Canal du Nord (France)

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Canal du Nord.
Canal du Nord
Illustration.
Entrée nord du tunnel de Ruyaulcourt
Géographie
Pays France
Coordonnées 50° 16′ 44″ N, 3° 07′ 00″ E
Début Oise
Fin Canal Dunkerque-Escaut
Traverse Oise, Somme et Pas-de-Calais
Caractéristiques
Longueur 64,2 km
Gabarit Gabarit Freycinet
Histoire
Année début travaux 1913
Année d'ouverture 1965

Le canal du Nord est un canal de jonction reliant la vallée de l'Oise au canal Dunkerque-Escaut. Il possède deux biefs de partage alimentés par pompage depuis l'Oise et l'Aisne, et reçoit également les excédents de la Somme à hauteur d’Épénancourt. Imaginé vingt ans après le plan Freycinet pour promouvoir un gabarit de navigation supérieur au canal de Saint-Quentin, sa construction, amorcée en 1913, a été interrompue par les deux guerres mondiales et les difficultés économiques de l'entre-deux-guerres. Il a été finalement ouvert à la navigation en 1965.

Longueur[modifier | modifier le code]

18,1 km[1] + 11,5 km[2] + 12,4 km[3] + 4,4 km[4] + 20,2 km[5] + 7,6 km[6]

Parcours et villes traversées[modifier | modifier le code]

Le canal du Nord vient s'embrancher sur le canal Dunkerque-Escaut par le canal de la Sensée, au port fluvial d’Arleux, et établit une connexion fluviale avec le canal latéral à l'Oise à Pont-l’Évêque, non loin de Noyon. D'une longueur de 95 km, il compte 19 écluses et deux biefs de partage :

  • celui du souterrain de Ruyaulcourt au nord, d'une longueur de 4,35 km. La dénivelée entre Arleux et ce bief, de 40 m, est rachetée par sept écluses, tandis que la descente vers la vallée de la Somme, de 28 m, emploie cinq écluses ;
  • celui du tunnel de la Panneterie (long de 1,10 km). La dénivelée entre la vallée de la Somme et ce bief est de 13 m et est rachetée par trois écluses, tandis que la descente vers la vallée de l'Oise au sud est de 22 m franchis en quatre écluses.

La section centrale du canal emprunte le Canal de la Somme à hauteur de Péronne sur 20 km environ.

Souterrain de Ruyaulcourt[modifier | modifier le code]

Ce tunnel fluvial, long de 4 350 m, est divisé en 3 parties, deux voies uniques de 1 600 mètres et une de 1 150 mètres en son centre permettant le croisement de bateaux. En France, il est le seul de ce type. Le poste de commande se trouve à la tête nord du passage souterrain, et la surveillance de l'ouvrage se fait par un éclairage continu et des caméras. Des bornes décamétriques dans le tunnel donnent la distance à l'entrée nord : de la borne 166 à la borne 269, les deux passages communiquent mais le dépassement (« trématage ») des bateaux y est interdit. Les deux voies possèdent une banquette permettant la circulation des piétons, mais celles-ci sont fermées au public depuis 2009. À la verticale de Ytres, un puits de 40 mètres de profondeur et 5 mètres de diamètre a été creusé. Équipé d'un ventilateur, il se situe au niveau de la borne 219. À la borne 276, se trouve un puits d'évacuation menant par des escaliers aux deux banquettes de circulation.

Nord[modifier | modifier le code]

Le port de Marquion sur le canal du Nord

Arleux

Pas-de-Calais[modifier | modifier le code]

Palluel, Sauchy-Cauchy, Marquion, Sains-lès-Marquion

Nord[modifier | modifier le code]

Mœuvres

Pas-de-Calais[modifier | modifier le code]

Hermies, Ruyaulcourt, Ytres

Somme[modifier | modifier le code]

Étricourt-Manancourt, Moislains, Allaines et son lieu-dit Feuillaucourt, lieu-dit Halles sur la commune de Péronne (Subdivision de Péronne), Épénancourt, Pargny, Béthencourt-sur-Somme (jonction avec le canal de la Somme), Rouy-le-Grand, Rouy-le-Petit, Quiquery près de Nesle, Breuil, Buverchy, en suivant les cours de l'Ingon et du Petit Ingon

Oise[modifier | modifier le code]

Libermont, Campagne, Catigny, Noyon, Pont-l'Évêque

Jonction avec le Canal de Saint-Quentin.

