Aller au contenu

Sérent

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.

Sérent
Sérent
L'église paroissiale Saint-Pierre.
Blason de Sérent
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Bretagne
Département Morbihan
Arrondissement Vannes
Intercommunalité De l'Oust à Brocéliande Communauté
Maire
Mandat
Rozenn Guégan
2023-2026
Code postal 56460
Code commune 56244
Démographie
Gentilé Sérentais, Sérentaises
Population
municipale
3 279 hab. (2021 en augmentation de 7,4 % par rapport à 2015)
Densité 55 hab./km2
Population
agglomération
16 453 hab.
Géographie
Coordonnées 47° 49′ 26″ nord, 2° 30′ 16″ ouest
Altitude Min. 15 m
Max. 156 m
Superficie 59,67 km2
Type Bourg rural
Unité urbaine Hors unité urbaine
Aire d'attraction Hors attraction des villes
Élections
Départementales Canton de Moréac
Législatives Quatrième circonscription
Localisation
Géolocalisation sur la carte : France
Voir sur la carte topographique de France
Sérent
Géolocalisation sur la carte : France
Voir sur la carte administrative de France
Sérent
Géolocalisation sur la carte : Morbihan
Voir sur la carte topographique du Morbihan
Sérent
Géolocalisation sur la carte : Bretagne (région administrative)
Voir sur la carte administrative de Bretagne (région administrative)
Sérent
Liens
Site web http://www.serent.fr/

Sérent [serɑ̃] est une commune française, située dans le département du Morbihan en région Bretagne, à proximité de Ploërmel.

Historiquement dans le grand-pays (ancien diocèse breton) de Vannes, elle fait aussi partie du pays historique du territoire de Porhoët[1].

Géographie

[modifier | modifier le code]

Localisation

[modifier | modifier le code]

Sérent se trouve à 30 km au nord-est de Vannes et à 70 km au sud-ouest de Rennes.

Topographie

[modifier | modifier le code]

La superficie de la commune de Sérent est de 59,67 km2[2].

Sérent est situé sur le massif de Pinieux qui fait partie des Landes de Lanvaux. L'est de la commune est occupé par la Tourbière de Kerfontaine, site classée Espace Naturel Sensible[3].

Hydrographie

[modifier | modifier le code]

Le Sérentin traverse la commune. Il prend sa source au nord pour se jeter au sud dans la Claie[4] qui marque la limite communale sud. Sérent est également bordé au nord-est par le Canal de Nantes à Brest.

En 2010, le climat de la commune est de type climat océanique franc, selon une étude du CNRS s'appuyant sur une série de données couvrant la période 1971-2000[5]. En 2020, Météo-France publie une typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique et est dans la région climatique Bretagne orientale et méridionale, Pays nantais, Vendée, caractérisée par une faible pluviométrie en été et une bonne insolation[6]. Parallèlement l'observatoire de l'environnement en Bretagne publie en 2020 un zonage climatique de la région Bretagne, s'appuyant sur des données de Météo-France de 2009. La commune est, selon ce zonage, dans la zone « Intérieur Est », avec des hivers frais, des étés chauds et des pluies modérées[7].

Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de 11,5 °C, avec une amplitude thermique annuelle de 12,4 °C. Le cumul annuel moyen de précipitations est de 919 mm, avec 13,2 jours de précipitations en janvier et 7,1 jours en juillet[5]. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique la plus proche, située sur la commune de Pleucadeuc à 12 km à vol d'oiseau[8], est de 11,9 °C et le cumul annuel moyen de précipitations est de 907,2 mm[9],[10]. Pour l'avenir, les paramètres climatiques de la commune estimés pour 2050 selon différents scénarios d'émission de gaz à effet de serre sont consultables sur un site dédié publié par Météo-France en novembre 2022[11].

Voies de communication et transports

[modifier | modifier le code]

Sérent est traversé à l'est par la Route nationale 166 et est desservie par la ligne 4 du service de car BreizhGo[12].

