Autre étude de femme

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Autre étude de femme
Image illustrative de l'article Autre étude de femme
Publication
Auteur Honoré de Balzac
Langue Français
Parution Drapeau de la France France, 1842,
chez Edmond Werdet
Recueil Scènes de la vie privée de La Comédie humaine
Intrigue
Genre Étude de mœurs
Nouvelle précédente/suivante

Autre étude de femme est une nouvelle composite d’Honoré de Balzac, formée de cinq récits distincts qui sont autant de fables, nouvelles dans la nouvelle.

Très proche d’un roman à épisodes sans chronologie, l’ensemble propose certains récits, écrits en 1831, et qui figuraient dans les Contes bruns (1832), tels La Grande Bretèche et Le Message. D’autres récits y ont été ajoutés entre 1838 et 1842, date de la publication au tome II des Scènes de la vie privée. Le premier récit de De Marsay parut en 1841 dans L'Artiste sous le titre Une scène de boudoir.

Présentation[modifier | modifier le code]

Balzac réunit ici tous ses personnages favoris : le baron de Nucingen, Eugène de Rastignac, Joseph Bridau, Émile Blondet, Daniel d'Arthez, lord et lady Dudley et leur fille lady Barimore, Félicité des Touches (George Sand), qui reçoit tout ce monde dans l’intimité autour d’une bonne table, et où l’on trouve encore Delphine de Nucingen, la marquise d'Espard, la princesse de Cadignan alias Diane de Maufrigneuse, le général de Montriveau, la comtesse de Sérisy. Ceci est un souper où chacun peut s’exprimer librement, chaque convive proposant, sur le modèle du Décaméron ou de l'Heptaméron, un récit. La nouvelle est donc composée en tout de quatre nouvelles ayant chacune un conteur, et d’un avant-propos qui tient lieu de premier récit. On apprend beaucoup sur la technique de Balzac, sur la construction des personnages de La Comédie humaine dont la personnalité est précisée sous forme de « l’éclairage rétrospectif » tel que Marcel Proust l’a ensuite analysé[1],[2].

Résumé[modifier | modifier le code]

Avant-propos et mise en situation[modifier | modifier le code]

L’avant-propos décrit les usages du grand monde. Félicité des Touches a d’abord organisé, comme il se doit, un raout[3], où le beau monde vient pour se montrer, bavarder et paraître. Ensuite, vers onze heures, l’usage chez les beaux esprits veut que l’on soupe entre soi et que l’on parle sans gêne.

Premier récit[modifier | modifier le code]

Le récit d’Henri de Marsay explique pourquoi il a le cœur froid d’un homme politique. Déçu dans son premier amour de tout jeune homme, trompé par une femme qui lui a honteusement menti, il s’est juré « de conquérir sur les mouvements irréfléchis qui nous font faire tant de sottises, ce beau sang-froid que vous connaissez ». Et de faire payer cher sa déception à toutes les autres femmes. Delphine de Nucingen, qui entend le récit avec anxiété, s’exclame : « Comme je plains la seconde ! » Elle veut parler de la seconde femme, c’est-à-dire elle-même, la première victime du comte de Marsay.

Deuxième récit[modifier | modifier le code]

Émile Blondet fait à son tour tout un exposé sur ce qu’est la Femme-comme-il-faut, et la Femme-comme-il-n’en-faut-pas, à partir d’une anecdote personnelle. Interrogé par Félicité des Touches qui demande dans quelle catégorie il range la Femme auteur, Blondet répond avec un humour flatteur pour son hôtesse (qui publie sous le nom de Camille Maupin[4]) : « Quand elle n’a pas de génie, c’est une Femme-comme-il-n’en-faut-pas. Cette opinion n’est pas de moi, mais de Napoléon ! » Le poète Melchior de Canalis fait alors un portrait spirituel de Napoléon.

Troisième récit[modifier | modifier le code]

L’horrible récit du général de Montriveau décrit la retraite de Russie, en 1812, les souffrances et la cruauté des soldats qui passent la Bérézina. Le récit rappelle Adieu dans l’horreur. Mais la cruauté des grognards et les souffrances d’une femme en font un récit à faire frissonner.

Quatrième récit[modifier | modifier le code]

Le plus beau récit est sans conteste celui d’Horace Bianchon : La Grande Bretèche[5].

Thème[modifier | modifier le code]

Le fil conducteur des récits demeure la droiture morale et les excès auxquels elle peut mener quand elle est appliquée avec trop de rigueur : orgueil, sécheresse de cœur, cruauté masquée par le bon droit ou la discipline.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Voir La Comédie humaine.
  2. J. Borel, Proust et Balzac, Paris, José Corti, 1975.
  3. Prononciation française d’un mot anglais signifiant « réception », « réunion mondaine ».
  4. Le personnage de mademoiselle des Touches serait fortement inspiré de George Sand, d’après Samuel S. de Sacy (Notice sur Autre étude de femme, coll. « Folio Classique »).
  5. Voir notice déjà rédigée.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Lucienne Frappier-Mazur, « Lecture d’un texte illisible : Autre étude de femme et le modèle de la conversation », MLN, mai 1983, no 98 (4), p. 712-727.
  • Chantal Massol-Bedoin, « Transfert d’écriture : le réemploi de La Grande Bretèche dans Autre étude de femme », Œuvres complètes. Le moment de La Comédie humaine, Saint-Denis, PU de Vincennes, 1993, p. 203-216.
  • Anthony R. Pugh, « Du Cabinet des antiques à Autre étude de femme », L'Année balzacienne, Paris, Garnier, 1965, p. 239-252.
  • Franc Schuerewegen, « Le docteur est un bon lecteur : à propos d’Autre étude de femme », Revue belge de philologie et d’histoire, 1983, no 3, p. 563-570.

Liens externes[modifier | modifier le code]

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