Homosexualité dans la littérature

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Lord Alfred Douglas, surnommé « Bosie », et Oscar Wilde, en 1894.

L’homosexualité et d'autres thèmes comme le changement de sexe ou la bisexualité sont présents dans la littérature depuis les origines, et de plus en plus fréquents dans les livres contemporains. Dans ces œuvres, il est possible de distinguer deux traitements différents de l'homosexualité : le traitement d'un point de vue externe, s'adressant à la perception du public (souvent négative) ; le traitement d'un point de vue intimiste, s'attachant à évoquer la vie amoureuse et sexuelle de personnes homosexuelles ou bisexuelles. Ces thèmes apparaissent dans de nombreux chefs-d'œuvre de la littérature générale.

Le terme « LGBT » permet d'inclure les thèmes littéraires qui touchent le domaine des sentiments et de l'érotisme autres qu'hétérosexuels - gays, lesbiennes, bisexuels, transgenres, y compris ceux qui portent sur le changement spirituel ou l'indétermination physique ou sexuelle.

Dans l'Antiquité, la relation érotique entre les hommes, prenant souvent la forme de la relation maître/élève, était considérée comme naturelle. Cette conception se reflète dans les textes de Platon, qui évoque la pédérastie, et dans les poèmes de Sappho célébrant la beauté féminine. La Bible mentionne l'homosexualité à travers l'histoire de Sodome et Gomorrhe ; ce texte sans ambiguïté associe la généralisation des relations entre hommes et entre femmes à la décadence sociale, et a fortement influencé la civilisation occidentale, depuis la littérature européenne du Moyen Âge jusqu'à la censure que subirent certains textes au XXe siècle. De nos jours, ce sujet est évoqué beaucoup plus fréquemment, notamment à travers l'apparition de personnages homosexuels dans toutes les catégories de la littérature, mais aussi dans la culture populaire[1] et la bande dessinée[2]. Un aperçu de ces sujets dans la littérature illustre le changement culturel du regard sur la diversité de l'orientation sexuelle à travers les âges.

Égypte ancienne[modifier | modifier le code]

Mythologie des textes des Pyramides[modifier | modifier le code]

Seth (à gauche) et Horus (à droite) adorant Ramsès II à Abou Simbel

Dans la mythologie égyptienne, un mythe d'un dieu appelé Atoum, ancêtre de tous les dieux. Il possédait à la fois l'essence du masculin et du féminin. Atoum engendra dans l'acte de masturbation et d'autofertilisation avec son propre sperme, ou en crachant, la première paire de dieux, composée du dieu Shou et de Tefnout, déesse de l'humidité[3].

Parmi les mythes des Textes des Pyramides, se trouve l'histoire d'un incident homosexuel lorsque Seth et Horus entrent en concurrence pour obtenir le pouvoir. Seth était le frère d'Osiris, qui incarne la vigueur virile. Son adversaire était Horus, le fils d'Osiris. Seth commet un viol sur Horus et dépose son sperme entre ses fesses. Ceci, cependant, n'a pas porté préjudice parce qu'Horus a interposé ses mains pour recueillir le sperme de Seth. Il a ensuite demandé l'aide d'Isis, sa mère, qui avait comploté une ruse pour se venger. Horus remplit de son sperme un récipient, puis le contenu de la cuve fut ajouté aux aliments cuits pour Seth. De cette façon, Seth a été contaminée par le sperme de quelqu'un d'autre, et non Horus. Les deux portèrent leur querelle devant Osiris, qui tenait le tribunal. Seth réclama le pouvoir, faisant valoir que Horus ne pouvait pas être roi, parce qu'il subit le viol d'un homme. Le fils d'Osiris dit que c'était le contraire, parce que Seth portait en lui sa semence, et a été en mesure de le prouver[4].

Livre des morts[modifier | modifier le code]

Pour les anciens Égyptiens, un recueil de prières, d'incantations et de sorts, écrit sur un papyrus inséré dans le sarcophage ou sur le mur de la tombe avait pour but d'assurer le succès de la personne décédée à toutes les étapes de la route dans l'au-delà, avant d'atteindre l'immortalité. Dans chaque Livre des morts, peuvent être lu comme de soi-disant aveux, une confession négative, tels que ceux du papyrus du prêtre-scribe Neferhotep, conservé au Musée Czartoryski à Cracovie :

À propos de Usech-Nemet, qui vient de Junu ! Ne pas commettre de péchés.
À propos de Hepet-Seden, qui vient de Cher-Oh ! Ne pas voler.
Sur Fed/Nedi, qui vient de Chemenu ! Ne pas lever la main. (...)
À propos de Nrer-Haf, qui vient de Tephet ! Ne pas se masturber, ne pas commettre l'adultère avec le garçon[5].

Il convient de souligner que la relation homosexuelle n'est pas alors considérée comme un acte sexuel, mais comme une manifestation de la domination d'un homme sur un autre. Le rapport pourrait être une telle honte pour le passif, car il impliquait la soumission, l'abandon. Pour la partie active, c'est en fait une manifestation de la masculinité ou une manière de montrer le mépris ou d'humilier[6].

