Basilius Bessarion

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Basilius Bessarion
Image illustrative de l'article Basilius Bessarion
Biographie
Naissance vers 1395
Décès 1472
Cardinal de l’Église catholique
Créé
cardinal
1439 par le
pape Eugène IV
Titre cardinalice Patriarche latin de Constantinople

Blason

Basilius Bessarion, Jean Bessarion, ou Basilius, né le 2 janvier 1403 à Trébizonde (dans l'actuelle Turquie) et mort le 18 novembre 1472 à Ravenne (Italie), fut patriarche latin de Constantinople et cardinal.

Éléments biographiques[modifier | modifier le code]

Entré très jeune au monastère en 1416, il suit des études à Constantinople. Ordonné diacre en 1425, il est connu pour ses prêches et prononce l'oraison funèbre de l'empereur Manuel II Paléologue. Ordonné prêtre en 1430, ils se rend à Mistra dans le Péloponnèse où il suit les cours de Gemiste Pléthon. De retour à Constantinople, il est nommé higoumène du monastère Saint-Basile en 1436 puis métropolite de Nicée le 11 novembre 1437.

En 1438, il fait partie de la délégation de savants accompagnant l'empereur Jean VIII Paléologue au concile de Ferrare en Italie. Ils arrivent à Venise en février, puis à Ferrare en mars. Bessarion est désigné avec le métropolite d'Éphèse Marc Eugénikos pour défendre la position de l'Église grecque. Il prononce le discours inaugural le 8 octobre 1438. Si au départ il persiste à condamner l'addition du filioque au symbole de Nicée par l'Église latine, sa position évolue devant les arguments du dominicain Jean de Montenero, et il plaide pour la réconciliation des Églises devant la délégation grecque en avril 1439. Le 6 juillet 1439 il lit la version grecque du décret d'Union des Églises à Santa Maria del Fiore. La version latine est lue par le cardinal Giuliano Cesarini.

Le pape Eugène IV lui offre une pension pour rester à Rome mais Bessarion préfère repartir pour convaincre les Grecs du bien-fondé de l'Union et s'embarque à Venise avec les autres prélats le 19 octobre 1439. Il est fait cardinal le 18 décembre. Mais les Grecs orthodoxes, menés par Marc d'Ephèse ne reconnaissent pas la validité de cette Union, et il doit regagner l'Italie en décembre 1440. Il s'installe à Rome où sa maison devint le rendez-vous de tous les lettrés et il acquiert une grande influence auprès des papes. À la mort de Nicolas V et de Paul II, il a un grand nombre de voix pour obtenir la tiare.

La cour de Rome lui confie plusieurs missions importantes. Il participe à la ratification de l'Union entre Rome et l'Église jacobite en 1442. En 1446 il est protecteur des Basiliens d'Italie, puis en 1458 celui des Frères mineurs. Il est envoyé comme légat à Bologne de 1450 à 1455 et il restaure l'Université dans cette ville. Après la chute de Constantinople, il est chargé d'organiser la mobilisation contre les Turcs : il est à Naples en 1455, à Mantoue en 1458, à Nuremberg et à Vienne en 1460, à Venise en 1463, en France en 1472[1]. Après de nombreuses nominations comme évêque, Pie II lui confère le titre de patriarche (latin) de Constantinople (1463).

Monument funéraire du cardinal Bessarion, dans la basilique des Saints-Apôtres, à Rome

Le pape le charge plusieurs missions auprès de Louis XI : la nomination de l'archevêque de Lyon à la légation d'Avignon, la nomination de nouveaux commissaires pour le procès de Balue, la croisade, la conclusion d'un accord entre le pape et Louis XI au sujet de la collation des bénéfices et le reste[2]. Bessarion est un humaniste, qui possède une grande bibliothèque. Il fait venir de Constantinople une grande quantité de manuscrits pour les sauver de la menace turque. Il mène un travail de traduction du grec au latin et rassemble autour de lui une véritable Académie. Il protège les humanistes menacés par l'Église, comme Lorenzo Valla et reçoit les savants grecs exilés après 1453. En 1468, il lègue sa bibliothèque, comportant 746 manuscrits (entre autres un manuscrit de la Bibliothèque de Photius), à la république de Venise. Il formeront avec 313 autres manuscrits ajoutés à sa mort le fond de la Biblioteca Marciana.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Les écrits de Bessarion comptent parmi ceux qui marquèrent la renaissance des lettres ; ils contribuèrent surtout à faire revivre en Italie le goût de la philosophie platonicienne.

Oeuvres de Bessarion[modifier | modifier le code]

On a imprimé de lui 4 livres, en latin :

Il avait aussi composé beaucoup d'ouvrages de théologie qui sont restés manuscrits.

  • Correspondance, édi. L. Mohler, Kardinal Bessarion als Theologe, Humanist und Staatsmann, 1942
  • Encyclique aux grecs = Epistola generalis, Patrologia Graeca, t. 161, col. 449-490.

Études sur Bessarion[modifier | modifier le code]

  • Angelo Maria Bandini, De Vita et Rebus Gestis Bessarionis (1757) ;
  • Henri Vast, Le Cardinal Bessarion (1403-1472) : Étude sur la chrétienté et la Renaissance vers le milieu du XVe siècle, Paris, Hachette, 1878 (réédition : Génève, Slatkine, 1977) ;
  • Émile Legrand, Bibliographie hellénique, ou Description raisonnée des ouvrages publiés en grec par des Grecs aux XVe et XVIe siècles (1885).

Notice[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « De par le roy. Chers et bien amez, pour ce que nostre Saint Pere le pape envoye par deca nostre tres cher et grant amy le cardinal de Nicenne, comme legat expressement deppute de par luy es marches de par deca, ... Bailleez par maistre Guillaume Le Franc, en l'ostel du roy, appelle Roanne, le cinquiesme juillet apres vespres, l'an mil IIIIc LXXII. » (Joseph Vaesen et Étienne Charavay, Lettres de Louis XI, tome V, p.2-3, Librairie Renouard, Paris 1895
  2. Joseph Vaesen et Étienne Charavay, Lettres de Louis XI, tome V, p.2 note n°1, d'après M. Vast, Le Cardinal Bessarion (1403-1472) : Étude sur la chrétienté et la Renaissance vers le milieu de XVe siècle (Paris 1878)