Gnossiennes

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Les Gnossiennes sont une œuvre en six parties d'Erik Satie. Elles ont été composées entre 1890 et 1897, les trois premières sont publiées en 1893 et 1968 pour les trois dernières.

Caractéristiques[modifier | modifier le code]

Pour les Gnossiennes, Satie invente un nouveau nom de forme original, dérivé du mot gnose. En effet, Satie est impliqué à ce moment de sa vie dans des sectes et des mouvements gnostiques. Cependant, certaines versions publiées prétendent que le mot dérive du crétois Knossos ou gnossus, et lient les Gnossiennes à Thésée, à Ariane et au mythe du Minotaure. Plusieurs sites archéologiques relatifs à ce thème ont été excavés à cette époque.

Les Gnossiennes ont été composées par Satie dans la décennie qui a suivi la composition des Trois Sarabandes (1887) et des Gymnopédies (1888). Comme les Sarabandes et les Gymnopédies, les Gnossiennes sont souvent considérées comme des danses.

Le vocabulaire musical des Gnossiennes est une continuation de celui des Gymnopédies (une évolution qui avait commencé avec les Ogives) et mène à l'expérimentation plus harmonique dans des compositions comme les Danses gothiques. Ces séries de compositions, caractéristiques de Satie dans sa manière sérieuse, et en ce sens diffèrent de ses compositions de salon comme Waltz ( 1885 publiées en 1887), de cabaret (Je te Veux Waltz), ses Cantorum pour piano seul, ou ses Préludes flasques (1912).

Trois Gnossiennes[modifier | modifier le code]

Fichiers audio
Gnossienne no 1
16 novembre 2010
Gnossienne no 2
16 novembre 2010
Gnossienne no 3
16 novembre 2010
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Ces trois Gnossiennes, composées en 1890, ont été publiées en 1893. Une révision avant leur publication en 1893 n'est pas improbable, la 2e Gnossienne peut même avoir été composée cette année-là (on lit la date « Avril 1893 » sur le manuscrit). Les versions pour piano seul des trois premières Gnossiennes sont sans indication de mesure ni barres de mesure[1].

Elles sont d'abord publiées dans Le Figaro musical no 24 de septembre 1893 (Gnossiennes no 1 et 3, puis encore no 2) et dans Le Cœur no 6-7 de septembre-octobre 1893 (Gnossienne no 2 imprimé en fac-similé, puis numéroté no 6).

La première publication groupée et numérotée, date de 1913. À cette époque, Satie avait indiqué 1890 comme date de composition pour les trois Gnossiennes. La première, d'inspiration orientale, a été dédiée à Roland-Manuel lors de la réimpression de 1913[2]. Alors qu'en 1893 l'impression en fac-similé de la 2e Gnossienne contenait une dédicace à Antoine de La Rochefoucauld, celle-ci ne se retrouve pas dans l'édition de 1913. Antoine de La Rochefoucauld avait été en 1891 cofondateur, avec Joséphin Peladan, de l'Ordre de la Rose-Croix catholique et esthétique du Temple et du Graal; or au moment de la deuxième publication de la première série de trois Gnossiennes, Satie avait déjà rompu depuis longtemps avec les rosicruciens.

Le tempo ressemble à celui des des Gymnopédies : tempos lents, respectivement « prêtés » (en français pour Lento), avec étonnement, et encore « prêtés ».

Un croquis ne contenant que deux mesures incomplètes, daté autour de 1890, montre Satie commençant à orchestrer la 3e Gnossienne.

Gnossiennes no 4-6[modifier | modifier le code]

Fichiers audio
Gnossienne no 4
16 novembre 2010
Gnossienne no 5
16 novembre 2010
Gnossienne no 6
16 novembre 2010
Gnossienne no 7
16 novembre 2010
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Les Gnossiennes no 4-6n'ont été publiées qu'en 1968. Aucune d'entre elles ne semble avoir été numérotée, ni même intitulée comme « Gnossienne » par Satie lui-même. La séquence de ces trois Gnossiennes dans la publication 1968 par Robert Caby ne correspond pas à l'ordre chronologique de composition. On ne sait pas si Satie a conçu ces compositions comme trois éléments d'une même série.

* Gnossienne no 4

Carême. Date de composition sur le manuscrit : 22 janvier 1891.

Un fac-similé de ces quatre pages manuscrites de cette composition peut être vu sur cette page du site Web de Satie de Niclas Fogwall.

La quatrième Gnossienne est souvent considérée [citation nécessaire] musicalement comme la plus intéressante. Composée en la mineur, elle dispose d'une ligne de basse centrée autour d'un accord mineur IV (Dm), D, A, D, F, A, D, F, D, A, F, D, A, D. La partie basse transpose ensuite dans un ut mineur accord I l'ostinato, suivant le modèle C, G, C, Eb, G, C, Eb, C, G, Eb, C, G, C, Section B, généralement considérée comme une section très inspirée, utilise croches de comparer la mélodie mineure de la section A.

* Gnossienne no 5

Modéré (français pour Moderato). En date du 8 juillet 1889, ce fut probablement la première composition de Satie après l'année 1888: en tout cas, elle est antérieure à toutes les autres Gnossiennes connues (y compris les trois publié en 1893).

* Gnossienne no 6

Avec conviction et avec juin tristesse rigoureuse («avec conviction et avec une tristesse rigoureuse»). Composé près de 8 ans après la première, en Janvier 1897.

* Le Fils des étoiles - Trois Morceaux en forme de poire

Le Fils des étoiles musique de scène (composée en 1891) contient une Gnossienne dans le premier acte. Pour celui-ci la dénomination de « Gnossienne » est certainement de Satie (comme il ressort de la correspondance avec son éditeur).[réf. souhaitée] À la suite de cela, cette musique est parfois connue comme la 7e Gnossienne. Cette partie du Fils des étoiles a été réutilisée dans le premier mouvement de Trois Morceaux en forme de poire.

Les Gnossiennes au cinéma et à la télévision[modifier | modifier le code]

La Première Gnossienne a été utilisée à diverses reprises, dans plusieurs œuvres de fiction au cinéma et à la télévision :

Dans au moins deux des œuvres citées, la Première Gnossienne revient comme un leitmotiv : dans quelques épisodes de Les Experts : Miami (CSI: Miami), l'adaptation à la télévision des Cinq Petits Cochons, roman d'Agatha Christie, ainsi que dans le film Paris, de Cédric Klapisch.

Les troisième, quatrième, cinquième et sixième Gnossiennes ont également servi d'illustrations sonores pour au moins trois autres œuvres cinématographiques :

Les Gnossiennes — autres interprétations[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. http://www.radioclassique.fr/lactu-du-classique/dossiers/dossiers-detail/six-gnossiennes-derik-satie.html
  2. Selon Valentin-Nicolae Bercă sur [www.romaniamagnifica.ro], le thème de la première Gnossienne pourrait venir des Doïnas traditionnelles d'Europe orientale, comme [1] ou [2], peut-être parvenues à Satie par Roland-Manuel, compositeur d'origine juive.

Lien externe[modifier | modifier le code]