Hatra

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Hatra
al-Ḥaḍr الحضر
Ruines des temples de l'Enclos du Soleil au centre de Hatra
Ruines des temples de l'Enclos du Soleil au centre de Hatra
Localisation
Pays Drapeau de l'Irak Irak
Gouvernorat Ninawa
Région antique Mésopotamie
Coordonnées 35° 35′ 17″ N 42° 43′ 03″ E / 35.588007, 42.71754735° 35′ 17″ Nord 42° 43′ 03″ Est / 35.588007, 42.717547
Superficie environ 300 hectares

Géolocalisation sur la carte : Irak

(Voir situation sur carte : Irak)
Hatra
Hatra
Histoire
Empire parthe Ie ‑ IIIe siècles ap. J.-C.
Hatra *
Logo du patrimoine mondial Patrimoine mondial de l'UNESCO
Pays Drapeau de l'Irak Irak
Type Culturel
Critères (ii) (iii) (iv) (vi)
Superficie 324 ha
Numéro
d’identification
277
Zone géographique Asie et Pacifique **
Année d’inscription 1985 (9e session)
Classement en péril 2015
* Descriptif officiel UNESCO
** Classification géographique UNESCO

Hatra (araméen : ḥtrʾ d-šmš « Enclos du Soleil » ; arabe : al-Ḥaḍr, الحضر, « l'enclos », « l'agglomération[1] ») est une ancienne cité arabe de Mésopotamie, dans la région d'Al-Jazira, dans le Nord de l'Irak actuel ; elle s'est développée au cours des trois premiers siècles de l'ère chrétienne, en particulier au IIe siècle durant lequel elle fut à la tête d'un royaume puissant, dans la mouvance de l'empire parthe, qui résista à plusieurs sièges des armées de l'empire romain. Hatra fut un important centre religieux, dont la divinité était le Dieu-Soleil (Shamash), dont le rayonnement s'étendait aux tribus arabes voisines, et sans doute aussi un important centre caravanier. Sa culture présentait un mélange de traditions mésopotamiennes, syriennes, gréco-romaines et iraniennes, visible notamment dans les domaines religieux, architectural et artistique. Elle fut détruite après la chute des Parthes, par les Perses Sassanides d'Ardachîr Ier et Shapur Ier en 241 et abandonnée par la suite.

La ville est aujourd'hui appelée al-Hadr et se trouve dans la province de Ninawa, à environ 290 km au nord-ouest de Bagdad et 110 km au sud-ouest de Mossoul. Les ruines, dominées par plusieurs grands temples et les restes de son imposante muraille, furent fouillées aux début du XXe siècle par des archéologues allemands, puis à partir des années 1950 par des équipes irakiennes, avant d'être inscrites au patrimoine mondial de l'UNESCO en 1985, et firent l'objet d'un important plan de reconstruction de la part des autorités irakiennes. Le , le site est pillé et fait l'objet de destructions entreprises par l'organisation terroriste État islamique.

Historique[modifier | modifier le code]

L'histoire de Hatra est essentiellement reconstituée par le biais des récits de quelques historiens romains (Dion Cassius, Hérodien, Ammien Marcellin), qui l'évoquent dans le contexte des conflits entre les empires Romain et Parthe, en tant qu'ennemi du premier, donc vraisemblablement allié au second. Les sources épigraphiques retrouvées à Hatra fournissent quelques indices sur les évolutions institutionnelles et la montée en puissance des monarques de Hatra, mais ne rapportent pas d'événement politique ou militaire. Leur activité de construction est un autre indice de leur affirmation. L'histoire de cette ville est donc très mal connue.

L'essor de la ville et son contexte géographique et politique[modifier | modifier le code]

Hatra et les principales villes de Haute Mésopotamie et de Syrie à l'époque parthe.

La ville de Hatra semble émerger dans le courant du Ier siècle de notre ère. Aucune trouvaille sur le site ou source écrite n'indique qu'elle ait existé auparavant, bien qu'il y ait une ville située dans la même région mentionnée dans un texte du XVIIIe siècle av. J.-C. qui porte un nom similaire, Haṣaru, construit sur la même racine sémitique signifiant « enclos »[2].

La Haute Mésopotamie était dominée par les Parthes depuis les années 120-110 av. J.-C. Elle était peuplée par des populations parlant des dialectes araméens (les descendants des Assyriens et des Araméens de la première moitié du Ier millénaire av. J.‑C., que les textes de l'époque désignaient à plusieurs reprises par les termes « Assyriens » ou « Syriens »[3]), et des tribus arabes qui s'étaient implantées dans la région depuis le milieu du Ier millénaire av. J.‑C., en particulier autour de Hatra et dans la région du moyen Euphrate. Les auteurs Grecs et Romains qualifiaient d'ailleurs cet espace d'« Arabie »[4].

Le site de Hatra était situé dans un espace qui semble avoir été peu occupé par le passé, souvent caractérisé de désertique, car on n'y trouve qu'un seul cours d'eau non pérenne, le wadi Tharthar. Cette région, la basse Djézireh, est une zone de plateaux située à la limite de la zone où l'agriculture sèche est possible : plusieurs villages et fermes contemporains ont été repérés dans son voisinage, surtout au nord en direction duquel les pluies se font plus abondantes, ce qui indique qu'il y avait là une mise en culture. Il s'agissait sans doute plutôt de sites saisonniers occupés par des populations semi-nomades, même si certains villages furent sans doute occupés en permanence par des communautés d'agriculteurs sédentaires. Au sud de Hatra en revanche, la steppe dominait et il y avait peu d'habitats fixes. Cette région devait alors voir la cohabitation des populations pratiquant un semi-nomadisme pastoral et celles pratiquant l'agriculture permanente[5]. La ville principale située dans le voisinage de Hatra était Assur, située à une cinquantaine de kilomètres à l'ouest sur le Tigre. C'était un centre important depuis plusieurs millénaires, ancienne capitale de l'Assyrie, qui connut un regain de prospérité au début du Ier millénaire. Cette ville semblerait avoir servi tout comme Hatra de point d'ancrage de l'autorité des Parthes dans la partie occidentale de la Haute Mésopotamie[6].

Les causes du développement de Hatra sont discutées : on met souvent en avant le rôle du commerce caravanier, la ville étant située sur la route reliant Ctésiphon, la capitale des Parthes, avec la Syrie, notamment le nœud routier de Nisibe, et figurant sur la Table de Peutinger comme une étape sur cet axe[7]. Mais il n'y a pas vraiment d'indices plaidant en faveur d'un rôle majeur du commerce dans la vie de la cité (comme les inscriptions de marchands retrouvées à Palmyre). Une explication plus couramment retenue est son rôle en tant que sanctuaire religieux servant pour les populations sédentaires et nomades de la région, adorant le dieu du Soleil et les autres grandes divinités de la ville[8]. Mais la réalité est sans doute plus complexe, plusieurs facteurs ayant dû jouer, dont celui du développement de l'arrière-pays agricole qui n'était pas forcément aussi pauvre que ce qu'on pense généralement[9]. Le facteur politique aurait également eu son rôle. Hatra semble s'être affirmée en tant qu'entité politique vassale des Parthes, qui dominaient alors la Mésopotamie et le plateau Iranien. Selon Javier Teixidor qui résume la position dominante, « Hatra, ville formée par des peuplades arabes, aurait été organisée par les Parthes et serait devenu un royaume dans la première moitié du IIe siècle[10]. » Le royaume de Hatra est en effet souvent vu comme une sorte d'État-tampon entre l'Empire romain et les Parthes, et jouissait d'une quasi indépendance : les Parthes semblent en effet peu s'être préoccupé des affaires de leurs vassaux-alliés tant qu'ils ne contrecarraient pas leurs projets et leur apportaient leur soutien lorsqu'il était requis. Mais les relations entre Hatra et les Parthes étant très mal documentées, leur reconstruction par les historiens reposent sur des hypothèses plausibles mais non démontrables (aucun texte n'évoque d'ailleurs Hatréens et Parthes combattant côte-à-côte). Cela a sans doute pour conséquence de minimiser le rôle propre des souverains de Hatra, dont la politique extérieure est généralement pensée sous le prisme de la dualité entre Parthes et Romain[11].

