René Boylesve

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René Boylesve
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René Boylesve en 1921.

Nom de naissance René Tardiveau
Naissance
La Haye-Descartes, Indre-et-Loire, Drapeau de la France France
Décès (à 58 ans)
Paris, Drapeau de la France France
Activité principale
Distinctions
Membre de l’Académie française (fauteuil 23)
Auteur
Langue d’écriture français
Genres
Signature de René Boylesve

René Boylesve, pseudonyme de René Tardiveau, est un écrivain français, né à Descartes (Indre-et-Loire) le 14 avril 1867 et mort à Paris le 14 janvier 1926.

Il passe sa jeunesse dans sa ville natale, puis à Tours. Il poursuit ses études à la Sorbonne. Il publie sa première nouvelle en 1888 et adopte son nom de plume définitif en 1893. Son œuvre est souvent inspirée par ses souvenirs d'enfance (La Becquée) ou de voyage (Le Parfum des îles Borromées) ou des pages de l'histoire de la Touraine (Mademoiselle Cloque). En 1918 il est élu à l'Académie française (fauteuil no 23). Il meurt en 1926 ; il est inhumé au cimetière de Passy à Paris.

Biographie[modifier | modifier le code]

René Tardiveau est le fils de Me François Pierre Auguste Tardiveau, notaire issu d'une famille de petits cultivateurs beaucerons, et de Marie Sophie Boilesve, d'une vieille famille angevine installée en Touraine[1]. Il perd sa mère en 1871 et est élevé par sa grand-tante Clémence Jeanneau, modèle du personnage de la Tante Félicie Planté dans La Becquée, mais celle-ci meurt à son tour en 1876 et son mari se suicide. René et sa sœur Marie retournent alors habiter chez leur père, qui s'est remarié en 1874 avec une jeune femme et qui ne va pas tarder à se ruiner après un achat immobilier (cette histoire inspirera L'Enfant à la balustrade).

Pensionnaire chez les Frères des Écoles chrétiennes à Poitiers à la rentrée 1877, il entre au collège de la Grand'Maison en 1880, qu'il quittera en 1882 à la suite de sa fermeture consécutive aux décrets Ferry pour entrer au lycée René Descartes de Tours. Son père, ruiné, se suicide en 1883. René Tardiveau obtient son baccalauréat en 1884-1885 et s'installe à Paris, rue Monge, en novembre 1885, pour suivre des études d'histoire et de droit à la Sorbonne. Il est licencié en droit en 1889.

Portrait par Jean Veber.

En 1888, il publie sa première nouvelle dans une revue tourangelle dirigée par Auguste Chauvigné et, vers la fin de l'année, rencontre Jane Avril. Jusqu'en 1896, il publie sous plusieurs pseudonymes dans des revues telles que La Plume ou L'Ermitage qu'il codirigera à la demande d'Henri Mazel, d'abord avec Adolphe Retté, puis avec Stuart Merrill, ensuite avec son ami Hugues Rebell. En 1893, il adopte définitivement le nom de plume de Boylesve, dérivé du nom de jeune fille de sa mère. Il habite alors rue Pasquier, près de l'église de la Madeleine. En 1896, il publie ses premiers romans : Le Médecin des Dames de Néans, subtile évocation des mœurs de province, et Le Bel avenir. Suivront des textes comme : Mademoiselle Cloque (1899), La Becquée (1901), La Leçon d’amour dans un parc (1902), L’Enfant à la balustrade (1903), Le Meilleur ami (1909), Le bonheur à cinq sous(1917), Élise (1921), Nouvelles leçons d’amour dans un parc (1924), Souvenirs du jardin détruit (1924). La mort de son demi-frère pendant la guerre lui inspire en 1917 le touchant Tu n’es plus rien.

