Jean Médecin

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Jean Médecin
Illustration.
Jean Médecin en 1928.
Fonctions
Député

(16 ans, 11 mois et 18 jours)
Élection 21 octobre 1945
Réélection 2 juin 1946
10 novembre 1946
17 juin 1951
2 janvier 1956
novembre 1958
Circonscription 2e des Alpes-Maritimes (1958-1962)
Législature Ire constituante (1945)
IIe constituante (1946)
Ire (IVe République, 1946-1951)
IIe (1951-1955)
IIIe (1956-1958)
Ire (Ve République, 1958-1962)
Groupe politique RI (1945-1946)
UDSR (1946-1951)
RRRS (1951-1956)
RGRCR (1956-1958)
ED (1958-1962)
Prédécesseur lui-même
Successeur Diomède Catroux

(10 ans et 30 jours)
Élection
Réélection 26 avril 1936
Circonscription 1re (1932-1936)
Nice (1936-1942)
Législature XVe (1932-1936, IIIe République)
XVIe (1936-1942)
Groupe politique IDG (1932-1936)
NI (1936-1942)
Successeur lui-même
Sénateur

(6 ans, 9 mois et 11 jours)
Élection 10 janvier 1939
Maire de Nice

(18 ans, 1 mois et 23 jours)
Élection 3 mai 1947
Réélection 3 mai 1953
15 mars 1959
21 mars 1965
Prédécesseur Jacques Cotta
Successeur Jacques Médecin

(16 ans, 11 mois et 13 jours)
Réélection 12 mai 1929
12 mai 1935
Prédécesseur Alexandre Mari
Successeur Jacques Cotta
Biographie
Date de naissance
Lieu de naissance Nice, Alpes-Maritimes (France)
Date de décès (à 75 ans)
Lieu de décès Nice, Alpes-Maritimes (France)
Enfants Jacques Médecin
Résidence Alpes-Maritimes

Jean Médecin, né le à Nice (Alpes-Maritimes) et mort le à Nice (Alpes-Maritimes), est un avocat et homme politique français. Il est maire de Nice de 1928 à 1943 et de 1947 à 1965. Son fils Jacques Médecin lui succède à la mairie.

Biographie[modifier | modifier le code]

Issu d'une ancienne famille de notables niçois, Jean Médecin est le fils d'Alexandre Médecin, conseiller général.

Après des études secondaires à Aix-en-Provence puis des études de droit à Paris, il effectue son service militaire au 173e régiment d'infanterie à Corte, au cours duquel il est appelé à combattre durant la Première Guerre mondiale[1]. En 1914, il est nommé caporal, puis capitaine[1] en 1916. Pendant la bataille de Verdun, à la tête de sa compagnie, il s'illustre dans la défense de la cote 304[1], l'une des positions tenues par l'armée française. Cela lui vaut d'être décoré de la croix de chevalier de la Légion d'honneur, à la demande de Joffre[1]. Il reçoit quatre citations[1], et est également décoré de la Croix de guerre.

De retour à Nice en 1919, il exerce brièvement la profession d'avocat avant d'entrer en politique. En 1919, il est élu conseiller municipal de Nice et, en 1928, maire de Nice, où il acquiert une véritable notoriété qui lui permettra de régner en maître sur la ville durant 37 ans. Il est élu conseiller général de Sospel (1931) puis député de la 1re circonscription de Nice (1932).

Élu sénateur des Alpes-Maritimes en 1939, il vote les pleins pouvoirs constituants au Maréchal Pétain. Mais en 1942, ne supportant pas que les Italiens fascistes occupent Nice, il se fâche avec le gouvernement et les Italiens parviennent à le destituer en 1943. Il fuit alors à Avignon et à Annot, mais est arrêté en 1944 par la milice et est incarcéré à Nice, puis à Belfort d'où il s'évade la même année.

