelle de McQueen Loren Janes pour la poursuite et les autres cascades dangereuses. Ekins, qui doubla McQueen dans la scène de La Grande Évasion où il saute avec sa moto par-dessus la barrière de fils barbelés, a aussi prévu un camion de tête lors de la scène de poursuite. Le rétroviseur est soit descendu ou remonté en fonction de qui est au volant. Quand le miroir est remonté c'est que McQueen est au volant et quand le rétroviseur est baissé, c'est au tour de Ekins.

Pour la course de voitures, Steve McQueen fit appel à son ami Bill Hickman (en), ancien coureur motocycliste, pour conduire le véhicule qu'il poursuit dans le film[11]. L'acteur exigea de ne pas être doublé dans cette séquence mais devra céder le volant pour les cascades les plus difficiles à réaliser[10].

Steve McQueen loua un circuit afin que Bill Hickman et lui puissent s’entraîner et ainsi avoir confiance l'un dans l'autre lors des scènes où les deux voitures se frôlent [12],[11].

À cela s'ajoute le travail sur le son : lors des plans embarqués, le bruit du moteur de la Dodge (sourd et mat) et celui de la Mustang (pétaradant et plus aigu) sont sensiblement différents, ce qui produit deux ambiances distinctes à l'intérieur de chaque engin. La scène gagne donc un certain cachet de réalisme que l'on a du mal à retrouver dans des scènes de courses-poursuites plus modernes. Les plans extérieurs aux deux voitures sont relativement larges, ce qui permet de mieux appréhender l'ampleur de l'action : les virages qui font crisser les pneus, les sauts dans les pentes des rues de San Francisco, les dépassements tôle contre tôle sur l'autoroute, rien n'est truqué mais contrairement à la croyance populaire, ce n'est pas Steve McQueen seulement qui conduit lors du tournage de cette scène (les compagnies d'assurance ont catégoriquement refusé), mais aussi Bud Ekins qui lui-même fait le saut à moto dans la grande évasion[10].

La scène est émaillée de faux-raccords : on peut voir que la même scène est repassée plusieurs fois (le moment où ils doublent une Coccinelle verte dans une descente), mais dans des plans différents. Par ailleurs, le nombre d'enjoliveurs de la Dodge varie de façon curieuse : 4 au début, puis 3 puis 2 (après les pertes consécutives d'un enjoliveur au cours de virages serrés dans les rues de San Francisco) puis de nouveau 3 et enfin 4 lorsque la Dodge va percuter la station-service.

Bande Originale[modifier | modifier le code]

Bullitt

Album par Lalo Schifrin
Sortie Drapeau : États-Unis 1969
Enregistré 6 et 7 décembre 1968
Hollywood, Californie
Durée 32:51
Genre Musique de film
Format vinyle, cassette, CD
Producteur Jimmy Hilliard
Label Warner Bros. (WS 1777)

Albums par Lalo Schifrin

La bande originale de Bullitt est enregistrée par le compositeur, pianiste et chef d'orchestre Lalo Schifrin en 1968 pour le label Warner Bros. Les morceaux enregistrés pour l'album sont des versions alternatives de celles entendues dans le film et ont été réenregitrés devant l'insistance du producteur pour donner une orientation plus pop à l'album.

Morceaux

Toutes les musiques sont composées par Lalo Schifrin sauf si précisé :

  1. Bullitt (Main Title) - 2:08
  2. Room "26" - 2:23
  3. Hotel Daniels - 2:53
  4. The Aftermath of Love - 2:49
  5. Music to Interrogate By - 2:50
  6. On the Way to San Mateo - 2:31
  7. Ice Pick Mike - 3:00
  8. A Song for Cathy - 2:13
  9. Shifting Gears - 3:17
  10. Cantata for Combo - 3:05
  11. The First Snowfall - 3:03 – Sonny Burke, Paul Francis Webster
  12. Bullitt (End Title) - 2:39
Personnel

Accueil[modifier | modifier le code]

Box Office[modifier | modifier le code]

Le film est à la fois un succès critique et commercial. Avec un budget de 5,5 millions $, le film en rapporte 42,3 millions rien qu'aux États-Unis[13]. Ce qui en fait le cinquième film le plus rentable de l'année 1968.

Distinctions[modifier | modifier le code]

Récompenses[modifier | modifier le code]

Impacts dans la culture populaire[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Ebert, Roger (December 23, 1968). "Bullitt". Chicago Sun Times. Retrieved 2010-01-18. ""Bullitt," as everybody has heard by now, also includes a brilliant chase scene. McQueen (doing his own driving) is chased by, and chases, a couple of gangsters up and down San Francisco's hills. They slam into intersections, bounce halfway down the next hill, scrape by half a dozen near-misses, sideswipe each other, and leave your stomach somewhere in the basement for about 11 minutes."
  2. a et b http://www.loc.gov/loc/lcib/08012/registry.html
  3. http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=693.html
  4. a, b, c et d http://www.allocine.fr/film/fichefilm-693/did-you-know/
  5. a et b http://www.allocine.fr/film/fichefilm-693/secrets-tournage/
  6. Levy, Emanuel (2008). "Bullitt". emanuellevy.com. Retrieved 2010-11-06.
  7. http://www.nytimes.com/2011/01/11/movies/11yates.html?_r=0
  8. Hartl, John. "Top 10 car chase movies". msnbc.com. Retrieved 2010-11-07. "Bullitt (1968). Philip D’Antoni, who went on to produce The French Connection, warmed up for it with this Steve McQueen crime drama, set in San Francisco, where the steep hills seem to yearn for cars to go sailing over them. The director, Peter Yates, makes the most of the locations, especially during a gravity-defying chase sequence that earned an Oscar for its editor, Frank P. Keller."
  9. http://blip.tv/aspect-ratio-cfi/aspect-ratio-february-2011-5074634
  10. a, b, c et d (en) After 30 years, the real truth behind the Bullitt chase scene - Mike Magda, Motor Trend, décembre 1998
  11. a, b et c (en) Bullitt - The Greatest Chase of All - Hot TR6
  12. Steve McQueen, L'indomptable, film documentaire de Mimi Freedman (USA, 2005) , diffusé par TV-Arte le dimanche 27 janvier 2013 à 22h40
  13. http://www.the-numbers.com/movies/1968/0BLTT.php

Liens externes[modifier | modifier le code]