Neelie Kroes

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Neelie Kroes
Neelie Kroes NOG Brussel.jpg
Fonctions
Commissaire européen à la concurrence
-
Ministre des transports, des œuvres publiques et de la gestion de l'eau (d)
-
Henk Zeevalking (en)
Hanja Maij-Weggen (en)
Députée néerlandaise
Biographie
Naissance
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Parti politique
Distinctions

Neelie Kroes (prononcé en néerlandais : [ne.li.krus]), née le à Rotterdam, est une femme d’affaires et politique néerlandaise, membre du parti populaire libéral et démocrate.

Ministre des transports des Pays-Bas entre 1982 et 1989, elle est plus tard commissaire européenne à la concurrence dans la Commission Barroso I entre 2004 et 2009, puis vice-présidente de la Commission européenne et commissaire européenne à la société numérique au sein de la Commission Barroso II entre 2009 et 2014.

Elle est directrice entre 2000 et 2009 d’une société enregistrée aux Bahamas, dont l’existence n’a jamais été révélée aux autorités bruxelloises. Elle est en 2006, classée comme la 38e femme la plus puissante au monde par le magazine Forbes.

Biographie[modifier | modifier le code]

Née à Rotterdam, Neelie Kroes appartient à une riche famille de négociants. Elle a étudié à la prestigieuse École supérieure néerlandaise d’économie (Nederlandse Economische Hogeschool, devenue en 1973 l’université Érasme de Rotterdam) et y a obtenu sa maîtrise en économie avant d’y enseigner la logistique pendant quelques années. Elle a également présidé l’université de Nyenrode, une école de management, de 1991 à 2000.

Elle a épousé en secondes noces Bram Peper, ancien maire travailliste de Rotterdam et ministre de l’Intérieur des Pays-Bas.

Carrière politique[modifier | modifier le code]

Neelie Kroes fait partie du Volkspartij voor Vrijheid en Democratie (Parti populaire libéral et démocrate) d’orientation libérale. Elle fut notamment responsable de la privatisation des PTT (postes), portefeuille qui lui valut le surnom de « Nickel Neelie », en référence à la « Iron Lady » (dame de fer), Margaret Thatcher.

Fonctions gouvernementales[modifier | modifier le code]

Fonctions électives[modifier | modifier le code]

  • 1970-1977 : conseillère municipale de Rotterdam
  • 1972-1977 : représentante à la Seconde Chambre
  • 1981-1982 : représentant à la Seconde Chambre

Nomination à la Commission Européenne[modifier | modifier le code]

Articles détaillés : Commission Barroso I et Commission Barroso II.

Sa nomination dans l’équipe de José Manuel Durão Barroso fut critiquée par le Parlement européen en raison de nombreux conflits d’intérêts potentiels : elle a détenu un mandat d’administrateur dans 43 grandes entreprises (Thales, Volvo, Lucent Technologies, etc.) et siégé au board de 12 entreprises européennes[1]. Pour cette raison, il est prévu que Neelie Kroes soit dessaisie d’un dossier dès qu’il fait intervenir une entreprise pour laquelle elle a travaillé.

Elle a également été mise en cause aux Pays-Bas pour la gestion de son patrimoine immobilier et des relations d’affaires peu claires avec le promoteur Jan-Dirk Paarlberg[2] proche d'un groupe mafieux dirigé par Willem Holleeder[3],[4],[5],[6].

Sa nomination au poste de commissaire européenne à la société numérique et vice-présidente de la Commission est annoncée le . La communication sur la stratégie numérique a été rendue publique le 19 mai 2010.

Neelie Kroes est à la tête du programme Digital Champion qui rassemble un digital champion par pays membre de l'Union européenne. Ce programme a pour ambition de créer une société européenne numérique.

Activités dans le secteur privé[modifier | modifier le code]

Après avoir quitté la Commission Européenne, Neelie Kroes a confirmé le 22 mars 2016 avoir rejoint le conseil d'administration de Salesforce, une entreprise américaine spécialisée dans le cloud computing[7]. Elle est par ailleurs depuis fin 2014, aide du gouvernement néerlandais pour la promotion des Pays-Bas auprès des start-ups et de leurs financeurs[8].

Depuis 2016, elle siège au Comité de conseil en politique publique d'Uber[9]

Polémiques[modifier | modifier le code]

A la sortie de la Commission Européenne[modifier | modifier le code]

Ses activités au sein siège du Comité de conseil en politique publique d'Uber[9], ravivent ainsi les critiques de "pantouflage" (vendre au privé une influence acquise dans le public)[10].

Elle est aussi salariée de la Bank of America Merrill Lynch, ce qui l'a fait citer dans des enquêtes anti-lobbying[11].

Bahamas leaks[modifier | modifier le code]

D'après un document révélé par le journal allemand Süddeutsche Zeitung, Neelie Kroes aurait été administratrice d'une société offshore basée aux Bahamas entre 2000 et 2009[12]. Elle n'avait par ailleurs pas déclaré cette activité alors qu'elle occupait la fonction de Commissaire Européenne en charge de la concurrence[13],[14].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Michel Derenbourg, « Neelie Kroes : une femme d’affaires », in Enjeux Les Échos, no 207, novembre 2004.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Neelie Kroes - Declaration of interest
  2. Fiche de Jan-Dirk Paarlberg (nl) sur Wikipédia
  3. [1]« La commissaire européenne néerlandaise soupçonnée de corruption », Libération, du 13 mai 2006
  4. [2]« Neelie Kroes et le mafieux » Coulisses de Bruxelles, UE Jean Quatremer du 11 mai 2006
  5. Le Monde du 11 mai 2006
  6. Les Échos du 11 mai 2006
  7. Neelie Kroes rejoint le board de Salesforce, 01net.com, 22 mars 2016
  8. Start-ups : les Pays-Bas veulent concurrencer la France, Le Figaro.
  9. a et b « Une ex-commissaire européenne chez Uber », franceinfo.fr, 9 mai 2016.
  10. Pierre Rimbert, « La pantoufle d'or », Le Monde Diplomatique, no 748,‎ , p. 2
  11. « La Commission européenne gangrenée par les lobbys et conflits d'intérêts ? », sur sudouest.fr,‎ .
  12. « Bahamas Leaks » : la société offshore cachée de l’ex-commissaire européenne à la concurrence, sur lemonde.fr,‎
  13. (fr) « L'ex-commissaire européenne Neelie Kroes dirigeait une société offshore » (consulté le 22 septembre 2016)
  14. « Evasion fiscale : nouvelle moisson de révélations »,‎ (consulté le 22 septembre 2016)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]