Marie-Thérèse Eyquem

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Marie Thérèse Eyquem
Description de l'image Marie-Thérèse Eyquem.jpg.
Naissance
La Teste de Buch (Gironde)
Décès (à 64 ans)
Égletons (Corrèze)
Nationalité Drapeau de France Française
Pays de résidence Drapeau de la France France
Profession
Inspectrice principale de la jeunesse et des sports (1961)
Activité principale
Fondatrice du Mouvement démocratique féminin (MDF) (1962)
Autres activités
Secrétaire générale du RSF (1931),
présidente de la commission féminine de la FICEP (1947),
présidente de la Fédération internationale d'éducation physique et sportive féminine (1961),
secrétaire nationale du PS (1975).
Distinctions
Legion Honneur Chevalier ribbon.svg chevalier de la Légion d'honneur

Marie-Thérèse Eyquem née le à La Teste de Buch (Gironde) et morte le à Égletons (Corrèze) est d'abord une théoricienne et dirigeante notoire du sport féminin et participe largement à son extension au sein du Rayon sportif féminin, de la Fédération sportive de France et de la Fédération internationale catholique d'éducation physique et sportive.

Ses convictions l'amènent à s'engager plus avant dans la vie publique et politique au début des années 1960. Militante féministe et cadre du Parti socialiste français, elle est également connue pour son œuvre littéraire. Son décès en 1978 met fin prématurément à cette seconde carrière pour laquelle elle reste plus connue.

Biographie[modifier | modifier le code]

Fille de Louise née Bisserié, institutrice, et de Robert Eyquem, boulanger puis employé d’assurances[1], Marie-Thérèse Eyquem naît le , à La Teste-de-Buch. En 1924, elle part avec sa famille habiter Paris. À l'âge de 13 ans, en 1926, elle quitte l’école pour travailler poursuivant son parcours scolaire par correspondance. Elle enchaîne alors des métiers alimentaires (coursière, dactylo) tout en obtenant une licence de lettres classiques et apprend l’anglais, l’espagnol et l’italien[1].

Les patronages et le sport[modifier | modifier le code]

En parallèle, elle pratique le badminton dans un patronage catholique. Celui-ci est affilé au Rayon sportif féminin (RSF) qui la recrute comme secrétaire en 1931. En 1936, elle en est promue secrétaire nationale. Avec les monitrices générales du RSF — sa sœur Geneviève, Eugénie Duisit et Olga Batany — elle structure les filiales régionales, intensifie la formation des cadres, organise fêtes de masse et compétitions. Avec cette équipe, elle se fait connaître pour avoir multiplié par dix le nombre des adhérentes. En 1939, elle intègre l'administration, en qualité de rédactrice principale au commissariat général à l'information.

Après l'exode, elle est nommée au commissariat général à l'éducation physique et aux sports, où elle devient directrice des sports féminins du gouvernement de Vichy[2] le . Dans un premier temps, bénéficiant de la confiance de Jean Borotra, le haut commissaire aux sports, elle mène des actions en faveur du sport féminin qui se développe malgré l’interdiction de certaines activités jugées peu féminines. Armand Thibaudeau la choisit comme adjointe après la fusion du RSF et de la Fédération gymnastique et sportive des patronages de France (FGSPF)[3] et, à ses côtés, elle contribue largement au développement de la FGSPF, l'accompagnant dans ses nombreuses visites en province[4]. Elle contribue tant par son charisme que par sa prudence mesurée[5] à l'intégration des féminines au sein de la FGSPF. C'est avec Olga Batany, monitrice générale de la FGSPF, qu'elle organise la fête de Coubertin et la fête de la sportive[6].

En 1942, le colonel Pascot remplace Jean Borotra. Marie-Thérèse Eyquem est alors nommée sous-chef de bureau et n’est plus libre de mener à bien ses projets. Cependant en 1945, à la Libération, nommée inspectrice des sports féminins, elle n’est pas inquiétée pour son action au sein du gouvernement de Vichy et elle conserve son engagement bénévole à la FGSPF[7]. Le 6 janvier 1947 à Prague, elle est nommée à la présidence de la première commission féminine de la Fédération internationale catholique d’éducation physique et sportive (FICEP)[8] et poursuit ses activités associatives. Son rôle au sein de la Fédération sportive de France[N 1] (FSF) est alors des plus importants et c'est elle qui accompagne à Rome du 7 au le chanoine Wolff, conseiller ecclésiastique de la FSF, au congrès de l'apostolat des laïcs où elle préside le carrefour Sport, tourisme, récréation[9].

En 1961, elle est promue inspectrice principale du ministère de la jeunesse et des sports. La même année, les projets développés à l’international pour le sport féminin, aboutissent à son élection à la présidence de la Fédération internationale d'éducation physique et sportive féminine[N 2] ; elle conserve ce poste jusqu’en 1965.

Le féminisme et le parti socialiste[modifier | modifier le code]

En 1962, elle prend la tête du Mouvement démocratique féminin (MDF), qui préfigure le renouveau féministe des années 1968-1970. Ce mouvement compte des personnalités telles qu'Évelyne Sullerot, Colette Audry, Gisèle Halimi ou Yvette Roudy ; il rassemble des femmes de la gauche non-communiste. Marie-Thérèse Eyquem y milite pour l'intégration des femmes à la vie politique, la légalisation de la contraception et l’égalité dans le travail. En tant que présidente, elle organise des débats, crée des sections en province, tisse des liens avec d’autres mouvements féministes, des syndicats et des personnalités politiques de premier plan. C’est dans ce cadre qu’elle rencontre François Mitterrand, qui la tient en haute estime, avec lequel elle se lie d’amitié et devient l’une de ses plus proches collaboratrices. Son engagement politique étant estimé par la FSF incompatible avec la neutralité associative, le président Gilbert Olivier l'invite à démissionner[10]. Elle perd en conséquence ses mandats internationaux à la FICEP et son seul lien avec ce passé reste son amie Eugénie Duisit.

