Catarrhini

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Les Catarhiniens ou Catarrhiniens (Catarrhini), du grec cata, vers le bas, et rhinos, nez, sont un clade de primate simiiformes regroupant les espèces traditionnellement désignées comme étant les « singes de l'Ancien Monde » (y compris l'espèce humaine). Les représentants des Catarhiniens (non humain) peuplent essentiellement l'Afrique et l'Asie, par opposition aux Platyrhiniens, ou « singes du Nouveau Monde », que l'on trouve en Amérique du Sud et en Amérique centrale.

Caractéristiques[modifier | modifier le code]

Les Catarhiniens sont caractérisés par une face courte et verticale[1], des narines rapprochées car séparées par une fine cloison, ouvertes vers le bas (d'où l'étymologie du nom). Les Platyrhiniens au contraire possèdent des narines orientées latéralement et largement séparées. Ils ont un organe de Jacobson non fonctionnel. Leur os frontal et sphénoïde sont en contact, contrairement à leur os pariétal et zygomatique, ce dernier caractère étant plésiomorphe. Leur région auditive est caractérisée par le tube osseux de l'oreille, l'ectotympanique (en)) qui s'étend latéralement. Leurs ongles de main et de pied sont plats. Beaucoup de Catarhiniens ont un mode de vie diurne qui préfigure celui de l'homme (actifs le jour, ils dorment la nuit). Les Catarhiniens encore vivants incluent des espèces plus folivores et plus terrestres qu'arboricoles[2].

Les plus anciens fossiles connus de Catarhiniens sont Eosimias (-46 millions d'années)[3], Afrasia djijidae (en)(-37 millions d'années)[1], Catopithecus (en)(-36 millions d'années), Propliopithecus et Aegyptopithecus (-34 millions d'années), Saadanius - 28 millions d'années.

Leur mâchoire est caractérisée par l'implantation verticale des incisives, de leur couronne en forme de spatule, de l’importante élévation de la branche horizontale de la mandibule[1]. Leur denture présente une prémolaire en moins (32 dents au lieu de 36 chez les Platyrhiniens) tandis que leurs prémolaires restantes présentent deux racines, caractère plésiomorphe. Cette perte de la prémolaire est déjà acquise chez Catopithecus il y a 36 Ma, ce qui indique que les Catarhiniens et les Platyrhiniens ont divergé avant cette période. Acquise il y a 40 Ma alors qu'ils ont une face prognathe, cette denture explique que les hommes actuels ont des problèmes avec leurs dents : la formule dentaire est restée identique alors que la taille de la mâchoire a rétréci au cours de l'évolution dans la lignée menant à l'homme, si bien que le manque de place pour la troisième molaire est à l'origine d'une plus grande fréquence d'extractions des dents de sagesse et d'agénésie dentaire[4].

 v · d · m  Formule dentaire
mâchoire supérieure
3 2 1 2 2 1 2 3
3 2 1 2 2 1 2 3
mâchoire inférieure
Total : 32
Dentition permanente
des Catarrhiniens

Phylogénie[modifier | modifier le code]

Phylogénie des familles actuelles de singes, d'après Perelman et al. (2011)[5] et Springer et al. (2012)[6] :

 Simiiformes 
 Catarrhini 
 Cercopithecoidea 

Cercopithecidae (babouins, macaques, colobes...)


 Hominoidea 

Hominidae (orang-outans, gorilles, chimpanzés et hommes)



Hylobatidae (gibbons)




 Platyrrhini 

Pitheciidae (calicèbes, sakis...)




Atelidae (atèles, singes hurleurs...)



Cebidae (sapajous, capucins...)





Taxons de rang inférieur[modifier | modifier le code]

Le groupe des Catarhiniens présente les trois formes fossiles suivantes[7] :

1. Oligopithèque :

  • Vers 34 millions d’années.
  • Quadrupède catarhinien, analogue aux Cynomorphes actuels, comme les babouins.
  • 32 dents à 4 cuspides (saillants d’abrasion sur les molaires).
  • Se nourrit de feuilles et d’insectes.

2. Pro-Pliopithèque :

  • Anthropomorphe orienté vers les gibbons ou les Ponginés.

3. Aegyptopithèque :

  • Vers 34 millions d’années.
  • Frugivore arboricole.
  • 27 cm3 de capacité crânienne.
  • Développement d'une crête sagittale, allongement frontal, prognathisme facial et aire visuelle plus large. (Ces caractéristiques permettent de le classer parmi les Anthropomorphes).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c J.-J. Jaeger, et al., « A new primate from the Middle Eocene of Myanmar and the Asian early origin of anthropoids », Science, 286 (5439) (1999), pp. 528-530
  2. (en) John G. Fleagle, Primate Adaptation and Evolution, Academic Press, (lire en ligne), p. 185
  3. K.C. Beard, et al., « Earliest complete dentition of an anthropoid primate from the late Middle Eocene of Shanxi Province », China Science, 272 (1996), pp. 82-85
  4. (en) C. L. B. Lavelle, W. J. Moore, « The incidence of agenesis and polygenesis in the primate dentition », American Journal of Physical Anthropology, vol. 38, no 3,‎ , p. 671–679 (DOI 10.1002/ajpa.1330380304)
  5. (en) P. Perelman, W. E. Johnson, C. Roos, H. N. Seuánez, J. E. Horvath, M. A. M. Moreira, B. Kessing, J. Pontius, M. Roelke, Y. Rumpler, M. P. Schneider, A. Silva, S. J. O'Brien et J. Pecon-Slattery, « A molecular phylogeny of living primates », PLoS Genetics, vol. 7, no 3,‎ , e1001342 (PMID 21436896, PMCID 3060065, DOI 10.1371/journal.pgen.1001342, lire en ligne)
  6. (en) Mark S. Springer, Robert W. Meredith, John Gatesy, Christopher A. Emerling, Jong Park, Daniel L. Rabosky, Tanja Stadler, Cynthia Steiner, Oliver A. Ryder, Jan E. Janečka, Colleen A. Fisher et William J. Murphy, « Macroevolutionary Dynamics and Historical Biogeography of Primate Diversification Inferred from a Species Supermatrix », PLoS ONE, vol. 7, no 11,‎ , e49521 (ISSN 1932-6203, PMID 23166696, PMCID 3500307, DOI 10.1371/journal.pone.0049521, lire en ligne)
  7. Marcel Otte, La préhistoire, de boeck

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]