Centre international de recherche sur le cancer

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Centre international de recherche sur le cancer
Vue de la tour du CIRC, cours Albert Thomas (Lyon 8e)
Vue de la tour du CIRC, cours Albert Thomas (Lyon 8e)

Création 1965
Siège Lyon
Coordonnées 45° 44′ 37″ N, 4° 52′ 33″ E
Dirigeant Christopher Wild
Organisations affiliées Organisation Mondiale de la Santé (OMS)
Site web www.iarc.fr

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Centre international de recherche sur le cancer

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Centre international de recherche sur le cancer

Le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC), en anglais International Agency for Research on Cancer (IARC), est une agence intergouvernementale de recherche sur le cancer, créée en 1965 par l'Organisation mondiale de la santé (OMS) des Nations unies. Il fait partie depuis 2003 du cancéropôle Lyon Auvergne-Rhône-Alpes (CLARA). Les principaux États qui financent le CIRC sont en 2015 : Allemagne, Australie, Autriche, Belgique, Brésil, Canada, Danemark, Espagne, États-Unis d’Amérique, Fédération de Russie, Finlande, France, Inde, Irlande, Italie, Japon, Maroc, Norvège, Pays-Bas, Qatar, République de Corée, Royaume-Uni, Suède, Suisse et Turquie[1].

Le siège de l'organisation est situé dans la tour CIRC, au 150 cours Albert-Thomas, dans le 8e arrondissement de Lyon.

Histoire[modifier | modifier le code]

Contexte de création[modifier | modifier le code]

Les circonstances dans lesquelles le général de Gaulle a décidé de la création du CIRC– à l'instigation d'un groupe d'intellectuels français, animé par Emmanuel d'Astier de la Vigerie ont fait l'objet d'une étude détaillée dans le rapport technique "La genèse du Centre International de Recherche sur le Cancer " réalisé par A.G.B. Sutherland (chef de l'Administration et des finances du CIRC à partir de 1966) et par R. Sohier (Consultant au CIRC). Les motivations à la création du CIRC sont décrites par Le Dr L. Tomatis, ancien directeur du CIRC: "Le CIRC est le fruit de l'initiative d'un groupe d'intellectuels français qui sont parvenus à convaincre le général de Gaulle, alors Président de la République française, de faire un geste pour soulager l'humanité du fardeau de plus en plus lourd et douloureux du cancer. Le général de Gaulle a alors pris sur lui de convaincre les puissants de ce monde de prélever une fraction des budgets de la défense au profit d'une initiative destinée à atténuer les souffrances de l'humanité."[2]

E. d'Astier de la Vigerie fit deux démarches auprès du général de Gaulle. Les modalités de la première démarche ont été relatées dans un article d'E. d'Astier de la Vigerie paru dans un journal du 21 novembre 1963, intitulé : "Libres opinions. Une requête". Il raconte qu'il avait reçu depuis quelque temps au journal Libération des lettres pathétiques. "L'une d'elles émanait d'un homme qui, après un long combat dans la souffrance, avait vu mourir sa femme d'un cancer. L'auteur de cette lettre évoquait les actes politiques du journal, ses interventions en faveur de la paix, etc. et l'absence d'action contre le cancer. Il suggérait une stratégie nouvelle, qui pourrait avoir un caractère universel, comportant des prélèvements sur les énormes dépenses militaires." L’auteur de la lettre était un journaliste niçois, Yves Poggioli, membre du Mouvement de la Paix, une organisation créée au lendemain de la Seconde Guerre mondiale. Bouleversé par la perte de son épouse, il remuait ciel et terre à partir de fin février 1963 pour que soit créé un centre international de lutte contre le cancer dont le financement serait assuré par des fonds prélevés directement sur les budgets nationaux alloués à l’armement nucléaire[3].