Mythologie des anciens Sumériens[modifier | modifier le code]

Héros, Gilgamesh ou Enkidu. Bas-relief du palais de Sargon II à Khorsabad, musée du Louvre

L'amour entre Gilgamesh et Enkidu[modifier | modifier le code]

L'Épopée de Gilgamesh est une œuvre de l'ancienne Mésopotamie, qui remonte à 2300-2200 av. J.-C. Gilgamesh est un souverain sumérien semi-divin, et son ami Enkidu est un homme. Selon l'épopée, ils ont d'abord été des ennemis jurés - des dieux ont créé Enkidu avec de l'argile pour combattre Gilgamesh, tyran du peuple d'Uruk. Initialement, il était un barbare chevelu avec la force surhumaine d'un animal, qui vivait dans le désert avec les animaux. Pour capturer Enkidu, Gilgamesh lui envoie d'abord la courtisane Shamat le séduire. Enkidu cède à son charme, ce qui veut dire qui a découvert son humanité, et les animaux le fuient depuis lors. Gilgamesh avait fait à ce moment-là le rêve prophétique d'un guerrier des étoiles, qui l'égalait en tout.

Les deux héros se combattent, sans trouver d'issue, et deviennent amis. Mais Enkidu doit mourir à cause de son rôle dans le meurtre du taureau céleste Humbaba, et de la jalousie de la déesse Ishtar. Atteint d'une maladie grave envoyée par les dieux, Enkidu meurt dans les bras de son ami. Gilgamesh pleure pendant longtemps Enkidu, ne permettant pas de l'enterrer parmi les morts. Il grave sur le rocher, pour la postérité, son nom et celui d'Enkidu. Gilgamesh essaie ensuite d'obtenir l'herbe de l'immortalité, mais finalement il échoue. La plus ancienne œuvre poétique de la littérature décrit le désespoir de Gilgamesh.

Littérature biblique[modifier | modifier le code]

Ancien Testament[modifier | modifier le code]

Plusieurs passages de l'Ancien Testament font référence à des relations (amoureuses ou sexuelles) entre hommes et entre femmes. Outre plusieurs recommandations de la loi mosaïque, parmi lesquelles le fameux « Tu ne coucheras pas avec un homme comme on couche avec une femme » (Lév 18:22), on trouve aussi les histoires suivantes :

Sodome et Gomorrhe[modifier | modifier le code]

David & Jonathan, par Gottfried Bernhard Göz (XVIIIe siècle)

Sodome et Gomorrhe sont deux villes décrites comme pratiquant le vice. Dieu dit, parlant d'elles à Abraham : « Leur péché est énorme ! » (Ge 18:20). On comprend de quel vice il s'agit lorsque, dans une scène impressionnante, tous les hommes de Sodome « du petit garçon jusqu'au vieillard » (Ge 19:4) se réunissent devant la maison de Loth, neveu d'Abraham, dans l'intention d'abuser de deux hommes qu'il héberge chez lui pour la nuit (ce sont en réalité des anges). Loth tente de dissuader les Sodomites en leur proposant de posséder ses deux filles vierges plutôt que ses invités. Ils refusent et menacent de le violer lui aussi. Finalement, Dieu détruira les deux villes sous une pluie de souffre et de feu.

Ruth et Naomi[modifier | modifier le code]

L'affection de Ruth pour sa belle-mère Naomi est extrême. Lorsqu'elle se retrouve veuve, au lieu de retourner dans sa famille, au pays de Moab, elle décide de suivre Naomi en Judée et lui fait cette déclaration : « Où tu iras j'irai, ton peuple sera mon peuple, ton dieu sera mon dieu, où tu mourras je mourrai. (...) Seule la mort me séparera de toi » (Ruth 1:16-17). Ruth sera plus tard la femme de Booz, et donc l'arrière-grand-mère du futur roi David.

David et Jonathan[modifier | modifier le code]

David, jeune Hébreu qui vient de vaincre le géant philistin Goliath rencontre Jonathan, le fils du roi Saül, et immédiatement « L'âme de Jonathan s'attacha à celle de David, et il l'aima comme lui-même » (I Sam 18:1). Suivent de nombreuses aventures, politiques et guerrières, dans lesquelles est exalté leur attachement sans faille, qui n'est pas sans rappeler celui des héros grecs tels que Achille et Patrocle. Lorsque Jonathan meurt, lors de la bataille de Guilboa, David se lamentera dans un poème : « Ton amour m'était plus merveilleux que l'amour des femmes » (II Sam 1:26).

Nouveau Testament[modifier | modifier le code]

Le Nouveau Testament comporte également plusieurs allusions à l'homosexualité, souvent montrée comme détestable. Par exemple Paul écrit, dans son Épître aux Romains « Les femmes on changé l'usage naturel en celui qui est contre-nature. De même les hommes, abandonnant l'usage naturel de la femme, se sont enflammés de désir les uns pour les autres et commettent, homme avec homme, des choses infâmes » (Ro 1:26-27). Ou encore, dans son Épître aux Corinthiens « ni fornicateurs, ni idolâtres, ni adultères, ni efféminés, ni homosexuels, ni voleurs, ni avares, ni ivrognes (...) n'hériteront du Royaume de Dieu » (I Cor 6:9-10).

