Corps de travailleurs chinois

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Tombes chinoises dans le cimetière d'Ascq

Le corps de travailleurs chinois (en anglais, Chinese Labour Corps) est une force de travailleurs recrutés par le gouvernement britannique pendant la Première Guerre mondiale pour apporter une aide — non combattante — aux forces armées du Royaume-Uni.

Histoire[modifier | modifier le code]

Cette structure est créée par les Britanniques en 1917, à la suite d’un traité signé en entre le Royaume-Uni et la république de Chine, laquelle s'engage à fournir des travailleurs pour participer à l'effort de guerre.

Ces Chinois, appelés « Célestes », sont des volontaires. Le contrat de ces coolies stipule qu'ils s'engagent pendant trois ans à travailler dans l'industrie et l'agriculture, dix heures par jour, sept jours sur sept, en échange d'un bon salaire.

Tâches[modifier | modifier le code]

De nombreuses tâches leur sont affectées[1]. Leurs principales activités sont la blanchisserie, la participation à des constructions et réparations diverses (lignes de chemins de fer, dépôts de munitions), le terrassement de tranchées, la manutention, l'aide dans les services de santé et le ramassage des cadavres de soldats. Il arrive aussi qu'ils participent à des activités plus risquées comme le déminage de terrains nouvellement conquis[1].

Le « corps de travailleurs chinois » participe aussi aux efforts de reconstruction d’Ypres après guerre[2].

Affectation[modifier | modifier le code]

La majorité des travailleurs chinois se retrouvent à travailler près du front, essentiellement dans le Nord-Pas-de-Calais et la Somme.

Cimetières et mémoriaux[modifier | modifier le code]

Les travailleurs chinois du Corps ne participent pas directement aux combats.

Selon les rapports gardés par les recruteurs anglais et français, environ 2 000 travailleurs chinois sont morts pendant la Première Guerre Mondiale ou peu après, la plupart en 1918 ou 1919 à la suite de l'épidémie de grippe espagnole, certains à la suite d’attaques ennemies ou de blessures reçues au cours de leur travail. Ce nombre est contesté par quelques lettrés chinois qui affirment que le nombre de victimes est proche de 20 000. Ces travailleurs morts ont été enregistrés en tant que pertes humaines de guerre et ont été enterrés dans plusieurs cimetières (principalement dans le Nord de la France), pour un total d'environ 2 000 tombes. Un des quatre proverbes suivants a été gravé sur les pierres tombales édifiées à la demande du « comité du Commonwealth pour les sépultures de guerre » (la Commonwealth War Graves Commission) :

  • « Fidèle jusqu'à la mort » ;
  • « Une bonne réputation demeure pour toujours » ;
  • « Un noble devoir bravement fait » ;
  • « Quoique mort, il vit toujours ».

Les cimetières sont les suivants avec, pour chacun d’eux, l'indication du nombre de tombes chinoises qui s'y trouvent :

en France[modifier | modifier le code]

