Jeune-France de Cholet

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Jeune France de Cholet
logo de la Jeune France de Cholet
logo de la Jeune France de Cholet

Sigle JF
Sport(s) représenté(s) Multisports
Création 1906
Président Jean-Luc Chauvigné
Siège 47, rue Alphonse Darmaillacq
49300 CHOLET
Licenciés 3 400 (2011)
Site internet http://www.jfcholet.com

La Jeune-France de Cholet (JF) est un club sportif multi-activités basé à Cholet (Maine-et-Loire), issu du patronage Notre-Dame-de-la-Garde de Cholet. La gymnastique masculine et le football ont longtemps constitué l'essentiel de son activité sportive, toujours associée à la batterie-fanfare.

Le basket-ball qui se développe à la fin des années 1930 puis la gymnastique féminine contribuent à sa renommée. La Jeune-France renonce cependant à poursuivre l'expérience du haut-niveau dans la première spécialité au profit d'une diversification de ses activités plus conforme à la demande sociale.

Historique[modifier | modifier le code]

Afin de répondre aux besoins d'encadrement d'un nombre croissant d’enfants et de jeunes livrés à eux-mêmes, les curés des paroisses Saint-Pierre et Notre-Dame entreprennent dès 1854 de développer avec l’aide d’entrepreneurs choletais le patronage paroissial Notre Dame de la Garde de Cholet[1] . Cinquante ans plus tard, la montée de l’anticléricalisme incite ses dirigeants à se conformer à la nouvelle loi de 1901. Le , la Jeune-France de Cholet bénéficie de la reconnaissance d'utilité publique (RUP) par décision du Conseil d’État[2]. Après avoir fêté son centenaire du 6 au [3], cette association élabore dès l’année suivante un vaste projet pour ses 2 000 membres et, à la suite des études préalables de faisabilité, s’adjoint en 2008 un centre d’accueil et de formation pour cadres sportifs et bénévoles[4]. Après plus d’un siècle d’existence, la Jeune-France est entrée dans le XXIe siècle en ayant toujours su s'adapter aux circonstances ou aux obligations légales et réglementaires.

Les débuts: la gymnastique, la musique et le football (1903-1920)[modifier | modifier le code]

La Jeune-France de Cholet au concours de Vihiers en 1914[L 1].

Le , les statuts de la société de gymnastique La Jeune-France paraissent au Journal officiel. En fait, cette société fonctionne depuis octobre 1903[5] avec un bureau provisoire — présidé par Francis Bouet âgé de 19 ans — qui lui a donné pour but « La formation, l’éducation, le développement, l’épanouissement des jeunes et des adultes, notamment par la pratique des sports, l’organisation des loisirs, l’exercice d’activité de plein air et de vacances, éducatives, culturelles, sociales, professionnelles, économiques, philanthropiques ». Le le bureau provisoire se réunit pour se constituer officiellement en association selon la loi de 1901 et élit Raymond Pellaumail comme président[L 2]. Le la Jeune-France organise un concours à Cholet et participe à celui de Rome à l'appel du pape Pie X où elle se classe 5e[L 3]. En 1907, M. Duplenne, professeur d’anglais au collège Colbert, propose à la Jeune France la création d’une section de football[L 4].

À la suite de la défaite de 1870 beaucoup d’associations constituées dans le cadre des patronages portent des noms aux connotations guerrières : Sentinelle, Fraternelle, Patriotes, Sans-peur[6]. Comme à la Jeune-France, leurs premières activités sont la gymnastique, le football, la musique et la préparation militaire. Entre 1905 et 1913, les effectifs passent de 45 à 280[L 5] pour retomber à 161 à la fin de la Première Guerre mondiale.

L'entre deux guerres (1920-1935)[modifier | modifier le code]

Mouchoir rouge de Cholet porté à la ceinture par les gymnastes de la JF.

Les activités redémarrent néanmoins et en 1922 des travaux sont entrepris rue de l'Abattoir[N 1] pour loger les nouvelles sections de tennis et de basket-ball[L 6]. En lors de sa fête annuelle la Jeune-France est la première association locale à utiliser le petit mouchoir de Cholet comme article de lien et de reconnaissance de son appartenance à la cité choletaise[7]. En 1925 la Jeune-France organise le concours fédéral de gymnastique de la Fédération gymnastique et sportive des patronages de France (FGSPF). Les activités culturelles connaissent un véritable essor mais la Jeune-France n'étant pas habilitée, elle déclare en préfecture l'association Notre-Dame-de-la-Garde le pour couvrir ces activités[L 7].

