Margrethe Vestager

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Margrethe Vestager
Margrethe Vestager en 2012.
Margrethe Vestager en 2012.
Fonctions
Commissaire européenne à la Concurrence
En fonction depuis le
(2 ans, 11 mois et 18 jours)
Président Jean-Claude Juncker
Gouvernement Commission Juncker
Prédécesseur Joaquín Almunia
Ministre danoise de l'Économie
et de l'Intérieur

(2 ans, 10 mois et 30 jours)
Premier ministre Helle Thorning-Schmidt
Gouvernement Thorning-Schmidt I et II
Prédécesseur Brian Mikkelsen (Économie)
Bertel Haarder (Intérieur)
Successeur Morten Østergaard
Présidente du Parti social-libéral danois

(7 ans, 2 mois et 16 jours)
Prédécesseur Marianne Jelved
Successeur Morten Østergaard
Ministre de l'Éducation et des Affaires ecclésiastiques

(3 ans, 8 mois et 4 jours)
Premier ministre Poul Nyrup Rasmussen
Gouvernement Nyrup Rasmussen IV
Prédécesseur Ole Vig Jensen
Successeur Ulla Tørnæs (Éducation)
Johannes Lebech (Affaires ecclésiastiques)
Biographie
Date de naissance (49 ans)
Lieu de naissance Glostrup (Danemark)
Nationalité Danoise
Parti politique Parti social-libéral
Diplômée de Université de Copenhague

Margrethe Vestager Hansen, née le à Glostrup (Danemark), est une femme politique danoise, membre du Parti social-libéral danois (RV).

Elle a été ministre de l'Éducation et des Affaires ecclésiastiques entre 1998 et 2001, puis ministre de l'Économie et de l'Intérieur entre 2011 et 2014.

En 2014, elle devient commissaire européenne à la concurrence sous la présidence de Jean-Claude Juncker. En 2016, elle demande à Apple de rembourser à l’État irlandais la somme record de 13 milliards d'euros (plus les intérêts) au titre d'aides d’État contraires au droit européen de la concurrence.

Biographie[modifier | modifier le code]

Formation et carrière professionnelle[modifier | modifier le code]

Fille de pasteurs luthériens[1],[2] et diplômée en économie de l'université de Copenhague en 1993[3], elle intègre ensuite le ministère des Finances, où elle accomplit, pendant cinq ans, la totalité de sa carrière.

Mariée à un professeur de mathématiques, elle a avec lui trois enfants. Parlant français, elle possède une maison de vacances sur l'île d'Oléron[2].

Carrière politique nationale[modifier | modifier le code]

Le , elle est nommée ministre de l'Éducation et ministre des Affaires ecclésiastiques, dans le gouvernement de centre gauche de Poul Nyrup Rasmussen, mais perd ce dernier poste, à l'occasion d'un remaniement ministériel le .

À l'occasion des élections législatives du 20 novembre 2001, elle est élue députée au Folketing, tandis que le centre droit arrive au pouvoir. Réélue en 2005, elle prend la direction de la RV et de son groupe parlementaire en remplacement de Marianne Jelved, à la suite des élections législatives du 13 novembre lors desquelles son parti obtient l'un des plus mauvais résultats de son histoire, avec seulement 5,1 % des voix et 9 députés[4].

Lors de l'affaire des caricatures de Mahomet du journal Jyllands-Posten, elle prend position pour le droit au blasphème[2].

Lors des élections législatives du 15 septembre 2011, son parti obtient 9,5 % des suffrages et 17 élus, son meilleur score depuis 1973. Le 3 octobre suivant, elle est nommée ministre des Affaires économiques et de l'Intérieur dans le gouvernement de centre gauche de Helle Thorning-Schmidt.

Carrière politique européenne[modifier | modifier le code]

En 2014, elle est nommée commissaire européenne à la concurrence. Présentée comme la « star de Bruxelles »[5], elle est en effet chargée de dossiers impliquant des géants mondiaux comme Starbucks, Google et Gazprom. Elle lance contre ce dernier une procédure pour non-respect de la législation sur les cartels et les abus de position dominante[6].

Se présentant comme centriste, ni dirigiste, ni libérale, elle appelle à lutter contre la « loi de la jungle », qui amène par exemple à ce que de grands groupes numériques payent peu d'impôts dans leurs pays d'origine, ayant installé leurs sièges dans des paradis fiscaux[2]. La presse internationale la présente ainsi comme « La femme qui fait trembler Google » ou encore la « Dame de fer face aux Gafa »[1].

Redressement fiscal d'Apple en 2016[modifier | modifier le code]

En août 2016, Margrethe Vestager demande à Apple de rembourser à l’État irlandais la somme record de 13 milliards d'euros (plus les intérêts) au titre d'« aides d’État » contraires au droit européen de la concurrence, en application de l'article 107 du traité sur le fonctionnement de l'Union européenne[7],[8]. En effet, grâce à plusieurs rescrits fiscaux (« tax rulings ») obtenus de l’État irlandais depuis 1991 puis 2007, Apple ne soumettait pas les profits qu'il rapatriait d'Europe en Irlande au taux normal irlandais de 12,5 % (un taux déjà très favorable), mais à des taux considérablement réduits.