Dans la présentation coécrite par l'actuel directeur du Centre, on indique: "Etant donné les relations directes qu’il avait eues avec lui pendant la guerre, il n’est guère surprenant qu’Emmanuel d’Astier soit allé demander au Général de Gaulle, alors Président de la République (nous sommes en 1963), de défendre l’idée d’un élan international pour lutter contre le cancer. Cette fois encore, ce sont ses anciennes relations qui lui ont ouvert des portes qui sans cela seraient sans doute restées fermées."[4]

Pour la deuxième démarche, un groupe avait été formé par M. E. d'Astier de la Vigerie. Il était constitué des 12 personnalités françaises suivantes :

Le rapport technique n° 6 de l'IARC reproduit in extenso la requête adressée le 8 novembre 1963 au général de Gaulle, président de la République française, sous forme de lettre ouverte, publiée dans le journal Le Monde le 8 Novembre 1963 :

"Les soussignés demandent aux gouvernements des grandes puissances, qui actuellement reconnaissent la nécessité de la coopération internationale pour résoudre certains problèmes humains, de faire un geste immédiat et raisonnable au profit d'une stratégie universelle pour la vie. Il s'agit de mettre tout en œuvre pour parvenir à une mobilisation contre un des plus grands fléaux qui pèsent sur l'humanité : le cancer. Malgré certains succès thérapeutiques déjà importants, il n'y aura pas de victoire décisive sur le cancer tant que ne seront pas déterminés la nature du mal et le mécanisme de sa production. La victoire sur le cancer sera une grande victoire de l'homme. Un prélèvement dérisoire sur le budget des grandes puissances permettrait de mettre sur pied une institution internationale de lutte pour la vie, sous le contrôle effectif des organismes qualifiés de l'ONU et des savants cancérologues les plus incontestés. Les soussignés soulignent qu'une réduction d'un demi pour cent sur les budgets militaires des États-Unis, de l'URSS, de la Grande-Bretagne et de la France (réduction qui ne saurait modifier l'équilibre des puissances et qui pourrait être éventuellement consentie par d'autres puissances militaires) permettrait de multiplier par milliers le nombre des laboratoires, des chercheurs et des expériences. Ainsi seraient dégagés les moyens d'une stratégie universelle de la recherche sur la vie. Il ne suffit pas de congrès, de communications, de rencontres de discipline à discipline; il faut un centre où puisse s'élaborer cette stratégie universelle qui s'impose. A l'institution serait confiée, par ailleurs, la tâche d'informer dans un langage simple, mais très exact, des progrès accomplis dans la recherche. L'opinion mondiale serait ainsi conduite à participer à une recherche et à un combat qui la concernent. Si les quatre chefs d'État des puissances désignées consentaient ce prélèvement dérisoire, le terme d'une victoire sur le cancer pourrait être avancé de nombreuses années. Nous nous adressons à la plus haute autorité de notre pays pour qu'elle donne en cette matière l'initiative à la France." L'article original a été reproduit [4] lors de l'anniversaire du CIRC, qui a donné lieu à d'importantes célébrations et manifestations scientifiques[5].

Le général de Gaulle, alors président de la République française, a répondu immédiatement en adressant aux co-signataires la lettre suivante[6] :

"L'idée de promouvoir la recherche sur le cancer au sein d'une institution internationale procède d'une inspiration généreuse et je considère comme souhaitable que la France s'y intéresse. Il me paraît, en effet, conforme à ses traditions qu'elle s'engage dans une œuvre où se retrouve une triple vocation : la coopération entre les peuples, le progrès de la condition humaine et l'avancement des sciences. Aussi ai-je confié au ministre de la santé publique le soin de prendre toutes les initiatives nécessaires à cet égard. Je vous demande de le faire savoir à toutes les personnalités signataires avec vous du message qui m'a été adressé et vous prie de croire, mon cher Maître, à mes sentiments fidèlement dévoués." Ch. de Gaulle

Cette lettre fut transmise à M. Raymond Marcellin, ministre de la santé publique et de la population, lequel téléphona dès le 11 novembre 1963 au docteur M.G. Candau, Directeur général de l'OMS.