Il fait la connaissance d'Anatole France, à qui il voue une grande admiration, d'Henri de Régnier, qui le recevra sous la coupole, d'André Gide, de Francis Vielé-Griffin, de Jean Moréas, de Charles Guérin, de Maurice Maindron, de Jacques des Gachons, de Paul Bourget, de Paul-Jean Toulet, de Paul Valéry, de Maurice Barrès, qui le fascinera, mais dont il s'éloignera, rebuté par ses idées politiques, de Paul Souday, qui le détestera, et surtout d'Hugues Rebell qui exercera sur lui une influence majeure.

Le 13 avril 1901, il épouse Alice Mors, fille de son beau-frère Louis Mors, riche industriel de l'automobile et de quatorze ans sa cadette[2]. Disposant désormais de moyens financiers solides, le couple reçoit beaucoup et mène une vie mondaine et brillante. Pendant la Première Guerre mondiale, il s'installe à Deauville où Alice se dévoue comme infirmière et se consacre à un grand blessé de guerre tandis que Boylesve rencontre Betty Halpérine qui devient sa secrétaire et sa maîtresse. Le curieux ménage à quatre vivra sous le même toit. Il ne sera jamais question de divorce mais Alice finira par quitter le foyer conjugal.

La découverte de Proust sera pour René Boylesve le grand choc littéraire. Conscient de la parenté de l'écrivain avec sa première façon, il le rejette d'abord - certainement pour ne pas renier son œuvre - avant de reconnaître en lui l'écrivain majeur de son époque. Aux autres sujets de tristesse vient donc s'ajouter la conscience de ne pas s'être totalement accompli[3].

Boylesve est élu le à l'Académie française au fauteuil no 23, au second tour de scrutin par 18 voix sur 27[4]. Il meurt d'un cancer le 14 janvier 1926, à la clinique des sœurs de Sainte-Marie, boulevard Arago. Le service funèbre fut célébré en l'église Notre-Dame de Grâce de Passy, rue de l'Annonciation. Son cercueil fut déposé dans une remise construite dans le jardin attenant à l'église. Il y resta ainsi durant 22 mois, jusqu'au 17 novembre 1927, jour où il fut enterré au cimetière de Passy, place du Trocadéro.

Son buste, en marbre, fut exécuté vers 1926 par le statuaire Philippe Besnard, exposé au Salon des Tuileries de 1927 et actuellement à l'Institut de France à Paris. Il existe un autre buste sculpté de Boylesve, dû au ciseau de Camille Garand, et visible dans le parc de Descartes, en Touraine.

René Boylesve.
Maison natale de René Boylesve à Descartes (Indre-et-Loire).

Pseudonymes[modifier | modifier le code]

René Boylesve usa de nombreux pseudonymes, notamment pour ses nouvelles : René Marie dans le Journal d'Indre-et-Loire ; René Marie, René Tardiveau et R.T. dans la Revue littéraire et artistique de Touraine ; René Tardiveau et Nepomucène dans le Réveil du Quartier ; René Tardiveau, René T..., René Tardivaux et Velserus dans la Revue de Littérature Moderne ; René Tardivaux, René Boylesve.

Œuvres[modifier | modifier le code]

Œuvres publiées de son vivant[modifier | modifier le code]

