Villers-Carbonnel

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Villers-Carbonnel
Fronton de la mairie-école.
Fronton de la mairie-école.
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Nord-Pas-de-Calais-Picardie
Département Somme
Arrondissement Péronne
Canton Péronne
Intercommunalité Communauté de communes de la Haute Somme
Maire
Mandat
Jean-Marie Défossez
2014-2020
Code postal 80200
Code commune 80801
Démographie
Population
municipale
328 hab. (2013)
Densité 43 hab./km2
Géographie
Coordonnées 49° 52′ 38″ Nord 2° 53′ 51″ Est / 49.8772222222, 2.8975
Altitude Min. 47 m – Max. 85 m
Superficie 7,66 km2
Localisation

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Villers-Carbonnel est une commune française, située dans le département de la Somme, en région Nord-Pas-de-Calais-Picardie.

Géographie[modifier | modifier le code]

Localisation[modifier | modifier le code]

Village picard du Santerre, situé au carrefour des anciennes routes nationales RN 17 et RN 29 (actuelles RD 1029 et RD 1017), à proximité de la vallée de la Somme et du canal du Nord.

Géographie physique[modifier | modifier le code]

Nature du sol et du sous-sol[modifier | modifier le code]

Le sol de la commune est argilo-siliceux sauf sur une petite partie du coteau entre le plateau et la vallée sèche du Passillon où le sol est calcaire[1].

Relief, paysage, végétation[modifier | modifier le code]

Le relief de la commune est celui d'un plateau qui s'élève à 90 m d'altitude parcouru par une vallée sèche, la vallée du Passillon[1]. À l'est du territoire, la vallée de la Somme offre une paysage d'étangs.

Hydrographie[modifier | modifier le code]

Le territoire de la commune est parcouru à l'est par la Somme.

La nappe phréatique est située à 30 m en dessous du niveau du sol[1].

Géographie humaine[modifier | modifier le code]

Urbanisme et aménagement du territoire[modifier | modifier le code]

La commune de Villers-Carbonnel se compose d'une agglomération principale et de trois hameaux, Pont-lès-Brie, Happlaincourt et Horgny.

Activité économique et de service[modifier | modifier le code]

Outre l'agriculture qui reste l’activité dominante, la commune possède une entreprise de produit chimiques à Pont-lès-Brie.

Voies de communication[modifier | modifier le code]

Villers-Carbonnel est situé au croisement de la route Amiens-Saint-Quentin et de la route Paris-Lille. Le canal de la Somme traverse également la commune. L'ancienne voie ferrée de Saint-Just-en-Chaussée à Cambrai desservait la commune par la gare de Pont-lès-Brie.

Communes limitrophes[modifier | modifier le code]

Communes limitrophes de Villers-Carbonnel
Belloy-en-Santerre Barleux Éterpigny
Berny-en-Santerre Villers-Carbonnel Brie
Fresnes-Mazancourt Misery Saint-Christ-Briost

Toponymie[modifier | modifier le code]

Le nom Villers-Carbonnel est d'origine romane, villare désignant, en général, une partie de villa (domaine gallo-romain) détachée du domaine principal[2]. Carbonnel pourrait provenir du fait que le site aurait été un lieu de stockage de charbon de bois ou d'un nom de personne (en 1415, on trouve un Pierre d'Estrées dit : « Carbonnel »[3].

Histoire[modifier | modifier le code]

Préhistoire[modifier | modifier le code]

Le site de Villers-Carbonnel fut peuplé à la période néolithique par des hommes du Chasséen qui construisirent deux vastes enceintes successives, la plus ancienne protégée par un fossé et une palissade, mesurait environ six hectares, la plus récente protégeait un terrain d'environ quinze hectares et renfermait des bâtiments, des fossés, des fours, etc. C’est dans l’un des fours effondrés, que les archéologues ont mis au jour, lors de fouilles archéologiques en 2011, les fragments d’une statuette entière de femme.

Article détaillé : Dame de Villers-Carbonnel.

Antiquité[modifier | modifier le code]

La voie romaine de Samarobriva (Amiens) à Augusta Viromanduorum (Saint-Quentin) passait par Villers-Carbonnel. Des vestiges d'une villa gallo-romaine ont été retrouvés sur le territoire de la commune.