Création[modifier | modifier le code]

Le projet a rapidement gagné en puissance, et le CIRC a été créé le , sur une initiative française, par la résolution WHA18.44 de la 18e Assemblée mondiale de la santé (l'organe de décision de l'OMS, qui se réunit annuellement). Son statut est entré en vigueur le [7], comme une extension de l'Organisation mondiale de la Santé.

Le choix de Lyon a été fait en par la résolution GC/1/R4 du Conseil de direction de l'organisation[8]. Le bâtiment du siège du Centre lui a été fourni par son pays et par Lyon, sa ville d’accueil.

Panneau et tour du CIRC

L'implantation de l'organisation sur le territoire français fait l'objet d'un accord de siège signé à Paris le , approuvé par le Parlement français par une loi du [9], entré en vigueur le , publié par un décret du [10],[11], et enregistré auprès du Secrétariat des Nations unies le [12].

Mission d'origine[modifier | modifier le code]

Dés son origine, le CIRC a focalisé ses activités sur l'épidémiologie[1] des cancers. Lors de la réunion fondatrice du Conseil Scientifique tenue du 30 mars au 2 avril 1965 à Lyon, le principe suivant est défini:

"Le Comité estime que l'épidémiologie doit être la principale sphère d'action du Centre. L'existence d'importantes différences de l'incidence des cancers selon les populations doit retenir l'attention. Les recherches doivent porter en particulier sur le mode de vie, l'influence de l'environnement et du niveau socio-économique. Les recherches devront être conduites en liaison avec les organismes nationaux existants, le Centre coordonnant les efforts au plan international. Le Centre devrait concentrer son effort sur les projets suivants :

  • Établissement de registres du cancer.
  • Recueil des données hospitalières anatomo-pathologiques, dans les pays où l'incidence réelle du cancer n'est pas connue.
  • Investigations concernant l'incidence du cancer de l'estomac en relation avec l'alimentation, en particulier dans les régions où les aliments proviennent presque exclusivement d'une production locale.
  • Investigations dans des régions définies, où l'incidence du cancer de l'œsophage est élevée, où les populations ont des caractéristiques sociales et culturelles particulières.
  • Investigations sur le cancer primitif du foie et ses relations avec les aliments contaminés par des toxines fongiques.
  • Investigations sur la répartition des divers types de cancer de la bouche en Asie et leur relation avec l'usage consistant à mâcher certains produits. Toutefois, on tiendra compte de ce que l'Unité du cancer de l'OMS poursuit déjà des recherches sur ce sujet. Mais il conviendra d'identifier les constituants de ces produits qui pourraient être responsables des cancers.
  • Des considérations du même ordre s'appliqueront aux études sur le lymphome africain chez l'enfant (lymphome de Burkitt) et les possibilités d'une origine virale."[2]

Nouvelle implantation[modifier | modifier le code]

En décembre 2017, la Métropole de Lyon présente la nouvelle implantation du CIRC à Gerland pour 2021, dans un nouveau bâtiment, plus grand, avec plus d'équipement notamment pour la biobanque du CIRC et plus proche du canceropôle de Lyon[13]. Une convention entre les deux acteurs a été signée pour financer ce projet d'environ 52 millions d'euros, budget à la charge de la métropole à hauteur de 18 millions d'euros, de l’État français à hauteur de 17 millions d’euros, de la région Auvergne-Rhône-Alpes à hauteur de 13 millions d’euros et du CIRC à hauteur de 1,2 millions d’euros[14].

Rôle[modifier | modifier le code]

Le rôle du CIRC est de diriger et de coordonner la recherche sur les causes du cancer (il n'est en principe pas impliqué dans la recherche sur des traitements contre le cancer). Il effectue également des études épidémiologiques sur l'incidence du cancer à travers le monde[15]. Il publie une série de monographies sur les risques cancérogènes pour l'homme constitués par divers agents, mélanges et expositions[16].

