Walter Nowotny

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Walter Nowotny
Walter Nowotny

Surnom Nowi
Naissance
Gmünd
Décès (à 23 ans)
Bramsche
Mort au combat
Origine Drapeau de l'Autriche Autriche
Allégeance Flag of the German Reich (1935–1945).svg Troisième Reich
Arme Balkenkreuz.svg Luftwaffe
Grade Major
Années de service 1939-1944
Commandement 1./JG 54, I./JG 54, Kommando Nowotny
Conflits Seconde Guerre mondiale
Faits d'armes Campagne des Balkans
Front Est
Défense du Reich
Distinctions Croix de chevalier de la croix de fer avec feuilles de chêne, glaives et brillants

Le major Walter Nowotny ( - ) fut l'un des plus grands as de la Seconde Guerre mondiale. Avec ses 258 victoires homologuées, il se situe au cinquième rang dans la liste des pilotes de chasse de la Luftwaffe.

Débuts tardifs[modifier | modifier le code]

Né à Gmünd, en Autriche, le , il ne rejoint la Luftwaffe qu'en octobre 1939. À cette époque de la guerre, la qualité de l'entraînement était encore très élevée, ce qui lui permit de bénéficier de l'une des meilleures formations jamais données à de jeunes pilotes; ceci explique aussi le fait qu'il ne rejoignit le front qu'en février 1941, lorsqu'il fut muté au JG.54 "Grünherz" (escadre de chasse 54 "cœurs verts").

Il devait connaître des débuts de combat mouvementés : ainsi le , après avoir obtenu ses trois premières victoires près de l’île d'Ösel, il fut à son tour touché par le tir ennemi et dut « poser » son Bf 109 dans la Baltique. Il survécut à cet amerrissage forcé mais n'en passa pas moins trois jours sur son dinghy, ramant avec ses mains, avant de rejoindre la côte. Il lui fallut juste un an pour dépasser la barre des 50 victoires; ce qu'il réussit le en abattant sept avions soviétiques au cours de la même journée. Exactement un mois plus tard, le 4 septembre 1942, il reçut la croix de chevalier de la croix de fer et le 25 octobre suivant il fut nommé Staffelkapitan de la 1./JG 54 ; ce qui représentait une énorme responsabilité pour un jeune homme d'à peine 21 ans.

1943 : l'avènement d'un as[modifier | modifier le code]

C'est à l'été 1943, que Walter Nowotny sortit de "l'anonymat" et, dès juin, il accumula les succès: 41 victoires en juin, 49 en août, 45 en septembre et 31 en octobre. Il obtint ainsi sa centième victoire le 15 juin, la 150e le 18 août et la 200e en septembre. Pour atteindre à un pareil palmarès il connut une succession de jours aux multiples victoires:

  • le 08/06/1943: 6 victoires,
  • le 13/08/1943: 9 victoires,
  • le 18/08/1943: 6 victoires,
  • le 21/08/1943: 7 victoires,
  • le 01/09/1943: 10 victoires,
  • le 02/09/1943: 6 victoires,
  • le 14/09/1943: 6 victoires,
  • le 09/10/1943: 8 victoires

Les décorations suivirent le rythme effréné de ses succès: le 4 septembre il reçut les feuilles de chêne pour sa croix de fer et le 22 du même mois il fut le 37e récipiendaire des glaives pour la croix de fer. Octobre 1943 fut pour lui le mois de tous les records: en dix jours il obtint 32 victoires et, le , il devint le premier pilote au monde à franchir le « cap » des 250 victoires homologuées. Avec un pareil palmarès, obtenu au cours de 442 missions, il fut le huitième soldat de l'armée allemande à se voir décoré des brillants pour sa croix de fer. Il avait juste 22 ans et seuls quatre autres pilotes devaient atteindre et dépasser son score: Erich Hartmann, Gerhard Barkhorn, Günther Rall et Otto Kittel.

1944 : la fin d'un pilote hors pair[modifier | modifier le code]

Tombe de Nowotny, à Vienne.

En février 1944, il fut nommé pour cinq mois au commandement du Schulegeschwader.101 (escadre-école 101), stationné en France. Il s'y révéla un remarquable pédagogue et plusieurs de ses élèves doivent à la qualité de son instruction et de ses conseils pratiques, non seulement de survivre aux combats futurs, mais aussi de pouvoir atteindre eux aussi au statut d'as.

Puis, en juillet 1944, il lui fut demandé de former une unité expérimentale équipée du nouveau Messerschmitt Me 262 à réaction. Il créa le Kommando Nowotny qu'il instruisit et conduisit au combat contre les bombardiers quadrimoteurs B-17 et B-24, abattant trois de ceux-ci, ses seuls succès remportés sur le front occidental.

Sa mort est sujet à controverses. Pour certains, sa mort est due à l'ailier numéro 4 de la formation de Pierre Clostermann qui l'aurait abattu le 8 novembre 1944 lors d'une « chasse au rat », pendant que Nowotny se préparait à son atterrissage. Cette version est soutenue par Pierre Clostermann (d'après le Grand Cirque, dans sa première édition), ainsi que par Edward H. Sims (dans son livre Fighter tactics and strategy 1914-1970). Néanmoins, selon le Grand Cirque 2000 (nouvelle édition du livre précédemment cité), il semble que Nowotny ait en réalité attrapé un oiseau dans le réacteur de son Me 262 après une attaque de bombardiers américains ; des P-51 Mustang l'abattirent alors qu'il tentait de regagner la base avec son appareil en feu.

2003 : suppression du statut de citoyen d'honneur[modifier | modifier le code]

En 2003, le conseil municipal de Vienne a pris la décision, malgré l'opposition d'une partie du Conseil, de lui retirer son statut de citoyen d'honneur de la ville de Vienne et de retirer sa tombe du carré des héros, 59 ans après sa mort[1],[2], David Ellensohn, Conseiller municipal et membre du parti écologiste, expliquant que Nowotny "ne se battait pas pour son pays, pour l'Autriche, mais se battait pour le Troisième Reich".

Décorations[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Jerry Scutts, JG 54 Jagdeschwader 54 Grünherz : aces of the Eastern Front, Shrewsbury, Airlife, (ISBN 978-1-853-10120-5)
  • (de) Franz Kurowski, Balkenkreuz und Roter Stern : der Luftkrieg über Russland, 1941-1944, Friedberg, Podzun-Pallas-Verlag, (ISBN 978-3-790-90221-1)
  • (en) Gordon Williamson (préf. Otto Carius), Aces of the Reich, London New York, NY, Arms and Armour Distributed in the USA by Sterling Pub. Co, (ISBN 978-0-853-68986-7)
  • Ernst Obermaier : "Die Ritterkreuzträger der Luftwaffe" - vol.1 - Dieter Hoffmann Verlag. 1975
  • Pierre Clostermann, Le grand cirque : 2000, mémoires d'un pilote de chasse FFL dans la RAF, Paris, Flammarion, (ISBN 978-2-080-68044-0).

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Selon Scherzer en tant que pilote dans la 3./JG 54[7].

Références[modifier | modifier le code]

  1. Associate Publisher
  2. Telegraph
  3. a b c d e f g et h Berger 1999, p. 250.
  4. Held 1998, p. 130.
  5. Patzwall and Scherzer 2001, p. 334.
  6. Fellgiebel 2000, p. 327
  7. a b c et d Scherzer 2007, p. 573.

Articles connexes[modifier | modifier le code]