Au , Sérent est catégorisée bourg rural, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022[13]. Elle est située hors unité urbaine[14] et hors attraction des villes[15],[16].

Occupation des sols

[modifier | modifier le code]
Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.
Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).

Le tableau ci-dessous présente l'occupation des sols de la commune en 2018, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC).

Occupation des sols en 2018
Type d’occupation Pourcentage Superficie
(en hectares)
Tissu urbain discontinu 1,7 % 102
Réseau routier et ferroviaire et espaces associés 1,0 % 58
Terres arables hors périmètres d'irrigation 43,0 % 2591
Prairies et autres surfaces toujours en herbe 11,8 % 709
Systèmes culturaux et parcellaires complexes 18,6 % 1121
Forêts de feuillus 1,7 % 100
Forêts de conifères 12,5 % 754
Forêts mélangées 9,3 % 559
Forêt et végétation arbustive en mutation 0,5 % 33
Source : Corine Land Cover[17]

Le nom de la localité est attesté sous les formes Serent en 866 et 1166, Serant en 1383, Serent en 1387, Sereint en 1516, Serans en 1630[18].

Selon Ernest Nègre le nom de Sérent contiendrait une racine "pré-celtique" *ser qui aurait signifié « couler, se mouvoir rapidement et violemment » et aurait, la plupart du temps, donné leurs noms à des cours d'eau. Sérent et le Sérentin - ruisseau dans le bassin duquel la ville est implantée - sont donc liés étymologiquement[19]. N-Y Tonnerre ne voit pas d'origine bretonne au toponyme, et le rattache plutôt à Serrant, Serandon et Serain[20]. Erwan Vallerie pense à un anthroponyme breton ou "latin en évolution brittonique" (Communes bretonnes et paroisses d'Armorique, pp. 62 et 214) pour une paroisse primitive. L'hypothèse d'un Serent hagionyme sans préfixe (plou-) lui paraît "téméraire". Mais la forme Serent dès 878 ne permet pas le rapprochement de Dauzat avec un latin *Serannus. Ph. Jouët fait observer (Bull. Amis des Etudes celtiques, 1990, 1) que serentin est formé sur Sérent et ne peut avoir donné le nom de la paroisse. Un "pré-celtique" inconnu n'est pas identifiable ici. De plus, la commune compte beaucoup de toponymes et de noms de famille (moyen-)bretons. En fait, elle a vu plusieurs vagues de défrichements qui expliquent ce caractère.

Sérent est appelé S'ran ou S'rin en gallo[18].

Préhistoire et Antiquité

[modifier | modifier le code]
Deux des onze urnes cinéraires trouvées dans la nécropole protohistorique de Boquidet à Sérent et contenant les ossements de défunts (Musée d'histoire et d'archéologie de Vannes).

Des vestiges mégalithiques, tombelles, sépultures, chambres souterraines et plus spécifiquement la nécropole hallstattienne de Boquidet, lieu-dit de Sérent, y attestent une présence humaine très ancienne. La découverte, entre autres, de dix urnes cinéraires intactes sur onze en 1932 à Boquidet et étudiées en 2005 ont permis un éclaircissement notable sur les pratiques funéraires en Bretagne à l'âge du fer et plus précisément aux VIe et Ve siècles b.p.[21]

La première allusion à Sérent date de la fin du IXe siècle dans le cartulaire de Redon. En effet, le premier écrit connu mentionne Billy de Sérent, qui donna une terre à l'abbaye Saint-Sauveur de Redon, en 857. Puis, une terre située sur la paroisse de Sérent est donnée en 878 à l'abbaye de Redon par un certain Bertwal. Vers 1030, c'est un nommé Ratfred qui donne à l'abbaye de Redon la terre de Brois (ou de La Brousse)[22]. La Terre de Sérent ou de La Chapelle en Sérent a été érigée en baronnie banerette en 1318 par Jean III, duc de Bretagne en faveur d'Olivier II, sire de La Chapelle, maréchal de Bretagne[23]. 1351, Jehan de Sérent, seigneur de Sérent participa au combat des Trente sous les ordres de Beaumanoir, chef local des blésistes (parti de Charles de Blois prétendant au trône de duc de Bretagne lors de la guerre de succession).