Mythes grecs antiques[modifier | modifier le code]

La littérature et la philosophie de la Grèce antique ont leurs origines dans les mythes, qui apparaissent également dans des contextes associés à la communauté LGBT, y compris ceux qui sont de retour dans les œuvres littéraires modernes. Parmi les œuvres antiques, on peut citer ici des œuvres d'Ovide, Homère et de Virgile, mais ces mythes resurgissent longtemps après, chez Johann Wolfgang von Goethe dans son poème Ganymède (1774), ou dans la poésie homoérotique du poète contemporain Constantin Cavafy.

Zeus et Ganymède[modifier | modifier le code]

Ganymède, sculpture de José Álvarez Cubero (1768–1827)

Les mythes grecs nous apprennent que le souverain des dieux olympiens, Zeus, a entretenu des aventures amoureuses, et parmi ces nombreuses passades, il s'est pris d'engouement érotique pour le beau Ganymède. Il devait être fils de Tros (dont le nom dérive du nom de Troie) et l'homme le plus jeune et beau sur Terre. Zeus changé en aigle enleve le jeune homme de la plaine de Troie, le porte sur l'Olympe. Il rend son amant immortel et en fait l'échanson des dieux[7]. Cette histoire apparaît dans l’Iliade (XX.231-235), dans Ô dieux d'Apollodore (III.12.2) dans l’Énéide (V.252) de Virgile et Les Métamorphoses (X.155) d'Ovide[8].

Platon dans le Phèdre (79) renvoie au mythe de Ganymède pour les propres sentiments qu'il éprouvait pour ses élèves, mais dans Les Lois (I.8) il dénonce l'homosexualité comme incompatible avec la nature et discrédite le mythe en tant que pure invention. Pour la relation homosexuelle de Zeus et de Ganymède, les Romains y font allusion à plusieurs reprises, souvent de façon très claire : Martial (y compris les épigrammes février 43 et septembre 36), et Juvénal. Parmi les auteurs que l'on peut mentionner depuis, figurent Goethe et Cavafy.

Apollon et Hyacinthe, et Thamyris[modifier | modifier le code]

La Mort d'Hyacinthe, par Merry-Joseph Blondel

Un beau jeune homme, qui a charmé le dieu était censé être le prince de Sparte Hyacinthe, qui est tombé amoureux d'Apollon. Le dieu l'aime tellement qu'il lui a enseigné à tirer à l'arc et à jouer de la lyre. L'histoire d'amour se termine tragiquement, lorsque l'amant a été tué par un dieu, qui le blesse accidentellement en lançant un disque. Selon une autre version, Zéphyr, jaloux de la fuite du jeune garçon, en est venu à le frapper mortellement à la tête.

Dans d'autres versions encore, Hyacinthe serait tombé amoureux plus tôt du poète Thamyris, qui devait être selon le mythe le premier homme à chanter les amours homosexuelles. Rival d'Apollon pour les charmes de Hyacinthe, il se vante de pouvoir chanter mieux que sa musique. Apollon fait malicieusement appel aux Muses, qui privent le poète de sa voix, de vision et de capacité à jouer de la lyre. Différentes versions de l'histoire proviennent de l’Iliade (II.595-600), Dialogues des dieux (14) de Lucien de Samosate, la Description de la Grèce de Pausanias le Périégète (Livre III.1.3) et Ô dieux d'Apollodore (1.3.3)[9].

Pélops et Poséidon[modifier | modifier le code]

Le prince Pélops et le dieu de la mer Poséidon ont aussi été amants. Pélops était le fils du roi Tantale, et a été victime de son père : tué puis servi lors d'un banquet aux dieux de l'Olympe. Après avoir châtié son père, Zeus décide de faire revenir Pélops à la vie. Il ordonne à Hermès de rassembler tous les membres du fils de Tantale, de les bouillir à nouveau dans le même chaudron, puis jette un sort, grâce auquel la Moire Clotho réunit tous ses membres. Du chaudron sort un jeune homme d'une telle beauté que le dieu Poséidon en tombe amoureux et le mène sur l'Olympe dans un char tiré par des chevaux d'or. Le roi de la mer le nomma son échanson et amant, comme précédemment Zeus et Ganymède, il sert désormais l'ambroisie. Cette histoire est remémorée dans l'Ode de Pindare aux premiers jeux olympiques (I.37 et suiv.) [11], Ô dieux d'Apollodore (II.3), Charidêmos de Lucien de Samosate (7), les Métamorphoses d'Ovide (VI.406), Lycophron de Jean Tzétzès (152), la Description de Pausanias le Périégète (Livre V.13.3)[10].

Minos et ses frères[modifier | modifier le code]

De la romance de Zeus et d'Europe, abandonnée par le dieu en Crète, trois fils sont nés : Minos, Sarpédon et Rhadamanthe. Lorsque la mère a épousé le roi de Crète, Astérion, leur union étant sans enfants, le roi a adopté les garçons. Selon le mythe, les frères, après avoir atteint l'âge de la majorité, s'éprennent tous du même beau garçon, Milétos, fils d'Apollon et de la nymphe Areia. Cette passion conduit à une querelle entre les frères, et le garçon finit par choisir Sarpédon. Minos les expulse alors Milétos de l'île, dont ils s'échappent avec une grande flotte de Carie en Asie Mineure, où il a fondé la ville de Milet. Selon d'autres versions, le garçon à l'origine de la querelle des frères s'appelle Antymnios, fils de Zeus et de Cassiopée, ou de Phénix fils d'Agénor.

