La Vendetta

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La Vendetta
Image illustrative de l'article La Vendetta
Illustration de Édouard Toudouze
Publication
Auteur Honoré de Balzac
Langue Français
Parution Drapeau de la France France, 1830,
aux éditions Mame et Delaunay-Vallée
Recueil Scènes de la vie privée de La Comédie humaine
Intrigue
Genre Étude de mœurs
Lieux fictifs Paris
Personnages Bartholoméo di Piombo, vieux compatriote de Napoléon
Elisa, épouse de Bartholoméo
Ginevra di Piombo, leur fille
Luigi Porta, mari de Ginevra
Amélie Thirion, peintre rivale de Ginevra
Servin, maître en art de Ginevra
Mme Servin, femme de ce dernier
Nouvelle précédente/suivante
Précédent Albert Savarus Une double famille Suivant

La Vendetta est une nouvelle d’Honoré de Balzac parue en 1830 aux éditions Mame et Delaunay-Vallée. L'œuvre fait partie des Scènes de la vie privée de La Comédie humaine.

L’action se déroule à Paris entre 1800 et 1830.

Personnages principaux[modifier | modifier le code]

  • Bartholoméo di Piombo, vieux compatriote de Napoléon Ier
  • Ginevra di Piombo, la fille de Bartholoméo
  • Amélie Thirion, rivale de Ginevra en peinture
  • Servin, le maître de peinture de Ginevra
  • Luigi Porta, mari de Ginevra
  • Mme Servin, femme de Servin
  • Elisa, femme de Bartholoméo

Résumé[modifier | modifier le code]

Le récit débute en octobre 1800, devant les Tuileries, à Paris avec l'arrivée d'une famille misérable, qui cherche à entrer en contact avec Napoléon Bonaparte. D'abord repoussé par la garde, l'homme - un Corse d'une soixantaine d'années - rencontre chanceusement Lucien Bonaparte, qui l'emmène auprès de son frère, à qui l'homme raconte son histoire : en conflit ouvert avec la famille Porta, qui a tué sa famille et détruit ses biens (seules sa femme et leur fille Ginevra en ont réchappé), il s'est cruellement vengé en massacrant tous ses ennemis, sept hommes au total. De ce carnage, seul survivrait le jeune Luigi Porta, que Bortholomeo a pourtant attaché dans son lit avant d'incendier la maison. Les Bonaparte lui étant redevables, Napoléon promet à son compatriote une aide discrète à condition qu'il renonce à toute vendetta, auquel cas le Premier consul lui-même ne pourrait plus rien pour lui..

Quinze ans plus tard, en juillet 1815[1], dans l'atelier très mondain du célèbre peintre Servin troublé par des querelles entre élèves, dont Ginevra Piombo, la fille du riche et très bonapartiste baron de Piombo, fait les frais. Un jour, dans l'atelier de Servin, elle découvre fortuitement, un proscrit bonapartiste, Luigi Porta, dont elle tombe immédiatement amoureuse. Une idylle se noue entre Luigi, blessé et aux abois et la jeune fille. Mais l'amourette finit par être éventée... Un jour, Ginevra annonce à ses parents qu'elle est amoureuse et désire se marier. Cet révélation est la cause d'une première crise avec Bartholomeo (77 ans à l'époque) qui ne supporte pas l'idée d'être abandonnée par sa fille. Mais la femme finit par obtenir le droit pour sa fille d'amener son amoureux à la maison. malheureusement, à peine présenté, l'identité du jeune homme est révélée. C'en est trop pour le vieillard. L'entrevue ratée provoque le refus obstiné de Bartholomeo aux nom de principes de sa culture corse, en particulier l'esprit de vendetta. Jamais une di Piombo n'épousera un Porta ! Ginevra se fait alors reconnaître ses droits par un notaire et bravant la volonté farouche de son père, elle quitte le domicile familial. Les premières défections dans son entourage apparaissent (refus assez froid de madame Servin de la loger provisoirement). Malgré l'interdiction de son père, elle se marie et s'installe avec Luigi. À part la triste cérémonie du mariage, qui fait ressentir à la jeune femme toute l'ampleur de sa solitude, le couple tire d'abord assez bien ses marrons du feu, et connaît une certaine réussite professionnelle. Ginevra peint des copies de tableaux de maîtres qu'elle revend aux brocanteurs, Luigi trouve un travail de copiste. Pourtant, en 1819, la situation économique change : Ginevra ne trouve plus d'acquéreurs pour ses tableaux. Ils tentent de vivre d'expédients, mais sombrent dans la pauvreté puis la misère. Ginevra tombe enceinte. Mais l'enfant meurt de faim et de froid, suivi de sa mère, heureuse malgré tout d'avoir vécu dans l'amour jusqu'à la fin. Luigi Porta rapporte la tragique nouvelle à Bartholomeo di Piombo. C'est l'achèvement de la vendetta.

