Réutilisation des bouteilles d'eau

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Bouteille en plastique PET.

La réutilisation des bouteilles d'eau est la pratique consistant au re-remplissage et donc à la réutilisation de bouteilles en plastique conçues pour un unique usage. Elle se fait souvent à l'aide d'eau du robinet. La bouteille sert donc de multiples fois.

Pour arriver intacte à la table du consommateur, l’eau est protégée grâce à une bouteille hermétiquement scellée par un bouchon. L’embouteillage s’effectue dans des conditions rigoureuses, prescrites par la réglementation française et européenne, à l’abri de l’air et directement à la source pour éviter toute manipulation.

La réutilisation des bouteilles à usage unique est une pratique domestique courante. Généralement, la bouteille est lavée avec de l'eau savonneuse chaude après chaque utilisation. Par ailleurs, une solution de décolorant (eau de Javel) peut être employée afin d’éliminer les bactéries.

Sur le plan des bactéries[modifier | modifier le code]

La bouteille facilement rebouchable est un contenant pratique, facile à transporter et, de ce fait, il peut paraître a priori comme une bonne idée de la réutiliser en la remplissant de nouveau avec de l’eau du robinet. Cependant cette pratique présente en réalité des problèmes importants en ce qui concerne l’hygiène, puisque les diverses manipulations nécessaires au remplissage aboutissent à une contamination de l’intérieur de la bouteille. Cette contamination est en particulier très importante si la bouteille est aussi comme récipient à partir duquel l'eau est bue au « goulot ».
Ces contaminants viennent tout simplement de nos mains et de notre bouche. Une bouche humaine saine héberge une énorme variété de microbes : jusqu’à 100 millions par ml de salive. Parmi les 600 espèces, certaines pourraient être à l’origine de caries et gingivites. Les mains sont moins « riches » en bactéries mais on y trouve environ 150 types de bactéries différentes sur chacune d’elle. Le lavage des mains au savon détruit une grande majorité mais pas 100 % d’entre elles. Toutefois, la grande majorité de ces bactéries est inoffensive pour la santé, même si certaines sont à l’origine de plusieurs maladies. Il est ainsi facile d’entretenir des infections bénignes pendant des jours en remplissant régulièrement une même bouteille.

Lorsque l’on remplit plusieurs fois une bouteille, les bactéries introduites par les diverses manipulations peuvent s’y développer en toute tranquillité. En effet, le chlore éventuellement contenu dans l’eau du robinet s’évapore ou n’est pas en quantité suffisante pour protéger l’eau, puisqu'il n'a pas été dosé à l'origine pour traiter une telle contamination. Les populations de microbes se multiplient remplissage après remplissage et souvent confèrent une odeur nauséabonde à la bouteille… il est déjà trop tard : des millions de bactéries ont déjà été avalées.

Risques sanitaires de réutilisation observés sur des élèves d'école primaire[modifier | modifier le code]

En 2003, une étude menée par des chercheurs supervisés par Cathy Ryan, une professeur agrégée de l'université de Calgary, est parue dans un journal de santé publique (Canadian Journal of Public Health). L'étude portait sur le contenu de 75 bouteilles d'eau remises par des élèves de l'école primaire de Calgary (Canada). 13 % des 75 bouteilles contenaient un niveau de bactéries excédant les directives canadiennes pour une eau potable, et près de 9 % contenaient des coliformes fécaux. Enfin, plus de 64 % des échantillons dépassaient le niveau légal de bactéries hétérotropes pour l'eau potable.

Les échantillons des eaux de source initialement contenus dans les bouteilles ont prouvé qu'ils étaient au-dessous des limites acceptables pour ces bactéries. Par conséquent, les chercheurs ont conclu que la contamination des bouteilles est probablement le résultat d'étudiants ne se lavant pas les mains et qu'il était plus sage qu'ils boivent l'eau des fontaines de leur école.

Sur le plan chimique[modifier | modifier le code]

DEHA et canular[modifier | modifier le code]

En 2003, un canular a largement circulé (sous la forme de courriel) mettant en exergue la lixiviation de produits chimiques des bouteilles en plastique à cause de lavages répétés, de rinçages ou de chauffages. Le courriel mentionnait notamment le produit chimique DEHA, faussement identifié comme étant du N,N-diéthylhydroxylamine. Le plastifiant utilisé dans les bouteilles plastiques en PET est le di(2-éthylhexyl) adipate[1].

Johns Hopkins Hospital : certaines versions du canular citaient cet hôpital (au sujet d'eau en bouteille congelée, et de cuisine au micro-ondes). Il a publié un démenti sur son site web en 2008[2] et les question au sujet de ce canular reviennent régulièrement sur le forum du site HoaxBuster[3],[4].

Sources[modifier | modifier le code]

  • (en) J.A. Oliphant, M.C. Ryan et A. Chu, 2002, Bacterial Water Quality in the Personal Water Bottles of Elementary Students, Canadian Journal of Public Health, 93(5):366-367.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Société canadienne du cancer, [1], « page en cours de traduction ». Consulté le 9 mars 2013.
  2. (en) Email Hoax Regarding Freezing Water Bottles and Microwave Cooking, 15 janvier 2008
  3. Hôpital John Hopkins, 12 novembre 2011
  4. John hopkins, 25 janvier 2012

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

  • EcoARK (recyclage de bouteilles en PET)

Liens externes[modifier | modifier le code]