Moyen Âge[modifier | modifier le code]

En 1153, une charte d'Yves de Nesle en faveur du monastère de Val-Séry porte en autre la signature de Draco de Villers et de son frère Liardus.

En 1197, le cartulaire du prieuré de Lihons-en-Santerre mentionne Appalaincourt où se trouvaient des moulins et une anguillerie près de la chaussée (ancienne voie romaine).

En 1370, il est fait mention de Jean de Villers, chevalier.

En 1415, un titre cite Pierre d'Estrées dit « Carbonnel »[3].

Époque moderne[modifier | modifier le code]

En , dans le château d'Happlaincourt (aujourd'hui en ruines[4] sur les bords du canal du Nord) a été préparé le manifeste de la première Ligue catholique, sous l'impulsion de seigneurs locaux et du gouverneur de Péronne de l'époque, Jacques d'Humières. Le manifeste a ensuite été signé à Péronne le [5],[6].

Le château d'Happlaincourt était, à ce moment-là, la propriété de Nicolas d’Amerval, seigneur du lieu qui aurait été un éphémère époux Gabrielle d'Estrées, maîtresse et favorite du roi Henri IV[5],[6].

Époque contemporaine[modifier | modifier le code]

XIXe siècle[modifier | modifier le code]

En 1814-1815, les troupes des armées coalisées ravagent le territoire de Villers-Carbonnel.

En 1870-1871, les Allemands occupent la commune qui avait accueilli des soldats français venant de Péronne et ayant pour mission d'attaquer les éclaireurs de l'armée ennemie. Plusieurs soldats originaires de Villers-Carbonnel sont faits prisonniers et emmenés en Allemagne pendant le siège de Péronne.

À la fin du XIXe siècle, la commune bénéficie d'une certaine activité industrielle : carrière de pierre du Passillon qui fournit de la pierre de taille pour les bornes, marches et pavés ; fabrique d'huile et de savon, briqueterie fabriquant 700 000 briques par an[1].

Première Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

En août 1914, au début de la Première Guerre mondiale, Villers-Carbonnel fut occupée par l'armée allemande.

En juin 1916, avant le déclenchement de la bataille de la Somme, la population de Villers-Carbonnel et les réfugiés d'autres villages furent évacués par les Allemands dans le département de l'Aisne. Ils ne revinrent dans leur village en ruines qu'en avril 1919[7].

Le , sur le territoire de la commune, pendant la bataille de la Somme, le sous-lieutenant Kurt Wintgens, as de l'aviation allemande avec au moins 18 victoires enregistrées, touché au cours d’un combat aérien, meurt à Villers-Carbonnel.

Article détaillé : Bataille de la Somme.

Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

La Drôle de guerre prit fin brusquement le 10 mai 1940 avec l'attaque allemande aux Pays-Bas, au Luxembourg et en Belgique. Après la percée allemande à Sedan, une suite de revers des armées française et britannique entraîna une avancée rapide des armées allemandes.

Le 17 mai 1940, les habitants de Villers-Carbonnel furent évacués par ordre de la préfecture de la Somme. Le 19 mai, les Allemands occupèrent les ponts sur la Somme à Pargny et Chuignolles.

Le général Weygand, nouveau commandant en chef des armées françaises depuis le 20 mai 1940, parvint à constituer une ligne de front la « ligne Weygand » sur le cours de la Somme. La mission confiée au 2e bataillon du 41e régiment d'infanterie de la 19e division d'infanterie, le 23 mai, était la reprise des têtes de pont allemandes de Pont-lès-Brie, Saint-Christ-Briost et Épénancourt. Le 24 mai, les Français entrèrent dans Villers-Carbonnel mais durent se replier, les Allemands étant retranchés à quelques centaines de mètres du village. Le 26 mai les Français prirent à nouveau le village et s'y maintinrent mais, le 5 juin 1940, les chars allemands pénètrent dans Villers et firent 250 prisonniers français.

Les combats de mai-juin 1940 détruisirent 60 % des immeubles de la commune dont le château d'Happlaincourt déjà très endommagé pendant la Grande Guerre[7].

La commune de Villers-Carbonnel a été libérée le 1er septembre 1944 par l'armée américaine.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
mars 1989 2008 Pierre Karwicki    
mars 2008[8] en cours
(au 6 mai 2014)
Jean-Marie Défossez   Réélu pour le mandat 2014-2020 [9]
Les données manquantes sont à compléter.

