Académie de guerre de Prusse

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Façade de la Kriegsakademie de la Dorotheenstraße, construite en 1879-1883 par Franz Schwerten.
La Kriegskademie en 1938 dans le quartier de Moabit, à Berlin.

L'Académie de guerre de Prusse (Preußische Kriegsakademie) fut l'école militaire qui formait les officiers d'état-major de l'armée prussienne, puis de l'Armée impériale allemande, de 1810 à 1914. Les victoires militaires allemandes de cette période, contre l'Autriche puis la France, vont asseoir la réputation d'excellence de cette académie et en faire une modèle pour les autres armées.

Évolution[modifier | modifier le code]

L'Académie a été fondée à Berlin, le 15 octobre 1810, par Gerhard von Scharnhorst, en tant qu'académie militaire du royaume de Prusse. Sa création fait partie de la réorganisation de l'Armée prussienne à la suite des défaites de 1806. De 1818 à 1831, son directeur était Carl von Clausewitz. La formation qu'elle dispensait a été un des facteurs de la victoire allemande de 1870-1871. La Kriegsakademie prussienne a d'abord été située sur la Burgstraße, puis a déménagé au no 74 Unter den Linden dans des bâtiments construits par Karl Friedrich Schinkel en 1845, devenus ensuite l'École d'artillerie et du génie, puis en 1883 s'est installée sur la Dorotheenstraße. Elle a été fermée le 1er août 1914 au moment de la déclaration de mobilisation générale. Son directeur (le général Kuno Arndt von Steuben), tous ses stagiaires et ses instructeurs sont envoyés rejoindre une affectation[1]. Des formations furent malgré tout organisées en 1917 et 1918 à Sedan, pour répondre aux besoins des différents états-majors en personnels qualifiés.

Officiers stagiaires lors d'une séance de formation, 4 novembre 1935.

L'existence de l'académie étant formellement interdite par l'article 160 du traité de Versailles, la formation des officiers d'état-major se poursuit de façon décentralisée dans chaque région militaire (Wehrkreis)[2] au sein de la Reichswehr. En octobre 1935, l'académie ouvre de nouveau ses portes dans le cadre du réarmement de l'Allemagne sous le Troisième Reich, sous le nom de Führerschule der gesamten Wehrmacht (surnommée la Wehrmachtakademie) ; de 1935 à 1939, elle était située à la Kruppstraße, dans le quartier de Moabit. L'académie ferme de nouveau ses portes en 1939 puis est dissoute en 1945 dans le cadre de la dénazification. Depuis 1957 la Führungsakademie de Hambourg assure désormais la même mission pour la Bundeswehr[3].

Équivalents[modifier | modifier le code]

Une seconde académie militaire existait en Allemagne, celle du royaume de Bavière, la Bayerische Kriegsakademie (de), fondée en 1867 à Munich et fermée le 1er août 1914, qui formait les officiers d'état-major de l'armée bavaroise.

Leur équivalent existait pour l'armée ottomane (le Collège impériale d'état-major (en) d'Istanbul, fondé en 1848), l'armée austro-hongrois (la k.u.k. Kriegsschule (de) de Vienne, fondée en 1852), l'armée russe (l'École militaire d'état-major Nicolas de Saint-Pétersbourg, fondée en 1855), l'armée britannique (le Staff College (en) de Camberley, fondé en 1858), l'armée française (l'École supérieure de guerre de Paris, fondée en 1876) et l'armée américaine (le Command and General Staff School de Fort Leavenworth, fondé en 1946), qui toutes s'inspiraient du modèle prussien.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) John J. McGrath, « German General Staff World War I (1914-1918) », dans David T. Zabecki, Germany at War : 400 Years of Military History, vol. 2 : G-M (ISBN 978-1-598849806, LCCN 2014006813), p. 516.
  2. Claude Quétel, L'impardonnable défaite : 1918-1940, Paris, Jean-Claude Lattès, (réimpr. 2010), 409 p. (ISBN 978-2-7096-3338-3 et 978-2-709-63480-9).
  3. (de) « Führungsakademie der Bundeswehr », sur http://www.fueakbw.de/.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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