Château de Serrant

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Château de Serrant
Image illustrative de l'article Château de Serrant
Architecte Jean Delespine
Début construction 1539
Fin construction 1710
Propriétaire initial Péan de Brie
Destination initiale Château
Propriétaire actuel le prince et la princesse Charles de Mérode
Protection Logo monument historique Classé MH (1948)[1]
Coordonnées 47° 24′ 54″ Nord 0° 44′ 40″ Ouest / 47.415059, -0.744551
Pays Drapeau de la France France
Région Pays de la Loire
Département Maine-et-Loire
Commune Saint-Georges-sur-Loire

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
Château de Serrant

Géolocalisation sur la carte : Pays de la Loire

(Voir situation sur carte : Pays de la Loire)
Château de Serrant

Géolocalisation sur la carte : Maine-et-Loire

(Voir situation sur carte : Maine-et-Loire)
Château de Serrant

Le château de Serrant est situé en France, sur la commune de Saint-Georges-sur-Loire dans le département de Maine-et-Loire, à une quinzaine de kilomètres à l'ouest d'Angers.

Historique[modifier | modifier le code]

Le château est essentiellement de style Renaissance, construit à la place d'un château médiéval en schiste ardoisier. Les douves témoignent de la période où Serrant était une place forte surveillant le passage de la Loire.

En 1481, Ponthus de Brie fut autorisé par Louis IX à fortifier le château, propriété de sa famille depuis le XIVème siècle.

En 1539 son fils Péan dépêche l'architecte angevin Jean Delespine pour construire un corps de logis bâti autour d'un escalier à double volée contrariée, travaux qui sont continués par son fils Charles.

Il est aussi prévu deux ailes en retour, mais le propriétaire ruiné par ces travaux et par un long procès contre les assassins de son frère, se trouve à court d'argent, et les travaux ne peuvent être achevés immédiatement; le château ne comprend que la partie gauche et l'escalier central du bâtiment principal.

Sa veuve vend le domaine en 1593 au banquier Scipion Sardini qui ne le conservera que sept ans en raison d'une procédure de retrait lignager qui lui fait réintégrer en 1607 le patrimoine des Brie, qui le revendront en 1620 à Hercule de Rohan, duc de Montbazon.

Château de Serrant

En 1630 Guillaume Bautru, courtisan de Louis XIII, en devient propriétaire; en 1636 il décide de reprendre les travaux interrompus un siècle plus tôt en respectant les plans d'origine; prolongation de la façade, édification de la tour Sud et des deux ailes en retour (qui seront allongées en 1710); dans les parties hautes l'étage de combles est remplacé par un étage d'attique ; cette modification a été supprimée par Lucien Magne en 1870 et l'homogénéité du style ainsi sauvegardée.

Guillaume Bautru, qui eut comme "compère" Bertrand Macé de La Bazinière, constitua la première bibliothèque de Serrant (qui comptait 12 000 volumes en 1992); c'est probablement lui qui y fit entrer le cabinet d'ébène attribué à Pierre Gole (grand salon), jugé "digne d'un musée royal" en 1854 par le baron de Wismes.

Serrant échut à Marguerite Thérèse de Bautru, épouse de son cousin Nicolas de Vaubrun, qui sera tué à la bataille d'Altenheim (1675) et en souvenir de qui elle fit édifier par Jules Hardouin-Mansart une nouvelle chapelle pour y abriter un mausolée qui n'y sera installé que 28 ans plus tard (1703) en prolongation de l'aile Sud, et dans un souci de symétrie fait également allonger l'aile Nord.

En 1749 François Jacques Walsh, riche armateur nantais devient seigneur de Serrant en achetant le domaine et le château meublé à Madeleine Diane de Vaubrun, duchesse d’Estrées, à qui avait échut le domaine du fait que le fils unique des Bautru, infirme, avait reçut les ordres mineurs.

Les Walsh réaménagent la décoration intérieure, créent un parc "à l'Anglaise", font édifier les deux pavillons et le portail de la cour d'honneur, dont la monumental grille est ornée de leurs armes.

En 1754, la seigneurie de Serrant est érigée en comté par lettre patente de Louis XV.

