La Grande Bretèche

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La Grande Bretèche
Image illustrative de l'article La Grande Bretèche
Publication
Auteur Honoré de Balzac
Langue Français
Parution Drapeau de la France France, 1831,
dans les Contes bruns chez Gosselin
Recueil Scènes de la vie privée de La Comédie humaine
Intrigue
Genre Étude de mœurs
Lieux fictifs près de Vendôme
Personnages Horace Bianchon, le narrateur
Me Regnault, notaire
Joséphine de Merret
Monsieur de Merret
Rosalie, la femme de chambre
Gorenflot, un maçon
Nouvelle précédente/suivante
Précédent Le Message La Grenadière Suivant

La Grande Bretèche est une nouvelle de La Comédie humaine d’Honoré de Balzac. D'abord publiée en 1831 dans les Contes bruns, elle est associée à une autre nouvelle : Le Message, puis dissociée de celui-ci pour être rattachée en 1842 à une grande nouvelle : Autre étude de femme qui est elle-même un puzzle de nouvelles et de récits.

Historique[modifier | modifier le code]

La Grande Bretèche faisait, à l’origine, partie, avec Le Message, d’un récit intitulé Le Conseil, figurant dans les Études de mœurs. Après avoir figuré dans les Scènes de la vie parisienne, La Grande Bretèche entre en 1845 dans le tome IV de l’édition Furne de La Comédie humaine, dans les Scènes de la vie privée[1].

Ce récit rapporté par le médecin Horace Bianchon, à qui Balzac donne souvent le rôle de narrateur, est splendide de mystère et de personnages en demi-teinte. Les descriptions lyriques de ce très grand texte font surgir des images fantastiques, merveilleuses ou horribles.

Résumé[modifier | modifier le code]

Lors d'une soirée, monsieur Bianchon s'apprête à raconter à l'assemblée des convives une histoire terrible.

Le narrateur découvre près de Vendôme, sur les bords du Loir, une vieille maison brune abandonnée dont les ruines et l’étrange beauté l’intriguent. Souvent, le soir, il pénètre dans cette propriété mystérieuse, où il passe des heures en rêveries. De retour à l’auberge, il pose mille questions sans qu’on lui réponde. Jusqu’à ce qu’un notaire, monsieur Regnault, lui demande de « discontinuer ses visites » et de respecter la propriété privée et lui explique le legs fait par sa propriétaire et les raisons de ce legs. Madame de Merret, la propriétaire des lieux, a interdit que l’on pénètre dans l’hôtel particulier, qu’on le répare, que l’on touche une seule pierre pendant cinquante ans. Et elle a fait du notaire son légataire à condition qu’il laisse la propriété en l’état pendant cinquante ans.

La raison de ce testament est que madame de Merret a eu un amant espagnol qui venait la rejoindre nuitamment en nageant dans la rivière[2]. Mais un jour, le mari rentrant plus tôt que de coutume, entend du bruit dans le petit réduit attenant à la chambre de sa femme. Il croit d'abord que Rosalie, la servante de son épouse, s'y trouve, mais Rosalie justement entre dans la pièce. Alors qu’il veut y pénétrer, madame de Merret lui fait valoir que cet acte de méfiance signera la fin de leurs relations. Monsieur de Merret lui fait alors jurer qu'il n'y a personne dans le cagibi. L'épouse s'exécute sans ciller, et jure sur un crucifix apparemment offert par son amant.

Monsieur de Merret échafaude un plan. Sachant Rosalie fiancée avec un certain Gorenflot, maçon dont les moyens sont insuffisants pour s'établir, il propose à ce dernier de murer purement et simplement le cagibi. Cette opération doit rester secrète et sera richement payée. Jouant alors son va-tout, madame de Merret demande alors à Rosalie de participer au travail et, discrètement, ajoute mille francs à la récompense promise si Gorenflot laisse une brèche dans le mur. Après avoir dormi dans la chambre de son épouse, le mari sort au matin. Madame de Merret s'empresse de briser la paroi de plâtre, mais quand elle aperçoit son mari derrière elle, elle s'évanouit. Il fait remettre le mur en l'état, puis déclare que son épouse est malade, qu'elle gardera la chambre et qu'il ne la quittera pas. Le supplice durera vingt jours, et chaque fois que son épouse est sur le point d'implorer grâce pour l'inconnu mourant, le mari lui rétorque : « Vous avez juré sur la croix qu'il n'y avait là personne. »

À la fin du récit, les femmes se lèvent de table. « Néanmoins quelques-unes d'entre elles avaient eu quasi froid en entendant le dernier mot. »

Adaptations[modifier | modifier le code]

The Sealed Room (1909), une adaptation de D. W. Griffith.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Notes et notices de Samuel S. de Sacy, dans le recueil : les Secrets de la princesse de Cadignan, « Gallimard folio classique », Op. cit. pour : La Femme abandonnée, La Grenadière, Autre étude de femme, Étude de femme, Le Message.
  2. notice sur le site de la maison de Balzac

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Pierrick Brient, « L’amant muré, à propos de la Grande Bretèche de Balzac », Savoirs et Clinique n° 9, Ramonville Ste Agne, Eres, 2008 ISBN 978-2-7492-0922-7.
  • Nicole Célestin, « La Grande Bretèche : Tradition orale, souvenirs livresques, cadre tourangeau », L'Année balzacienne, Paris, Garnier, 1964, p. 197-203.
  • Lucienne Frappier-Mazur, « Lecture d’un texte illisible : Autre étude de femme et le modèle de la conversation », MLN, May 1983, no 98 (4), p. 712-27.
  • Henri Godin, « Le Cadran solaire de La Grande Bretèche », L’Année balzacienne, Paris, Garnier Frères, 1967, p. 346-9.
  • (en) Peter Lock, « Text Crypt », MLN, May 1982, no 97 (4), p. 872-89.
  • Chantal Massol-Bedoin, « Transfert d’écriture : le réemploi de La Grande Bretèche dans Autre étude de femme », Balzac, Œuvres complètes : Le Moment de La Comédie humaine, Saint-Denis, PU de Vincennes, 1993 p. 203-16.
  • A.-W. Raitt, « Notes sur la genèse de La Grande Bretèche », L’Année balzacienne, Paris, Garnier, 1964, p. 187-96.
  • Marie-Laure Ryan, « Narration, génération, transformation : La Grande Bretèche de Balzac », L’Esprit Créateur, 1977, no 17, p. 195-210.