Un épisode sous la Terreur
| Un épisode sous la Terreur | ||||||||
Charles-Henri Sanson par Eugène Lampsonius | ||||||||
| Publication | ||||||||
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| Auteur | Honoré de Balzac | |||||||
| Langue | français | |||||||
| Parution | 1842, dans Livre des Salons | |||||||
| Recueil | Scènes de la vie politique, dans La Comédie humaine
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| Intrigue | ||||||||
| Personnages | Charles-Henri Sanson Sœur Marthe Sœur Agathe L’abbé de Marolles |
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| Nouvelle précédente/suivante | ||||||||
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Un épisode sous la Terreur est une nouvelle d’Honoré de Balzac, parue en 1842 dans le Livre des Salons sous le titre Une messe en 1793. En 1845, le texte prend son titre définitif aux éditions Chlendowski. Dans l’édition Furne de 1846 de La Comédie humaine, elle figure dans les Scènes de la vie politique, avec une dédicace à monsieur Guyonnet-Merville, avoué chez qui Balzac avait fait son apprentissage du droit.
Résumé
[modifier | modifier le code]À la nuit tombée, le (lendemain de l'exécution de Louis XVI), à Paris, dans une sombre ruelle (comme on en trouve souvent dans La Comédie humaine : Ferragus, Les Proscrits, L'Envers de l'histoire contemporaine), un homme suit une vieille femme qui se révèle être une religieuse allant chercher des hosties dans une pâtisserie. En dépit du temps froid et de la neige, elle sort de la boutique et transporte une petite boîte jusqu'au taudis qu’elle partage avec une autre sœur et l'abbé de Marolles. Elle doit apporter le tout au prêtre insermenté afin qu'il célèbre la messe. L’inconnu la suit et, une fois qu'elle est entrée, frappe à la porte du misérable logis. Il remet alors au prêtre un mouchoir taché de sang et marqué de la couronne royale. L'abbé reconnaît (on ne l’apprend qu’à la fin) qu'en réalité l'inconnu est le bourreau Charles-Henri Sanson qui a coupé la tête de Louis XVI. Homme pieux malgré sa fonction, Sanson ne demandait rien d’autre qu’une messe pour l’âme du défunt roi.
Thème
[modifier | modifier le code]À la même époque (1829-1830), Balzac participa à la rédaction des prétendus Mémoires de Sanson, une entreprise collective lancée par l’imprimeur Hippolyte Tilliard. Il reconnut plus tard avoir été l’auteur principal du premier volume[1]. L’ouvrage fut interrompu lors de la révolution de juillet 1830 et dénoncé par Henri-Charles Sanson et son fils Henri-Clément Sanson comme « romancé » et apocryphe[2]. Ces travaux fournirent directement la matière d’Un épisode sous la Terreur, que Balzac remania ensuite en 1842 (Une messe en 1793) et en 1845 sous son titre définitif[3].
Contexte éditorial et controverses
[modifier | modifier le code]Le récit d’Un épisode sous la Terreur est lié aux Mémoires pour servir à l’histoire de la Révolution française, attribués à Charles-Henri Sanson et publiés en 1830 par M. A. Grégoire. Imprimés dès 1829 par Hippolyte Tilliard, ces deux volumes furent en réalité rédigés par plusieurs collaborateurs. Louis-François L'Héritier en assura les premiers chapitres avant de faire appel à Balzac, tandis que Paul Lacroix refusa d’y participer. Balzac reconnut par la suite avoir été l’auteur principal du premier volume[4].
Par ailleurs, le tome I des Mémoires présentait une dimension fortement romancée — il « romantisait » notamment l’origine de la famille Sanson jusqu’au XIIIe siècle — tandis que le tome II adoptait une structure dramatique et s’ouvrait par un dialogue entre père et fils. Henri-Clément Sanson jugea l’ouvrage « apocryphe » et obtint l’arrêt du projet en juillet 1830[5].
Certains motifs des Mémoires de Sanson se retrouvent dans Un épisode sous la Terreur, notamment l’idée d’une messe célébrée pour l’âme de Louis XVI. Le texte fut repris et transformé à plusieurs reprises : publié en 1842 sous le titre Une messe en 1793, il reparut en 1845 sous son titre définitif, sans référence directe aux Mémoires[6]. Ces réécritures témoignent de l’intérêt persistant de Balzac pour une histoire située à la frontière entre mémoire et fiction.
Références
[modifier | modifier le code]- ↑ Fr. Normand, « Balzac et les Mémoires de Sanson », Les Contemporains, 1 janvier 1912, p. 16.
- ↑ R. Goulard, « Balzac et les “Mémoires de Sanson” », Mercure de France, 1 novembre 1950, p. 479-480.
- ↑ Charles-Henri Sanson, Mémoires de l’exécuteur des hautes-œuvres, 1830, p. 19, 25.
- ↑ Fr. Normand, Les Contemporains, 1 janvier 1912, p. 16.
- ↑ R. Goulard, Mercure de France, 1 novembre 1950, p. 479-480.
- ↑ Bernard Leuilliot, Un épisode sous la Terreur, présentation en ligne.
Bibliographie
[modifier | modifier le code]- Gabriel Moyal, « Pour un récit romantique : Vanina Vanini (Stendhal), Un épisode sous la Terreur (Balzac), La Rose rouge (Dumas) », Stendhal, Balzac, Dumas. Un récit romantique ?, Toulouse, PU du Mirail, 2006, p. 101-115.
- (en) Gabriel Moyal, « Making the Revolution Private: Balzac’s Les Chouans and Un épisode sous la Terreur », Studies in Romanticism, hiver 1989, no 28, vol. 4, p. 601-622.