Mouchoir rouge de Cholet

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Le mouchoir rouge de Cholet, tel que porté par les gymnastes de la Jeune-France de Cholet.

Le mouchoir rouge de Cholet est un mouchoir tissé de couleurs rouge et blanche, créé en référence à la chanson de Théodore Botrel intitulée Le mouchoir rouge de Cholet (1897) et rendant hommage aux Vendéens. Initialement perçu comme un symbole contre-révolutionnaire, il devient avec le temps un emblème de la ville de Cholet.

Historique[modifier | modifier le code]

Création[modifier | modifier le code]

Connue pour ses toiles, la ville de Cholet se tourne vers la fabrication de mouchoirs dès 1736. Tissés en lin[1] ou en coton, ils sont alors blancs avec d'éventuelles variantes, comme des bordures ou des carreaux blancs ou bleus. La manufacture connaît son apogée au XIXe siècle[2].

Le , lors du concert annuel de l'orphéon local, Théodore Botrel chante pour la première fois Le mouchoir rouge de Cholet, chanson commandée trois ans plus tôt par des cercles royalistes, en hommage aux Vendéens. La chanson[JJC 1] a pour thème la deuxième bataille de Cholet, survenue le . L'historien Jean-Joseph Chevalier explique : « Henri de La Rochejaquelein porte alors un mouchoir blanc à filets rouges autour de son cou. Le tissu le transforme en cible privilégiée face à la mitraille des républicains mais il refuse de l'enlever. Botrel a alors rendu hommage à cet acte de bravoure »[3]. L'artiste l'attribue toutefois, sans doute pour la rime, au général de Charette[4]. Profitant du succès de la chanson, l'industriel Léon Maret crée le mouchoir décrit dans l'œuvre de Botrel[5], le rouge symbolisant le sang des Vendéens et le blanc leur légitimisme. Il en envoie ensuite plusieurs modèles au chanteur qui en fait la publicité[JJC 2]. La ville et l'industrie choletaise deviennent ainsi connues dans toute la France au travers de ce symbole[4].

Popularité[modifier | modifier le code]

Dans les deux premières décennies du XIXe siècle, le mouchoir rouge n'est pas conçu pour être un accessoire d'hygiène mais préfigure le « produit dérivé » d'un succès musical. Il apparait par exemple sur des milliers de cartes postales promouvant la chanson de Botrel mais, petit à petit, il supplante le mouchoir de Cholet originel[2].

Cholet ville la plus sportive de France.

Initialement perçu comme un symbole contre-révolutionnaire, la Jeune-France de Cholet est en la première association locale à l'utiliser comme article de lien et de reconnaissance de son appartenance à la cité choletaise[JJC 3]. Selon Jean-Joseph Chevalier, le mouchoir est ensuite perçu de manière plus consensuelle et devient moins un symbole vendéen qu'un symbole de la commune. Il explique : « C'est un cas unique d'appropriation spontanée et collective. Lors d'une visite d'une délégation, pour les cérémonies sportives ou culturelles, on offre un mouchoir rouge. Les entreprises le font imprimer, puis les familles choletaises, pour marquer un mariage, des fiançailles, un anniversaire. Lorsque Maurice Ligot devient maire de Cholet en 1965, il utilise le mouchoir rouge pour la communication municipale. Le produit se banalise. Entre 1975 et 1985, on le voit partout. Le dernier fabricant, les établissements Turpault, en réalisait encore 40 000 douzaines par an, jusqu'en 2003. La Ville en a préservé la fabrication, en conservant un atelier de tissage au Musée du textile »[JJC 4], ouvert au public le [6].

Le à Rome, à l'occasion de la béatification des quatre-vingt-dix-neuf martyrs d'Angers[JJC 5], le pape Jean-Paul II brandit un mouchoir rouge[7] en déclarant : « Je suis un chouan, moi aussi ».

En 2014 la ville de Cholet reçoit le trophée du challenge de la ville la plus sportive de France[8] et le mouchoir rouge en devient un support promotionnel.

En 2018, un tissage spécial du mouchoir de Cholet est effectué en couleur jaune pour marquer le passage du Tour de France cycliste à Cholet qui reçoit une étape contre-la-montre par équipes le [9].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  • Autres références
  1. Isabelle Artiges 2013, p. 46
  2. a et b « Le mouchoir rouge de Cholet », sur merrysquare.com, (consulté le 23 juillet 2016)
  3. « Livre. « Cholet s'est approprié le mouchoir rouge » », sur ouest-france.fr, (consulté le 23 juillet 2016)
  4. a et b « Le mouchoir de Cholet », sur cholet.fr (consulté le 23 juillet 2016)
  5. Christophe Belser 2009, p. 113
  6. Maurice Ligot 1995, p. 29
  7. « Le mouchoir rouge de Cholet de Jean-Joseph Chevalier », sur critiqueslibres.com (consulté le 23 juillet 2016)
  8. « Challenge L'Equipe : Cholet élue ville la plus sportive de France », (consulté le 9 septembre 2016)
  9. Sophie Delafontaine, « Des mouchoirs de Cholet jaunes pour le Tour de France », sur ouest-france.fr, Ouest-France, (consulté le 15 juin 2018)