La période d'affirmation[modifier | modifier le code]

Carte des mouvements des troupes à l'époque du siège de Hatra par Trajan en 117.

Le premier auteur à mentionner l'existence de Hatra, Dion Cassius, le fait pour évoquer le siège infructueux de la ville conduit par l'empereur romain Trajan en 116-117, alors qu'il revenait d'une campagne en Babylonie contre les Parthes et qu'il faisait face à une insurrection des pays qu'il a laissé derrière lui après la première partie de la campagne (qui a débuté en 114). L'historien évoque une ville ni riche ni prospère, qui n'avait pas encore l'envergure qu'elle devait prendre dans les années suivantes, et pourtant ses habitants furent en mesure d'opposer une résistance vigoureuse aux assiégeants[12]. Le siège aurait échoué parce que les troupes romaines, éprouvées par le climat désertique et menées par un empereur à la santé déclinante (il devait mourir peu après) auraient manqué d'eau et de bois pour le conduire à son terme :

« Ensuite il partit pour l'Arabie et attaqua les Hatréens, qui, eux aussi, avaient fait défection. Leur ville n'est ni grande ni riche, et le pays d'alentour est un vaste désert ; il a fort peu d'eau (et encore ce peu est-il détestable), il n'a pas de bois ni de pâturages. Ces obstacles, qui, par leur nombre, rendent un siège impossible, et le Soleil, à qui elle est comme consacrée, suffisent pour défendre la ville ; car ni Trajan alors, ni Sévère dans la suite, ne purent la prendre, bien qu'ils aient démoli des portions de ses murailles. Trajan, qui avait détaché sa cavalerie, éprouva un échec si notable, qu'elle fut repoussée jusque dans le camp, et que lui-même, qui s'était avancé à cheval avec elle, manqua de peu d'être blessé, bien qu'ayant quitté le vêtement impérial de peur d'être reconnu. Mais, en voyant, la majesté de sa chevelure blanche et la dignité de son visage, les barbares soupçonnèrent qui il était ; ils lancèrent des flèches contre lui et tuèrent un cavalier à ses côtés. De plus, des tonnerres grondaient, des arcs-en-ciel se montraient ; des éclairs, des tourbillons, de la grêle et des foudres tombaient sur les Romains quand ils livraient un assaut. Lorsqu'ils prenaient leurs repas, des mouches, tombant dans ce qu'ils mangeaient et dans ce qu'ils buvaient, infectaient tout. Aussi Trajan, en cet état de choses, se retira, et, peu après, sa maladie commença. »

— Dion Cassius, Histoire Romaine, Livre LXVIII. 38, traduction à partir de E. Gros (1867)[13].

Il semble que la prospérité de Hatra commença après le retrait des troupes romaines. C'est en tout cas à cette époque que remonte la plus ancienne inscription trouvée sur le site qui puisse être datée avec certitude, et qui concerne la construction d'une salle du sanctuaire principal de la ville. Celle-ci était alors dirigée par un personnage appelé Worod, qui porte dans les inscriptions le titre de « Seigneur » (māryā), et qui était peut-être déjà en charge lors du siège de Trajan. Deux autres Seigneurs de Hatra, Elkûd et Ma'anû, apparaissent dans des inscriptions, mais on ne sait pas à quelle période ils ont pu régner[14].

L'époque des « Rois des Arabes »[modifier | modifier le code]

Une inscription datée de 134 évoque le Seigneur qui dirigeait alors la ville, Nashryahb, et son fils aîné Nasrû, qui semble avoir été associé à l'exercice du pouvoir. Ce dernier devint à son tour Seigneur dans les années qui suivirent. Ces deux règnes furent marqués par une intense activité de constructions : l'enceinte du grand sanctuaire fut érigée en 138 à l'initiative de Nasrû (encore prince héritier), puis au plus tard au début des années 150 ce fut la grande enceinte extérieure de la ville qui sortit de terre, étendant considérablement l'espace couvert par la cité (le tracé des murailles antérieures n'a pas été identifié par les archéologues). Plusieurs temples sont également datés de son règne. Sur les inscriptions commémorant ces actes, Nasrû se présentait également comme « grand-prêtre du dieu Soleil » (afkalā rabbā d-šamš), ce qui indique que sa fonction avait également un aspect religieux. Il était assisté dans ses fonctions par un dignitaire appelé rabbaytā, « préposé à la Maison (du dieu) », qui avait sans doute une fonction surtout religieuse (il est responsable de l'affichage des décrets légaux de la ville, dont l'origine est attribuée aux dieux)[15].

Pièce d'argent frappée sous le règne du souverain parthe Vologèse IV (147-191).

À Nasrû succéda son fils Wologash (Vologèse, nom d'origine parthe porté par plusieurs souverains de cet empire), qui fut le premier à porter le titre de « roi des Arabes » (malka di Arab), ce qui semblerait révéler une extension de l'autorité des Seigneurs de Hatra sur les territoires alentours. Cela se voit aussi dans le fait que les statues des rois furent alors dotées d'une tiare à crête caractéristique des rois vassaux de Hatra. On ne sait pas exactement dans quelles conditions cette évolution se produisit. Il est possible qu'il faille la relier aux événements entraînés par les conflits entre Parthes et Romains : dans les années 161-165, après plusieurs guerres, le roi parthe Vologèse IV perdit la moyenne vallée de l'Euphrate au profit de ses adversaires, qui lui ravirent la suzeraineté sur le royaume d'Edesse (ou Osroène). Il pourrait alors avoir cherché à augmenter la puissance de ses vassaux de Hatra pour renforcer leur place dans son dispositif de défense, en les élevant à la dignité royale et en leur conférant une autorité sur les populations voisines. Mais en l'absence de document explicite sur ce point, cela reste conjectural. Wologash ne régna sans doute pas longtemps, puisque son frère Sanatrûq Ier lui succéda au plus tard en 177[16].

Sanatrûq régna quelques années, en associant son fils Abdsimya aux affaires, lui conférant du titre de « prince héritier » (pašgrībā), avant que celui-ci ne lui succède au plus tard en 193. C'est en effet à cette date qu'il apparaît dans un texte de l'historien Hérodien, sous le nom de Barsemias, dans le cadre de la guerre civile qui avait lieu dans l'Empire romain : il envoya un contingent d'archers, à la demande du roi parthe (Vologèse V), au légat romain de la Syrie, Pescennius Niger, qui revendiquait le titre d'empereur. Mais ce dernier fut finalement vaincu par Septime Sévère. En réplique, il assiégea Hatra à deux reprises dans les années 190, essuyant deux échecs devant les solides remparts de la ville. Il eut plus de succès dans les régions situées à l'ouest de Hatra, où il installa une légion, faisant directement face à la ville[17].