L'histoire d'amour des trois frères pour l'enfant est décrite, entre autres, par Diodore de Sicile[11], Apollodore[12] Ovide dans ses Métamorphoses[13] et Antoninus Liberalis[14],[15].

Laïos et Chrysippe[modifier | modifier le code]

Dans la mythologie, Laïos roi de Thèbes, mari de Jocaste et père d'Œdipe, séduit et enlève le beau garçon Chrysippe. Le garçon est dit être le fils de Pélops et de la reine Hippodamie. En fait, il serait le fils illégitime de Pélops et de la nymphe Astychone. Laïos, exilé de Thèbes, rend visite à Pélops à Pise. Puis il rencontre Chrysippe, il lui enseigne l'art de conduire le char et tombe amoureux de lui. Lorsque la sentence de bannissement pour Laïos été révoquée, il apporte l'enfant aux Jeux olympiques de Némée sur son char, et l'emporte à Thèbes comme son impôt.

La déesse Héra, patronne de la fidélité conjugale, envoie la Sphinx aux Thébains pour dévaster la ville, pour le fait qu'ils n'ont pas condamné l'amour profane de leur maître. Laïos reçoit lui-même son châtiment, il est retrouvé tué par Œdipe, qui n'avait pas reconnu en lui son père. Chrysippe devait se suicider de honte, ou, selon une autre version, il a été tué par ses demi-frères, Thyeste et Atrée, sur ordre d'Hippodamie, ou qu'elle l'a tué, de peur que ses fils ne reçoivent pas la succession.

Le mythe en fait une source de la pédérastie à Thèbes. Parfois, il a été compris dans ce cas avec une connotation négative, qui en voit donc la propagation dans le monde comme un péché et une menace sociale[16]. Certains ont fait valoir que c'était Laïos, et non Thamyris ou Minos, qui fut le premier Grec homosexuel, et qu'il n'a donc pas seulement échoué à condamner l'amour entre les hommes, mais parce qu'il aurait créé le bataillon sacré, composé de guerriers et de leurs amants. L'histoire de Laïos se trouve, entre autres, dans Chrysippos d'Apollodore[Qui ?], dans Les Dieux[Quoi ?] (III.5.5), les Fables d'Hygin (85 et 271), les Deipnosophistes d'Athénée (XIII.79), les Vies de Plutarque (33) et les Histoires variées d'Élien (XII.5).

Hermaphrodite et Androgyne[modifier | modifier le code]

Hermaphrodite endormi, musée du Louvre

Hermaphrodite dans la tradition de la divinité androgyne ancienne était vénéré entre autres à Chypre et Rhodes. Dans la mythologie, c'est un jeune homme, fils d'Hermès et d'Aphrodite, qui tombe amoureux de la nymphe Salmacis. Lorsqu'elle voit qu'il reste insensible à ses avances, la nymphe prie les dieux de s'unir à lui, pour former un seul être possédant les caractéristiques des deux sexes. Dans une autre version, Hermaphrodite est né avec les deux sexes, il a essentiellement l'apparence d'un jeune homme, avec des seins de femmes et les cheveux longs. La présence de l'hermaphrodite dans les mythes, comme l'androgyne, une femme à barbe, illustre la transition religieuse et sociale du matriarcat au patriarcat.

Hermaphrodite est mentionné entre autres par dans la bibliothèque historique (4,6) de Diodore de Sicile, et dans les Pythiques (VIII.24) de Pindare.

Achille et Patrocle[modifier | modifier le code]

Achille pansant Patrocle atteint par une flèche, identifiés par des inscriptions sur la partie supérieure du vase. Médaillon d'un kylix attique à figures rouges, v. 500 av. J.-C. Provenance : Vulci

Fameux dans la mythologie grecque est le personnage d'Achille, le héros de l’Iliade, qui était connu pour le grand amour qu'il avait d'abord pour Patrocle, et après sa mort Polyxène. Bien que Homère ne mentionne pas les détails érotiques, mais selon certaines interprétations, peut être retracé dans certains de ces sentiments d'ambivalence[17]. Cette interprétation est fondée sur la similitude avec les couples sumérien Gilgamesh - Enkidu : Les deux guerriers inséparables, la mort de l'un d'eux, et le désespoir du second, qui interdit d'enterrer son amant. Sur le sentiment qui unit Achille et Patrocle, beaucoup plus profond qu'une simple amitié fraternelle, Eschyle a écrit Les Myrmidons. Pour appuyer une telle perception de la relation entre les deux guerriers, citons le cas d'Alexandre le Grand, qui a parlé de sa liaison avec Héphaestion comme une nouvelle incarnation d'Achille et Patrocle. Voir certaines références à ce propos dans Les Mémoires d'Hadrien de Marguerite Yourcenar.

Littérature de la Grèce antique[modifier | modifier le code]

En plus de ces œuvres antérieures tirées de la mythologie, les sujets relatifs aux personnes LGBT apparaissent dans de nombreux autres œuvres non-mythologiques, la grande majorité des textes connus d'aujourd'hui se rapporte à l'amour homosexuel.

