Opéra-ballet

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L’opéra-ballet (ou ballet à entrées) est un genre lyrique pratiqué en France au XVIIe siècle, issu du ballet de cour.

Plus encore que la tragédie lyrique dont beaucoup de ses principes proviennent, l’opéra-ballet est une pièce de pur divertissement. Il peut se composer d’un prologue, facultatif, et de plusieurs actes (ou entrées) dont les intrigues, généralement simplifiées à l’extrême et basées sur les sentiments amoureux, sont indépendantes les unes des autres mais reliées par un thème commun que résume un titre. Une place prépondérante est laissée aux intermèdes dansés dont le prétexte est fourni par l'action.

Dans l’opéra-ballet, non seulement la danse conquiert un statut égal à celui du chant, ce qui permettra aux danseurs d’éblouir le siècle des Lumières, mais elle favorise, dans une institution qui l’avait exclue, l’apparition de la comédie. Comédie, c’est-à-dire sujets familiers, lieux et circonstances véridiques – tel le carnaval de Venise, célèbre dans toute l’Europe pour la licence qui y règne –, et enfin personnages réalistes et typés, susceptibles de danser, contrairement aux dieux et aux héros pour lesquels l’expression chorégraphique est inappropriée.

C’est Noverre qui, un demi-siècle plus tard, parviendra à concilier l’art chorégraphique avec le registre tragique.

Héritier du ballet de cour, l'opéra-ballet se distingue de la tragédie lyrique en réduisant au maximum l'action chantée au profit de la danse.

Le premier exemple du genre est dû à Pascal Colasse avec Les Saisons en 1695[1]. Mais c'est André Campra qui impose le genre avec L'Europe galante en 1697 puis il triomphe le 17 juin 1710 avec Les Fêtes vénitiennes (joué en 2015 à l'Opéra-Comique à Paris), qu’il s’est plu à parsemer d’emprunts, en forme de clins d’œil au public, à Lully, Marais et Destouches.

Le succès de la formule suscite de nombreux émules dont le plus fameux est Rameau avec Les Indes galantes qui content des aventures amoureuses dans plusieurs pays « exotiques » (Turquie, Perse, empire Inca, Amérique du Nord) sont à la fois un de ses chefs-d'œuvre et la composition la plus accomplie dans ce genre. Mais Rameau en compose plusieurs autres : Les Fêtes d'Hébé, Les Fêtes de Polymnie, Le Temple de la Gloire, Les Fêtes de l'Hymen et de l'Amour, Les Surprises de l'Amour.

Louis de Cahusac, le plus fidèle des librettistes de Rameau, est l'un des principaux poètes des opéras-ballets du XVIIIe siècle, mettant en scène des personnages contemporains, plutôt que les héros de la mythologie chers à la tragédie en musique. Mélangeant comédie et fantaisie, diversité des décors et des costumes (qui changent à chaque « entrée »), l'opéra-ballet n'en est pas moins narratif et l'action dramatique peut, à l'occasion, revêtir la forme de véritables ballets pantomimes.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Marie-Christine Vila, Guide de l'Opéra, Larousse,‎ , p. 39

Voir aussi[modifier | modifier le code]