  • Abbeville : extension du cimetière communal (4 tombes chinoises).
  • Albert (Somme) : cimetière national français (1 tombe chinoise).
  • Arques-la-Bataille : dans le cimetière britannique (71 tombes chinoises).
  • Ascq : cimetière communal (4 tombes chinoises).
  • Autun : carré militaire français (4 tombes chinoises).
  • Ayette : cimetière britannique (54 tombes chinoises).
  • Bailleul (Nord) : annexe du cimetière communal (31 tombes chinoises).
  • Beaulencourt : cimetière britannique, Ligny-Thilloy (14 tombes chinoises).
  • Blargies : extension du cimetière communal (21 tombes chinoises).
  • Caudry : cimetière britannique (19 tombes chinoises).
  • Chocques : cimetière militaire (16 tombes chinoises).
Tombe de Yang Shiyue 楊十月 originaire du Shandong, mort le et enterré au cimetière chinois de Nolette[3].
  • Essegney : cimetière militaire, route de Damas-aux-Bois[4] (4 tombes chinoises).
  • Etaples : cimetière militaire (1 tombe chinoise).
  • Foncquevillers : cimetière militaire (2 tombes chinoises).
  • Gezaincourt : cimetière britannique de Bagneux (4 tombes chinoises).
  • Haute-Avesnes : cimetière britannique (12 tombes chinoises).
  • Laventie : cimetière militaire (3 tombes chinoises).
  • Le Portel : cimetière communal (1 tombe chinoise).
  • Les Rues-des-Vignes : cimetière communal (1 tombe chinoise).
  • Longuenesse (près de Saint-Omer) : le cimetière du Souvenir dispose d’un mémorial célébrant les 23 membres du corps de travailleurs chinois dont les tombes ne peuvent pas être exactement localisées (86 tombes chinoises en complément).
  • Marseille - Mazargues : cimetière de guerre, dans un quartier sud de Marseille (6 tombes chinoises).
  • Noyelles-sur-Mer : le cimetière chinois de Nolette est le plus grand d’Europe ; il contient 838 tombes de travailleurs chinois, tandis que le mémorial célèbre 40 autres morts sur terre ou sur mer dont les tombes sont inconnues.
  • Quéant : extension britannique du cimetière communal (1 tombe chinoise).
  • Rouen - Saint-Sever : l'extension du cimetière est située à l'intérieur d'un long cimetière communal, à l'extrémité est des quartiers sud de Rouen près des communes du Grand-Quevilly et du Petit-Quevilly (44 tombes chinoises).
  • Ruminghem : le cimetière chinois contient 75 tombes, dont la moitié provient du transfert d'un cimetière chinois à Saint-Pol-sur-Mer après la guerre.
  • Sains-en-Gohelle : fosse no 10 de l'extension du cimetière communal (49 tombes chinoises).
  • Saint-Étienne-au-Mont : cimetière communal (160 tombes chinoises).
  • Sangatte : quartier des Baraques, cimetière militaire (203 tombes chinoises).
  • Tincourt-Boucly : nouveau cimetière britannique (57 tombes chinoises).
  • Villers-Carbonnel : cimetière communal (3 tombes chinoises)[N 1].

en Belgique[modifier | modifier le code]

  • Poperinge : cimetière militaire (35 tombes chinoises).
  • Ypres : cimetière dit New Irish Farm (nombre de tombes chinoises non fourni).

au Royaume-uni[modifier | modifier le code]

  • Folkestone (près de) : cimetière militaire de Shorncliffe (6 tombes chinoises).
  • Liverpool : cimetière d'Anfield (3 tombes chinoises).
  • Plymouth : cimetière d'Efford (8 tombes chinoises).

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Le cimetière communal, dans lequel se trouvent les trois tombes chinoises, se situe à proximité immédiate de la nécropole nationale de Villers-Carbonnel.

Références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens internes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Références bibliographiques[modifier | modifier le code]

  • (en) Michael Brynner Summerskill, China on the Western Front : Britain's Chinese Work-force in the First World War, Londres, Éditions Michael Summerskill,‎ , 248 p. (ISBN 0950833002, présentation en ligne)
  • (en) XU Guo qi, China and the Great War : China's pursuit of a new national identity and internationalization, vol. 19, Cambridge New York Melbourne Cambridge University Press, coll. « Studies in the social and cultural history of modern warfare »,‎ , 316 p. (ISBN 0521842123)
  • LI Ma (dir.), Les travailleurs chinois en France dans la Première Guerre mondiale, Paris, éditions du CNRS, coll. « CNRS Alpha »,‎ (ISBN 978-2-271-07186-6, présentation en ligne)
  • Gregory JAMES, The Chinese Labour Corps (1916-1920), Hong Kong, Bayview Educational, 2013. (ISBN 978-988-12686-0-0)