Poésie de Théognis de Mégare[modifier | modifier le code]

Le premier texte homoérotique connu en Grèce se compose des 164 dernières lignes (nommé livre II) des poèmes attribués à Théognis de Mégare. Écrits au IVe siècle av. J.-C., c'est une série de courts poèmes adressée à des garçons, exprimant les sentiments qu'ils inspirent.

Comédies d'Aristophane[modifier | modifier le code]

L'homosexualité fournit toute une série de prétextes humoristiques pour Aristophane (446-385 av. J.-C.) [18]. Il y a de nombreux thèmes dans ses comédies, se référant explicitement à la sexualité homosexuelle, qu'Aristophane traite comme une sorte de libertinage aristocratique[19]. Ils apparaissent dans une certaine mesure dans chacune des comédies qui nous restent d'Aristophane. Il plaisante avec de telles pratiques, parfois de manière un peu grossière. Dans la comédie La Paix, il mentionne un des héros qui est attiré par les garçons de la palestre. Dans Les Oiseaux, il raconte une rencontre prévue avec un beau garçon. Et dans Les Cavaliers, le personnage du Serviteur jette une épithète sexuelle peu raffinée (c. 433), pour faire une caricature convaincante du dévouement d'Agoracritos envers le Peuple, il les compare à la cour faite à de jeunes hommes (c. 746-752). Souvent, les gens riaient ouvertement lorsqu'il donnait le nom d'une personnalité connue pour aimer les personnes de son sexe, comme Clisthène et Cléon. Il se moque d'eux, y compris dans la comédie Les Cavaliers (v. 979, 1397 et 1398) et dans la suivante, Les Nuées (c. 405 et 409).

Œuvres de Platon[modifier | modifier le code]

Platon a consacré à l'amour entre hommes plusieurs passages de ses deux œuvres Le Banquet et Phèdre. Il donne pour point de départ de sa métaphysique le désir homosexuel, excité par la beauté sensuelle[20]. Le Banquet de Platon est par ailleurs la seule œuvre dans toute la littérature grecque classique à faire référence à l'homosexualité féminine[21]

Littérature germanique ancienne[modifier | modifier le code]

Dans la littérature germanique ancienne (islandaise, scandinave...), il n'y a pas de saga ou de livres traitant directement de l'homosexualité, mais dans plusieurs sagas, celle-ci est mentionnée. Il semble y avoir eu une différence entre l'homosexualité passive ou le fait d'être sodomisé et l'homosexualité active, c'est-à-dire être sodomite.

La personne passive était traité d'« ergi », et cela était considéré être un insulte très grave. Le fait d'être sodomite ne semble pas porter à conséquence.

  • Dans le Gudmundar Saga est décrit un viol collectif sur un prètre par des « bouffons ». Ce viol fut décidé comme punition pour le prêtre qui avait une maîtresse.
  • Dans le Helgakviða Hundingsbana I, deux guerriers s'insultent l'un l'autre avant de commence un combat se traitant mutuellement d'earg.
  • Saxo Grammaticus mentionne dans son Gesta Danorum que les hommes au service de la déesse Freya et du dieu Njörðr avaient l'« ergi ». L'homosexualité semblait accepté pour ce sacerdoce.

Mythologie germanique[modifier | modifier le code]

  • Loki peut se changer/déguiser parfois en femme ou jument. Au chapitre 42 de la Gylfaginning, un maître-bâtisseur se présente aux dieux et propose de leur construire une forteresse pour Ásgard en seulement trois semestres, ce qui les protégera des géants. Il demande alors comme payement la déesse Freyja, le Soleil et la Lune à condition qu'il réussisse son exploit. Les dieux acceptent, pensant qu'il ne réussirait pas. Mais l'étranger, avec l'aide de son étalon Svadilfari, entame la construction à une vitesse impressionnante. Inquiets qu'il réussisse sa prouesse, les dieux tiennent conseil et forcent Loki à empêcher l'étranger de finir son travail à temps. Loki se transforme en jument en rut pour distraire le cheval de l'étranger l'empêchant par ce biais d'accomplir à temps son ouvrage. Loki fut fécondé par l'étalon, et engendre le cheval à huit pattes Sleipnir, qui devient la monture d'Odin[22]
  • Dans la Lokasenna ou La querelle de Loki, où Odin traite Loki de lâche et de femme et où Loki insinue qu'Odin aurait eu des relations homosexuelles passives[23],[24].

La Vala ayant l'« ergi » et Odin n'étant que déguisé en femme l'insinuation vis-à-vis d'actes homosexuels est réelle. La plupart des insultes de la Lokasenna sont basés sur des vraies légendes, mais seulement les aventures sont mis sous un mauvais jour. Malheureusement, la légende originelle d'Odin à Samsö n'a pas été retrouvée.

Textes ayant trait à l'homosexualité à travers l'histoire[modifier | modifier le code]

Bien que réprimée pendant longtemps, l'homosexualité a été abordée par de nombreux auteurs au cours de l'histoire. D'un point de vue littéraire, les questions qu'elle soulève sont celles de son rôle dans l'économie des œuvres concernées, et de son efficacité, et, de façon plus large, leur éventuelle action sur les sociétés dans lesquelles elles s'inscrivent.