La gymnastique et la musique participent au concours international de Paris en 1928[L 7] puis à celui d’Alger en 1930[L 8] et au concours international de Nice en 1932. Entre-temps la salle de théâtre a été transformée pour accueillir le cinéma[L 9]. En 1934, le conseil d’administration s’ouvre aux représentants des sections[3] car la gymnastique et la musique ne sont déjà plus seules. La section football créée en 1907 est devenue une des plus importantes sections sportives de la Jeune-France au nombre de licenciés. Reconnue comme une excellente formation au football, la Jeune-France est le plus important club du Choletais, en 2015, au nombre de licenciés toutes disciplines confondues.

La première salle, le basket et le gymnase (1935-1960)[modifier | modifier le code]

Écusson historique de la JF.

Le , la construction d’une salle de sport sur un terrain appartenant au patronage est décidée[L 10] et réalisée, dès 1935, entièrement en béton avec le toit vouté en arc de cercle. Le moniteur se doit alors de terminer ses entraînements par la prière en commun avec les gymnastes. Pendant l’Occupation, les locaux de la Jeune-France et de l’école voisine sont réquisitionnés par l’armée allemande[8]. Les entraînements se déroulent alors dans des entrepôts de la rue Hoche, mis à disposition par un industriel du textile.

En 1943 le directeur envisage de faire pratiquer, sans succès, le hockey sur gazon aux jeunes filles[L 11] et l'année 1952 marque la première cohabitation avec l’Envol de Cholet[L 12], association féminine de gymnastique du Rayon sportif féminin (RSF) créée en 1950[L 13]. À partir de 1953, la gymnastique doit partager sa salle avec le basket qui joue dans les cours de la Jeune France depuis 1926. Par mesure de sécurité la fosse garnie de sable qui sert de réception pour les exercices de barre fixe doit être recouverte d’un plancher en dehors des séances de gymnastique et, en 1954, il devient nécessaire de creuser une seconde fosse avec des bordures moins dangereuses.

En décembre 1946, le président Francis Bouet — vice-président de la FSF, membre du comité central depuis le  — est fait chevalier de la Légion d'honneur[9].

En 1955 le cinquantenaire de l’association fait l’objet de douze jours de festivités[L 14].

Depuis 1957, le développement du basket rend la cohabitation si délicate qu’il faut envisager une autre salle pour la gymnastique. Le cinéma paroissial, situé à 50 m de l'association, ayant cessé son activité, il est utilisé à cette fin, avec l’aval de la société immobilière de la paroisse, à condition que les gymnastes démontent eux-mêmes les sièges et déménagent douze tonnes de parquet qui y sont entreposées[L 15]. La fosse d’orchestre est garnie de copeaux de bois pour y installer la barre fixe. Le sol de cette salle, construite en 1888 pour le théâtre, est en pente et a été utilisé longtemps en l’état. Les tapis d’exercices sont alors en coco et chaque fois que le temps le permet, les répétitions des mouvements d’ensemble et de la série spéciale, qui nécessitent un espace plus important, ont lieu à l’aérodrome ou au vélodrome devenu depuis le stade Auguste Grégoire. La technique gymnique se faisant de plus en plus exigeante, il devient vite indispensable de rétablir l’horizontalité du sol. Murets et charpentes sont réalisés par des entreprises mais les gymnastes posent eux-mêmes les 280 m2 de parquet. Le hall d’entrée est transformé en vestiaire puis équipé de lavabos et sanitaires, la plupart des travaux étant effectués par les gymnastes. L’ancienne tribune du cinéma longtemps conservée comme local de rangement est démontée vers 1980 pour faire plus de place aux agrès de gymnastique auxquels se sont ajoutés ceux des féminines.

En 1958, les sections de la Jeune-France participent aux championnats fédéraux masculins et féminins de gymnastique et de musique qui sont organisés simultanément à Paris pour marquer le soixantenaire de la Fédération sportive de France (FSF), future Fédération sportive et culturelle de France (FSCF). Si les industriels du textile contribuent encore à l’équilibre budgétaire, les premières subventions municipales commencent aussi à apparaître. La période qui suit est vite marquée par le désengagement progressif du clergé et des industriels avec montée en puissance des laïcs et du bénévolat.

L'évolution des activités et des infrastructures (1960-1980)[modifier | modifier le code]

À partir de 1960 les investissements immobiliers reprennent avec l'achat d'un terrain de camping à Saint-Jean-de-Monts puis la création d'un foyer culturel et d’une salle de danse[L 16]. Le débute la construction d'une nouvelle salle omnisports avec une tribune de 890 places assises, sur le site de la rue Darmaillacq[L 17] ; outre les équipements sportifs spécifiques (basket-ball, handball, volley-ball, tennis) une scène mobile sur vérins[L 18] est prévue pour accueillir manifestations et concerts. Cette période voit aussi apparaître des actions de formation à l’encadrement pour les jeunes, les activités de loisirs pour enfants pendant les vacances et l’embauche des premiers salariés de l’association.