Époque moderne

[modifier | modifier le code]

Révolution française

[modifier | modifier le code]

La commune connut une histoire mouvementée lors de la Révolution où l'opposition entre Chouans et « Bleus » (Républicains) ravagea les campagnes, il en fut de même durant la "petite chouannerie". Sérent était au moment de la Révolution au cœur de la zone contrôlée par les Chouans de Georges Cadoudal auxquels elle fournissait hommes et vivres de bon ou de mauvais gré. Comme dans toute l'aire géographique concernée par la chouannerie, à Sérent et autour les notables étaient majoritairement républicains ; les aristocrates, les paysans et autres membres des basses-classes étaient bien souvent soit sympathisants du mouvement chouan[24], soit chouans eux-mêmes. l'Armée catholique et royale du Morbihan était même composée d'une colonne dite "colonne de Sérent" qui, avec celle de Bignan et celle de Pleugriffet composait la légion de Bignan. Cette colonne de Sérent était commandée par le lieutenant-colonel Mathurin Le Goësble[Note 1], major de la légion, la 1re compagnie de Sérent avait pour capitaine Joseph Guého, la 2e compagnie était, elle, dirigée par le capitaine Guillaume Guimard[Note 2], des Sérentais[25]. Quant aux notables, trois d'entre eux périrent assassinés par les Chouans de Pierre Guillemot dit le Roi de Bignan - donc probablement par des Chouans sérentais - soit pour avoir commandé la traque des prêtres réfractaires Noël Briend et Pierre Mahieux, soit pour avoir empêché leurs actions, soit pour ces deux raisons ; il s'agit de Mathurin Gloux, juge de paix par intérim puis membre du comité de surveillance républicain, de François Marie Vincent Loaisel, juge de paix de Sérent, tous deux tués en 1795, et de Mathurin Mouée, officier municipal de Sérent, "massacré avec des sabres ou des haches " en 1801[24]. Au début du XXe siècle l'industrie des carrières d'ardoise se développa considérablement, laissant encore aujourd'hui de profondes traces dans le massif de Pinieux / Pinieuc.

Le XIXe siècle

[modifier | modifier le code]

Le des troubles graves éclatèrent à Malestroit lors des élections pour le conseil d'arrondissement : les électeurs de 4 communes (Sérent, Lizio, Saint-Abraham, Saint-Guyomard) se disputèrent pour savoir quelle commune voterait la première : « les pierres que se jetaient les combattans atteignirent beaucoup de vitres et quelques habitans de Malestroit ; aussitôt la Garde nationale fut convoquée et, par un mouvement de frayeur fort regrettable, elle tira sur les paysans de ces communes. Deux furent atteints assez grièvement ; on pense que la blessure de l'un d'eux est mortelle. Nous avons demandé que l'on fit voter chaque commune au chef-lieu de la commune, et non au chef-lieu de canton »[26]. Dans un autre article paru quelques jours plus tard le même journal précise que le commencement des troubles serait dû à des électeurs de Ruffiac qui auraient commencé dans l'après-midi à frapper des électeurs de Sérent qui commençaient à danser et qu'une trentaine de Sérentais auraient été blessés[27].

En 1867 une épidémie de rougeole provoqua 30 décès à Sérent[28].

Le XXe siècle

[modifier | modifier le code]

Début du XXe siècle

[modifier | modifier le code]

Début du XXe siècle, Sérent est une ville prospère grâce à ses carrières d'ardoise dans les Landes et à Kerfontaine. Au total on y retrouve cinq grosses carrières sur le secteur et plus d'une dizaine dans les environs. L'extraction d'ardoise a pris fin à la sortie de la Première Guerre mondiale[réf. nécessaire].