Antiquité[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Homosexualité dans l'Antiquité.

DOMAINE GREC : La pédérastie était dans l'Athènes antique installée comme une institution reconnue de formation des élites, tout en étant largement codifiée dans nombre de ses aspects.

  • Platon, « Le Banquet » (dialogue philosophique)
  • Archiloque, « fragments » (éditions des belles lettres)
  • Théognis, « poèmes élégiaques » (belles lettres)
  • Alcée de Mytilène, « fragments » (belles lettres)
  • Straton de Sardes, « la muse garçonnière » (recueil de poésie tirée de l'anthologie palatine)
  • « Anthologie palatine », vol. 12 (recueil d'épigrammes uniquement homosexuelles)
  • « La couronne de Méléagre », recueil poétique (Ier siècle av. J.-C.), « la couronne de Philippe », recueil poétique (Ier siècle)
  • Plutarque, « De l'amour (érotikos) » (Ier siècle av. J.-C.)

DOMAINE LATIN : les choses sont moins nettes à Rome où la sexualité et son acceptation varient beaucoup selon les époques et les rapports sociaux ce qui se traduit dans la littérature.

Moyen Âge[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

  • Les Mille et Une Nuits (traduction de J.C. Mardrus, Bouquins)
  • Marie de France, Lai de Lanval (lai)
  • François Villon, Ballades en argot homosexuel. (Édition bilingue de Thierry Martin.) Mille et une Nuits, 1998.
  • François Villon, Poèmes homosexuels. (Édition bilingue de Thierry Martin.) GKC/Question de Genre, 2000.
  • Ami et Amile, chanson de geste (édition Champion)
  • Carmina Burana (une huitaine de poèmes homosexuels)
  • Alcuin, poésie (IXe siècle)
  • Aelred de Rievaulx, poèmes (XIIe siècle)
  • Baudri de Bourgueil, poèmes (éditions belles lettres)
  • Triboulet : La Farce de Pathelin et autres pièces homosexuelles. (Édition bilingue de Thierry Martin.) QuestionDeGenre/GKC, 2011.
  • Le roman de Berinus (édition Felix Bossuat, SATF, 1932)[25]

Une sélection de poèmes :

Certains moralistes parlent de l'homosexualité et de rapports homosexuels avec tant de détails qu'il y a lieu de soupçonner quelque complaisance ou du moins une possible lecture friponne de ces textes :

  • Pierre Damien, « le livre de Gommorhe » (XIIe siècle)
  • Burchard de Worms, « decretum » (pénitentiel) (XIe siècle)

Domaine arabo-musulman[modifier | modifier le code]

  • Walida ibn al-haggag (fin VIIIe siècle) ; Muti ibn Iyas (IXe) ; Hammad Agrad (idem) sont publiés dans des éditions en arabe.
  • Abu Nuwas (IXe siècle) « le vin, le vent, la vie » (poèmes édités chez Phébus et actes sud)
  • Abou moutahar al azdi (Xe siècle), « 24 heures de la vie d'une canaille » (poèmes édités chez Phébus)
  • Mouhamad al Nawadji (XVe siècle), « la prairie des gazelles » (poèmes édités chez Phébus)
  • De très nombreux poètes musulmans homosexuels dans l'Andalousie du XIe siècle cités dans le livre de Mohamad Abu-Rub, « la poésie galante andalouse au XIe siècle », dont :

Ibn Ammar ; Ibn Haqan ; Ibn Hafaga ; Ibn Shuhayd ; Ali ibn Abi al-Husayn ; Abd al-Galil ibn Wahbun ; Al Mutamid Ibn Abbad ; Abu Zakaryya ibn Idris ; Abu abd ala al-gassani ; Abu Talib Abd al-Gabbar ; Tamim al-Mu'zz ; Ibn fatuh ; Abu bakr yusuf ; Ibn sahl al-isra'ili ; Al-as'ad ibn Billita ; Ibn Burd ; Abu al-ala' al-iyadi ; Abu Muhammad al-santarini ; Al-mutalammis ; Abu al Assan al-Barqi ; Abu Muhammad ibn Galib ; Ibn husn al-isbili ; Abu Bakr al-dani ; Ibn al'abd Rabbih ; Gafar ibn al-binni ; Ibn al-Zaqqaq ; Abu Muhammad al-giyyani ; Bakar Al marwani ; Ibn al-Abbar ; Ibn rasiq.

Domaine juif[modifier | modifier le code]

Au XIIe siècle, floraison de poètes célébrant la beauté et l'amour des garçons : Moïse ibn Ezra, Ibn Sahl, Ibn Ghayyath, Ibn Sheshet, Ibn Barzel, Abraham ibn Ezra, Juda Halevi dans l'Espagne chrétienne.