La nature exacte des relations entre Hatra et les Parthes semblerait assez distante : Hérodien (III.28) évoque le fait que le roi parthe « se (voyait) tout à fait étranger à la lutte engagée entre Sévère et les Hatréens, et ne (prenait) de cette guerre aucun ombrage ». L'influence parthe paraît de moins en moins perceptible dans la région, et les rois de Hatra plus indépendants[18]. Le contexte militaire explique sans doute pourquoi le fils d'Abdsimya, Sanatrûq II, renforça les murailles de la cité en 200, alors qu'il n'était encore que prince héritier. Il régna dans les premières décennies du IIIe siècle, associant son fils Adbsimya (II) au pouvoir, mais on ne sait pas s'il lui succéda[17].

La chute de la ville et sa légende[modifier | modifier le code]

La chute de l'empire parthe face aux Perses emmenés par Ardashir, fondateur de la dynastie des Sassanides en 223, devait rebattre les cartes de la géopolitique de la Haute Mésopotamie (et de tout le Moyen-Orient). Il fallut quelques années aux troupes perses pour éliminer le dernier roi parthe et soumettre ses principaux vassaux du plateau Iranien. Ardashir se tourna ensuite vers l'ouest, contre les Romains, auxquels Sanatrûq II aurait fait appel pour éviter de partager le sort des autres serviteurs des Parthes. Une inscription trouvée à Hatra datant de 235 indique qu'une cohorte romaine y était alors stationnée[19]. La question de savoir dans quelle mesure Hatra fut allié voire un vassal des Romains durant ses dernières années est discutée[20].

Quoi qu'il en soit, la ville subit le siège des Perses, menés par Shapur Ier, le fils d'Ardashir, dans les années qui suivirent, et finalement elle fut prise en 240 dans des conditions qui ne sont pas déterminées. L'archéologie documente surtout les travaux liés au siège final des Sassanides, qui entreprirent la construction de murs de circonvallation et contrevallation reliés à leur campement[21]. La population de la ville fut manifestement déportée dans sa totalité, suivant les habitudes des vainqueurs, et jamais repeuplée car aucune trace d'occupation postérieure au siège n'a été retrouvée sur le site[19]. Lorsqu'il passa dans la région en 363 au retour de la campagne désastreuse de l'empereur Julien contre les Sassanides, l'historien Ammien Marcellin décrivit Hatra comme une « ville antique, mais entourée d’une vaste solitude et depuis longtemps déserte » (XXV.8.5).

La chute de Hatra (al-Ḥaḍr en arabe) est évoquée dans les traditions postérieures iraniennes et arabes, donnant lieu à des poèmes élégiaques sur le thème de la puissance brutalement anéantie. L'événement en lui-même reste mal établi, puisqu'il est souvent mal daté, par exemple par Ferdowsî qui le situe sous le règne de Shapur II au IVe siècle. Les récits sur la chute de Hatra rapportés par divers auteurs, notamment l'historien arabo-persan Tabari (Xe siècle)[22], suivent en gros la même trame. Le puissant roi de Hatra, issu d'une lignée illustre, aurait provoqué le roi sassanide Shapur en attaquant ses terres. Ce dernier aurait alors lancé une attaque contre lui, et assiégé sa ville, sans succès pendant plusieurs mois. La chute de la ville est imputée à la fille du roi de Hatra, la princesse Nadira, tombée amoureuse du roi perse après l'avoir aperçu du haut des murailles, lui propose son aide contre la promesse de l'épouser. La trahison est diversement rapportée : elle aurait indiquée à Shapur un rituel magique permettant de rendre inefficace le talisman protégeant les murailles de la ville, autrement imprenables, ou bien elle aurait enivré son père et livré les clefs de la ville à Shapur, ou bien aurait indiqué à ce dernier comment pénétrer dans la ville par la rivière. Une fois la ville prise, le Perse honore sa promesse de mariage, puis se rend compte lors de la nuit de noces que la princesse avait une peau extrêmement délicate en la voyant saigner après le contact avec une feuille de myrte, et demande une explication : la princesse lui dit qu'il en était ainsi grâce aux traitements prodigués à sa peau par son père, plein d'attentions envers elle. Scandalisé par le fait que sa nouvelle épouse ait pu trahir un père aussi aimant et craignant qu'elle n'en fasse de même contre lui, il la fit mettre à mort[23]. Selon certains, cette histoire serait une lointaine aïeule du conte de La Princesse au petit pois, popularisé par Hans Christian Andersen[24].

Architecture et urbanisme[modifier | modifier le code]

Plan schématique de la ville de Hatra.
Vue aérienne de l'enceinte sacrée (décembre 2007) : au premier plan, l'esplanade orientale, et au second plan le groupe monumental dominé par le grand temple à iwans de la cour occidentale.
Le groupe monumental de l'enceinte sacrée vu depuis l'est, à partir de la grande esplanade.

Dans son état final, à partir du milieu du IIe siècle, Hatra était une ville de plan grossièrement rond, selon le modèle urbanistique qui pourrait avoir été courant dans la Mésopotamie parthe puisqu'il se retrouve à Arbèles (l'ancienne Adiabène et présentement Erbil) ou Ctésiphon. En son centre s'élevait le vaste enclos du dieu Soleil, seul monument de pierre au sein d'une cité faite entièrement de brique crue. Ce sanctuaire, qui comprenait plusieurs temples à l'extrémité d'une vaste esplanade, était sans doute un lieu de pèlerinage annuel pour les Arabes de Mésopotamie. Le tissu urbain s'est progressivement constitué sans plan directeur dans toutes les directions autour de ce sanctuaire central. Il était protégé par une double muraille en briques crues. L'évolution historique du site reste mal connue en dehors de son dernier siècle d'existence, et il est difficile de savoir quels monuments sont les plus anciens, et quel aspect avait la cité avant les grands travaux du IIe siècle qui ont manifestement accompagné le véritable développement de Hatra.

La muraille[modifier | modifier le code]

Les équipes de fouilles italienne et polonaise ont repéré à proximité de l'enceinte sacrée des traces de murailles en briques crues, manifestement antérieures aux autres constructions du site. Il semblerait qu'il s'agisse là de vestiges d'une muraille qui enserrait Hatra avant la construction de l'enceinte la plus récente et la plus visible lors des fouilles, celle construite sous le règne de Nasrû au milieu du IIe siècle. Cette première enceinte serait donc celle à laquelle furent confrontées les troupes de Trajan, avant le véritable essor de Hatra qui a vu l'érection d'une muraille plus puissante englobant un espace plus vaste ainsi que celle de l'enceinte sacrée. L'espace compris dans cette première muraille ne peut être établi avec certitude tant que son tracé n'a pas été clairement identifié[25].

Le rempart principal de Hatra, courant sur environ 6 kilomètres, est bien connu par les fouilles dont il a fait l'objet. Il était précédé par un fossé et délimite un espace grossièrement circulaire. C'était un ouvrage en briques crues, reposant sur un socle en pierre d'environ 1 mètre de hauteur et 3,50 mètres de large, plus en certains endroits où il avait été renforcé après les sièges des armées romaines. On a estimé sa hauteur originelle à une dizaine de mètres. Le haut du rempart devait être coloré, si on en juge par les nombreuses plaques à glaçure bleutée qui ont été mises au jour sur ses ruines. Des tours espacées d'une trentaine de mètres défendaient la muraille, et des bastions en pierre avaient été ajoutés au dispositif pour servir à supporter des catapultes lors des sièges. Le mur principal avait été doublé vers la fin de l'existence de la ville par un petit mur intérieur servant de seconde ligne de défense. Le rempart pouvait être franchi par quatre portes situées au quatre points cardinaux, comprenant une chicane à l'entrée et une cour intérieure. Ce dispositif imposant fut donc en mesure de repousser les sièges des armées romaines, et de tenir en respect les Perses pendant deux ans. Ces derniers érigèrent face à lui un mur encerclant toute la ville (circonvallation) qui a été identifié par les archéologues, et illustre l'importance des efforts qu'ils durent consentir pour mener le siège à son terme[26].