De retour à Nice après la Seconde Guerre mondiale, il est accusé de collaboration avec le régime de Vichy. Le 14 mars 1945, le jury d'honneur du comité départemental de libération lève son inéligibilité[2]. Il ne se présente pas à l'élection municipale de 1945 préférant faire son retour en politique lors des élections cantonales de la même année afin de mieux préparer l'élection municipale de 1947, ce qui ne l'empêche pas néanmoins d'y recueillir 15 149 voix[2]. Petit à petit, il reconquiert tous ses mandats : conseiller général du 4e canton de Nice et député des Alpes-Maritimes en 1945 et enfin, il retrouve son siège de maire de Nice en 1947.

En 1951, il est élu président du Conseil général des Alpes-Maritimes et, en 1953, il est candidat radical à l'élection présidentielle du quatrième au septième tour et obtient un maximum de 22,31 % au cinquième tour.

De mars 1955 à janvier 1956, il est désigné par Edgar Faure secrétaire d'État à la présidence du Conseil. Lors de l'élection présidentielle de 1965, farouchement opposé à Charles de Gaulle, il soutient Jean Lecanuet au premier tour et même François Mitterrand au second.

Politiquement républicain, démocrate, indépendant et modéré, il siège dans le groupe des Indépendants de gauche, qui sous la Troisième République, sont un groupe de centre-droit, puis crée localement son propre Rassemblement des indépendants. Il n'y a qu'en 1936, qu'à la suite du succès du Front populaire, il rejoindra très brièvement le Parti populaire français. Après la Seconde Guerre mondiale, il rejoint l'Union démocratique et socialiste de la Résistance (UDSR) de Pleven et Miterrand, puis les Radicaux indépendants, composante droitière du Rassemblement des gauches républicaines (centre droit), et s'oppose au gaullisme, y préférant même la gauche la plus radicale comme le PCF. Faisant référence à Jean Médecin et à son positionnement politique, le journaliste André Passeron dans Le Monde écrit : « Dans les Alpes-Maritimes (…) une sorte de "centrisme" s'était créé avant la lettre, fait d'un mélange subtil de radicalisme, de libéralisme, de traditionalisme bien en harmonie avec la modération et la douceur de vivre[3]. » Sans doute faut-il souligner que le centrisme est relativement ancien en France et qu'il précède Jean Médecin de deux siècles.

À partir de 1961, il laisse divers mandats à son fils, Jacques Médecin, qui lui succède à la mairie de Nice à sa mort. Il réalise de grands chantiers dans la ville comme le grand réaménagement de la promenade des Anglais, le commencement de la Voie rapide, la couverture et la protection du Paillon, l'édification du Palais des expositions, de l'École hôtelière (située alors rue Louis de Copet et aujourd'hui disparue), de l'aéroport, du Centre universitaire méditerranéen, des Instituts supérieurs de droit et de lettres, du Conservatoire de musique à la villa Paradiso, des musées du palais Lascaris, de la villa des Arènes, des Ponchettes

Jean Médecin est inhumé dans le caveau familial du cimetière de Gairaut dans le nord de Nice. Les cendres de son fils Jacques l'y rejoignent[4].

Aujourd'hui, une grande avenue de Nice — l'ancienne avenue de la Victoire — porte le nom d'avenue Jean-Médecin ; les plaques de rue bilingues indiquant en nissart : Avenguda Jouan Médecin, consòu (« consul » donc comme avant 1848 et non syndic) de Nissa.

Jean Médecin était parfois surnommé « le roi Jean » ou bien encore « Jan de Nissa ».

Une résidence universitaire gérée par le CROUS a été inaugurée à l'ouest de Nice en son honneur et porte encore aujourd'hui son nom.

Mandats[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

  • « Jean Médecin », dans le Dictionnaire des parlementaires français (1889-1940), sous la direction de Jean Jolly, PUF, 1960 [détail de l’édition]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a b c d et e Michel Vives, « M. Jean Médecin était maire de Nice depuis 1928 », Le Monde,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  2. a et b Jean-Louis Panicacci, « Les élections de 1945 dans l'arrondissement de Nice » [lire en ligne (page consultée le 16 février 2020)].
  3. André Passeron, « D'une région à une autre XVI. - Provence-Côte d'Azur : les réformateurs et la gauche s'apprêtent à "faire des misères" à la majorité », Le Monde,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  4. Cimetières de France et d'ailleurs

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]