Parallèlement, le MFD se rapproche de l’union de la gauche et participe au congrès fondateur de la convention des institutions républicaines (CIR) dont il devient l’un des principaux clubs. Marie-Thérèse Eyquem entre à la CIR, à la Fédération de la gauche démocrate et socialiste (FGDS) puis au Parti socialiste (PS). Dans chacun de ces organismes elle est la seule femme à siéger parmi les dirigeants. Avec Mai 68, les partis politiques et le mouvement de Marie-Thérèse Eyquem sont fortement perturbés ; l’union de la gauche connaît une période difficile ; le MFD résiste mal à l’émergence du nouveau féminisme que constitue le mouvement de libération des femmes (MLF). Avec la fondation du PS, le MFD disparaît mais Marie-Thérèse Eyquem retrouve ses anciennes collaboratrices pour lutter en faveur d’une meilleure représentation des femmes au sein du parti.

En 1973, elle lance une réforme imposant un pourcentage minimum de femmes (10 %) à tous les degrés de l’organisation du PS. Dans le même temps, elle organise des conférences et des débats sur le thème « Socialistes et chrétiens », renouant avec ses premiers engagements. En 1975, elle est nommée secrétaire nationale du PS, chargée des relations avec les organismes associés et le secteur associatif. Avec Édith Cresson, elle est alors la seule femme à accéder à cette fonction. Marie-Thérèse Eyquem meurt le 8 août 1978[11] à Égletons, trois ans avant l’élection de François Mitterrand à la présidence de la République ; elle n’accède donc pas à des fonctions supérieures.

Activité littéraire[modifier | modifier le code]

Dès 1944, elle publie un essai et un roman :

  • Marie-Thérèse Eyquem (préf. Dr Maurice Boigey), La femme et le sport, Paris, Éditions J.Susse, , 307 p. (ASIN B001840TJE) ; Réédition à Montpellier, Association sport et histoire, collection « Tous les sports », 1999, 307 p ;
  • Marie-Thérèse Eyquem, Jeunes filles au soleil, Paris, Denoël, , 152 p. (ASIN B0000DXQIW).

Ces deux ouvrages, dans deux genres différents, visent à la promotion du sport féminin.

Elle collabore ensuite à la revue Mâtines de l'Union universelle des écrivains catholiques, dirigé par l'abbé François Ducaud-Bourget. Elle se lie d'amitié avec l'écrivain-réalisateur Henry Zaphiratos, elle est la marraine de son fils Jean-Christophe. Elle publie plus tard la première biographie de Pierre de Coubertin puis celle d'Irène Popard :

  • Marie-Thérèse Eyquem, Irène Popard ou la danse du feu, Paris, Éditions du Temps, , 184 p. (ASIN B00I1DHM8G) ;
  • Marie-Thérèse Eyquem, Pierre de Coubertin, l'épopée olympique, Paris, Calmann-Lévy, , 298 p. (ISBN 978-2-702-10108-7).

En 1968 elle écrit une pièce de théâtre sur la duchesse de Montpensier et le duc de Lauzun : La Grande Mademoiselle, qui reçoit le grand-prix du casino d'Enghien.

Depuis 1985, l'association des écrivains sportifs décerne annuellement le prix Marie Thérèse Eyquem, doté par le ministère des sports, qui couronne un ouvrage apportant au sport une contribution pédagogique et technique[7].

Notoriété[modifier | modifier le code]

L'institut national du sport, de l'expertise et de la performance (INSEP) a donné le nom de Marie-Thérèse Eyquem au complexe accueillant le tennis de table et le judo, inauguré le 24 janvier 1984 par le président de la République, François Mitterrand [12].

Les villes de Nantes[13] et de Roissy-en-Brie[14] ont donné le nom de Marie-Thérèse Eyquem à l'une de leurs rues.

Distinctions[modifier | modifier le code]

Legion Honneur Chevalier ribbon.svg Marie-Thérèse Eyquem est nommée chevalier de la Légion d'honneur par décret du en qualité d'inspectrice principale de la jeunesse et des sports.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. nouveau nom de la FGSPF depuis le 22 mars 1947
  2. En anglais : « International Association of Physical Education and Sports for Girls and Women » (IAPESGW)

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b « Maitron.org, site d’histoire sociale : Marie-Thérèse Eyquem » (consulté le 21 mars 2015)
  2. Jean-Marie Jouaret 2012, p. 154
  3. Fabien Groeninger 2004, p. 108
  4. Fabien Groeninger 2004, p. 185-186
  5. Fabien Groeninger 2004, p. 187
  6. Robert Hervet 1948, p. 114
  7. a et b Jean-Marie Jouaret 2012, p. 160
  8. Robert Hervet 1948, p. 115
  9. Jean-Marie Jouaret 1999, tome 2, p. 457
  10. Castan 2009, p. 86
  11. Florys Castan-Vicente, « EYQUEM Marie-Thérèse », sur maitron.org, Centre national de la recherche scientifique (consulté le 18 juillet 2011)
  12. Pierre Simonet 1998, p. 242-243
  13. « Rue Marie-Thérèse Eyquem à Nantes », sur www.streetdir.org (consulté le 22 mai 2016)
  14. « Rue Marie-Thérèse Eyquem à Roissy-en-Brie », sur www.streetdir.org (consulté le 22 mai 2016)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

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