La Seconde Guerre mondiale

[modifier | modifier le code]

Lors de la Seconde Guerre mondiale, le maquis de Saint-Marcel (), haut lieu de la Résistance, était en fait situé essentiellement sur la commune de Sérent autour de la ferme de La Nouette. Sérent eut donc à déplorer les exactions de l'occupant (en grande majorité des soldats géorgiens engagés dans l'armée allemande).

Politique et administration

[modifier | modifier le code]

Tendances politiques et résultats

[modifier | modifier le code]

Liste des maires

[modifier | modifier le code]
Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
1941 1945 Emmanuel Jeanroy    
1945 1947 Francis Touzé   Commerçant
1947 1953 Emmanuel Jeanroy    
1953 mars 1977 Francis Touzé   Commerçant
Réélu en 1959, 1965 et 1971
mars 1977 mars 2001 Roger Gatinel DVD Artisan boucher, maire honoraire
mars 2001 26 mai 2020 Alain Marchal DVG[29] Maître d'œuvre retraité
26 mai 2020 mars 2023[30] Yves Hutter[31] DVG[32] Consultant retraité
Démissionnaire
4 avril 2023[33] En cours
(au 8 avril 2023)
Rozenn Guégan[34] DVG
Horizons[35]
Chargée de mission et assistante de direction
Conseillère départementale de Moréac (2021 → )

Démographie

[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[36]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2006[37].

En 2021, la commune comptait 3 279 habitants[Note 3], en augmentation de 7,4 % par rapport à 2015 (Morbihan : +3,21 %, France hors Mayotte : +1,84 %).

Évolution de la population  [ modifier ]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
2 6002 0252 7082 7542 8902 9272 8262 8753 120
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
3 1023 0423 0662 9272 9132 9563 1263 0873 134
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
3 1123 1373 0742 9023 0483 0502 8982 7392 608
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2011 2016
2 5032 4452 3992 5652 6862 7162 9133 0243 048
2021 - - - - - - - -
3 279--------
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[38] puis Insee à partir de 2006[39].)
Histogramme de l'évolution démographique

Culture et patrimoine

[modifier | modifier le code]

La commune de Sérent appartient au pays gallo (en 1850 on y parlait le français ou du moins un dialecte selon le dictionnaire d'Ogée) mais la frontière linguistique bretonne est toute proche et de nombreux noms de hameaux sont d'origine bretonne tels que Brambily, Brément, Couëdru, Lescoet, Lesquidy, Quéhellec, Trealet, Trédano, Tréfiguet, Trégaro, Tromeur. "Il est hors de doute que le breton se maintint dans cette région au-delà du XIIIe siècle" (E. Vallerie, Traité Top. hist. Br., III, § 2.66).

La commune est engagée depuis 2018 dans la promotion de la langue gallèse avec la signature de la charte « Du Galo, dam yan, dam vèr ! : Du Gallo, Oui bien sûr ! »[40].