Les monuments de l'enceinte sacrée[modifier | modifier le code]

L'enceinte sacrée, délimitant un espace rectangulaire de 320 × 435 mètres, comprenait les principaux monuments de Hatra, construits en pierre de taille, qui ont fait l'objet d'importantes reconstructions (anastyloses) par les archéologues irakiens. Le mur qui séparait cet ensemble du reste de la ville avait été érigé sous le règne de Nasrû, en 138. Il était percé de portes sur ses quatre côtés. Cette enceinte intérieure était divisée en deux par un mur transversal isolant à l'est une vaste esplanade de plan grossièrement carré et quasiment vide de constructions, les principaux édifices étant localisés dans la partie ouest de l'enceinte sacrée, le long du mur transversal ou bien dans l'espace (320 × 140 mètres) qu'il isolait. Quelques pièces devant servir de magasins ainsi que des portiques se trouvaient sur certaines sections intérieures de l'enceinte sacrée. L'entrée principale de celle-ci donnait sur l'esplanade, depuis son côté est, et comprenait trois portails encadrées par quatre tours. L'entrée n'était pas située au centre du côté de la muraille sur lequel elle était percée, mais était légèrement excentrée vers le nord, pour faire face de l'autre côté de l'esplanade aux deux temples qui semblent les plus anciens[27].

Plusieurs sanctuaires étaient disposés sur le côté ouest de l'esplanade, à proximité ou attenant au mur intérieur. La position centrale était occupée par le « temple hellénistique », dénomination donnée par les fouilleurs du site assez impropre puisque l'inspiration architecturale est surtout romaine, ou encore « temple de Marân », la divinité principale de la ville, mais en réalité on ne sait pas avec certitude quelle[s] divinité[s] étai[en]t vénérée[s] dans ce temple[27]. Son aspect était très marqué par l'influence grecque et romaine, même si son plan était original : de forme rectangulaire, il était bordé par une double rangée de colonnades, celle située sur l'extérieur étant érigée à même le sol, tandis que la seconde était surélevée sur la même terrasse que le temple à proprement parler, suivant le principe des temples à podium de type romain. La façade, dont les colonnes prennent appui sur le podium, disposait d'un fronton à archivolte, caractéristique de l'architecture syrienne d'inspiration gréco-romaine[28],[29].

Le « temple de Marân ».

L'esplanade orientale comprenait également d'autres bâtiments importants, tous situés sur son côté ouest. Au nord, bâti sur le mur transversal, se trouvait un temple dont la façade disposait de trois iwans, de grandes salles voûtées ouvertes sur un côté par un porche en forme de grand arc, caractéristiques de l'architecture de l'époque parthe et attestés sur plusieurs édifices de Hatra. Cet édifice avait été érigé sous le règne de Sanatruq Ier et dédié à la déesse Allat, représentée sur plusieurs bas-reliefs de l'édifice[30]. Dans l'angle sud-ouest de l'esplanade et en son centre se trouvaient deux autels à ciel ouvert, mal connus[31].

Au niveau du temple dit de Marân était localisés deux portails voûtés donnant accès à la partie ouest de l'enceinte sacrée. Aussitôt franchies ces deux portes on parvenait à un premier temple dit de Shahiru, bâti au même niveau de le temple précédent ; l'enceinte qui les séparait avait sans doute été érigée après les deux temples qui sont sans doute les plus anciens du site. L'entrée de ce second temple, donnant sur le sud, comprenait un porche à quatre colonnes et une porte voûtée de plein cintre ouvrant sur la cella, dans le style des iwans[28],[32].

La partie occidentale de l'enceinte sacrée était elle-même traversée par un mur transversal, qui passait par le plus vaste monument de Hatra, situé au centre de cette partie de l'enceinte sacrée. Il s'agissait d'un vaste monument long de 115 mètres, comprenant un alignement de huit rangées d'arches, dont deux iwans plus élevés que les autres, à plus de 25 mètres de hauteur et ouvrant sur deux salles voûtées de 34 × 15 mètres (l'iwan sud et l'iwan central). Ces deux grandes portes étaient bordées par de hautes colonnes engagées à chapiteaux corinthiens, les séparant de deux rangées de plus petits iwans, ceux situés au-dessus étant fermés par un mur. Le grand iwan du sud ouvrait sur un grand édifice carré (28 mètres de côté), peut-être un ajout tardif, constitué d'une pièce centrale carrée et voûtée, entourée d'un couloir lui-même voûté. Deux iwans de taille médiane se trouvaient dans la partie nord de l'édifice, ouvrant sur une même salle transversale voutée ; ils avaient sans doute été édifiés plus tardivement que le reste de la construction. Le toit de l'édifice avait disparu, mais ses tuiles glaçurées bleues ont été retrouvées lors des fouilles au sol. La pièce voûtée carrée située derrière le grand iwan du sud semble avoir été l'espace de culte principal du dieu-Soleil, le corridor qui la bordait sur ses quatre côtés ayant pu servir pour des rites de circumambulation. Les salles sur lesquelles ouvraient les plus petites portes voûtées devaient être des salles annexes du sanctuaire[33]. Les grands iwans paraissent quant à eux avoir été des lieux de réunion servant à recevoir de nombreux hôtes, comme l'indiquent les banquettes qui se trouvaient sur les bords des deux grands iwans du complexe principal. Il ne s'agissait donc pas forcément des sanctuaires à proprement parler, du moins pas au sens classique du terme, en tant que « saint des saints », quoi qu'ils semblent bien avoir disposé d'autels sur les podiums qui s'y trouvaient. Les occasions de réunions devaient être des fêtes religieuses marquées par des sacrifices et des banquets rituels abondamment attestés dans les religions sémitiques de l'époque. Ce devaient être des moments importants dans la vie politique et religieuse de la cité, durant lesquels les Seigneurs de Hatra, également grands-prêtres du dieu Soleil, recevaient les représentants des tribus de leur région et affirmaient ainsi leur rôle de « Roi des Arabes »[34].

Le grand temple de Hatra.

Deux autres sanctuaires étaient situés dans la moitié sud de la partie occidentale de l'enceinte sacrée : le « temple de Samya » et le « temple de la Triade ». Ils comprenaient tous les deux trois iwans alignés sur une même façade, celui du centre étant plus large, reproduisant en plus petite taille le modèle du temple principal[35].

Autres édifices de l'enceinte sacrée de Hatra.

Les autres constructions[modifier | modifier le code]

L'espace situé entre la muraille et l'enceinte sacrée constituait la zone d'habitations de la ville de Hatra. Les photographies aériennes du site permettent de constater qu'elle était bâtie sur une majeure partie de sa surface, et le tracé des voies principales, larges, était encore bien lisible au sol au moment des fouilles, de même que celui d'autres voies secondaires plus resserrées au tracé plus irrégulier[36]. Mais comme souvent pour les cités antiques, cette zone dépourvue de monuments majeurs n'a attiré que tardivement l'attention des archéologues et est donc moins connue que le complexe monumental.

Les équipes d'archéologues irakiens ont néanmoins repéré plusieurs édifices dans cette zone, notamment quatorze temples intra-urbains, fondés par des riches familles de la ville. Il s'agissait d'édifices de plan simple, comprenant une vaste pièce rectangulaire bordée de banquettes et ouvrant sur une petite pièce ou une simple niche qui devait comprendre l'image de la divinité vénérée dans le lieu ainsi qu'un autel. Il ne possédaient en général pas de pièces annexes. L'entrée du temple I était un iwan, comme pour les temples de l'enceinte sacrée[37].