En 1972 la Jeune France achète la patinoire qu’elle recède à la ville de Cholet pour le franc symbolique en 1988[L 19]. Pendant ce temps, la prise en charge des activités sportives par les collectivités territoriales et le désengagement des industriels renforcent les liens avec la municipalité[L 20]. Des signes de mutation apparaissent aussi : les membres sont de moins en moins acteurs et de plus en plus consommateurs et, avec le sport loisir ou de détente, on découvre une demande de sport sans compétition.

Les filles sont maintenant totalement intégrées à la Jeune-France. Sous la houlette de jeunes cadres techniques particulièrement compétents et dynamiques, elles investissent l’élite fédérale où, en compagnie de La Relève d’Angers et des Gentianes bleues de Chambéry, elles détrônent les équipes tenantes des titres fédéraux : Montceau-les-Mines, Nuits-Saint-Georges et Argenteuil. Championnes fédérales aînées en 1975, 1976 et 1983, elles fournissent à l’équipe fédérale une partie de ses titulaires :

En 1975, une partie des basketteurs, en désaccord avec les orientations définies par le comité-directeur, quitte la Jeune-France pour fonder Cholet Basket (CB) nouveau club professionnel de Cholet[L 22].

La diversification (1980-2010)[modifier | modifier le code]

Nouvel écusson de la JF (années 1990).
Logo du centre d'accueil et de formation de la JF.

Ces nouveaux indicateurs exigent d’importantes réorganisations internes ; de nouvelles activités apparaissent auxquelles il faut faire de la place. En 1992 les terrains du camping sont revendus et en 1996 la Jeune-France achète des locaux industriels mitoyens pour aménager des salles de fitness, danse et musculation. En 2000 l’ancienneté des locaux et les demandes des sportifs exigeant de lourds travaux de mise aux normes de sécurité, elle rachète à l’Association Notre-Dame le terrain de la rue Darmaillacq pour céder à la ville les salles de sports sises sur ce terrain.

Tout n’est cependant pas si rose et l'on enregistre des dégâts collatéraux. En 1989, la section de gymnastique masculine doit suspendre son activité, le moniteur ayant quitté Cholet pour raisons professionnelles. Une relance a lieu en 1993 à l'initiative de deux anciens responsables de la section ; cinq autres anciens moniteurs les rejoignent pour remonter un numéro humoristique de boxe française. Cette production est présentée pour les quatre-vingt-dix ans de la Jeune France. En octobre 1995 une commission de sécurité interdit l’usage du gymnase au motif de la vétusté de la charpente qui a plus de cent ans ; cette décision entraîne l'arrêt de l'activité de gymnastique masculine.

Au cours de la première décennie du XXIe siècle, l’association se développe en faisant appel à des éducateurs sportifs professionnels, nécessitant l’harmonisation de l’activité des bénévoles et des salariés avec des programmes de formation et la clarification du rôle du conseil d’administration et des sections. C’est la période d’une nécessaire prise de conscience pour gérer et développer une véritable entreprise associative, dans le respect de l’objet statutaire d’origine et avec des moyens humains de statuts différents.

Depuis 1982, la Jeune France organise chaque année un tournoi de basketball, Cholet Mondial Basket-ball[11], réunissant des équipes cadets du monde entier[12].

Le centre d'accueil et de formation[modifier | modifier le code]

Créé par la Jeune-France et ouvert en avril 2008, le centre d'accueil et de formation s'inscrit dans une nouvelle dynamique de développement et de diversification de l'association. Il regroupe l'hébergement, la restauration, la mise à disposition de salles et d'infrastructures sportives. D'une surface de 2 000 m2 avec 4 salles de formation, une salle polyvalente, un espace restauration et une structure d'hébergement de 46 lits, il a pour vocation d'organiser et d'accueillir des stages de formations destinés à des encadrants sportifs ou des bénévoles en partenariat avec des organismes de formation ou des fédérations sportives[13].