Thèmes[modifier | modifier le code]

L'art[modifier | modifier le code]

L'art est un des thèmes centraux de la nouvelle. Il est présent dans le récit lui-même : Ginevra a un don pour la peinture et Servin est un maître-peintre. L'atelier de l'artiste, lieu central de l'action, est le théâtre de l'amour naissant entre les deux jeunes. De plus, grâce à l'art, Ginevra gagne de l'argent, après avoir été reniée par son père, Bartholoméo di Piombo.

La forme de la nouvelle exploite ce thème par de nombreuses références à des œuvres d'art, notamment lors de la description des personnages. Par exemple, le récit fait allusion au tableau de Girodet « L'Endymion », pour évoquer le personnage de Luigi. En outre, la minutie et le sens pointu du détail de Balzac font que les descriptions des personnages et des scènes finissent par ressembler à de véritables tableaux : la nouvelle peut donc être interprétée comme un exercice artistique en elle-même.

Des liens multiples peuvent être établis avec d'autres œuvres de Balzac, où se retrouve le thème de l'art pictural et qui sont marquées par la présence centrale d'un artiste peintre. Dans La Maison du chat-qui-pelote, l'un des personnages principaux, l'aristocrate Théodore de Sommervieux, est un peintre voué corps et âme à son art. Dans la nouvelle intitulée La Bourse, il est question d'Hippolyte Schinner, un jeune peintre pauvre, mais talentueux.

L'amour, la passion[modifier | modifier le code]

L'amour, force dominante dans la nouvelle, est à l'origine de tous les maux. Ce thème, déjà récurrent dans la Comédie Humaine, apparaît ici grâce à l'histoire d'amour entre Ginevra et Luigi Porta, qui déchire la famille di Piombo.

Dans Le Bal de Sceaux existe déjà un amour semblable entre Émilie de Fontaine et Maximilien de Longueville. Ici, il est aussi question d'un amour paternel, qui se mue en jalousie extrême dans le cas de Bartholoméo. En effet, à l'annonce du mariage de sa fille chérie, il ne peut s'empêcher de réagir fortement : il lui impose un choix cruel et la culpabilise dans l'espoir de la garder auprès de lui. Cet ultimatum annonce le début des malheurs de la famille.

La passion est également présente sur le plan politique. Par exemple, Bartholoméo di Piombo se pose en soutien inconditionnel de Napoléon : il reste un de ses partisans, même après le départ forcé de l'Empereur[2]. Quant à Luigi, il voue un véritable culte à l'Empereur, en étant prêt à risquer sa vie pour La Bédoyère, l'un de ses généraux. C'est à cause de sa dévotion et de ses convictions politiques qu'il se retrouve proscrit.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Juillet 1815 : lors de la Seconde Restauration, après la chute définitive de Napoléon Ier, après les Cent-Jours.
  2. Selon la nouvelle, Batholomeo di Piombo est d'ailleurs l'un des instigateurs du retour de Napoléon de l'île d'Elbe

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Claudie Bernard, « Raison et déraison vendettales dans La Vendetta de Balzac et Les Frères corses de Dumas », Stendhal, Balzac, Dumas : un récit romantique ? Toulouse, PU du Mirail, 2006, p. 265-81.
  • Pierrette Jeoffroy-Faggianelli, « De Paoli à La Vendetta », L'Année balzacienne, 1975, p. 307-10.
  • Franc Schuerewegen, « La Toile déchirée : texte, tableau et récit dans trois nouvelles de Balzac », Poétique, février 1986, no 17 (65), p. 19-27.

Liens externes[modifier | modifier le code]

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