Télévangélisme

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Un télévangéliste (en anglais televangelist, mot formé à partir de television et evangelist) est un ministre religieux qui consacre une partie importante de son ministère à des émissions de télévision régulières. Certains télévangélistes sont aussi pasteurs dans leurs propres temples, mais leurs ouailles sont majoritairement des téléspectateurs. Le concept est surtout associé au Christianisme évangélique.

Historique[modifier | modifier le code]

Les prédicateurs utilisent les télécommunications pour susciter des conversions depuis les premiers jours de la radio.

La pasteur canadienne évangélique Aimee Semple McPherson, fondatrice de l'International Church of the Foursquare Gospel, a utilisé la radio dans les années 1920 et 1930 pour atteindre un public plus large[1].

L'un des plus célèbres prédicateurs catholique du début du XXe siècle est le prêtre Charles Coughlin dont les émissions au ton fortement anticommuniste touchaient des millions d'auditeurs durant la Grande Dépression des années 1930.

Dans les années 1950, l'archevêque catholique américain Fulton Sheen anima des diffusions de haute qualité qui donnèrent une excellente réputation à la télévision comme moyen de communication sociale et d'évangélisation. Le style de Sheen était très différent de celui des pasteurs protestants ou celui de Coughlin. Il est encore cité comme un brillant exemple à imiter dans le domaine télévisuel[2].

Dans les années 1970 et 1980, la montée du christianisme évangélique a permis à des télévangélistes de devenir des personnages de grande envergure, propriétaires de leur propre chaîne, jouissant d'une visibilité médiatique et de l'influence politique qui y est associée[3]. Pour nombre d'entre eux, ce succès a perduré jusqu'à nos jours.

Le télévangélisme aujourd'hui[modifier | modifier le code]

Le télévangélisme est un phénomène à l'origine spécifiquement américain. Toutefois, la forte progression du christianisme évangélique en Amérique latine et en Afrique a entraîné l'apparition de télévangélistes dans ces pays [4]. Enfin, depuis les années 1990, les chaînes des télévangélistes américains implantent progressivement des antennes locales en Europe. De nombreux networks (réseaux de chaînes de télévision couvrant l'ensemble du territoire) religieux existent et leurs programmes sont constitués principalement par des messages de télévangélisme.

Bien qu'à prédominance catholique dans le nord des États-Unis, c'est un phénomène presque entièrement chrétien évangélique dans le Midwest et le Sud, où il constitue un avatar des mouvements de réveil prêchés sous des chapiteaux itinérants (revival tent preaching) qui connurent un regain durant la grande dépression, les prédicateurs se déplaçant de ville en ville et vivant des offrandes des fidèles[5].

Aux USA, les télévangélistes les plus connus sont Joel Osteen, Joyce Meyer et T. D. Jakes[6]. Au Nigéria, il y a Enoch Adeboye et Chris Oyakhilome [7].

Film sur le télévangélisme[modifier | modifier le code]

Le télévangélisme a été décrit par le cinéaste Richard Brooks dans son film Elmer Gantry le charlatan (1960) avec Burt Lancaster (qui reçoit grâce à ce film l'Oscar du meilleur acteur) et Jean Simmons, adaptation du roman éponyme (1927) de Sinclair Lewis).

Controverses liées aux télévangélistes[modifier | modifier le code]

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Certains télévangélistes ont été la source de graves controverses portant sur les pratiques de guérison. Ils sont accusés de charlatanerie par les sceptiques et des fraudes ont pu être prouvées comme dans le cas de Peter Popoff.

Dans les années 1980, des scandales financiers ont ruiné la réputation de certains d'entre eux, dont Jim Bakker qui a dû faire de la prison. Jimmy Swaggart est devenu célèbre pour l'aveu de ses relations avec des prostituées. Ils continuent de prêcher, mais avec une audience moindre. Leurs pratiques sont dénoncées par la chanson Jesus He Knows Me du groupe Genesis, qui met en scène un télévangéliste amoral détournant les dons de ses téléspectateurs.

Pat Robertson et Jerry Falwell se sont fait remarquer en 2001 par leurs déclarations interprétant les attentats du 11 septembre 2001 comme une sanction divine.

Dans l'islam[modifier | modifier le code]

Le télévangélisme existe aussi dans l'islam, bien qu'il soit question de Coran en lieu et place d'Évangile. Plusieurs émissions sont notamment développées au Pakistan[8] ou en Égypte[9] ; Amr Khaled est l'un des plus célèbres.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Mark Ward Sr., The Electronic Church in the Digital Age: Cultural Impacts of Evangelical Mass Media [2 volumes]: Cultural Impacts of Evangelical Mass Media, ABC-CLIO, USA, 2015, p. 104, 231
  2. [1]
  3. Randall Herbert Balmer, Encyclopedia of Evangelicalism, Westminster John Knox Press, USA, 2002, p. 677-678
  4. André Corten, André Mary, Imaginaires politiques et pentecôtismes: Afrique, KARTHALA Editions , France, 2000, p. 29
  5. J.K. Haden, C.E. Swann, Prime Time Preachers.The Rising Power of Televangelism (1981), p. 19
  6. George Thomas Kurian, Mark A. Lamport, Encyclopedia of Christianity in the United States, Volume 5, Rowman & Littlefield, USA, 2016, p. 2275-2276
  7. P. Thomas, P. Lee, Global and Local Televangelism, Springer, USA, 2012, p. 182
  8. « Au Pakistan, la "bataille" des télévangélistes musulmans », Dépêche AFP,‎ (lire en ligne)
  9. (en) « Holy smoke : Islamic preachers are drawing on a Christian tradition », The Economist,‎ (lire en ligne)

Annexes[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]