Les dirigeants[modifier | modifier le code]

Les présidents[modifier | modifier le code]

# Nom Période
1 Francis Bouet 1903-1905
2 Raymond Pellaumail 1905-1926
3 Anatole Richard 1928-1934
4 Francis Bouet 1934-1960
5 Xavier Richard 1961-1965
6 Roger Couraud 1965-1975
7 Robert Bérard 1975-1979
8 Pierre Garreau 1979-1980
9 Eugène Rongère 1980-1988
10 Suzanne Lentier 1988-1989
11 Charles Cailleau 1990-1995
12 Daniel Le Charlès 1995-2002
13 Jean Marc Billaud 2002-2010
14 Michel Bastat 2010-2017
15 Jean-Luc Chauvigné depuis 2017[14]

Les directeurs/directrices[modifier | modifier le code]

Jusqu'au milieu des années 1960, la direction de l'association est assumée par un abbé désigné par la paroisse. Ensuite le désengagement progressif du clergé et l'accroissement important des activités nécessite l'embauche de directeurs laïcs salariés. L'abbé Marcel Mary après avoir été directeur de 1961 à 1966 reste présent en qualité d'aumônier jusqu'en 1977.

# Nom Période
1 Abbé Alain 1903-1910
2 Abbé Beaumond 1910-1923
3 Abbé Seng 1923-1928
4 Abbé Plotin 1928-1934
5 Abbé Chupin 1934-1937
6 Abbé Audureau 1937-1943
7 Abbé René Mahé 1943-1951
8 Abbé Alexandre Perraud 1951-1957
9 Abbé Gustave Ernault de Moulins 1957-1961
10 Abbé Raymond Massaloux 1961-1961
11 Abbé Marcel Mary 1961-1966
12 Léon Ligneau 1966-1993
13 Christian Fillaudeau 1994-2015[15]
14 Françoise Cholet depuis 2016[16]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Ancien nom de la rue Alphonse Darmaillacq
  2. qui a dû déclarer forfait pour cause de maternité

Références[modifier | modifier le code]

  • Autres références
  1. Élie Chamard 1946, p. 8
  2. Ministère de l’Intérieur, « Liste des associations reconnues d’utilité publique », sur interieur.gouv.fr (consulté le 18 juillet 2011), ligne 502
  3. a et b « Actualités de la Jeune France », sur jfcholet.com (consulté le 25 novembre 2011)
  4. Ouest France, quotidien régional, édition de Cholet du 17 avril 2008
  5. Élie Chamard 1946, p. 24
  6. Jean-Marie Jouaret 2012, p. 37
  7. Jean-Joseph Chevalier 2013, p. 44-45
  8. Scarlett Martin 2010, p. 42
  9. Robert Hervet 1948, p. 166
  10. Jean-Marie Jouaret, 1999, tome 1, p. 320
  11. Agence pour la promotion du Choletais, « Des évènements sportifs et culturels toute l'année », Synergences hebdo, l'hebdomadaire de la Communauté d'Agglomération du Choletais, no 360,‎ , p. 7
  12. http://www.jfcholetmondialbasketball.com/
  13. http://www.jf-accueil-formation.fr
  14. « La Jeune France joue collectif », sur courrierdelouest.fr, Courrier de l'Ouest, (consulté le 16 juin 2017)
  15. « À la Jeune France, il a vu évoluer le monde associatif », sur ouest-france.fr, (consulté le 4 octobre 2017)
  16. « Après 20 ans à la tête de la Jeune France, Christian Fillaudeau s'en va », sur courrierdelouest.fr, (consulté le 16 juin 2017)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

  • Élie Chamard, L’école Saint-Joseph, la vieille école choletaise, Cholet, Farré et Freulon, , 34 p. Dépôt légal : II-1946, n° 50 Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Jean-Joseph Chevalier, Le mouchoir rouge de Cholet : Histoire d'un tissu à message(s), Brissac-Quincé, Éditions du Petit Pavé, (ISBN 978-2-84712-364-7).Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Robert Hervet (préf. François Hébrard), La FSF de 1898 à 1948, Paris, , 173 p. (OCLC 66302325).Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Jean-Marie Jouaret, Petite histoire partielle et partiale de la Fédération sportive et culturelle de France (1948-1998), t. 1, Paris, FSCF (à compte d’auteur, imp. Déja-Glmc), (ISBN 2-9528-3870-4, notice BnF no FRBNF41363915) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Jean-Marie Jouaret, La fédération des sections sportives des patronages catholiques de France (1898-1998), Paris, L'Harmattan, (ISBN 978-2-296-55969-1, notice BnF no FRBNF42598758).Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Léon Ligneau, La Jeune France à Cholet, histoire d’un centenaire, Maulévrier, Hérault, (ISBN 2-740701-94-2, notice BnF no FRBNF39055857).Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Scarlett Martin, 1939-1945: le Choletais une région dans la guerre, Angers Beaucouzé, AFMD 49, .Document utilisé pour la rédaction de l’article