Lieux et monuments

[modifier | modifier le code]
La chapelle Sainte-Suzanne.
  • L'église Saint-Pierre.
  • Le manoir de Tromeur (XVe – XVIe siècle), propriété de Jean de Sérent. La seigneurie avait au XIVe siècle un droit de haute, moyenne et basse justice. Puis le manoir est successivement la propriété des familles Delhoaye (Symon Delhoaye en 1427), Hingant (en 1436), d'Avaugour (Julien d'Avaugour en 1536), Francheville (en 1630), Collobel du Bot-Langon (en 1664), Brébian (à la Révolution), Kergoët, Gazeau des Boucheries, La Vallée et Givry. Il est remanié en 1740 par J.F de Collobel et de l'édifice primitif, ne subsistent qu'un portail et une tour qui abrite un escalier. Le corps de logis date du XVIIIe siècle. Au XIXe siècle, la distribution intérieure du manoir est divisée en deux avec la construction d'un escalier desservant la partie nord du manoir. Côté sud, des chambres sans caractère particulier sont aménagées. On y trouve un puits et un colombier.
  • Le manoir de la Ville Gros (XVIIe siècle) : propriété successive des familles Le Blaye ou Blay (au XVe – XVIe siècle, Eon Le Blay en 1464 et en 1481, Raoul Le Blay ou Le Bloy en 1536), Bruban (en 1639), Beaucamp, Maitrot de Varenne (en 1812), Kerarmel, La Villetanet et Buteau. On y trouve une chapelle privée dédiée à saint Joseph qui date de 1636. Un bâtiment supplémentaire est ajouté au manoir au XIXe siècle.
  • Le château de la Salle (XVIIe et XIXe siècles) : il possédait autrefois un droit de haute justice. Propriété de Renaud de la Salle en 1427, de Thébaud de la Salle en 1464, et du sieur de Carné en 1536. Il était la propriété de la baronnie de Sérent qui le conserve jusqu'au XVIIIe siècle. Il devient ensuite la propriété de la famille Guerri, conseiller au Parlement de Bretagne. Ce château est acquis à la Révolution par le comte de Cramezel de Kerhué ou Kerhoué, puis par le vicomte Charles de Couëssin et ses descendants (les familles Kowalski et Pellegrin). Le domaine possède un logis principal du XVIIe siècle partiellement reconstruit au XIXe siècle (vers 1820). Il possède un puits, une chapelle privée et un calvaire. Travaux : chapelle reconstruite fin XIXe siècle (avec remploi de matériau XVIe siècle ) ; logis du XVIIe siècle ; partiellement reconstruit fin XIXe siècle, croix fin XIXe siècle dans le style du XVe. Il est est inscrit à l'inventaire général du patrimoine culturel[41] ;
  • Le manoir de Bohurel (1613 inscription de (re)construction) : siège de l'ancienne seigneurie du Bot-Hurel, avec droit de moyenne justice, ayant appartenu successivement aux familles Bohurel (en 1360), Guillaume Le Voyer et Johannet Heraud (en 1427), Jehan Guillart (en 1464), et Antoine Juzel (en 1536)[Note 4], Jean de Luxembourg et dame Raoulette Cado son épouse (en 1604), Le Goesche, sieur de Réron (en 1770), Le Corre, Omez (depuis 1975). Le manoir est restauré au XVIIIe siècle. Incendié en 1944 et partiellement reconstruit à cette époque. Il est est inscrit à l'inventaire général du patrimoine culturel[43] ;
  • Le château de La Houletière : siège de l'ancienne seigneurie de La Ville-Raix ou Ville-Rée qui possédait un droit de haute, moyenne et basse justice. Propriété successive des familles Sérent XIVe siècle, Guillaume des Forges (en 1460), Louis du Val (en 1536), Jean des Prés de La Bourdonnaye (en 1660) et de l'abbé de Brignac (en 1770).
  • Le manoir de la Rivière : siège de l'ancienne seigneurie de la Rivière ayant appartenu à une branche cadette de la famille de Sérent, propriété de Geoffroy de Sérent en 1464 et de François de Sérent en 1536. Il possédait autrefois une chapelle privée[44]. Le porche dont le toit a disparu est surmonté d'un vaste espace à usage de colombier[45]. Un cromlech se situe non loin du manoir, il a un diamètre de 2,70 mètres ; les sept pierres qui le composent ont, en moyenne, 70 cm de hauteur. Il est inscrit à l'inventaire général du patrimoine culturel[46] ;
  • Le château de Rohéan (XVe siècle), en ruine vers 1840. Siège de l'ancienne seigneurie de Rohéan avec droit de moyenne justice ayant appartenu successivement aux familles Callac (Guyon Callac en 1464 ; la famille Callac est aussi mentionnée en 1513), Le Carné, seigneurs de Castelan-Rohéan (en 1680), du Bot, Boisset (en 1770). Au XXe siècle, Mlle de Brellé fit don de la demeure à l'évêché qui le revendit vers 1914 à la famille Payen. Il devient en 1919, la propriété de la famille Briand.
  • Le manoir de La Ville-Quélo[44]. Siège d'une ancienne seigneurie ayant un droit de haute justice et appartenant à la famille de Sérent en 1770. On mentionne Guillaume de Lanvaux et Hervé Vaillant en 1427, et le sieur de Brignac en 1536. Il possédait autrefois une chapelle privée.
  • Le calvaire Sainte-Suzanne (XVIe siècle) son fût central - encadré par quatre colonnes coiffées de sphères - figure l'agonie du Christ ; ce calvaire comporte un large soubassement précédé d'un autel et dominé par cinq balustres étagés.
  • La chapelle Sainte-Suzanne et ses fresques.
  • La chapelle Saint-Symphorien (XVIe – XVIIe siècle), située au village de Couesboux. Elle est de forme rectangulaire et dotée d'un vaisseau unique avec lambris de couvrement.
  • L'ancienne chapelle Notre-Dame, reconstruite au XIXe siècle au village des Broussettes.
  • La croix de Le Croizo (XIIIe – XIVe siècle). Elle est fichée dans une dalle de granit.
  • La croix sculptée des Prescles (on dit /prèk/, sans doute d'un bas-latin predices désignant un lieu de prédications, mot passé par le breton qui a conservé le /k/, avant le passage à la langue romane), découverte en 1944 (les éléments de l'ancien fût, ornés de motifs serpentins, ont été retrouvés plus tard).
  • Les moulins à eau de la Salle, de Tromeur, de Brévent, de Marzac, de la Ville-Baud, de la Vallée, du Rhun.
  • Les moulins à vent des Coëts, de la Bourdonnaye, de Pinieux, de Brambily.
  • La tourbière de Kerfontaine, ZNIEFF de type I.

