Círculo de Bellas Artes

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La façade sur la rue d'Alcalá
La façade sur la rue du Marquis de Casa Riera
La coupole

Le Círculo de Bellas Artes (CBA) de Madrid (en français : « Cercle des Beaux-Arts ») est un centre culturel privé sans but lucratif, situé à Madrid, en Espagne.

Situation[modifier | modifier le code]

Il est situé au numéro 42 de la rue d'Alcalá, à l'angle avec la rue du Marquis de Casa Riera, dans un édifice art déco achevé en 1926.

Fonctions[modifier | modifier le code]

Plusieurs disciplines y sont mises à l'honneur, en particulier les arts plastiques, la photographie et les arts du spectacle, mais également des activités relatives à la science, la philosophie et la littérature.

Histoire[modifier | modifier le code]

Le CBA est fondé en 1880 par quelques artistes voulant originellement créer un club où ils pourraient exposer et vendre leurs œuvres. Juan Martínez de Espinosa en est le premier président. Le nombre de ses membres augmente rapidement et le club devient une société. Il change plusieurs fois de siège social pour finalement s'installer dans l'édifice actuel, œuvre d'Antonio Palacios inaugurée par le roi Alphonse XIII.

Au début du XXe siècle, plusieurs personnalités de la vie culturelle madrilène font partie de la direction du CBA, à l'instar de Jacinto Benavente. À cette époque déjà, de jeunes élèves qui deviendront d'importants artistes s'y rendent, comme Pablo Picasso, tandis que d'autres, comme Ramón María del Valle-Inclán, fréquentent ses salons.

En 1921, le CBA devient « Centre de protection des beaux-arts et d'utilité publique ».

La guerre civile entraîne la suspension de ses activités, et le CBA devient un lieu de détention du CPIP (Comité provincial d'investigation publique) — ce que l'on appelait une checa (es)[1]. Après le conflit, c'est aussi là que s'installe pendant un temps le siège du Service extérieur de la Phalange (es)[2].

Ce n'est qu'en 1983 que le CBA est refondé grâce à l'Association des artistes plasticiens. Depuis cette date, il s'est ouvert au public madrilène et aux courants culturels internationaux.

En 1981, l'édifice est déclaré bien d'intérêt culturel[3].

Architecture[modifier | modifier le code]

La terrasse sur le toit de l'édifice.

La terrasse située sur le toit est ouverte au public, offrant une vue panoramique de Madrid. Elle est surplombée par la statue de Minerve, déesse romaine de la sagesse et de l'art, le symbole de l'institution.

Tradition et patrimoine[modifier | modifier le code]

Le bal masqué qui commence à se populariser à Madrid vers 1881 finit par élire officiellement domicile au CBA en 1927. Il est alors l'occasion de développer une activité artistique parallèle, avec des concours d'affiches qui permettent d'élire un artiste qui doit être l'image du CBA de l'année à venir. Le premier élu est le peintre Cecilio Plá. La manifestation est organisée à nouveau depuis 1984[4].

Par ailleurs, le CBA conserve un patrimoine artistique considérable avec plus de 1 200 peintures, sculptures, gravures, dessins et céramiques, ainsi que des meubles. Le fonds bibliographique et documentaire et notamment constitué du legs de la galeriste Juana Mordó (es), soit plus de 3 000 livres et une collection de 150 livres autographes. Enfin, l'institution conserve un fonds important de revues à thématique artistique et des documents historiques.

Programmation culturelle[modifier | modifier le code]

L'objectif principal du CBA est de diffuser les principales manifestations artistiques et culturelles. Dans ce centre ont lieu plus d'un millier d'événements (expositions, conférences, séminaires, ateliers, concerts, représentations de théâtre ou de danse, publications, cinéma, etc.) par an, coordonnés par leur département correspondant :

Sciences humaines et sociales, et sciences physiques

Le CBA organise des rencontres, conférences, réunions, congrès et présentations de livres sur des thèmes aussi divers et variés que la littérature, la politique, la science et la philosophie.

Arts du spectacle

Le CBA organise tout type de concerts, de pièces de théâtre ou de danse, de concours (littéraires, en particulier), de lectures dramatiques et autres récitals, etc.

Arts plastiques

Les expositions de dessin, peinture, sculpture, gravures, installations, photographie, art digital, céramique, performances et autres manifestations actuelles des arts plastiques ont lieu dans ses quatre salles d'exposition appelées Picasso, Minerva, Goya et Juana Mordó.

Cinéma - Studio

Dans le ciné-studio du CBA sont projetés des cycles de films de genres et provenances variés et des colloques ont lieu avec des personnalités du milieu cinématographique.

Édition et productions audiovisuelles

Le CBA édite[5] les catalogues qui accompagnent les expositions d'arts plastiques qu'il organise. Il publie aussi des œuvres de sa propre production et des œuvres basées sur des conférences, récitals ou rencontres célébrées en son sein. Par ailleurs, le CBA édite la revue Minerva[6] qui se charge de répertorier les manifestations culturelles qui vont avoir lieu dans le CBA et propose des entretiens, des reportages et des documentaires de sa propre production. En février 2007, le CBA édite le premier documentaire et le premier livre avec la Licence Creative Commons. La revue Minerva est également publiée en partie avec cette licence.

Formation et ateliers

Depuis 1983, le CBA organise des ateliers d'art actuel ainsi que des séminaires et des ateliers spécialisés pour enfants et adultes.

Centre de documentation

Le CBA se charge de conserver sa mémoire historique et son patrimoine, ainsi que de gérer les fonds de sa bibliothèque spécialisée en matières artistiques, en histoire et en littérature.