  • nouvelles publiées en revues (dont Les Belles Folies d’Écho, publication en février 1895 dans L’Ermitage, Allégorie de l'amant des grâces, publication dans La plume, 1er au 15 avril 1895, Les Embarras de Gillette, publication en janvier 1897 dans le Gil Blas, Le Mal de Rita, publication dans Fémina, 1er janvier 1921, J'ai écrit une petite histoire, publication dans Candide du jeudi 13 août 1925)
  • Le Médecin des Dames de Néans (1896)
  • Les Bains de Bade (1896)
  • Sainte-Marie des fleurs (1897)
  • Le Parfum des îles Borromées (1898, version Ollendorff)
  • Mademoiselle Cloque (1899)
  • La Becquée (1901) (voir Les Bonnets de dentelle dans la section « Œuvres posthumes »)
  • La Leçon d’amour dans un parc (1902)
  • L'Enfant à la balustrade (1903)
  • Le Bel Avenir (1905)
  • Mon amour (1907)
  • La Poudre aux yeux (1909)
  • Le Meilleur Ami (1909)
  • La Jeune Fille bien élevée (1909)
  • Madeleine jeune femme (1912)
  • La Marchande de petits pains pour les canards (1913)
  • Nymphes dansant avec des satyres (1913)
  • Le Bonheur à cinq sous (1917)
  • Tu n’es plus rien (1919)
  • Discours de réception à l'académie française (1919)
  • Allocution prononcée le 7 décembre 1919 à l'assemblée générale annuelle de l'Assistance mutuelle des veuves de la guerre (1919)
  • Alcindor ou suite à la leçon d'amour dans un parc (1920)
  • Seringapatam (extrait de La Marchande de petits pains pour les canards, publication séparée avec remaniements ; texte dont la version primitive avait été publiée seule, en volume, en 1909, sous le titre La Poudre aux yeux) (1920)
  • Le Carrosse aux deux lézards verts (1920)
  • Nymphes dansant avec des satyres (1920)
  • Le Dangereux Jeune Homme (1921)
  • Analogie (1921)
  • Élise (1921)
  • Ah ! plaisez-moi (1922)
  • Premières réflexions sur l’œuvre de Marcel Proust (1922)
  • Nouvelles et choix de pages de romans (spicilège) (1922)
  • Le Parfum des îles Borromées (version définitive, 1923)
  • Le Mariage de Pomme d'Api et les deux romanciers (1924)
  • Nouvelles leçons d’amour dans un parc (1924)
  • Souvenirs du jardin détruit (1924)
  • Je vous ai désirée un soir (1924) (version remaniée de Ah ! Plaisez-moi)

Œuvres posthumes[modifier | modifier le code]

buste sculpté
Buste sculpté de Boylesve par C. Garand, parc de Descartes.
  • Azurine ou le nouveau voyage (1926 / 1895) (la première édition dans Le Monde moderne d'août 1895, sous le titre : Le nouveau voyage)
  • Le Confort moderne (1926)
  • Le Dernier Mot sur l'amour (1926)
  • Les Deux Romanciers (1926)
  • La Touraine (1926)
  • Feuilles tombées (Écrits intimes) (1927)
  • Le Pied fourchu (1927)
  • Les Français en voyage (1929)
  • Opinions sur le roman (1929)
  • Réflexions sur Stendhal (1929)
  • Varia (1931)
  • Voyage aux îles Borromées (1932)
  • Feuilles tombées (Écrits intimes - Édition augmentée) (1947)
  • Profils littéraires (1962)
  • Les Bonnets de dentelle (1967 : version primitive de La Becquée, écrite en 1897, refusée par son éditeur, Louis Ganderax, et publiée de manière posthume)
  • Poèmes à Betty (1967)
  • Entrez dans la ronde - C'est une chose finie (1975)

Correspondance[modifier | modifier le code]

  • Auguste Chauvigné, Le Jardin secret de René Boylesve (extraits de sa correspondance) (1927)
  • Quelques échanges et témoignages (correspondance avec Marcel Proust, 1931)