Les équipes italiennes ont quant à elles mis au jour des secteurs résidentiels. La quinzaine de résidences explorée présente un profil de tradition mésopotamienne, caractérisé par une organisation autour d'une cour intérieure disposant d'un iwan servant d'espace de réception. Les maison de Ma'nu, proche du temple I, est la plus étendue du site (2 700 m²). Elle disposait de plusieurs unités, la principale étant organisée autour d'une cour à deux iwans se faisant face et un portique, les autres comprenant des sortes de suites avec leur propres espaces de réception, ainsi que des magasins ou des ateliers. Les mêmes équipes ont par ailleurs dégagé toute une section d'un quartier traversé par la rue allant du nord de l'enceinte sacrée jusqu'à la porte nord de la muraille de la cité. Il comprenait des bâtiments de type variés : des résidences, des chapelles, des magasins qui donnent sur la rue par des arcades. La plus vaste résidence dégagée dans ce quartier, l'« édifice A », s'étendait sur plus de 1 850 m². Elle était organisée autour d'une cour centrale à iwan, et certains de ses murs étaient décorés par des peintures ou des graffitis ; les inscriptions indiquent qu'il s'agissait de la résidence du grand prêtre de Shahiru[38]. Près de la porte nord de la muraille a également été repéré un édifice palatial comprenant une grande cour (environ 47 × 50 mètres) à deux iwans, qui n'a jamais fait l'objet de fouilles systématiques[39].

Des tombes ont par ailleurs été explorées sur le site (environ 142 repérées), surtout à l'intérieur de la ville, isolées ou bien regroupées dans des nécropoles. Il s'agit de petits édifices quadrangulaires (de 6 à 10/11 mètres de dimensions au sol), construits en pierre et disposant parfois d'un décor extérieur (des semi-colonnes engagées). Elles peuvent être constituées d'une chambre simple, ou bien divisées en deux ou trois unités constituées elles-mêmes d'une ou plusieurs pièces, sans que l'on sache ce que dissimulent ces différences (diversité culturelle, changements dans le temps ?)[40].

La civilisation de Hatra[modifier | modifier le code]

Statue féminine disposée devant les grands iwans de Hatra : sans doute la reine Ebu, épouse de Sanatrûq II, début IIIe siècle.

La prospérité de la cité venait essentiellement de l'exploitation de l'oasis qui la faisait vivre, ainsi que de l'élevage extensif pratiqué par les Nomades. Sans doute pratiquait-elle aussi le commerce caravanier, mais on n'a pas retrouvé à Hatra d'inscriptions caravanières comme à Palmyre, cité qui lui ressemblait beaucoup par ailleurs.

Inscriptions, langues et écritures[modifier | modifier le code]

Les monuments et objets d'arts de Hatra comportaient des inscriptions gravées, incisées ou peintes sur des blocs de pierre, reliefs, socles de statues. Environ 500 ont été identifiées sur le site, et sont approximativement datées du IIe siècle (seules 26 ont pu être datées avec exactitude car elles indiquaient les années dans la computation séleucide)[41].

Ces textes sont rédigés en alphabet araméen, langue dominante en Mésopotamie du Nord depuis la fin de l'empire assyrien, au VIIe siècle av. J.-C. Il s'agit plus précisément d'une des variantes orientales de l'araméen qui se retrouvent pour cette même époque sur les sites voisins d'Assur, Qabr Abu-Naïf, ou dans la région de Tikrit un peu plus au sud, et dont la graphie est également très proche d'inscriptions de sites d'Arménie (Garni). Les inscriptions de Syrie, notamment celles de Palmyre et celles en syriaque, relèvent d'une tradition occidentale différente. L'alphabet de Hatra comprend 22 lettres, est de type consonantique et se lit de gauche à droite, comme la plupart des autres alphabets sémitiques[42]. Les inscriptions sont plus ou moins soignées suivant leur style : celles de type « monumental », moins nombreuses et émanant des plus hautes autorités de la ville sont les mieux exécutées, tandis que celles de type cursif ou « pseudo-monumental », plus courantes, le sont moins[43]. Une poignée d'inscriptions en latin datent de la période finale de Hatra, quand elle abritait une garnison romaine[44].

Du point de vue typologique, « les inscriptions hatréennes peuvent être rassemblées en trois groupes selon le formulaire : simple, moyen, complexe. Parmi les premières on compte surtout les textes commémoratifs (« qu'on se souvienne de... en bien et en beauté »), qui parfois comportent la mention des divinités (« qu'on se souvienne en bien de... devant Notre-Seigneur l'Aigle »). Parmi les inscriptions dont le formulaire est moyennement articulé, il y a des textes gravés sur la base des statues (« Statue de Sanatrûq fils de Sanatrûq le maître de guerre qu'a érigé pour lui ... ») parfois avec une datation (« ...au mois de Nisan de l'an 473.... »). Il reste enfin un certain nombre de textes dont le formulaire est très articulé (par exemple les inscriptions concernant les lois de la ville) et les malédictions » (R. Bertolino)[43]. Les textes commémoratifs sont les plus nombreux. Ce corpus de textes, dominé par des inscriptions brèves, sont essentiellement de type religieux, et renseignent donc prioritairement sur ce pan de la culture de Hatra, en particulier son panthéon et quelques lois religieuses. Indirectement, l'étude des noms de personnes peut être effectuée d'après ces textes, confirmant le caractère pluriel de la civilisation locale (araméenne, arabe, iranienne), et on y trouve également des titres officiels ainsi que les noms de quelques tribus, ou bien des généalogies permettant d'identifier certaines familles. En revanche ces inscriptions ne sont pas d'un grand secours pour reconstituer l'histoire politique de la ville[45].

La religion de Hatra[modifier | modifier le code]

La religion de Hatra, connue par l'étude des inscriptions du site, de son art ainsi que celle de son architecture, a des origines diverses (mésopotamienne, syrienne, arabe, gréco-romaine, iranienne) qui se retrouvent dans ses différents aspects.

La divinité principale de Hatra est le Dieu-Soleil, šmš dans les inscriptions (littéralement « Soleil »), Shamash dans la religion mésopotamienne antique. Les pièces de monnaies de la ville la présentent comme « Hatra de Shamash » (ḥtrʾ d-šmš), c'est-à-dire l'« Enclos (sacré) du Soleil ». Ce dieu était probablement la divinité principale du complexe monumental dominant l'enceinte sacrée[46].

Les inscriptions de Hatra insistent surtout sur le culte dédié à une triade constituée de Maren (mrn) « Notre Seigneur », Marten (mrtn) « Notre Dame » et Bar-Maren (br-mrjn) « Fils de Notre Seigneur ». Cette triade constituée d'un couple et de son fils est inconnue sur des sites de Mésopotamie ou de Syrie de la même époque, et constitue donc une originalité de Hatra. La question de savoir s'il faut identifier « Notre Seigneur » comme un épithète de Shamash reste en suspens : certaines inscriptions semblent indiquer que oui, d'autres semblent au contraire les distinguer[46],[47]. Le dieu Aigle (nšrʾ, Nishra) dont parlent certaines inscriptions semble être associé à Maren et à la fonction royale.