Louise de Vaudreuil, épouse d' Antoine Walsh, qui fit poser des boiseries et meubla le château vers 1755 (salon de Jean-Eienne Saint-Georges de la bibliothèque) devint dame d'honneur de l'impératrice Joséphine; après 1815 elle entrepris, avec l'aide du ferblantier du village Thierry et du peintre Girard, employé à la manufacture de porcelaine de Sèvres, des recherches destinées à ressusciter l'art du vitrail, faisant construire dans les communs un four dont sortirent en 1826 Les "premiers vitraux montés sur châssis de bois" (Guy Le Goff,, op. cit. p.45).

Elle fit aménager le château en vue d'une visite (écourtée) du couple impérial en 1806 au cours de laquelle, Napoléon Ier fut impressionné par son escalier d'honneur; en témoigne la chambre Empire, meublée entre autres par un bureau de Simon-Nicolas Mansion, dit "Mansion jeune".

Sophie Legrand, comtesse de Serrant en 1823, fit réaliser portraits et sculptures par les artistes renommés de l'époque Bettion, Hersent, Gayard, Berthon (œuvres conservées sur place) et entreprit de restaurer le château du Plessis-Macé, qui avait alors réintégré la patrimoine familial, et acquis pour le décorer des suites de tapisseries (ce château fut vendu par les Walsh de Serrant en 1888).

En 1830, Valentine Walsh de Serrant, petite-fille de François-Jacques, épouse Charles Bretagne Marie Joseph, duc de La Trémoïlle.

Le duc de la Trémoille (1856-1913) héritier par son épouse de la collection d'art et des archives du comte Tanneguy Duchâtel - qui posséda L'Oedipe et La Source d'Ingres (Paris, musée du Louvre) - les réunit à celle de sa famille, et confia la restauration du château à l'architecte Lucien Magne, archéologue et restaurateur de l'abbaye de Fontevrault qui procéda à une "retouche générale" du château dont il ceint le premier étage d'une longue balustrade (1894).

En 1939, la duchesse mit le château à la disposition de l'État pour y abriter des œuvres des musées nationaux[2].

Le dernier du nom étant mort jeune et sans postérité dans l'incendie d'un château anglais en 1933, l'important patrimoine familial, dont Serrant, a été transmis à leurs parents de la branche cadette de la famille princière de Ligne, qui afin de préserver le nom La Trémoïlle, furent autorisés à allonger leur nom en princes de Ligne-La Trémoïlle.

59 - Serrant Château 2.jpg
La façade sud.

Cette importante demeure très bien entretenue, abrite, outre un riche mobilier familial ancien, le fonds Duchâtel, archives du comte Tanneguy, ministre de Louis-Philippe Ier, père d'une duchesse de La Trémoille qui fut proche d'Adolphe Thiers.

Elle a été classée Monument Historique par arrêté du 29 septembre 1948, de même que le tombeau en marbre sculpté du marquis de Vaubrun, placé en 1703, superbe témoignage d'art funéraire du XVIIIe siècle.

En 2005, la princesse Hedwige de Ligne-La Trémoïlle hérite de Serrant où elle s'installe avec son époux le prince Charles-Guillaume de Merode, chef de la maison princière de Mérode.

Architecture[modifier | modifier le code]

Les douves datent du château médiéval préexistant.

Le logis est construit autour d'un escalier à double volée contrariée en pierre à voûtes décorées de caissons[1].

Le parc à l'anglaise du XVIIIe siècle entoure le château et diverses dépendances, le colombier, l'orangerie les écuries et les autres communs.

Sieurs de Serrant[modifier | modifier le code]

Un grand nombre de sépultures et de tombeaux des sieurs de Serrant se trouvaient en l'abbaye de st-Georges sur Loire, certaines furent relevées par Gaignières et se trouvent soit à la BNF soit à la Bodléian.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b « Notice no PA00109270 », base Mérimée, ministère français de la Culture
  2. Corinne Bouchoux, Rose Valland, la résistance au musée, Geste éditions / Archives de vie, 2006, p.46

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Dominique Letellier, Olivier Biguet, La reconstruction du château de Serrant dans les années 1540 : un témoignage précoce du classicisme, p. 289-299, Société française d'archéologie, Bulletin monumental, 1997, no 155-4 (Lire en ligne)
  • Guy Le Goff, Serrant, le dernier des grands châteaux de la Loire ("L'Estampille-L'Objet d'art" n°258/mai 1992, pp 40 à 57, ill.).

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]