Jonction avec le Canal latéral à l'Oise.

La rumeur d'Abbeville[modifier | modifier le code]

Question book-4.svg
Cette section ne cite pas suffisamment ses sources (février 2017).
Pour l'améliorer, ajoutez des références vérifiables [Comment faire ?] ou le modèle {{Référence nécessaire}} sur les passages nécessitant une source.

En 2001, il y eut une crue mémorable de la Somme. À la suite de pluies continues et diluviennes, l’eau commença à monter le 27 mars 2001.

Rapidement, une rumeur prit corps : il y avait un complot pour noyer Abbeville pour que Paris ne soit pas submergé par les eaux. La Somme qui arrose Abbeville est reliée à la Seine par le Canal du Nord, avec bien sûr un certain nombre d’écluses. Les Parisiens auraient détourné l’eau qui menaçait Paris par ce canal pour protéger la capitale, sans se soucier bien sûr de ces provinciaux de la Picardie. Au même moment, du 25 au 30 mars, la capitale reçoit en effet une délégation du Comité international olympique (CIO) venant statuer sur la candidature de la ville aux Jeux de 2008, et se doit donc de faire bonne figure.

Le 30 mars, Daniel Cadoux, le préfet de région, est obligé de tenir une conférence de presse. Sans résultats. Le 6 avril, la situation est très préoccupante : 58 communes concernées, 880 habitations inondées, 170 maisons évacuées et 500 personnes sinistrées, dont une centaine à Abbeville. Le 8 avril, le préfet menace de poursuite en diffamation les élus qui colporteraient les bruits calomnieux pour les plus hautes autorités. Le 9 avril, Lionel Jospin, le Premier ministre, se rend à Abbeville ; au cours de sa visite, il est vivement pris à partie par les sinistrés, et Maxime Gremetz, député (PC) de la Somme, lui écrit cette lettre ouverte : « Ne faut-il pas examiner sérieusement pourquoi j’ai constaté que la Somme recevait de l’eau du canal du Nord ? Comme tous les Picards, je me pose des questions. »

Un « Comité de Défense des Riverains de la Somme » se met en place, avec à sa tête André Boulogne, un retraité du Trésor public. Il écrit au directeur de la direction départementale de l'Équipement (DDE) et organise même une manifestation à laquelle participent un millier de personnes à Amiens le 11 avril. Gilles de Robien, maire d’Amiens, demande une commission d’enquête. Ce même jour, Joël Hart, le maire d’Abbeville fait constater par un huissier que le déversoir d’Épénancourt, qui sert de trop-plein au canal du Nord, débite dix mètres cubes par seconde dans la Somme, « soit le contenu de dix mille camions-citernes par jour ».

Les grands médias nationaux se sont tous fait l’écho de la rumeur de la Somme au même moment, à partir du 9 avril, le jour de la visite de Lionel Jospin à Amiens, soit deux jours après les médias régionaux. Entre le 9 et le 11 avril, huit reportages évoquant cette rumeur ont été diffusés dans les journaux télévisés des chaînes nationales, en particulier sur TF1 (voir les JT de Jean-Pierre Pernaut, picard natif d'Amiens, et le 20 h du 9 avril de Patrick Poivre d’Arvor, qui commence par ces mots : « Les Picards cherchent des explications et certains sont persuadés qu’on les inonde pour épargner Paris ».

La rumeur a ensuite totalement disparu du devant de l’actualité télévisuelle.

Galerie de photos[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Notes et références[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]