XVIe siècle au XVIIIe siècle[modifier | modifier le code]

  • Christopher Marlowe, Edward II (Angleterre) (théâtre). Lire la traduction qu'en fit George Eeckoud aux éd. QuestionDeGenre/GKC
  • MARTIN Thierry, « Poésie homosexuelle en jobelin, de Charles d'Orléans à Rabelais », GKC/Question de genre, 2007.
  • Michel-Ange, Sonnets (Italie) (poèmes)
  • William Shakespeare, Richard II (Angleterre) (théâtre), Sonnets (Angleterre) (poèmes)
  • Benvenuto Cellini, mémoires (ATTENTION, la majorité des traducteurs a changé les pronoms « il » en « elle » pour certains cas, ce qui fausse la donne)

XIXe siècle[modifier | modifier le code]

XXe siècle[modifier | modifier le code]

XXIe siècle[modifier | modifier le code]

Remarque[modifier | modifier le code]

Un certain nombre d'œuvres de la liste ci-dessus concerne moins l'homosexualité à proprement parler que la pédérastie ou la pédophilie homosexuelle (entre homme et jeune garçon non pubère ou entre deux jeunes garçons), du moins dans l'acception actuelle de ces trois termes. Il s'agit de :

C'est aussi le cas d'une partie de la littérature liée à la Grèce et à la Rome anciennes, ainsi que de la littérature médiévale arabe.

L'homosexualité dans la littérature jeunesse[modifier | modifier le code]

Albums et romans jeunesse[modifier | modifier le code]

L'ouvrage évoque l'homosexualité féminine et l'homoparentalité[26], par le biais des « deux mamans[27] » de June.

Romans pour adolescents[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Didier Eribon (dir.), Dictionnaire des cultures gays et lesbiennes, Larousse, 2003.
  2. Voir les références de l'article Homosexualité dans la bande dessinée.
  3. François Daumas, La Civilisation de l'Égypte pharaonique, Paris, Arthaud, coll. « Les grandes civilisations », 1987, p. 469 ; François Daumas, Les Dieux de l'Égypte, Paris, PUF, coll. « Que sais-je ? », 1982, p. 100.
  4. Herman te Velde, Seth, God of Confusion. A Study of his Role in Egyptian Mythology and Religion, Leyde, Brill, 1967, p. 32-53.
  5. Tadeusz Andrzejewski, Księga umarłych kapłana pisarza Neferhotep. Papirus egipski Muzeum Czartoryskich w Krakowie, w serwisie wsp.krakow.pl consulté le 2008-12-01
  6. Karol Myśliwiec Eros nad Nilem, Prószyński i S-ka, Warszawa 1998, (ISBN 83-7180-284-6)
  7. Bernard Sergent, Homosexualité et initiation chez les peuples indo-européens, Paris, Payot, coll. « Histoire », 1996, p. 239-249.
  8. Robert Graves, Les Mythes grecs I, Hachette Pluriel, p. 126-130.
  9. Robert Graves, Les Mythes grecs I, Hachette Pluriel, p. 89-92.
  10. Robert Graves, Les Mythes grecs.
  11. Diodore de Sicile, Bibliothèque historique [détail des éditions] [lire en ligne], IV, 60.
  12. Apollodore, Bibliothèque [détail des éditions] [lire en ligne], III, 1, 2.
  13. Ovide, Métamorphoses [détail des éditions] [lire en ligne], IX, 442.
  14. Antoninus Liberalis, Métamorphoses [détail des éditions], XXX.
  15. Robert Graves, Les Mythes grecs I, Hachette Pluriel, p. 312-316.
  16. Hans Mayer, Les Marginaux, 10/18, p. 185-186.
  17. Hans Mayer, Les Marginaux, p. 185.
  18. Kenneth James Dover, Homosexualité grecque, La Pensée sauvage, 1982, p. 168.
  19. Hans Mayer, p. 184.
  20. Kenneth James Dover, Homosexualité grecque, La Pensée sauvage, 1982, p. 61 et 189-209.
  21. Platon (trad. Luc Brisson), Le Banquet, 2007 (4ème édition), 272 p. (ISBN 978-2-0812-0724-0), p. 118
  22. Régis Boyer, L'Edda poétique, Fayard, coll. « L'Espace intérieur », 1992 (ISBN 978-2-213-02725-8)
  23. Thorpe, Benjamin. (Trans.). (1866). Edda Sæmundar Hinns Froða: The Edda Of Sæmund The Learned. (2 vols.) London: Trübner & Co. 1866. (HTML version transcribed by Ari Odhinnsen available at Northvegr: Lore: Poetic Edda - Thorpe Trans.)
  24. Odin:
    "Savais-Tu que j'ai donné
    à ceux qui ne le méritaient pas
    victoire aux lâches?
    Tu étais pendant huit hivers
    Sur la terre d'en bas
    tu trayais les vaches comme une femme
    et tu portais des enfants
    Alors cela, il me semble, augure de ta véritable nature."
    Loki:
    " L'on dit que tu allais
    Errant en titubant à Samsö
    et frappais aux portes comme une Vala
    Dans ton déguisement de diseuse de bonne-aventure,
    tu allais parmi les gens ;
    Alors là, il me semble que cela indique bien ta véritable nature."
  25. Michèle Perret, "Une utopie homosexuelle au quatorzième siècle : l'île sans femmes d'Agriano", Stanford French Studies, (Spring-fall) 1990 ; pp. 231-241.
  26. Critique de l'album, site du magazine Têtu du 16 janvier 2016.
  27. L'ouvrage et son résumé, sur le site de l'éditeur.