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2013, la commune comptait 328 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
382 322 394 401 419 495 511 524 508
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
488 496 475 597 487 447 486 462 458
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
456 468 461 302 368 373 349 337 388
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2005 2008 2010
346 319 291 267 272 304 296 307 321
2013 - - - - - - - -
328 - - - - - - - -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[10] puis Insee à partir de 2004[11].)
Histogramme de l'évolution démographique

Culture locale et patrimoine[modifier | modifier le code]

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Église détruite en 1914-1918.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Abbé Paul Decagny, L'arrondissement de Péronne : Recherches sur les villes, bourgs, villages et hameaux qui le composent, Péronne, Imprimerie et librairie de J. Quentin, (réimpr. 1865 (J. Quentin), 22 février 2010 (Nabu Press)), 1e éd., 607 p. (ISBN 978-1144868251 et 1144868254, lire en ligne [PDF]), « Applaincourt, château-fort ».
  • Abbé Paul Decagny, Histoire de l'arrondissement de Péronne et de plusieurs localités circonvoisines, t. 2, Péronne, Imprimerie et librairie de J. Quentin, (réimpr. 12 octobre 2011 (Nabu Press)), 2e éd. (1re éd. 1844), 808 p. (ISBN 978-1248241271 et 1248241274, lire en ligne [PDF]), « Villers-Carbonnel, Horgny et Applaincourt ».
  • Francine François-Dejuine, 1935-1955, Mémoires de 28 communes du Santerre, Inval-Boiron, La Vague verte, collection "Souvenance", 2011, (ISBN 978 - 2 - 35 637 - 035 -8)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant à l'année 2006, première population légale publiée calculée conformément aux concepts définis dans le décret no 2003-485 du 5 juin 2003, et les années correspondant à une enquête exhaustive de recensement pour les communes de moins de 10 000 habitants, et aux années 2006, 2011, 2016, etc. pour les communes de plus de 10 000 habitants, ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee pour l'ensemble des communes.
  3. Les hommes du Chinese Labour Corps étaient affectés, le plus souvent, à des tâches de manutention

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c et d Notice géographique et historique sur la commune de Villers-Carbonnel, rédigée par M. Cormon, instituteur, Archives départementales de la Somme, vers 1898/99.
  2. Charles Rostaing, Les Noms de lieux, Paris, P.U.F., 1969
  3. a et b Abbé Paul Decagny, L'Arrondissement de Péronne ou recherches sur les villes, bourgs, villages et hameaux qui le composent, 1844 - réédition partielle sous le titre, Péronne et son canton, Inval-Boiron, La Vague verte, 2010.
  4. Visible sur le site de l'IGN, geoportail.fr, cf. ses coordonnées, puis cliquer sur « Carte IGN ».
  5. a et b Decagny 1844, p. 144.
  6. a et b Decagny 1865, p. 283.
  7. a et b Francine François-Dejuine, 1935-1955, Mémoires de 28 communes du Santerre, Inval-Boiron, La Vague verte, collection "Souvenance", 2011, (ISBN 978 - 2 - 35 637 - 035 -8)
  8. [xls] « Liste des maires de la Somme », sur http://www.somme.pref.gouv.fr,‎ (consulté le 16 mai 2009)
  9. « Liste des maires de la Somme » [xls], Liste des élus du département de la Somme, Préfecture de la Somme,‎ (consulté le 9 juin 2014)
  10. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  11. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2005, 2008, 2010, 2013.
  12. Incidemment, il est respectivement le père et le grand-père des actrices Ludmila Mikaël et Marina Hands.
  13. « Distillerie d'alcool de betteraves dite distillerie S.I.F.A., puis usine de produits chimiques dite Industrielle des antibiotiques, puis Technochim, puis Overchem », sur le site de Patrimoine de France,‎ (consulté le 17 mai 2009)
  14. Autres orthographes connues : Happlaincourt, Applaincourt, Applincourt.
  15. « Château d'Happlaincourt (restes) à Villers-Carbonnel (80) », sur le site de Patrimoine de France (consulté le 17 mai 2009)
  16. http://www.meshs.fr/Lestravailleurschin25616732___1360x768x1x1360x667x1_____rwr__________..php.