Parade (ballet)

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche

Parade
Image illustrative de l’article Parade (ballet)
Livret du ballet Parade

Genre Danse moderne
Chorégraphe Léonide Massine
Musique Erik Satie
Interprètes Ballets russes dont :
Maria Chabelska et Nicolas Zverev
Scénographie Pablo Picasso
Texte Jean Cocteau
Langue originale français
Création
Théâtre du Châtelet, Paris
Versions successives
Représentations notables

Parade est un ballet en un acte de la compagnie des Ballets russes dirigés par Serge de Diaghilev. Il s'agit d'une œuvre collective de commande, écrite par Jean Cocteau, sur une musique d'Erik Satie, chorégraphié par Léonide Massine et scénographié (décors, costumes et rideau de scène) par Pablo Picasso. L'œuvre est inspirée par le tableau Parade de cirque (en) de Georges Seurat. Le ballet est créé le au Théâtre du Châtelet à Paris.

Historique[modifier | modifier le code]

Dans les années 1910, Jean Cocteau présente l'idée du projet d'une nouvelle œuvre à Serge Diaghilev, avec lequel il avait déjà participé à la création de ballets. En 1915, Jean Cocteau rend visite à son ami Pablo Picasso auquel il propose de réaliser les décors du ballet. En 1916, Erik Satie compose la musique et en début 1917, Cocteau organise une réunion avec Léonide Massine, le chorégraphe, et Diaghilev.

La conception est réalisée du 19 février au 10 avril 1917 entre les représentations que les Ballets russes donnent à Rome[1], capitale alliée où le service de propagande du ministère des Affaires étrangères français détache Jean Cocteau[2]. Celui-ci décide son ami Pablo Picasso de le suivre à Rome où le peintre réalise un rideau de scène inspiré du style et des thèmes d'Irène Lagut[réf. nécessaire] et fait la rencontre de la danseuse Olga Khokhlova. Cette rupture romaine, loin de la guerre, annonce les Années folles et constitue un moment de libération et de réinvention tant pour Cocteau que pour Picasso[1].

Parade est créé par les Ballets russes de Serge de Diaghilev le au Théâtre du Châtelet à Paris sous la direction musicale d'Ernest Ansermet. Les interprètes principaux sont Léonide Massine, Maria Chabelska et Nicolas Zverev. Son argument évoque une parade comme on en voyait jadis au théâtre de la foire. L'univers poétique opposé à la brutalité du monde moderne constitue un parti pris de légèreté en pleine Première Guerre mondiale. Guillaume Apollinaire, dans la note de programme qu'il rédige pour Diaghilev, qualifie ce spectacle de « sur-réaliste »[3].

La première représentation a déclenché l'hostilité du public et de la critique. La musique, où jouaient entre autres des machines à écrire, fut traitée de bruit inadmissible par les plus conservateurs. Les costumes furent jugés beaucoup trop grands. Selon certains critiques cela cassait la gestuelle du ballet.

Satie s’agace de la critique désobligeante de Jean Poueigh, parlant d'« outrag[e] au goût français » et qui était pourtant venu lui présenter ses félicitations en loge, et lui envoie sur une carte postale : « Monsieur et cher ami, vous n'êtes qu'un cul, mais un cul sans musique »[4]. Cela lui valut une forte condamnation qui fut suspendue par un accord à l'amiable grâce à l'entregent de diverses personnalités[4], mais consolida sa réputation[5].

Rideau de scène[modifier | modifier le code]

Pablo Picasso (coiffé d’une casquette), entouré d’une équipe de décorateurs, assis sur le rideau de scène qu’il a créé pour Parade.
Pablo Picasso (avec casquette), entouré des décorateurs, assis sur le rideau de scène de Parade.

Il s'agit d'une peinture sur un rideau de Pablo Picasso faisant 10,5 × 16,4 mètres et pesant 45 kg. Il représente un groupe de saltimbanques festoyant entouré de grands rideaux rouges avec, sur la gauche, un cheval ailé lui-même surmonté d'une jeune femme ailée. À l'arrière-plan est figurée une ruine dans un bosquet.

Le projet initial de l'artiste était de se représenter lui-même sur le cheval[6].

Version de Preljocaj[modifier | modifier le code]

En 1993, à la demande de l'Opéra Garnier, le chorégraphe français Angelin Preljocaj crée sa propre version de Parade en s'inspirant au plus près du ballet historique sur des décors d'Aki Kuroda et des costumes d'Hervé Pierre (styliste de chez Balmain) et toujours dansé sur la musique de Satie[7]. Cette version s'inscrit dans une soirée hommage aux Ballets russes où Preljocaj associe à Parade ses versions du Spectre de la rose et de Noces.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Isabel Violante, « Parade à Rome, la Dolce Vita en 1917 », in Cahiers de la Méditerranée, Dossier « L'autre front / Il fronte interno. Art, culture et propagande dans les villes italiennes de l'arrière (1915-1918) », Nice, 17 juin 2019.
  2. (en) J. Richardson, « Portraits of a marriage », Vanity Fair, décembre 2007.
  3. Bruno Giner, Erik Satie. Parade : chronique épistolaire d'une création, Paris, Berg International, 2013, p. 8.
  4. a et b Vincent Lajoinie, Erik Satie, éditions L'Âge d'Homme, (ISBN 9782825132289, lire en ligne), p. 182-185
  5. Roselee Goldberg, , Thomas & Hudson / L'univers de l'art (ISBN 978-2-87811-380-8),  Chapitre 4 / Le surréalisme : Les représentations pré-Dada à Paris.
  6. A. Yacob, « Parade ou le plus grand Picasso du monde », Dossier de l'art hors-série no 16 1917, juin 2012, pp. 8-11.
  7. Angelin Preljocaj et les Ballets russes, émission Musiques au cœur du 24 avril 1993 sur le site de l'INA.

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

  1. Zoé Balthus, Parade : jeunesse d'éternité, Gwen Catalá éditeur, (ISBN 9782376410058, lire en ligne)
  2. Véra Kolessina, « Zoé Balthus parle de son premier roman : Parade Jeunesse d'Eternité », Sputnik France,‎ (lire en ligne)