Ground Bass

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Une ground bass ou ground est l'équivalent anglais de la basse obstinée, ou ostinato. Ce terme peut désigner soit une suite de notes ou d'harmonies obstinées, soit une composition entière construite sur ce schéma. Il existe deux types de grounds, l'harmonique et le mélodique.

The Ground, is a fet Number of Slow Notes, very Grave, and Stately; which, (after It is express'd Once, or Twice, very Plainly) then He that hath Good Brains, and a Good Hand, undertakes to Play several Divisions upon It, Time after Time, till he has shew'd his Bravery, both of Inventions, and Hand.

— Thomas Mace, Musick's Monument (1676)

« Le Ground est un nombre donné de Notes Lentes particulièrement Solennelles et Majestueuses; sur lesquelles (après les avoir jouées une ou deux fois très Simplement), celui qui possède un Esprit Vif et de Bonnes Mains entreprendra alors de Jouer plusieurs Divisions, Plusieurs Fois de suite, jusqu'à ce qu'il ait montré toute son Audace,d'Inventivité comme de Virtuosité. »

— Musick's Monument (1676)

(une Division désigne ici une variation ou une improvisation à partir du Ground)

Ground harmonique[modifier | modifier le code]

Type de ground le plus ancien (XIIIe et début du XIVe siècle), il diffère peu de la basse obstinée continentale [1].

Ground mélodique[modifier | modifier le code]

Ce type de ground apparaît surtout aux XVIIe et XVIIIe siècles et peut être parfois désigné comme une œuvre semblable à la passacaille ou à la chaconne [1]. L'emploi de ce ground ne se limite plus à la musique pour clavier mais s’étend aussi à la musique vocale ou orchestrale[1]. L'une de ses caractéristiques est le fait que la mélodie obstinée se déplacent entre les voix et ne soit plus seulement jouée par la basse [1]. Il est aussi possible d'harmoniser différemment un ground d'une variation à une autre[2].

Utilisation[modifier | modifier le code]

Beaucoup de Grounds ont été compilés par John Playford et Christopher Simpson [2]

John Blow mais surtout Henry Purcell utilisent fréquemment le ground mélodique, par exemple dans A Ground in Gamut (Purcell). Purcell l'emploie même dans ses opéras comme dans la fantaisie Three parts upon a Ground, ou dans des airs de Dido and Æneas (Ah Belinda,a Gittar Ground,When I am laid in Earth), The Fairy Queen (The Plaint,Yes Daphné),ou dans Music for a while.

Le défi pour ces compositeurs et leurs semblables (Byrd, Farnaby, Croft[2]) est de s'affranchir des limites imposées par la répétition d'un même motif. Par leur art de la polyphonie et du contrepoint, ils rendent parfaitement indépendantes les séquences mélodiques données par la (ou les) voix supérieure(s) et celle qui est donnée par la basse. Ils parviennent ainsi à dissimuler la basse obstinée, bien qu'elle reste l'élément fondamental de la partition[1]. Le terme ground, dans ces derniers cas, ferait plutôt référence à tout fragment musical joué de façon répétitive pendant que d'autres voix se développent[2].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a b c d et e Dictionnaire de la Musique - éditions Larousse
  2. a b c et d 50 Standards Renaissance et Baroque - éditions Fuzeau