Les autres divinités attestées par les inscriptions sont bien connues par ailleurs (notamment à Palmyre), et sont d'origines diverses. Un des temples importants de la ville, érigé sous Sanatrûq et Abdsamya, est ainsi dédié à Allat (littéralement « la Déesse »), déesse d'origine arabe, représentée sur des bas-reliefs de l'édifice renvoyant à une fête qui lui était dédiée, au cours de laquelle le souverain lui rendait hommage. Shahiru, dieu de l'Aurore (ou bien de la Lune ?), est également présent dans plusieurs inscriptions. Parmi les divinités syriennes, la ville disposait de lieux de culte dédiés à Baal-Shamin, le « Seigneur des Cieux », et à la déesse Atargatis (la « Déesse syrienne » des auteurs Grecs et Romains, à rapprocher des déesses ouest-sémitiques comme Astarté, Anat ou Asherat), et en ce qui concerne les divinités mésopotamiennes, se démarque en particulier Nergal, le dieu des Enfers, assimilé à Héraclès par les Grecs et Romains, qui semble aussi avoir eu à Hatra une fonction de protecteur des portes, temples et maisons. Se trouvent également un lieu de culte dédié au dieu-scribe Nabû et à la déesse Nannai, ainsi qu'une attestation d'une prêtresse de la déesse Ishtar d'Arbelès, une des principales déesses de l'ancienne Assyrie, et peut-être aussi un nom de personne mentionnant le dieu Assur[48].

L'exercice concret du culte dédié à ces divinités est mal connu. Les inscriptions indiquent plusieurs fonctions sacerdotales, notamment des prêtres (kmrʾ, terme araméen ; hdrptʾ terme d'origine iranienne désignant un prêtre du feu) ainsi que des économes de temples (rbytʾ) chargés des aspects logistiques du culte. Il existait des femmes prêtres, telle celle consacrée à la déesse Ishtar évoquée plus haut. Les indications sur les pratiques cultuelles proviennent de l'étude de l'architecture des bâtiments identifiés comme des temples, notamment des autels qui ont dû servir pour des sacrifices et libations, et des banquettes des grands iwans et de certains temples ayant dû servir lors de banquets rituels (traditionnellement liés au culte ancestral en Mésopotamie et en Syrie antiques). Concernant les autres pratiques religieuses, comme la divination, certains graffitis semblent être des horoscopes, et des inscriptions renvoient à la communication entre dieux et hommes par le biais de rêves (oniromancie)[49].

L'art[modifier | modifier le code]

L'art de Hatra consiste essentiellement en des sculptures : bas-reliefs retrouvés sur les murs des monuments, et stèles et statues. Il s'agit d'un ensemble de documents essentiel pour la redécouverte de l'art de la Mésopotamie à l'époque parthe.

Les monuments de Hatra étaient richement ornés. Des motifs floraux ornaient ainsi leur chapiteaux (souvent corinthiens, comme dans le Grand temple) et architraves, témoignant d'une forte inspiration gréco-romaine. Des sculptures de personnes se trouvaient sur les voûtes des grands iwans. Leurs linteaux portaient des scènes plus complexes avec des animaux fantastiques : combat de centaures, monstres marins, griffons. Les temple d'Allat a quant à lui livré un bas-relief représentant la déesse montée sur un chameau, faisant son entrée dans la ville, ce qui renvoie peut-être à un rituel religieux[50],[51].

Décorations sculptées sur les murs des temples de Hatra.
Statue représentant le dieu Nergal-Héraclès, sous son aspect courant à Hatra : homme barbu nu appuyé sur un gourdin. Musée national de Tokyo.

De nombreuses autres statues ainsi que des bas-reliefs indépendants mis au jour dans les sanctuaires représentent des divinités. Ils sont taillés dans du calcaire ou de l'albâtre, pierres extraites localement. Leur petite taille indique qu'il s'agit en général d'offrandes votives. Elles sont souvent inscrites, ce qui permet d'identifier la divinité représentée et donc l'iconographie divine de Hatra. Le Dieu-Soleil est ainsi représenté en général sous l'aspect d'un jeune homme glabre, portant deux cornes, avec des rayons de soleil émanant de sa tête. Bar-Maren, plus souvent attesté, a une apparence similaire, vêtu en général d'une tunique à manches courtes richement décorée et maintenue autour de sa taille par une ceinture faite d'une pièce d'étoffe enroulée. Le dieu hatréen le plus représenté est Nergal-Héraclès, qui a la plupart du temps l'aspect d'un homme barbu, nu, appuyé sur un gourdin, iconographie traditionnelle du dieu grec. Nabû pourrait être représenté par la statue d'une divinité vêtue d'une cuirasse et portant une barbe rectangulaire de style assyrien, mise au jour dans le temple V. L'aigle, animal-attribut de Maren, est également souvent représenté, pouvant symboliser cette divinité. Des bas-reliefs sur des stèles et des autels représentent souvent un objet religieux important à Hatra, appelé samya, un étendard constitué d'un mât sur lequel sont accrochés des symboles religieux : un croissant de lune au sommet, des disques contenant un aigle, des bustes de divinité et des anneaux ornés[52].

Les statues représentant des personnages non divins sont généralement grandeur nature, voire plus puisqu'elles font en moyenne 1,90 mètres de hauteur. Il s'agit manifestement là encore de statues votives, puisqu'elle représentent souvent une personne en train de lever la main droite, geste de prière traditionnel en Mésopotamie : elles ont donc pour fonction de représenter le dédicant et de se substituer à lui dans le temple où elles étaient installées, apparemment sur des estrades. Ces statues reprennent des codes iconographiques qui permettent de distinguer clairement le rang de la personne représentée. Les rois sont ainsi revêtus d'une tunique à manches longues dite « parthe » richement décorée, attachées par une ceinture à laquelle est souvent attachée une longue épée, un pantalon et des chaussures souples. Ils portent une coiffure caractéristique formant un grand bulbe, avec une tiare ou un diadème symbolisant leur royauté, qui est souvent orné d'un aigle, symbole du grand dieu de Hatra. Ils sont barbus, tandis que les princes, qui portent des vêtements similaires, sont glabres. Viennent ensuite les membres de l'élite sociale de Hatra : les prêtres, vêtus d'une longue tunique, pieds nus, et parfois avec un chapeau de forme conique ; les militaires, portant une longue épée et une grande cape, parfois une coiffe ronde ; les « nobles », en fait un groupe dont la fonction ne peut être déterminée, portent en général une longue tunique et un pantalon caractéristiques des élites de l'époque parthe. Les femmes sont peu représentées (13 statues connues). Elles sont vêtues d'une longue robe, sans ceinture, sur une tunique longue (chiton), et arborent de hautes coiffes tenant un voile qui tombe sur leur dos, ainsi que des bijoux, plus ou moins riches suivant leur rang social[53].

Le site de Hatra à l'époque contemporaine[modifier | modifier le code]

Redécouverte et fouilles[modifier | modifier le code]

Le site de Hatra, tombé dans l'oubli, n'est redécouvert que tardivement en raison de son isolement. Les premiers archéologues à s'y intéresser sont les équipes allemandes dirigées par Walter Andrae qui fouillent le site de Qalaat Sherqat, l'antique Assur en 1907 et repèrent ses monuments majeurs[54]. Le site ne fait cependant l'objet de fouilles systématiques qu'à partir de 1951 par des équipes irakiennes. Elles sont rapidement suivies par un important projet de reconstruction des monuments principaux du site, à savoir les temples de l'enceinte sacrée et l'enceinte elle-même. La première synthèse sur le site est publiée en 1974 par Fuad Safar et Muhammad Ali Mustafa[55],[56]. Les équipes irakiennes poursuivent leur activité sur le site jusqu'à la première guerre du Golfe, avec l'appui d'équipes italiennes lors de campagnes de 1986 à 1989 puis entre 1993 et 1997 sous la direction de Roberta Venco Ricciardi[57], et d'équipes polonaises dirigées par Michel Gawlikowski en 1990 qui se sont consacrées à l'étude du système défensif de la ville[58],[59]. Le site fut classé au patrimoine mondial de l'UNESCO en 1985[60]. Les travaux sur les résultats des fouilles, notamment les découvertes épigraphiques, se sont poursuivis depuis, et plusieurs synthèses sont venues enrichir la connaissance du site.