Le Centre international de recherche sur le cancer n'intervient pas directement dans la mise en œuvre de mesures de lutte contre le cancer ni dans la conduite de recherches sur les traitements ou sur les soins à prodiguer aux patients. Le CIRC concentre ses activités sur l'élucidation du rôle des facteurs de risque liés au mode de vie et sur l'étude de leur interaction avec le fond génétique dans des études menées dans la population d'une part, et dans des modèles expérimentaux d'autre part.Comme l'explique le CIRC, "ceci reflète l'observation que la majorité des cancers sont, directement ou indirectement, liés à des facteurs environnementaux et sont donc en principe évitables."[17]

Le CIRC est une institution unique au monde[4]. Plus de 300 personnes de 50 nationalités différentes travaillent en permanence au siège du CIRC, à Lyon. "Mais si l’on considère son immense réseau de collaborations et de partenariats, ce sont des milliers d’individus qui œuvrent avec le Centre à travers le monde."[18] Une partie importante de la mission du Centre est l'éducation et la formation des chercheurs sur le cancer dans le monde entier.

Le CIRC joue un rôle important dans la description du fardeau du cancer dans le monde, par le suivi des variations géographiques et des tendances chronologiques de la maladie. La série des Cancer Incidence in Five Continents et le projet GLOBOCAN figurent parmi les publications clés du Centre. Le Centre s'efforce de mettre ses conclusions à la disposition du plus large public possible.

Programme des monographies[modifier | modifier le code]

Le programme des "Monographies du CIRC est un élément central des activités du CIRC, qui réunit des groupes d'experts pour évaluer les indications de la cancérogénicité d'expositions particulières. Les groupes de travail interdisciplinaires, composés d’experts scientifiques internationaux, examinent les études publiées et évaluent le degré de risque de cancérogénicité présenté par un agent. Les Monographies du CIRC identifient les facteurs environnementaux susceptibles d’accroître le risque de cancer chez l’homme (produits chimiques, mélanges complexes, expositions professionnelles, agents physiques et biologiques, et facteurs comportementaux). Les organismes de santé publique utilisent ensuite ces informations comme support scientifique dans leurs actions visant à prévenir l’exposition à ces cancérogènes potentiels.

Les principes, procédures et critères scientifiques qui guident l’évaluation sont décrits dans le Préambule aux Monographies du CIRC.

Au terme de l'évaluation, les agents, mélanges et expositions évaluées sont classées en cinq catégories[19],[20] :

  • Catégorie 1 : - L'agent (le mélange) est cancérogène pour l'homme. Cette catégorie n'est utilisée que lorsqu'on dispose d'indications suffisantes de cancérogénicité pour l'homme.
  • Groupe 2 - Cette catégorie comprend les agents, mélanges et circonstances d'exposition pour lesquels on a obtenu des indications de cancérogénicité pour l'homme presque suffisantes.
    • Le groupe 2 comporte deux sous-groupes:
    • Catégorie 2A : Lesdits agents, mélanges et circonstances d'exposition sont probablement cancérogène pour l'homme. On fait appel à cette catégorie lorsque l'on dispose d'indications limitées de cancérogénicité chez l'homme et d'indications suffisantes de cancérogénicité chez l'animal de laboratoire. Dans certains cas, un agent (mélange) peut être classé dans cette catégorie lorsque l'on dispose d'indications insuffisantes de cancérogénicité pour l'homme et d'indications suffisantes de cancérogénicité pour l'animal de laboratoire et de fortes présomptions que la cancérogenèse s'effectue par un mécanisme qui fonctionne également chez l'homme. Exceptionnellement, un agent, un mélange ou une circonstance d'exposition peut être classé dans cette catégorie si l'on ne dispose que d'indications limitées de cancérogénicité pour l'homme.
    • Catégorie 2B : Lesdits agents, mélanges et circonstances d'exposition sont peut-être cancérogène pour l'homme. Cette catégorie concerne les agents, mélanges et circonstances d'exposition pour lesquels on dispose d'indications limitées de cancérogénicité chez l'homme, et d'indications insuffisantes de cancérogénicité chez l'animal de laboratoire. On peut également y faire appel lorsque l'on dispose d'indications insuffisantes de cancérogénicité pour l'homme, mais que l'on dispose d'indications suffisantes de cancérogénicité pour l'animal de laboratoire. Dans certains cas, peuvent être classés dans ce groupe un agent, un mélange ou des circonstances d'exposition pour lesquels on a des indications insuffisantes d'une action cancérogène chez l'homme, mais pour lesquels on dispose d'indications limitées de cancérogénicité chez l'animal de laboratoire, corroborées par d'autres données pertinentes.
  • Catégorie 3 : - L'agent (le mélange, les circonstances d'exposition) ne peut pas être classé quant à sa cancérogénicité pour l'homme. Cette catégorie comprend essentiellement les agents, les mélanges et les circonstances d'exposition pour lesquels les indications de cancérogénicité sont insuffisantes chez l'homme et insuffisantes ou limitées chez l'animal de laboratoire. On classe aussi dans cette catégorie les agents, mélanges et circonstances d'exposition qui ne correspondent à aucune des autres catégories.
  • Catégorie 4 : - L'agent (le mélange) n'est probablement pas cancérogène pour l'homme. On classe ici les agents et mélanges pour lesquels on dispose d'indications suggérant une absence de cancérogénicité chez l'homme ainsi que chez l'animal de laboratoire. Une seule substance, le caprolactame, a été classée dans cette catégorie après évaluation de sa cancérogénicité par le CIRC.