Légende de la Drague de Sérent

[modifier | modifier le code]

La tradition veut qu'au Xe siècle, une bête énorme dévorait femmes et enfants puis se retirait dans le bois de La Salle situé près du bourg et qu'elle était souvent vue buvant dans l'étang qui s'y trouvait. Un jour, le seigneur de Sérent rassembla ses vassaux, les nobles et les autres, pour traquer et éliminer le monstre qu'on nommait la Drague et parvint à le tuer lui-même. Pour remercier et faire honneur à leur seigneur, ses vassaux décidèrent d'une procession le jour de la Saint-Pierre, patron de la paroisse et le dimanche suivant.

Dans cette cérémonie, la Drague était une sorte de bannière prenant la forme d'un énorme serpent ou dragon, de 7,50 mètres de long, 2,50 mètres de large et 4,50 mètres de haut d'après l'abbé Cillart, composée de bois, d'osier et de mauvaises tapisseries ornées d'écussons du seigneur. Il s'agissait d'un rituel très précis : le jour de la Saint-Pierre, le seigneur de Sérent faisait courir la Drague, en la faisant porter par une douzaine de personnes puis l'un de ses vassaux, choisi l'année précédente en faisait de même. Le dimanche suivant, le même vassal prenait pour l'occasion le titre de duc et revêtu d'un manteau, ganté et éperonné, il faisait à son tour promener la Drague en la précédant, monté sur un cheval caparaçonné, comme s'il venait de livrer un combat à la bête et de la mettre à mort. Après la grand messe et les vêpres, la procession faisait trois fois le tour du cimetière de Sérent et à chaque tour, devant la porte principale, un sergent disait à haute voix : "Gric da Molac, se garde qui voudra de la guivre qui va courir, Gric da Molac !"[47]. "Gric da Molac" signifie, en breton, "Silence à Molac", symbole à la fois de paix et d'autorité. La devise complète des seigneurs de Molac était "En bon espoir, gric à Molac"[48]. Les aînés de la Maison de La Chapelle étant à la fois barons de Molac et barons de Sérent[23], on comprend mieux le lien qui unissait ces deux paroisses dans cette coutume. À cette occasion, le seigneur de La Salle devait fournir la farine, le bassin et le bois nécessaires à la préparation d'une bouillie préparée par le duc de l'année précédente. Cette bouillie était ensuite servie aux pauvres à La Salle, où la tradition situait la mort de la bête.