C'est à Hatra qu'ont été tournées les premières scènes du film l'Exorciste (1973)[61].

L'agglomération moderne est au sud du site, dans la province de Ninawa et district d'Al-Hadhra.

Destruction[modifier | modifier le code]

Le site archéologique de Hatra avant sa destruction (source UNESCO)

La plupart des œuvres d'art retrouvées avant la guerre à Hatra se trouvent au musée de Mossoul ou à celui de Bagdad où elles ont été déplacées lors de la seconde guerre du Golfe en 2003 ; une partie a alors été dérobée et est toujours recherchée. Le , le site d'Hatra a été détruit par l'organisation terroriste l'État islamique avec des explosifs et au bulldozer. Après le site archéologique de Nimrud et le musée de Mossoul, la vieille cité de Hatra avait été précisément présentée comme la prochaine cible de Daech[62],[63]. L'ampleur matérielle des dégâts, difficilement estimable, est considérable. Cette destruction de lieux prestigieux, mise en scène pour les médias, a été dénoncée par l'UNESCO comme un « crime de guerre », tout en relevant d'une entreprise pernicieuse de « nettoyage culturel » ; elle s'accompagne d'un commerce illicite mondial de certaines œuvres d'art provenant des sites détruits[64]. Le site est ajouté par l'UNESCO à la liste du Liste du patrimoine mondial en péril en juillet 2015[65].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Ḥaḍar, حضر, désigne un lieu de sédentarisation, une région peuplée de sédentaires.
  2. Joannès 2001, p. 369-370
  3. Cf. (en) R. N. Frye, « Assyria and Syria: Synonyms », dans Journal of Near Eastern Studies 51/4, 1992, p. 281–285. (en) S. Parpola, « National and Ethnic Identity in the Neo-Assyrian Empire and Assyrian Identity in Post-Empire Times », dans Journal of Assyrian Academic Studies 18/2, 2004, p. 16-21.
  4. P. Briant, État et pasteurs au Moyen-Orient ancien, Paris, 1982, p. 120-123.
  5. S. R. Hauser dans Dossier archéologie 2009, p. 72-73
  6. S. R. Hauser dans Dossier archéologie 2009, p. 76-77
  7. (it) R. Venco Ricciardi, « Hatra. Presentazione del sito », dans Topoi 10/1 2000, p. 88
  8. M. Gawlikowski dans Dossier archéologie 2009, p. 8
  9. (en) T. Kaizer, « Questions and problems concerning the sudden appearance of material culture of Hatra in the first centuries CE », dans Dirven (dir.) 2013, p. 57-72. La position du développement par la religion et de la faible importance de l'agriculture est défendue dans ce même ouvrage par (en) M. Gawlikowski, « The development of the city of Hatra », dans Dirven (dir.) 2013, p. 73-74. Voir aussi R. Venco Ricciardi et A. Perruzetto, « The ancient phases of the great sanctuary at Hatra », dans Dirven (dir.) 2013, p. 81-90.
  10. J. Teixidor, « Notes hatréennes », Syria, vol. 43/1,‎ , p. 97 (lire en ligne).
  11. Sur les questions soulevées par les relations avec Hatra et les Parthes, voir notamment (en) M. Sommer, « In the twilight. Hatra between Rome and Iran », dans Dirven (dir.) 2013, p. 33-44, (en) L. Gregoratti, « Hatra: on the West of the East », dans Dirven (dir.) 2013, p. 45-55. (en) A. de Jong, « Hatra and the Parthian Commonwealth », dans Dirven (dir.) 2013, p. 143-160 cherche à mettre en avant une interprétation reposant moins sur l'influence parthe.
  12. M. Gawlikowski dans Dossier archéologie 2009, p. 10
  13. http://remacle.org/bloodwolf/historiens/Dion/livre68.htm
  14. M. Gawlikowski dans Dossier archéologie 2009, p. 10-11
  15. M. Gawlikowski dans Dossier archéologie 2009, p. 11
  16. M. Gawlikowski dans Dossier archéologie 2009, p. 11-12 ; J. Gaslain dans Dossier archéologie 2009, p. 70-71
  17. a et b M. Gawlikowski dans Dossier archéologie 2009, p. 12-13
  18. J. Gaslain dans Dossier archéologie 2009, p. 71
  19. a et b M. Gawlikowski dans Dossier archéologie 2009, p. 13
  20. (en) B. Isaac, « Against Rome and Persia. From success to destruction », dans Dirven (dir.) 2013, p. 23-32 fait même de Hatra un État client de Rome à cette période et même dès le IIe siècle, position loin d'être partagée par les autres spécialistes.
  21. (en) S. R. Hauser, « Where is the man of Hadr, who once built it and taxed the land by the Tigris and Chaboras? On the significance of the final siege of Hatra », dans Dirven (dir.) 2013, p. 119-141.
  22. Tabari (trad. du persan par H. Zotenberg), La Chronique. Histoire des prophètes et des rois, vol. I, Arles,‎ , « De Salomon à la chute des Sassanides / Histoire du règne de Shâpour », p. 184-187.
  23. Ch. Pellat, « al-Ḥaḍr », dans Encyclopédie de l'Islam III, Louvain, 1990, p. 51-52
  24. Suivant la proposition d'A. Christensen, « La princesse sur la feuille de myrte et la princesse sur le pois », dans Acta Orientalia 14, 1936, p. 241–257. Voir les réflexions plus nuancées de (en) Ch. Sh. Kawan, « The Princess on the Pea: Andersen, Grimm and the Orient », dans Fabula 46/1-2, 2005, p. 89-115.
  25. (it) R. Venco Ricciardi dans Topoi 10/1 2000, p. 94
  26. (it) R. Venco Ricciardi dans Topoi 10/1 2000, p. 92-93 ; M. Gawlikowski dans Dossier archéologie 2009, p. 15-17
  27. a et b M. Gawlikowski dans Dossier archéologie 2009, p. 18
  28. a et b Stierlin 1987, p. 192
  29. (it) R. Parapetti et R. Venco Ricciardi, « L'architettura del santuario metropolitano di Hatra », dans Topoi 10/1 2000, p. 116-117
  30. (it) R. Parapetti et R. Venco Ricciardi dans Topoi 10/1 2000, p. 117-118
  31. (it) R. Parapetti et R. Venco Ricciardi dans Topoi 10/1 2000, p. 115 ; M. Gawlikowski dans Dossier archéologie 2009, p. 21
  32. (it) R. Parapetti et R. Venco Ricciardi dans Topoi 10/1 2000, p. 118-119 ; M. Gawlikowski dans Dossier archéologie 2009, p. 18-19
  33. Stierlin 1987, p. 195 ; (it) R. Parapetti et R. Venco Ricciardi dans Topoi 10/1 2000, p. 120-124 ; M. Gawlikowski dans Dossier archéologie 2009, p. 20-21
  34. Stierlin 1987, p. 198-199 ;(it) R. Parapetti et R. Venco Ricciardi dans Topoi 10/1 2000, p. 117-118 M. Gawlikowski dans Dossier archéologie 2009, p. 21-22
  35. (it) R. Parapetti et R. Venco Ricciardi dans Topoi 10/1 2000, p. 119-120 et 124 ; M. Gawlikowski dans Dossier archéologie 2009, p. 19
  36. (it) R. Venco Ricciardi dans Topoi 10/1 2000, p. 95
  37. (it) R. Venco Ricciardi dans Topoi 10/1 2000, p. 95-97 ; M. Gawlikowski dans Dossier archéologie 2009, p. 22-23
  38. (it) R. Venco Ricciardi dans Topoi 10/1 2000, p. 97-98. (en) R. Venco Ricciardi, « Domestic Architecture at Hatra », dans K. R. Veenhof (dir.), Houses and Households in Ancient Mesopotamia. Papers read at the 40th Rencontre Assyriologique Internationale, Leiden, July 5-8-1993, Istanbul, 1996, p. 309-321. (it) F. D. Metzger, « L'edificio A e la strada settentrionale », dans Topoi 10/1 2000, p. 179-195.
  39. (it) R. Venco Ricciardi dans Topoi 10/1 2000, p. 98-99
  40. (it) F. D. Metzger, « Hatra : gli edifici funerari », dans Topoi 10/1 2000, p. 197-215
  41. R. Bertolino dans Dossier archéologie 2009, p. 29-30
  42. (en) J. Teixidor, « Hatra Inscriptions », dans E. M. Meyers (dir.), Oxford Encyclopaedia of Archaeology in the Ancient Near East, vol. 2, Oxford et New York, 1997, p. 485-486 ; R. Bertolino dans Dossier archéologie 2009, p. 28-29
  43. a et b R. Bertolino dans Dossier archéologie 2009, p. 31
  44. R. Bertolino dans Dossier archéologie 2009, p. 30
  45. R. Bertolino dans Dossier archéologie 2009, p. 31-32
  46. a et b T. Kaizer dans Dossier archéologie 2009, p. 35
  47. E. Martínez Borolio, « Aperçu de la religion des Araméens », dans G. del Olmo Lete (dir.), Mythologie et religion des sémites occidentaux. Volume 2, Émar, Ougarit, Israël, Phénicie, Aram, Arabie, Louvain, 2008, p. 431-433
  48. T. Kaizer dans Dossier archéologie 2009, p. 36-37 ; E. Martínez Borolio, op. cit., p. 430-431 et 433-436
  49. T. Kaizer dans Dossier archéologie 2009, p. 39
  50. L. Dirven dans Dossier archéologie 2009, p. 48-49
  51. (en) A. Invernizzi, « The Investiture of Nemesis-Allat in Hatra », dans Mesopotamia 24, 1989, p. 129-175.
  52. L. Dirven dans Dossier archéologie 2009, p. 53-55
  53. L. Dirven dans Dossier archéologie 2009, p. 49-52
  54. (de) W. Andrae, Hatra nach Aufnahmen von Mitgliedern der Assur Expedition der Deutschen Orient-Gesellschaft, 2 vols., Leipzig, 1908 et 1912
  55. Stierlin 1987, p. 183
  56. (en) F. Safar et M. Ali Mustafa, Hatra, the city of the sun god, Bagdad, 1974
  57. (it) R. Venco Ricciardi, « Hatra, Città del Sole », dans Missioni archaeologiche italiane, la ricerca archeologica, antropologica, etnologica, Rome, 1997, p. 145-148
  58. (en) M. Gawlikowski, « Fortress Hatra. New Evidence on Ramparts and their history », dans Mesopotamia 29, 1994, p. 147-184
  59. (it) R. Venco Ricciardi dans Topoi 10/1 2000, p. 91-92
  60. « Hatra », sur UNESCO (consulté le 15 novembre 2015).
  61. Cf. par exemple P. Pinta, « Le saccage du patrimoine irakien par l’État islamique », sur La Vie.fr,‎ (consulté le 12 novembre 2015).
  62. « En Irak, la cité parthe de Hatra détruite par les djihadistes », sur Le Monde (consulté le 9 mars 2015).
  63. Florence Evin, « L’Etat islamique met en scène la destruction de la cité antique d’Hatra », sur Le Monde.fr,‎ (consulté le 8 avril 2015). Voir aussi D. Fuganti, « Tout va disparaître. Dernières nouvelles d'Irak », dans Archéologia n°531, avril 2015, p. 22-29.
  64. (en) « "Destruction of Hatra marks a turning point in the cultural cleansing underway in iraq" say heads of UNESCO and ISESCO », sur Unesco,‎ (consulté le 8 mai 2015) ; « Irak : l'Unesco dénonce la « destruction » par l'EI de la cité antique de Hatra », sur Le Monde.fr,‎ (consulté le 8 mai 2015)
  65. « Le site d’Hatra (Iraq) ajouté à la Liste du patrimoine en péril », sur Unesco,‎ (consulté le 15 novembre 2015).

