Musée Saint-Loup

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur les redirections « Musée des beaux-arts de Troyes » redirige ici. Pour les autres significations, voir Musée des beaux-arts.
Musée des beaux-arts de Troyes
Troyes - Musée Saint-Loup 1.jpg

Une salle du musée

Informations générale
Visiteurs par an
17 996 (2003)
14 466 (2004)
19 984 (2005)
10 338 (2006)[1]
Site web
Collections
Collections
Peintures, sculptures, objets d'art, mobilier, archéologie, arts graphiques.
Localisation
Pays
Région
Commune
Adresse
4, rue Chrestien-de-Troyes
10000 Troyes
Coordonnées
Localisation sur la carte de France
voir sur la carte de France
Red pog.svg

Le musée des beaux-arts et d'archéologie de la ville de Troyes en Champagne-Ardenne, officiellement appelé musée Saint-Loup, est le principal musée d'art et d'archéologie de la ville avec le musée d'art moderne. Il est abrité depuis 1830 dans l'ancienne abbaye Saint-Loup, édifiée aux XVIIe et XVIIIe siècles.

Histoire[modifier | modifier le code]

Question book-4.svg
Cette section ne cite pas suffisamment ses sources (octobre 2016)
Pour l'améliorer, ajoutez des références vérifiables [comment faire ?] ou le modèle {{Référence nécessaire}} sur les passages nécessitant une source.

En 1792, l'Assemblée départementale souhaitait fonder un musée et demandait à la Convention l'autorisation d'utiliser l'ancienne abbaye de Notre-Dame-Aux-Nonnains, des commissaires furent envoyé dans le département pour y collecter des objets à mettre en ce musée. Pendant ce temps l'architecte Milony rassemblait des statues au rez-de-chaussée de l'abbaye Saint-Loup qui provenait des églises et couvents supprimés.

En 1829, la Socièté académique de l'Aube renouvellait le projet qui n'avait pas abouti, la ville concédait les bâtiments de l'abbaye Saint-Loup qui abouti à l'ouverture d'une premièer salle en 1831. Sept tableaux, dix statues et un collecction minéralogique.

En 1833 la donation de Dominique Morlot ajoutait quarante-six tableaux, des émaux des maquettes et plans à ce fond. Y furent ajoutées les saisies révolutionnaires qui attendaient en l'Hôtel du département. En 1850 il y avait 130 tableaux.

Pour agrandir le musée, le pavillon Simart fut élevé en 1860, le pavillon Buissonnet en 1891 pour agrandir la bibliothèque puis le pavillon Audiffred en 1892.

Collections[modifier | modifier le code]

Les importantes collections du musée couvrent l'évolution de différents arts appliqués jusqu'au XIXe siècle et comprennent objets d'art, pièces d'archéologie, mobilier, arts graphiques, sculptures et peintures.

Histoire naturelle[modifier | modifier le code]

Autour d'une collection d'animaux naturalisés, de squelettes, des activités de découvertes et de sensibilisation sont mises en place.

Peinture[modifier | modifier le code]

Le musée expose des peintures françaises, italiennes, flamandes et hollandaises du Moyen Age au XIXe siècle. Parmi les œuvres flamandes et hollandaises, on note des tableaux de Bartholomeus Spranger, Joos van Cleve, Melchior d'Hondecoeter, Jan Van Bijlert, attribué à Rubens (L'Homme au luth), de l'atelier de Van Dyck. La peinture française du XVIIe siècle est représentée par Lubin Baugin (L'Enfance de Jupiter, l'un des rares sujets mythologiques peint par ce peintre), Pierre Mignard (natif de Troyes, avec notamment Saint Luc peignant la Vierge, 1695, son dernier tableau), Nicolas Mignard, Charles Le Brun (Érection de la Croix), Philippe de Champaigne (Saint Paul et La réception du duc de Longueville dans l'ordre du Saint-Esprit). Pour la peinture italienne, on trouve des œuvres de l'atelier de Giotto (Le Christ en croix entre la Vierge et saint Jean), de Giorgio Vasari (La Cène), Francesco Albani, Giuseppe Recco, Giovanni Battista Crespi et Bernardo Bellotto (Ruines de Dresde).

La collection de peintures françaises du XVIIIe siècle renferme des toiles d'Antoine Watteau (L'Aventurière et L'Enchanteur, tous deux de 1712), Jean Jouvenet, François Desportes, Hyacinthe Rigaud, François Boucher, Charles Natoire (très grande collection de plus de 20 toiles provenant de décorations de châteaux de la région troyenne, certaines commandées par l'homme d'État Philibert Orry), Jean Honoré Fragonard, Maurice Quentin de La Tour, Joseph-Marie Vien, Jean-Baptiste Greuze, Hubert Robert, Joseph Vernet, Élisabeth Vigée Le Brun et Jacques-Louis David. Pour le XIXe siècle, on compte des œuvres Antoine-Jean Gros, Heinrich Füssli, Théodore Géricault.