Héraldique

[modifier | modifier le code]

Les armoiries de Sérent se blasonnent ainsi :


D’or à trois quintefeuilles de sable.

Personnalités liées à la commune

[modifier | modifier le code]

Notes et références

[modifier | modifier le code]
  1. Mathurin Le Goësble, né le à La Rivière en Ruffiac, décédé après 1797.
  2. Guillaume Guimard, né le à Sérent, décédé le à Sérent.
  3. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2024, millésimée 2021, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2023, date de référence statistique : 1er janvier 2021.
  4. Les familles Guillart et Juzel appartenaient au monde des offices de finances[42].

Références

[modifier | modifier le code]
  1. Ph. Jouët et K. Delorme, Atlas historique des pays et terroirs de Bretagne, Morlaix, Skol Vreizh, .
  2. « Géoportail », sur gouv.fr (consulté le ).
  3. « bretagne-vivante.org/Agir-ense… »(Archive.orgWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?).
  4. « Le sérentin [J8444900] - Cours d'eau selon la version Carthage 2017 / Jeux de données de référence Sandre », sur eaufrance.fr (consulté le ).
  5. a et b Daniel Joly, Thierry Brossard, Hervé Cardot, Jean Cavailhes, Mohamed Hilal et Pierre Wavresky, « Les types de climats en France, une construction spatiale », Cybergéo, revue européenne de géographie - European Journal of Geography, no 501,‎ (DOI 10.4000/cybergeo.23155, lire en ligne, consulté le )
  6. « Zonages climatiques en France métropolitaine. », sur pluiesextremes.meteo.fr (consulté le ).
  7. « Les zones climatiques en Bretagne. », sur bretagne-environnement.fr, (consulté le ).
  8. « Orthodromie entre Sérent et Pleucadeuc », sur fr.distance.to (consulté le ).
  9. « Station Météo-France « Pleucadeuc » (commune de Pleucadeuc) - fiche climatologique - période 1991-2020 », sur donneespubliques.meteofrance.fr (consulté le ).
  10. « Station Météo-France « Pleucadeuc » (commune de Pleucadeuc) - fiche de métadonnées. », sur donneespubliques.meteofrance.fr (consulté le ).
  11. « Climadiag Commune : diagnostiquez les enjeux climatiques de votre collectivité. », sur meteofrance.fr, (consulté le ).
  12. « Se déplacer en car en Morbihan », sur breizhgo.bzh (consulté le ).
  13. « La grille communale de densité », sur le site de l'Insee, (consulté le ).
  14. Insee, « Métadonnées de la commune de Sérent ».
  15. « Base des aires d'attraction des villes 2020. », sur le site de l'Insee, (consulté le ).
  16. Marie-Pierre de Bellefon, Pascal Eusebio, Jocelyn Forest, Olivier Pégaz-Blanc et Raymond Warnod (Insee), « En France, neuf personnes sur dix vivent dans l’aire d’attraction d’une ville », sur le site de l'Insee, (consulté le ).
  17. « Données statistiques sur les communes de Métropole; Répartition des superficies en 44 postes d'occupation des sols (métropole) », sur CORINE Land Cover, (consulté le ).
  18. a et b (br) Erwan Vallerie, Diazezoù studi istorel an anvioù-parrez = Traité de toponymie historique de la Bretagne, Le Relecq-Kerhuon, An Here, (ISBN 2-86843-153-4 et 978-2-86843-153-0, OCLC 63764620), p. 214
  19. Ernest Nègre, Toponymie générale de la France, Librairie Droz, Genève, 1990, p. 44
  20. Tonnerre, Noël-Yves., Naissance de la Bretagne : géographie historique et structures sociales de la Bretagne méridionale (Nantais et Vannetais) de la fin du VIIIe à la fin du XIIe siècle, Presses de l'Université d'Angers, (OCLC 32455730, lire en ligne), p. 59