Les conclusions du programme des monographies sont publiées en anglais sur le site du CIRC, et des résumés en français sont disponibles sur Cancer-environnement.

Le tableau des classification du CIRC par localisations cancéreuses (agents cancérogènes avec indications suffisantes ou limitées chez l'Homme), issu des résultats du CIRC, est présenté de manière synthétique dans le tableau des agents cancérogènes, adapté des synthèses du CIRC. Le tableau en anglais est disponible sur le site du CIRC.

Membres[modifier | modifier le code]

Les cinq États fondateurs étaient :

Ils ont par la suite été rejoints par vingt et un autres membres, dont trois se sont par la suite retirés[21] :

Pays Entrée Retrait
Date Résolution Date Résolution
Drapeau de l'Australie Australie GC/1/R1
Drapeau de l'URSS Union soviétique puis Drapeau de la Russie Russie GC/1/R2
Drapeau d’Israël Israël GC/2/R1 GC/9/R11
Drapeau des Pays-Bas Pays-Bas GC/3/R1
Drapeau de la Belgique Belgique GC/8/R10
Drapeau du Japon Japon GC/10/R1
Drapeau de la Suède Suède GC/18/R1
Drapeau du Canada Canada GC/22/R1
Drapeau de la Finlande Finlande GC/27/R1
Drapeau de la Norvège Norvège GC/28/R1
Drapeau du Danemark Danemark GC/31/R1
Drapeau de la Suisse Suisse GC/31/R2
Drapeau de l'Argentine Argentine GC/39/R1 GC/42/R3
Drapeau du Brésil Brésil GC/39/R2 GC/42/R4
Drapeau de l'Espagne Espagne GC/44/R1
Drapeau de l'Inde Inde GC/48/R1
Drapeau de la Corée du Sud Corée du Sud GC/48/R2
Drapeau de l'Irlande Irlande GC/49/R2
Drapeau de l'Autriche Autriche GC/50/R18
Drapeau du Brésil Brésil GC/55/17
Drapeau du Qatar Qatar GC/55/19
Drapeau du Maroc Maroc GC/57/19[22]

Gouvernance[modifier | modifier le code]

Le premier Directeur du CIRC était John Higginson (1966-1981), à qui ont succédé Lorenzo Tomatis (1982-1993), Paul Kleihues (1994-2003), Peter Boyle (2004-2008) et Christopher Wild (2009-présent)[4].