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Introductions[modifier | modifier le code]

  • Henri Stierlin, Cités du désert : Pétra, Palmyre, Hatra, Fribourg, Office du Livre S. A., coll. « L'Art antique au Proche-Orient »,‎ (ISBN 2-8264-0074-6), « Hatra, cité libre entre Tigre et Euphrate », p. 183-208
  • (en) L. Michael White, « Hatra », dans Eric M. Meyers (dir.), Oxford Encyclopaedia of Archaeology in the Ancient Near East, vol. 2, Oxford et New York, Oxford University Press,‎ , p. 484-485
  • Francis Joannès, « Hatra », dans F. Joannès (dir.), Dictionnaire de la civilisation mésopotamienne, Paris,‎ , p. 369-372
  • (en) Rüdiger Schmitt, « Hatra », dans Encyclopædia Iranica en ligne, 2003 (consulté le 19 novembre 2015)

Synthèses[modifier | modifier le code]

  • « Dossier Hatra », TOPOI, vol. 10/1,‎ , p. 87-265 (lire en ligne)
  • Hatra, site irakien en danger : Patrimoine mondial de l'Unesco, Dijon, coll. « Les dossiers d'archéologie n°334 »,‎
  • (de) Michael Sommer, Hatra : Geschichte und Kultur einer Karawanenstadt im römisch-parthischen Mesopotamien, Mainz, Zabern,‎ (ISBN 3-8053-3252-1)
  • (en) Lucinda Dirven (dir.), Hatra : Politics, Culture and Religion between Parthia and Rome, Stuttgart, F. Steiner,‎ (ISBN 978-3-515-10412-8)

Études spécialisées[modifier | modifier le code]

  • Roberto Bertolino, Manuel d'épigraphie araméenne : le hatréen, Paris, Geuthner,‎
  • (en) Krzysztof Jakubiak, Sacral Landscape in Hatra, Varsovie, Instytut Archeologii UW,‎ (ISBN 978-83-613-7689-7)
  • (de) Sylvia Winkelmann, Katalog der parthischen Waffen und Waffenträger aus Hatra, Halle, Orientwissenschaftliches Zentrum der Martin-Luther-Universität Halle-Wittenberg,‎

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

  • (en) « Hatra », sur Encyclopædia Britannica. 2009 (consulté le 21 décembre 2009)
  • (en) « Hatra », sur Iraq Museum International (consulté le 6 avril 2015) Photographies du site et d’œuvres d'art qui y ont été exhumées, site du Musée de Bagdad.
  • (it) « Hatra », sur Centro Ricerche Archeologiche e Scavi di Torino (consulté le 11 novembre 2015) Présentation des fouilles italiennes du site, avec plans et photographies.