  21. Marcia Haldemann et Isabelle Le Goff, Étude d’une nécropole de la fin du premier âge du Fer en Bretagne : le cimetière de Boquidet à Sérent (Morbihan), Revue archéologique de l'Ouest, 2007, p. 55-72
  22. Cartulaire de l'abbaye de Redon, p. 213, 274, 284
  23. a et b in Dictionnaire historique et géographique de la province de la Bretagne de Jean Ogée, p. 406.
  24. a et b Pierre Robino, Jean-François Barré (1752-1832 ), Itinéraire d'un révolutionnaire alréen, 2006
  25. Archives départementales en ligne du Morbihan, État civil de Sérent; Baptêmes, Mariages, Sépultures; registre 1760-1782 et suivants
  26. « On lit dans le journal La Concorde du Morbihan du 30 août », Journal des débats politiques et littéraires,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  27. « On lit dans La Concorde du Morbihan du 2 septembre », Journal des débats politiques et littéraires,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  28. Dr Alfred Fouquet, "Compte-rendu des épidémies, des épizooties et des travaux des conseils d'hygiène du Morbihan..", 1867, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6485891h/f18.image.r=Plumelec?rk=364808;4
  29. En tête de la liste « Expérience et renouveau à l'écoute des sérentais »
  30. « Le maire de Sérent, Yves Hutter, démissionne », Le Télégramme,‎ (lire en ligne).
  31. « Municipales à Sérent. Yves Hutter proclamé maire », sur Ouest-France, (consulté le ).
  32. Extrait de la fiche de M. Yves HUTTER, sur lesbiographies.com
  33. Dominique Le Lay, « "Non sans émotion, je prends la mesure de la tâche", Rozenn Guégan élue nouvelle maire de Sérent : Après la démission d’Yves Hutter, lors d'un précédent conseil municipal, les élus de Sérent (Morbihan) se sont retrouvés, ce mardi 4 avril 2023, afin d’élire un nouveau maire et nommer les six adjoints. », Ouest-France,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  34. Vos élus : Le maire et ses adjoints, sur serent.fr (consulté le 8 avril 2023).
  35. [1]
  36. L'organisation du recensement, sur insee.fr.
  37. Calendrier départemental des recensements, sur insee.fr.
  38. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  39. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014, 2015, 2016, 2017, 2018, 2019, 2020 et 2021.
  40. « Serent. Le premier café galo fait remonter les souvenirs des “bouzous” », sur actu.fr, (consulté le )
  41. « Château de la Salle », notice no IA00010035, sur la plateforme ouverte du patrimoine, base Mérimée, ministère français de la Culture
  42. Christel Douard et Jean Kerhervé, Manoirs : Une histoire en Bretagne, Châteaulin, Locus Solus, , 215 p. (ISBN 978-2-36833-338-9), p. 54.
  43. « Manoir de Bohurel », notice no IA00010033, sur la plateforme ouverte du patrimoine, base Mérimée, ministère français de la Culture
  44. a et b Frey 2012, p. Sérent.
  45. Christel Douard et Jean Kerhervé, Manoirs : Une histoire en Bretagne, Châteaulin, Locus Solus, , 215 p. (ISBN 978-2-36833-338-9), p. 100.
  46. « Manoir de la Rivière », notice no IA00010037, sur la plateforme ouverte du patrimoine, base Mérimée, ministère français de la Culture
  47. Archive.com, Oust-Brocéliande
  48. P. Potier de Courcy, Nobiliaire et armorial de Bretagne, T. 2, éd. V. Forest et E. Grimaud, Nantes, 1862, p. 181

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie

[modifier | modifier le code]
  • Joël Lecornec, Un souterrain de l'âge du Fer à Treviet en Sérent, Annales de Bretagne, no 79, 1, 1972, p. 99-102.

Articles connexes

[modifier | modifier le code]

Liens externes

[modifier | modifier le code]