Comme agence de l'OMS, le CIRC suit les règles générales régissant la famille des Nations Unies. Il est toutefois régi par ses propres organes directeurs, le Conseil de Direction et le Conseil scientifique du CIRC. La politique générale du CIRC est supervisée par un Conseil de Direction, composé des représentants de ses États participants et du Directeur général de l'Organisation mondiale de la Santé. Le Conseil de Direction du Centre international de Recherche sur le Cancer se réunit chaque année en session ordinaire la semaine précédant l'Assemblée mondiale de la Santé de l'OMS. Le Conseil scientifique est composé de personnalités scientifiques choisies en considération de leurs compétences techniques dans le domaine de la recherche sur le cancer et les domaines connexes. Les membres du Conseil scientifique sont nommés en qualité d’experts et non de représentants des États participants. Quand une vacance survient au Conseil scientifique, l’État participant qui a désigné le membre sortant peut désigner au maximum deux experts pour le remplacer. Les membres du Conseil scientifique sont nommés pour quatre ans par le Conseil de Direction.Le conseil scientifique du Centre international de Recherche sur le Cancer se réunit chaque année en session ordinaire fin janvier-début février. Sa dernière réunion a eu lieu du 26 au 27 janvier 2017 (Présidente, Professeur Ellen Kampman [Pays-Bas]), et sa prochaine session est prévue du 25 au 26 janvier 2018 (Présidente, Professeur Giske Ursin [Norvège])

Moyens[modifier | modifier le code]

Vue de l'amphithéâtre du CIRC, qui sert de salle de congrès.
Vue de l'entrée du CIRC

Le CIRC dispose d'un personnel d'environ 200 personnes à son siège à Lyon, auxquels viennent s'ajouter plusieurs centaines de chercheurs en visite et les stagiaires[23].

Son budget biennal voté en mai 2015 est de 43, 4 millions d'euros{Référence souhaitée|date=12 novembre 2017}}. Ce budget alloué par l'OMS ne représente qu'une partie des ressources du centre, en effet un tiers de ses dépenses sont couvertes par des dons provenant de la Commission européenne, du NIH (National Institutes of Health) de la fondation Bill et Melinda Gates et de différentes agences françaises comme l'ANSES, ARC, CLARA, FINOVI, FDF[24].

Le Secrétariat est l'organe administratif et technique du Centre. Il se compose du Directeur et du personnel technique et administratif. Le Directeur du CIRC est élu et est responsable devant le Conseil de Direction. Il est responsable de l'élaboration et de la mise en œuvre du programme scientifique et supervise le fonctionnement quotidien du Centre.

Polémique[modifier | modifier le code]