Archéologie[modifier | modifier le code]

Les collections d'archéologie du musée sont installées dans les caves voûtées de l'ancienne abbaye. Présentées selon un ordre à la fois thématique et chronologique, elles couvrent la période allant de la Préhistoire jusqu'à l'époque mérovingienne. Parmi les pièces exposées on distingue notamment l'Apollon de Vaupoisson, un très beau bronze gallo-romain découvert en France. Sont également présentés des objets d'archéologie classique provenant d'Égypte, de Grèce ainsi que d'Étrurie.

Le trésor de Pouan[modifier | modifier le code]

Le Trésor de Pouan, nommé le tombeau de Théodoric[2] est une découverte archéologique qui regroupe armes et bijoux provenant d'une tombe princière du Ve siècle. Découvert le 22 août 1842 à Pouan-les-Vallées par le manouvrier Baptiste Buttat au lieu-dit Haut de Marisy[3] maintenant nommé Le Martrait. C'est un fond de cailloux alluvionnaires recouvert par une couche de terre arable. Ces pièces furent proposée à Corrard de Bréban, conservateur au musée, qui ne gardait que l'épée et le scramasaxe. Les autres objets furent acquis par un bijoutier à Troyes, objets qui furent présentés au Congrès archéologique de France du 9 juin 1853 qui avait lieu à Troyes. M Achille Peigné-Delacourt en dressa une minutieuse description et intervint auprès de l'Empereur pour que ces pièces ne soient pas disséminées[4]. Le trésor fut acquis par Napoléon III en 1858 et offert au musée le 11 mars 1860.

Contenu :

  • Bijoux :
    • un torque d'or de 84g ayant une section octogonale qui se rétrécit vers les extrémités avec un système de fermoir. Trois rangs d'ocelles décorent le torque ;
    • un bracelet ouvert de 141g d'or ouvert et à tampons ;
    • deux boucles à ardillon droit de 118g et 29g d'or ;
    • une bague de 40g d'or avec HEVA gravé sur le chaton.
  • Armes :
    • une épée de 873mm par 3mm et 68mm (au maximum) faite de trois bandes damassée et soudée, la poignée est formée d'un pommeau en forme d'olive ayant à son sommet quatre grenats, deux circulaires et deux en forme de larme. La fusée est décorée de cinq nervures perpendiculaires sur une feuille d'or. La garde est une plaquette d'argent fixée sous un élément disparu (bois?) ;
    • un scramasaxe :
    • de forme longue, 602 par 30mm au maximum, de section rectangaulaire. La poignée est parée d'une feuille d'or avec des rainures transversales, la garde est faite d'une bande large d'or orné d'un quadrillage. Le pommeau est en forme de feuille orné de grenats sur un cloisonné.
  • Fermoirs :
    • un grenat cerclé d'or fixé à un anneau pouvant être attaché à du cuir ;
    • deux fermoirs, de ceinture ou d'aumonière, formé de grenats en cloisonné ;
    • une pièce d'orfèvrerie, très abîmé et ayant perdu ses grenats (?) :
    • un fermoir de grenats en cloisonné mais de facture très différente qui fait penser qu'il ne provient pas du trésor de Pouan
    • mais peut-être de Fontenay-le-Comte.

M Peigné-Delacourt, attribue à Théodoric, le roi de Wisigoths, tué en 451 à la bataille des champs catalauniques, le squelette et les ornements trouvés à Pouan[4].

Selon M.Kazanski[5] c'est une tombe de la deuxième moitié du Ve siècle d'un guerrier aristocratique.

Sculptures[modifier | modifier le code]

Le musée expose notamment un buste de Louis XIV par l'un des plus grands sculpteurs du XVIIe siècle, François Girardon, maître du classicisme versaillais et natif de Troyes. Pour le XIXe siècle, on remarque notamment un précieux buste polychrome représentant une femme juive d'Alger par Charles Cordier, spécialiste de la sculpture ethnographique et de l'association de divers matériaux pour mettre en couleur ses bustes avec un effet très réaliste. Parmi les sculpteurs locaux, on peut citer Jules Édouard Valtat dont on remarque un Oreste poursuivi par les Furies après le meurtre de sa mère, bas-relief en plâtre ; Adam et Ève, groupe colossal en plâtre, ainsi que Faune et Bacchante, groupe en plâtre, grandeur naturelle, destiné à être fondu en bronze pour le Jardin d'acclimatation de Parsi.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Veille Info Tourisme, p. 115
  2. Edouard Salin et Albert France-Lanord, « Sur le trésor barbare de Pouan (Aube) », Gallia, vol. 14,‎ , p. 65–75 (lire en ligne)
  3. Sur le cadastre de 1829
  4. a et b « Recherches sur le lieu de la bataille d'Attila en 451- Peigné-Delacourt, Achille - Page 5 & 6 », sur reader.digitale-sammlungen.de (consulté le 29 mars 2016)
  5. Michel Kazanski, Deux riches tombes de l'époque des grandes invasions au nord de la Gaule, in Archéologie médiévale, XII, CRAAM, Caen, 1982.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

  • (fr) (en) Site officiel.
  • Lucien Morel-Payen, Le Musée de Troyes et la bibliothèque, Paris, Henri Laurens édit., 1929.