Source[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Bibliographie critique[modifier | modifier le code]

  • Nicole Albert, Saphisme et décadence dans Paris fin-de-siècle, Paris, La Martinière, 2005.
  • Nicolas Balutet, Représentations homosexuelles dans la culture hispanophone. Cet obscur objet du désir, sous la direction de Nicolas Balutet, Paris, L’Harmattan, Collection « Recherches et Documents Amériques Latines », octobre 2003.
  • Nicolas Balutet, Ars homoerótica. Escribir la homosexualidad en las letras hispánicas, coordination de Nicolas Balutet, Paris, Éditions Publibook Université, Collection « Recherches. Lettres & Langues. Lettres Modernes », juillet 2006.
  • Lucille Cairns, Lesbian Desire in Post-1968 French Literature, New York/Ontario/Lampeter, Edwin Mellen Press, 2002.
  • Patrick Cardon, Les Marges - 1926- Enquête sur l'homosexualité en littérature : Mauriac, Rachilde, Uzanne, Mauclair, Drieu La Rochelle, Gourmont etc, Lille, QuestionDeGenre/GKC, 1993.
  • Patrick Cardon, Discours littéraire et scientifique fin-de-siècle. La discussion sur les homosexualités autour de Marc-André Raffalovich, Paris, Orizons, 2009.
  • Patrick Cardon, Présentation de la littérature érotique homosexuelle fin-de-siècle in "Aimecoups, Les Homosexualités d'un Prince", QuestionDegenre/GKC, 2012.
  • Joan De Jean, Sapho. Les Fictions du désir, 1546-1937, Paris, Hachette Supérieur, 1994.
  • Lee Edelman, Homographesis, Essays in Gay Literary and Cultural Theory, Londres, Routledge, 1994
  • Didier Eribon, Réflexions sur la question gay, Paris, Fayard « Histoire de la pensée », 1999.
  • Marilyn Farwell, Heterosexual Plots, Lesbian Narratives, New York, New York University Press, 1996.
  • Nicky Hallett, Lesbian Lives, Identity and Auto/biography in the Twentieth Century, Londres, Pluto Press, 1999.
  • Elaine Hobby et Chris White (dir.), What Lesbians Do in Books, Londres, Women’s Press, 1991.
  • Inverses : littératures, arts, homosexualités n° 10, « L'Europe des homosexualités », 2010.
  • Karla Jay et Joanne Glasgow (dir.), Lesbian Texts and Contexts: Radical Revisions, New York University Press, 1990.
  • Elisabeth Ladenson, Proust’s Lesbianism, Ithaca, Cornell University Press, 1999 ; traduit en français par Guy Le Gaufey : Proust Lesbien, EPEL, collection « Grands classiques de l'érotologie », 2004.
  • Michel Larivière, Pour tout l'Amour des hommes, anthologie, Delétraz, 1996.
  • Michael Lucey, Never Say I: Sexuality and the First Person in Colette, Gide, and Proust (Series Q), Duke University Press, 2006 (ISBN 0822338971)
  • Kathleen Martindale, Un/popular Culture: Lesbian Writing After the Sex Wars, Albany (N.Y.), State University of New York Press « SUNY Identities in the Classroom Series », 1997.
  • Hans Mayer, Les Marginaux. Femmes, Juifs et homosexuels dans la littérature européenne (1975), Paris, Albin Michel, U.G.E. « bibliothèques 10/18 », 1996.
  • Jeffrey Meyers, Homosexuality and Litterature, 1890-1930, Montréal, McGill - Queens University Press, 1977.
  • Meredith Miller, Historical Dictionary of Lesbian Literature, Scarecrow Press, Coll. Historical Dictionaries of Literature and the Arts, 2006, 296 p.
  • Benoît Pivert, Homosexualité(s) et littérature, Cahiers de la Revue d'Art et de Littérature, Musique, Mazères, Le Chasseur abstrait éditeur, 2009
  • Christopher Robinson, Scandal in the Ink. Homosexuality in Twentieth Century French Literature, Londres, Cassel, 1995.
  • Pierre Salducci (dir.), Écrire gai, Montréal, Stanké, 1998.
  • Lawrence R. Schehr, The Shock of Men: Homosexual Hermeneutics in French Writing, Stanford, Stanford University Press, 1995. *Lawrence R. Schehr, Alcibiades at the Door: Gay Discourses in French Literature, Stanford, Stanford University Press, 1995.
  • Eve Kosofsky Sedgwick, Between Men, Male Homosocial Desire and Literature, New York, Columbia University Press, 1985, rééd. 1992.
  • Eve Kosofsky Sedgwick, Epistemology of the Closet, Berkeley et Los Angeles, University of California Press, 1990.
  • Eve Kosofsky Sedgwick (dir.), Novel Gazing. Queer Readings in Fiction, Durham, Duke University Press, 1997.
  • Przemyslaw Szczur, Produire une identité : le personnage homosexuel dans le roman français de la seconde moitié du XIXe siècle (1859-1899), Paris, L'Harmattan, 2014.
  • Edmund White, La Bibliothèque qui brûle (The Burning Library, 1994), Paris, Plon, 1997 ; « bibliothèques 10/18 », 2000.