Radio Círculo

Le CBA possède sa propre station de radio (100.4 FM) où sont retransmis les programmes qu'il réalise avec l'équipe du centre et des programmes gérés par des collaborateurs extérieurs, qui traitent des activités du CBA et de l'actualité du monde de la culture.

Organisation[modifier | modifier le code]

Le CBA est dirigé par un comité directeur, comprenant le président, le vice-président, le secrétaire général et le trésorier. Le directeur de l'institution est lui chargé de l'administration et de la gestion du personnel.

Financement[modifier | modifier le code]

Le financement du CBA est assuré principalement par un consortium formé du ministère de la Culture, de la Communauté de Madrid, de la Mairie de Madrid, de l'organisme d'épargne Caja Duero et d'Iberia. D'un autre côté, le CBA signe des accords de collaboration et des conventions spécifiques avec d'autres institutions publiques ou des entreprises privées.

Récompenses[modifier | modifier le code]

Minerves[modifier | modifier le code]

Le CBA reconnaît et récompense le mécénat des institutions culturelles, des entreprises ou des fondations qui collaborent étroitement avec l'institution en leur décernant les « Minerves ».

Médailles d'or[modifier | modifier le code]

Les Médailles d'or sont décernées aux créateurs et intellectuels espagnols ou étrangers dont l’œuvre a, selon le CBA, contribué de manière décisive au développement et à la diffusion des arts et de la culture contemporaine[7]. En voici la liste des lauréats :

1991
1996
1997
1998
1999
2000
2001
2002
2003
2004
2005
2006
2007
2008
2009
2010
2013
2014
2015
2016

Distinctions reçues[modifier | modifier le code]

Année Nom Remise par
1980 Médaille d'or du mérite des beaux-arts Ministère de la Culture[8]
1981 Médaille d'or Unicef
1999 Prix Liber pour la promotion du livre et de la lecture Fédération de la corporation des éditeurs d'Espagne
2002 Médaille d'or Mairie de Madrid
2005 Médaille d'or pour la trajectoire culturelle du CBA
à l'occasion de son 125e anniversaire
Communauté de Madrid

Le CBA dans les arts[modifier | modifier le code]

  • Le film espagnol Beltenebros[9], réalisé par Pilar Miró, donne à voir la façade du bâtiment du CBA.
  • Dans le chapitre no 18 de la série Los misterios de Laura, la scène finale a lieu sur l'attique de l'édifice.
  • Une photographie du livret du premier album de Mecano, Portada del reloj (1982), réalisée par Alejandro Cabrera, a été prise au milieu des colonnes du bâtiment[10].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (es) Paul Preston (trad. Catalina Martínez Muñoz, Eugenia Vázquez Nacarino), El holocausto español, Barcelone, Círculo de Lectores, (ISBN 978-84-672-4533-2, lire en ligne), p. 374-376, 404-405.
  2. (es) Eduardo González Calleja, « El servicio exterior de Falange y la política exterior del primer franquismo: consideraciones previas para su investigación », Hispania. Revista española de historia, Madrid, CSIC, vol. 54,‎ , p. 279-301.
  3. (es) « Liste des biens culturels d'Espagne », sur mcu.es (consulté le 4 décembre 2013)
  4. (es) Etiqueta "carnaval 2016" sur le site du CBA.
  5. (es) « Liste des livres édités par le CBA », sur circulobellasartes.com (consulté le 4 décembre 2013)
  6. (es) « Site Web officiel de la revue Minerva », sur revistaminerva.com (consulté le 4 décembre 2013)
  7. (es) « Médailles d'or du CBA », sur circulobellasartes.com (consulté le 4 décembre 2013)
  8. (es) « Real Decreto 513/1980, de 7 de marzo, por el que se concede la Medalla al Mérito en las Bellas Artes, en su categoría de Oro, a don César Manrique Cabrera », Boletin Oficial del Estado, Madrid, no 69,‎ , p. 6253 (lire en ligne).
  9. (en) Beltenebros sur l’Internet Movie Database
  10. (es) Javier Adrados Rincón, Los tesoros de Mecano : un homenaje al mejor grupo de pop español de todos los tiempos, Timun Mas, , 208 p. (ISBN 978-84-480-6952-0), p. 33

Annexes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

Sources primaires
  • (es) Luis de Armiñan Odriozola, Biografia del Circulo de Bellas Artes 1880-1973, Círculo de Bellas Artes, , 168 p. (ISBN 978-84-600-5810-6)
  • (es) Carnavales : colección de carteles del Círculo Bellas Artes, Círculo de Bellas Artes, , 208 p. (ISBN 978-84-86418-05-2)
  • (es) Delfín Rodríguez Ruiz, El Círculo de Bellas Artes : Ciento veinticinco años de historia, 1880-2005, Círculo de Bellas Artes, , 364 p. (ISBN 978-84-86418-47-2)
Sources secondaires
  • (es) José Luis Temes, El Círculo de Bellas Artes : Madrid, 1880-1936, Alianza Editorial, , 456 p. (ISBN 978-84-206-6479-8)
  • (es) José Luis Temes, El Círculo de Bellas Artes : Madrid, de 1939 a nuestros días, Alianza Editorial, (ISBN 9788420677453)
  • (ca) Consorci de Museus de la Comunitat Valenciana, El Círculo de Bellas Artes, València (Comunitat Autònoma). Generalitat, , 304 p. (ISBN 978-84-482-4674-7)
  • (es) Ana Avellano de Miguel, Cuadro de clasificación del Círculo de Bellas Artes de Madrid : evolución histórica, 1880-2012, , 185 p. (ISBN 978-84-616-7475-6)
  • (es) Centro Letras Españolas, Escritores españoles en el Círculo de Bellas Artes (cat.), Ministerio de Cultura, , 32 p. (ISBN 978-84-7483-721-6)

Liens externes[modifier | modifier le code]