C'est la légalité au regard du droit européen de la concurrence des rescrits fiscaux accordés par le gouvernement irlandais que met en cause le redressement demandé par Margrethe Vestager, dans la mesure où ces rescrits constituent une aide d’État illégale puisque, grâce à ces rulings, Apple a bénéficié, non d'un taux d'imposition de 12,5 % comme les autres sociétés établies en Irlande, mais de 1 % seulement en 2003, réduit à seulement 0,005 % en 2014, sur l'ensemble des profits de Apple Sales International et de Apple Operations Europe (toutes deux basées en Irlande et détenues en totalité par Apple). Or, ces deux sociétés de droits irlandais prélèvent sur les ventes en Europe d'Apple une contribution correspondant à plus de la moitié de l'effort de recherche d'Apple aux États-Unis ; ce ne sont donc pas les sociétés Apple vendant partout en Europe qui encaissent les profit correspondants, mais uniquement les deux sociétés établies en Irlande[9].

Amende infligée à Google en 2017[modifier | modifier le code]

Le 27 juin 2017, Margrethe Vestager inflige à Google une amende de 2,42 milliards d'euros, pour abus de la position dominante de son moteur de recherche pour donner un avantage illégal à son propre service de comparateur commercial, en violation de la législation antitrust européenne. Depuis 2008 en effet, Google accorde dans son moteur de recherche un traitement préférentiel à son propre site de comparaison, Froogle/Google Shopping, malgré les insuffisances de ce service ; dans le même temps, Google attribue un ranking dégradé aux services concurrents de Froogle, faussant gravement la concurrence dans tous les pays de l'Union européenne où il propose des services de comparateurs commerciaux.

Cette atteinte à la libre concurrence a commencé en 2008 en Allemagne et au Royaume-Uni, puis en France, en Italie, aux Pays-Bas, en Espagne, puis en République tchèque, avant de frapper enfin l'Autriche, la Belgique, le Danemark, la Norvège, la Pologne et la Suède. Selon la Commission européenne, ce sont donc au total 418 millions de citoyens de l'Espace économique européen qui auraient été frappés par les méthodes illégales de Google, qui les a privés du plein bénéfice d'une concurrence non faussée, d'un choix véritable, et de l'innovation[10]. Des dommages-intérêts pourraient par ailleurs être exigés si Google ne mettait pas son fonctionnement en conformité avec la législation européenne sous 90 jours[10].

En 2017, des enquêtes poussées sont également menées contre Google, cette fois au titre de AdSense et du logiciel Android pour téléphones portables[11],[12].

Autres dossiers[modifier | modifier le code]

Parmi les autres entreprises sur lesquelles Vestager a lancé des enquêtes, on compte également Gazprom[13] ou encore Amazon, cette dernière entreprise étant visée dans une enquête portant sur 250 millions d'euros[1].

Distinctions[modifier | modifier le code]

Lauréate du prix Femmes d'Europe 2016 décerné par le Mouvement européen international et le Lobby européen des femmes[14],[15].

Dans la culture populaire[modifier | modifier le code]

Elle aurait inspiré le personnage principal de la série télévisée Borgen, une femme au pouvoir, la Première ministre danoise Birgitte Nyborg[2],[1].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c et d Vincent Jolly, « Margrethe Vestager, une dame de fer face aux géants du web », Le Figaro Magazine, semaine du 13 octobre 2017, pages 22-23.
  2. a, b, c, d et e Frédéric Martel, « Contre Google, Disney et McDonald’s, l’Europe rêvée de Margrethe Vestager », slate.fr, 3 janvier 2015.
  3. (en) « New EU Competition Commissioner--Margrethe Vestager », sur The National Law Review, (consulté le 9 novembre 2015).
  4. (da) « Margrethe Vestager (RV) », sur Folketinget (consulté le 9 novembre 2015).
  5. « La femme qui fait trembler Google », sur lesechos.fr, .
  6. (en) « Vestager takes a tough stance on Gazprom », Financial Times,‎ (ISSN 0307-1766, lire en ligne).
  7. Qui est Margrethe Vestager, celle qui veut faire plier Apple ?, sur lesechos.fr (consulté le 10 septembre 2016).
  8. Margrethe Vestager, la commissaire qui ose défier Apple, sur lexpansion.lexpress.fr (consulté le 10 septembre 2016).
  9. State aid: Ireland gave illegal tax benefits to Apple worth up to 13 billion , sur europa.eu du 30 août 2016 (consulté le 10 septembre 2016).
  10. a et b Statement by Commissioner Vestager on Commission decision to fine Google €2.42 billion for abusing dominance as search engine by giving illegal advantage to own comparison shopping service, sur europa.eu (consulté le 6 juillet 2016).
  11. Google's Record Fine Is Only the Start From the EU, sur bloomberg.com (consulté le 6 juillet 2017).
  12. Google may be looking at more fines from EU regulators after getting hit with record penalty, sur scmp.com (consulté le 6 juillet 2017).
  13. Christian OliverAlex Barker, « La femme qui fait trembler les multinationales », Courrier international,‎ (lire en ligne).
  14. « Margrethe Vestager, femme européenne de l’année - Les Nouvelles NEWS », Les Nouvelles NEWS,‎ (lire en ligne).
  15. « Women of Europe Awards 2016: Who were the winners? | EMI », sur europeanmovement.eu (consulté le 6 décembre 2016).

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

  • (en+da) « Margrethe Vestager », sur ec.europa.eu, (consulté le 17 octobre 2017)
  • (da) « Margrethe Vestager bliver EU-kommissær », Information,‎ (lire en ligne)