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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Abel Bonnard, Émile Gérard-Gailly, Gonzague Truc, Jean-Louis Vaudoyer et al., Le Souvenir de René Boylesve, Paris, Le Divan,‎ 1931-1936 :
    • René Boylesve et Marcel Proust, Quelques échanges et témoignages, vol. 1,‎ , 79 p. ;
    • Jean-Louis Vaudoyer, Souvenirs de la rue des Vignes, vol. 2,‎ , 84 p. ;
    • Émile Gérard-Gailly, Qui était Mademoiselle Cloque ?, vol. 3,‎ , 131 p. ;
    • Gonzague Truc, Introduction à la lecture de René Boylesve, vol. 4,‎ , 90 p. ;
    • René Boylesve, Voyage aux îles Borromées, suivi de la première version du Parfum des îles Borromées, vol. 5,‎ , 141 p. ;
    • Émile Gérard-Gailly, René Boylesve ennemi de l'amour, vol. 6,‎ , 112 p. ;
    • Renée Dunan, La Philosophie de René Boylesve, vol. 7,‎ , 99 p. ;
    • René Boylesve, Abel Bonnard, Jacques des Gachons et Émile Gérard-Gailly, Varia, vol. 8,‎ , 101 p. ;
  • Maxime Revon, René Boylesve, Paris, Edward Sansot,‎ , 40 p. ;
  • Auguste Chauvigné, Le Jardin secret de René Boylesve, Paris, Ferenczi & fils,‎ , 204 p. ;
  • Yvonne Corporon-Bédard, La vie provinciale dans l'oeuvre de René Boylesve, Toulouse, Presses universitaires de Toulouse,‎ , 224 p. ;
  • Émile Gérard-Gailly, Notes sur René Boylesve, Paris, Albert,‎ , 232 p. ;
  • Jean Voilquin, L'Œuvre de René Boylesve, Paris, Librairie Oeters,‎ , 249 p. ;
  • André Bourgeois, René Boylesve, l'homme, le peintre de la Touraine, Genève, Droz,‎ , 268 p.
  • Edmond Lefort (préf. Jean-Louis Vaudoyer, ill. M.-T. Mabille), La Touraine de René Boylesve, Tours, Arrault,‎ , 245 p. ;
  • Jean Wees, L'Évolution des idées chez René Boylesve, Paris, PU-Sorbonne, 1949
  • André Bourgeois, René Boylesve et le Problème de l’amour, Genève, Droz,‎ , 173 p. ;
  • Pauline Vial, René Boylesve et l'Italie, Paris, PU-Sorbonne, 1952
  • Jean Ménard, L’Œuvre de Boylesve, Paris, Nizet,‎ , 269 p. ;
  • André Bourgeois, Les débuts littéraires de Boylesve à l’Ermitage, in The French Review, avril 1956
  • Abbé Georges Marchais, Introduction aux Bonnets de dentelle, Paris, PU-Sorbonne, 1966
  • Abbé Georges Marchais, Charles Maurras et René Boylesve, Paris, Cahiers Charles Maurras, 1967
  • André Bourgeois, La vie de René Boylesve, vol. 1 : Les enfances (1867-1896), Genève, Paris, Droz, Minard,‎ , 240 p. (ISBN 978-2-600-03450-0, lire en ligne) ;
  • André Bourgeois, René Boylesve le poète, Rice University Studies, vol. 53 no  1, hiver 1967[5]
  • Georges Marchais (abbé), René Boylesve et la Poésie : supplément au no 12 des Heures boylesviennes, Tours, Amis de René Boylesve,‎ , 70 p. ;
  • Marc Piguet, René Boylesve, l'homme à la balustrade, Cholet, Pays et Terroirs,‎ , 289 p. (ISBN 978-2-75160-165-1) ;
  • Olivier Parenteau, René Boylesve lecteur de Proust et théoricien du roman, in Revue d'histoire littéraire de la France, volume 109 no  1, PUF, 2009[6]
  • François Trémouilloux, René Boylesve, un romancier du sensible (1867-1926), Presses universitaires François-Rabelais,‎ (ISBN 978-2-86906-336-5, lire en ligne) ;
  • Liliane Jouannet, Singulières leçons d’amour ou la force des femmes dans l’œuvre de René Boylesve, Descartes, Amis de René Boylesve,‎ , 130 p. (ISBN 978-2-90011-310-3).

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (fr) « René Boylesve - LiTTéRaTuRe », sur LiTTéRaTuRe (consulté le 8 avril 2016).
  2. Archives départementales de Paris, Paris 16, acte de mariage V4E 10080, vue 4/31, acte 326.
  3. Boylesve et Proust 1931, p. 42-43.
  4. Trémouilloux 2010, p. 296-297.
  5. Lire en ligne.
  6. Lire en ligne.