Jean Starobinski

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Jean Starobinski
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Jean Starobinski en 2004.
Fonction
Président
Modern Humanities Research Association (en)
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Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 98 ans)
MorgesVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Suisse (depuis )Voir et modifier les données sur Wikidata
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Aron Starobinski (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
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Archives littéraires suisses (CH-000015-0: ALS-JS)[1]Voir et modifier les données sur Wikidata

Jean Starobinski, né le à Genève et mort le à Morges (canton de Vaud, Suisse), est un historien des idées, théoricien de la littérature et médecin psychiatre suisse.

Ayant suivi des études de lettres classiques et de psychiatrie à l'université de Genève, il fut titulaire à la fois d'un doctorat ès lettres (avec une thèse sur Jean-Jacques Rousseau) et d'un doctorat en médecine obtenu à l'université de Lausanne, avec une thèse portant sur l'histoire du traitement de la mélancolie.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jean Starobinski est le fils d'Aron Starobinski et de Szajndla Frydman, tous deux d'origine juive polonaise[2]. Il ne fut naturalisé suisse qu'en 1948[2].

En 1957, paraît sa thèse de lettres « La Transparence et l’Obstacle » consacrée à Jean-Jacques Rousseau, avant qu'il ne s'intéresse aux autres auteurs des Lumières, dont plus particulièrement Diderot[3]

Il a enseigné la littérature française à l’université Johns-Hopkins, à l'université de Bâle, ainsi qu’à Genève, où il a aussi assuré des cours d’histoire des idées et d’histoire de la médecine. Ses livres, traduits en une douzaine de langues, ont enrichi les vues sur plusieurs grandes œuvres[Lesquelles ?]. Il a également consacré de nombreux travaux[Lesquels ?] à la création poétique contemporaine, ainsi qu’aux problèmes de l’interprétation et de l'herméneutique. Ses essais sur l’art et la littérature du XVIIIe siècle (en particulier Rousseau, Diderot et Voltaire) sont devenus des classiques du genre et ont renouvelé la compréhension de ces auteurs[4]. Son expérience de médecin et de psychiatre l'a amené à étudier l'histoire de la mélancolie (notamment dans Trois Fureurs, 1974).

Il est le premier, en 1964, à publier les recherches de Ferdinand de Saussure sur les anagrammes. Il participe également au comité de rédaction de la Nouvelle Revue de psychanalyse, aux côtés de Jean-Bertrand Pontalis[5].

Jean Starobinski fut membre de l’Académie des sciences morales et politiques (Institut de France), ainsi que de plusieurs académies françaises, européennes et américaines. Il fut docteur honoris causa de nombreuses universités en Europe et en Amérique.

En 2010, il confie sa bibliothèque personnelle, constituée de plus de 40 000 ouvrages, aux archives littéraires de la Bibliothèque nationale suisse[6].

Il meurt le [3] à Morges[2].

Vie privée[modifier | modifier le code]

En , Jean Starobinski se marie à une médecin ophtalmologiste, Jacqueline Sirman, avec qui il a trois fils[2].

Théorie littéraire[modifier | modifier le code]

Jean Starobinski décrit sa méthodologie critique notamment dans un ouvrage intitulé La Relation critique. Il y explique vouloir s'attacher à coordonner à la fois les méthodes de la stylistique, de l'histoire des idées et de la psychanalyse. C'est ce qu'il nomme une « critique de la relation ». Cette approche éclectique est parfois qualifiée de « thématique » et se rattache comme les œuvres de Georges Poulet, Marcel Raymond ou Jean Rousset à l’École dite de Genève.

La singularité de l'approche de Starobinski réside dans sa volonté assumée d'investir une œuvre pour lui « rendre sens » en évitant le double écueil du « mimétisme » total et celui de la distance trop grande susceptible de diluer l’œuvre.

Carrière[modifier | modifier le code]

  • 1946-1949 : assistant de littérature française à l’université de Genève
  • 1949-1953 : interne à la Clinique thérapeutique des Hôpitaux universitaires de Genève
  • 1953-1954 : Instructor au Departement of Romance Languages de la Johns Hopkins university (Baltimore)
  • 1954-1956 : Assistant Professor au Departement of Romance Languages de la Johns Hopkins university (Baltimore)
  • 1957-1958 : interne à l'hôpital psychiatrique de Cery (Prilly)
  • 1958-1985 : professeur d’histoire des idées ad personam à l’université de Genève
  • 1959-1961 : professeur suppléant de littérature française (université de Bâle)
  • 1964-1967 : professeur extraordinaire de littérature française (université de Genève)
  • 1967-1985 : professeur ordinaire de littérature française (université de Genève)
  • 1966-1985 : chargé de l’enseignement de l’histoire de la médecine en faculté de médecine
  • 1987-1988 : professeur invité au Collège de France
  • 1992-1993 : suppléant dans la chaire de littérature française de l’École polytechnique fédérale de Zurich

Sociétés et associations[modifier | modifier le code]

Membre ou associé d'académies[modifier | modifier le code]

Doctorats honoris causa[modifier | modifier le code]

Œuvre[modifier | modifier le code]

Ouvrages[modifier | modifier le code]

Articles[modifier | modifier le code]

Récompenses[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « https://www.helveticarchives.ch/detail.aspx?ID=290000 » (consulté le )
  2. a b c et d Philippe-Jean Catinchi, « Jean Starobinski, historien des idées, est mort », sur lemonde.fr, (consulté le ).
  3. a et b Isabelle Rüf, « Décès du critique littéraire et psychiatre genevois Jean Starobinski », sur rts.ch, (consulté le ).
  4. Benoît Heilbrunn, Jean Starobinski, une juste réponse à la beauté du monde, liberation.fr, 9 mars 2019
  5. Françoise Coblence, « Dramaturgies et mythologies freudiennes », Critique, Éditions de Minuit, vol. 687-688, no 8,‎ , p. 697-706 (résumé, lire en ligne).
  6. « La bibliothèque de Jean Starobinski offerte à Berne » dans tsr.ch.
  7. « Les Docteurs Honoris Causa de l'Université de Nantes », sur Université de Nantes (consulté le ).
  8. Lauréats du "Prix de la Ville de Genève" 1979
  9. (es) « Jean Starobinski, Medalla de Oro del Círculo de Bellas Artes 12.03.2009 », sur Círculo de Bellas Artes (consulté le ).

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]