En mars 2015, en classant le glyphosate, herbicide le plus utilisé dans le monde, comme « probablement cancérogène » pour l'humain (groupe 2A), le CIRC suscite un débat intense à travers le monde, notamment autour de l'autorisation de renouvellement de son autorisation en Europe. Une polémique oppose alors Monsanto, le CIRC et d'autres acteurs autour du rôle joué par le docteur Portier dans les travaux du groupe d'expert chargé de mettre à jour la fiche concernant le glyphosate. Ce classement est fondé sur des résultats d'études conduites in vitro et in vivo. Selon Reuters, la comparaison d'un brouillon auquel ils ont eu accès et du rapport final du CIRC montre que plusieurs passages qui entraient en contradiction avec la conclusion finale ont été modifiés ou supprimés au cours du processus de rédaction. L'agence de presse estime aussi que contrairement à d'autres agences d'évaluation, le CIRC documente très peu son processus d'analyse[25]. Des données en faveur et en défaveur de l'hypothèse de la cancérogénicité du glyphosate, dont disposait Aaron Blair, qui présidait le comité d'évaluation du CIRC, n'ont pas été prises en compte car elles n'étaient pas publiées au moment de l'évaluation[26],[27]. Des accusations de conflit d'intérêt ont par ailleurs été portées à l'encontre de Christopher Portier, toxicologue invité par le CIRC à assister à la réunion qui a conduit au classement du glyphosate comme cancérigène probable. Ce chercheur a en effet signé un contrat avec une société juridique qui défendait des personnes atteintes de cancer, peu après le classement du CIRC ; il conseillait déjà cette société au moment de l'évaluation du CIRC, mais selon lui sur une affaire différente[28],[29]. Le Monde estime que ces accusations s'intègrent dans le cadre d'une « campagne de dénigrement » contre ce chercheur[30]. Un observateur de Monsanto, également invité à assister à la réunion, écrit dans un mémo daté de mars 2015 que « La réunion s'est déroulée en conformité avec les procédures du CIRC. Le Dr Kurt Straif, le directeur des monographies, a une connaissance intime des règles en vigueur et a insisté pour qu'elles soient respectées »[30]. Le CIRC explique par ailleurs que le caractère possiblement non neutre du Dr Portier était connu par les membres du CIRC en raison de son engagement auprès d'une association luttant contre les pesticides, l'Environmental Defense Fund[30], si bien qu'il n'a pas pu « participer aux discussions ayant conduit à l'évaluation [du glyphosate] » et donc influencer la décision des experts[30]. Les accusateurs de Portier affirment qu'il s'était engagé à cacher ses liens avec l'entreprise juridique, mais, selon Le Monde, « la réalité est tout autre ». Il n'était pas supposé divulguer le contenu de son travail, mais pouvait faire mention de ses liens avec l'entreprise, ce qu'il a fait à plusieurs reprises, dans un article signé avec d'autres scientifiques[31], dans une lettre adressée à la Commission européenne[32], et en préambule d'une audition auprès du Parlement européen[30]. Le quotidien d'information économique Les Échos présente également Christopher Portier comme un « simple observateur » et accuse Monsanto de se livrer à « une véritable campagne de désinformation » depuis 1984 pour éviter que son produit soit classé comme cancérogène[33].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b CIRC, CIRC Un centre unique au monde, La recherche sur le cancer au service de la prévention., Lyon, CIRC, , 8 p. (lire en ligne), p.8
  2. a et b Sutherland et Sohier, « La genèse du centre international de recherche sur le cancer », Rapport technique du CIRC No. 6,‎ , p. V (lire en ligne)
  3. Rodolfo Saracci et Christopher Wild, « Centre international de Recherche sur le Cancer: Les 50 premières années, 1965–2015 », IARC publications,‎ (lire en ligne)
  4. a, b, c et d (en) « International Agency for Research on Cancer: The First 50 Years, 1965–2015 », sur www.iarc.fr (consulté le 19 septembre 2017)
  5. « IARC 50th Anniversary celebration », sur www.iarc.fr (consulté le 19 septembre 2017)
  6. (en) « The Origin of the International Agency for Research on Cancer », sur www.iarc.fr (consulté le 19 septembre 2017)
  7. Statut et règlement, Centre international de recherche sur le cancer, 12e  éd. mai 2003.
  8. Recueil des résolutions du Conseil de direction du Centre international de recherche sur le cancer, Centre international de recherche sur le cancer, 19e  éd. (1965-2010), septembre 2010, § 6.1.1 « Lieu du siège du Centre », p. 189.
