Mémoires de deux jeunes mariées

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Mémoires de deux jeunes mariées
Image illustrative de l'article Mémoires de deux jeunes mariées
Adrien Moreau

Auteur Honoré de Balzac
Genre Étude de mœurs
Éditeur Charles Gosselin
Collection La Comédie humaine
Date de parution 1841
Lieu de parution Paris
Pays d'origine Drapeau de la France France
Série Scènes de la vie privée
Chronologie
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Mémoires de deux jeunes mariées est un roman épistolaire d’Honoré de Balzac paru sous la forme de roman-feuilleton dans La Presse en 1841 en deux parties sous deux titres différents : Mémoires d’une jeune femme (sans doute écrit en 1834) et Sœur Marie des Anges. Il fut publié chez Furne en 1842 dans les Scènes de la vie privée et dédicacé à George Sand, dont la force de caractère a certainement inspiré l’auteur de La Comédie humaine.

Ce roman reste néanmoins en marge de ceux qui constituent La Comédie humaine dans la mesure où il est le seul roman épistolaire de Balzac. Sténie, son premier roman, était resté inachevé ; quant au Lys dans la vallée, c'est essentiellement un récit à la première personne déguisé sous forme de lettre, c'est pour Balzac le « seul système qui puisse rendre vraisemblable une histoire fictive » (préface du Lys dans la vallée)[1].

Le titre définitif ne donne pas la mesure exacte de la puissance et parfois, de la violence verbale, de ce roman. Les deux protagonistes représentent deux caractères opposés. L'une présente un caractère de femme passionnée capable de lutter contre les siens pour échapper aux lois familiales, prête à tout pour vivre selon ses conceptions ; elle fait partie de ces bolides humains qui traversent La Comédie humaine avec éclat. L'autre est au contraire résignée à la maternité et disposée à faire un mariage sans passion, convaincue que c'est le destin de la femme, résignée aux désirs de sa famille et de la société. Mariée par raison, elle suit un chemin sans heurt et fait le bonheur des siens.

Personnages[modifier | modifier le code]

Protagonistes principales[modifier | modifier le code]

  • Louise-Armande-Marie de Chaulieu : jeune fille parisienne de 18 ans au début du roman. Devient baronne de Macumer après son premier mariage et enfin Madame Gaston après son second mariage.
  • Renée de Maucombe : prend le nom de Renée de l'Estrade dès son mariage en Provence. S'installe à Paris une dizaine d'années plus tard.

Autres expéditeur ou destinataires de la correspondance[2][modifier | modifier le code]

  • Monsieur de l'Estorade : mari de Renée.
  • Felipe de Macumer : baron espagnol d'abord banni puis réhabilité, amoureux, puis mari de Louise de Chaulieu.
  • Duc de Noria

Autres personnages évoqués[3][modifier | modifier le code]

Résumé[modifier | modifier le code]

Première partie[modifier | modifier le code]

L'échange épistolaire commence lorsque les deux amies ont 17 ans et se termine treize ans plus tard, en 1837. Louise de Chaulieu et Renée de Maucombe ayant toutes deux étudié au couvent des carmélites de Blois, qu'elles viennent de quitter. Dans le couvent rigoriste, les deux jeunes filles sans aucune vocation religieuse ont noué une amitié profonde. Séparées, elles restent proches l’une de l’autre par leur correspondance soutenue ; Louise s'en est retournée à Paris, où elle retrouve une famille froide et distante et une mère superficielle, découvre les lois de la mondanité parisienne tandis que Renée de Maucombe, qui retourne en province, envie son amie. Louise, pour obéir à ses parents, devait en principe se sacrifier pour ses deux frères et devenir religieuse. Mais la jeune fille se cabre, cherche un appui, et l'a trouvé auprès de sa grand-mère, qui lui lègue sa fortune. Elle découvre alors le monde parisien et ses lois.