  9. Loi no 69-427 du 12 mai 1969 autorisant l'approbation de l'accord de siège, signé à Paris le 14 mars 1967, entre le Gouvernement de la République française et l'Organisation mondiale de la santé relatif aux privilèges et immunités du centre international de recherche sur le cancer, JORF no 111 du 13 mai 1969, p. 4772, sur Légifrance.
  10. Décret no 70-504 du 9 juin 1970 portant publication de l'accord de siège, signé à Paris le 14 mars 1967, entre le Gouvernement de la République française et l'Organisation mondiale de la santé relatif aux privilèges et immunités du centre international de recherche sur le cancer, JORF no 138 du 16 juin 1970, p. 5566–5568, sur Légifrance.
  11. Décret no 70-504 du 9 juin 1970 portant publication de l'accord de siège, signé à Paris le 14 mars 1967, entre le Gouvernement de la République française et l'Organisation mondiale de la santé relatif aux privilèges et immunités du centre international de recherche sur le cancer, Recueil des traités et accords de la France, 1970, no 59, sur la Base des Traités du ministère français des Affaires étrangères.
  12. Accord de siège relatif aux privilèges et immunités du Centre international de recherche sur le cancer, Recueil des traités, New York, Secrétariat des Nations unies, 1975, vol. 743, partie I : « Traités et accords internationaux enregistrés du 14 août 1970 au 18 août 1970, nos 10665–10667 », no 10667, p. 61–77.
  13. Pascal Auclair, « Recherche sur le cancer: un nouveau siège mondial en 2020 à Lyon », sur RA-Santé,
  14. Marie Maleysson, « Lyon : le CIRC doit déménager à Gerland d’ici 2021 », sur Lyon Capitale,
  15. (en) CANCERMondial, sur le site du CIRC.
  16. (en) IARC Monographs on the Evaluation of Carcinogenic Risks to Humans, sur le site du CIRC.
  17. « A propos du CIRC », sur www.iarc.fr (consulté le 19 septembre 2017)
  18. CIRC, CIRC, Un centre unique au monde, La recherche sur le cancer au service de la prévention., Lyon,, CIRC, (lire en ligne)
  19. (en) « Preamble to the IARC Monographs (amended January 2006) »
  20. « Agents classés par les monographies du CIRC », sur CIRC.
  21. Recueil des résolutions du Conseil de direction du Centre international de recherche sur le cancer, Centre international de recherche sur le cancer, 19e éd. (1965-2010), septembre 2010, § 6.3.1 « Admission de nouveaux États participants », p. 192–195, et § 6.3.2 « Retrait d'État participant », p. 195–196.
  22. (en) « Admission of a new participating State » [PDF], sur governance.iarc.fr,
  23. À propos du CIRC : Le directeur et le personnel du CIRC, sur le site du CIRC.
  24. Site Internet du CICR http://www.iarc.fr/en/about/igo.php
  25. (en) Kate Kelland, « In glyphosate review, WHO cancer agency edited out 'non-carcinogenic' findings », sur Reuters, (consulté le 22 octobre 2017).
  26. (en) Kate Kelland, « Cancer agency left in the dark over glyphosate evidence », sur Reuters, (consulté le 22 octobre 2017).
  27. (en) « Monsanto Spin Doctors Target Cancer Scientist In Flawed Reuters Story », sur HuffPost, (consulté le 23 octobre 2017).
  28. (en) « Weedkiller scientist was paid £120,000 by cancer lawyers », (consulté le 22 octobre 2017).
  29. « Herbizid: Der dramatische Kampf um die Deutungshoheit von Glyphosat », Frankfurter Allgemeine Zeitung, (consulté le 22 octobre 2017).
  30. a, b, c, d et e Stéphane Foucart et Stéphane Horel, « Glyphosate : Monsanto tente une dernière manœuvre pour sauver le Roundup », (consulté le 22 octobre 2017).
  31. C. Portier et al., « Differences in the carcinogenic evaluation of glyphosate between the International Agency for Research on Cancer (IARC) and the European Food Safety Authority (EFSA) », Journal of Epidemiology and Community Health, vol. 70, no 8,‎ (lire en ligne)
  32. « Open Letter: Review of the Carcinogenicity of Glyphosate by EChA, EFSA and BfR », sur EURACTIV, (consulté le 22 octobre 2017).
  33. Catherine Ducruet, « « Monsanto papers » : une plongée dans les méthodes de lobbying de l'agro-semencier », Les Échos, (consulté le 24 octobre 2017).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Claude Henri Vignes, « Le Centre international de recherches sur le cancer », Annuaire français de droit international, vol. 13,‎ , p. 531-544. (lire en ligne)
  • Rodolfo Saracci, Christopher Wild "Centre international de Recherche sur le Cancer: Les 50 Premières années, 1965–2015" (lire la version française, abondement illustrée)
  • R. Sohier et A.G.B. Sutherland, "La genèse du CIRC", rapport technique CIRC N°6 (lire en ligne)
  • Walter Davis, "IARC: 20 years old", Santé du Monde, mars 1986. (lire en ligne, en anglais)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]