Libre, riche, elle fait un mariage d’amour avec un noble Espagnol banni qui lui apporte le bonheur. La première partie se termine sur la deuxième maternité de Renée, alors que Louise reste reste sans enfant.

Seconde partie[modifier | modifier le code]

Louise et Felippe vivent un amour passionnel sans nuage, mais l’hidalgo meurt, laissant une veuve éplorée. Cependant, quatre ans après la mort de son mari, Louise vit de nouveau une magnifique histoire d’amour avec Marie Gaston, homme de lettres plus jeune qu’elle. Suite à un incident bénin, un doute naît, que les fréquents et soudains aller-retours à Paris ne font qu'alimenter. À tort, Louise soupçonne Marie-Gaston de la tromper. Elle croit ses soupçons vérifiés, et détrompée trop tard, elle met fin à ses jours. Sa longue agonie lui permet de se réconcilier avec les siens. En parallèle, on suit le chemin sans détour de Renée, qui soutient la carrière politique de son mari, s’élève dans l’échelle sociale et s’occupe avec beaucoup de bonheur de ses trois enfants.

Thèmes[modifier | modifier le code]

Ce roman épistolaire fusionne deux projets, l'un datant de 1834 et intitulé Mémoires d'une jeune femme, l'autre de 1835 et ayant pour titre Sœur Marie des Anges. Ce dernier, resté à l'état d'ébauche, se retrouve, en fragment sous le titre Sœur Marie des Anges, dans les Ébauches rattachées à la Comédie humaine sous forme de brouillon, d’esquisse, très intéressante du point de vue de la technique du scénographe et du portraitiste Balzac[4].

Balzac a exploré dans ce roman le jeu du dédoublement en deux personnages opposés : « Renée, c'est la raison, le choix de la sagesse, de la durée, la domination du destin (et la compensation par l'imaginaire); Louise, c'est la folie, l'imagination vivante, la vie indifférente à la durée et à la mort : et toutes deux perdront[5]. »

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. préface de Bernard Pingaud édition folio classique 2009
  2. Leur présence effective est très sporadique. Ils ne servent guère qu'à faire avancer l'action ou à donner des indications sur l'intrigue en cours.
  3. Ces personnages n'écrivent pas. C'est à peine s'ils sont esquissés dans le récit.
  4. Roger Pierrot, t. XII de La Pléiade, p 340.
  5. Gaëtan Picon, Balzac par lui-même, Seuil, Collection « Écrivains de toujours », p. 110.

Édition[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Lucienne Frappier-Mazur, « Écriture et violence chez Honoré de Balzac et George Sand », George Sand : l’Écriture du roman, Montréal, Université de Montréal, février 1996, p. 59-70.
  • Mireille Labouret, « Romanesque et romantique dans Mémoires de deux jeunes mariées et Modeste Mignon », L'Année balzacienne, 2000, no 1, p. 43-63.
  • Myriam Lebrun, « Le Souvenir de la duchesse d’Abrantès dans les Mémoires de deux jeunes mariées », L’Année balzacienne, 1988, no 9, p. 219-32.
  • André Lorant, « Balzac et le plaisir », L'Année balzacienne, 1996, no 17, p. 287-304.
  • (en) Armine Kotin Mortimer, « Mimetic Figures of Semiosis in Balzac », Repression and Expression: Literary and Social Coding in Nineteenth-Century France, New York, Peter Lang, 1996, p. 47-54
  • (en) Sylvia Helene Newman, « Honoré de Balzac and the Epistolary Novel », Thèse de doctorat de l’Université de Floride, juillet 1993.
  • Anne E. McCall Saint-Saëns, « Pour une esthétique du père porteur : Les Mémoires de deux jeunes mariées », Balzac : Une Poétique du Roman, Saint-Denis, PU de Vincennes, 1996, p. 295-306.
  • Gislinde Seybert, « Les Stratégies narratives dans les romans épistolaires de Balzac et de George Sand », George Sand : L’Écriture du roman, Montréal, Université de Montréal, p. 399-403.

Liens externes[modifier | modifier le code]

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