Tukulti-Ninurta Ier

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Extension approximative du royaume assyrien entre la fin du XIIIe et le début du XIe siècle.
Autel en albâtre portant un bas-relief montrant Tukulti-Ninurta Ier en deux postures d'adoration (debout et à genou), trouvé Assur et conservé au Vorderasiatisches Museum de Berlin.

Tukulti-Ninurta Ier (c'est-à-dire « Ninurta est mon secours») était un roi d'Assyrie de 1245 à 1208 ou 1233 à 1197 (Amélie Kuhrt).

Histoire[modifier | modifier le code]

Ascension[modifier | modifier le code]

Comme son père Salmanazar Ier, il va continuer les campagnes, et porte son empire à son apogée. Il mène des expéditions vers les pays montagneux qui entourent l'Assyrie au Nord et à l'Est, pour les obliger à payer tribut. Il s'attaque d'abord aux tribus du Zagros, les Qutî, les Uqumanî et Mehrû. Du pays de Mehrû il ramène les arbres destinés à la construction du palais d'Assur[1]. Au Nord, dans la région du Haut-euphrate connue sous le nom de Shubaru (dans la région de l'actuelle Diyarbekir), il s'attaque au royaume d'Alshe (ou Alzi). Le roi d'Alshe, dont le nom hourrite est Ehli-Teshub, subit une défaite écrasante et se réfugie au pays de Naïri. Près du lac de Van, que les Assyriens appelaient «la mer du Haut», Tukulti-Ninurta défait quarante roitelets de cette région[2], qui s'étaient coalisés contre lui. Ces régions sont limitrophes de l'empire hittite, dont le roi à cette époque est Tudhaliya IV. Ce dernier ne souhaite pas de conflit avec les Assyriens et avait envoyé à Tukulti-Ninurta une lettre l'assurant des ses bonnes intentions. C'est sans doute pendant l'expédition contre Alshe que les Assyriens franchirent l'Euphrate et ravagèrent le territoire hittite. Dans les archives royales hittites de Hattusa, on a retrouvé une lettre de Tukulti-Ninurta, qui proteste de son innocence : "On n'a pas enlevé un éclat de bois à la frontière de ton pays"[3]. Les inscriptions assyriennes contemporaines des faits ne font pas état de ce raid, mais dans ses dernières inscriptions, par contre, Tukulti-Ninurta prétend avoir remporté une grande victoire et avoir fait 28 800 prisonniers hittites[4].

C'est sans doute au cours de ces dernières campagnes que le roi kassite de Babylone Kaštiliaš IV croit pouvoir s'emparer de certains territoires assyriens : Rapiqum et le pays d'Arrapha (près de l'actuelle Kirkouk). La réaction assyrienne est implacable. Au cours d'un première campagne, Tukulti-Ninurta inflige une sévère défaite au roi kassite, qui est fait prisonnier et déporté en Assyrie. Ensuite les Assyriens assiègent la ville de Babylone, dont la prise s'accmpagne des atrocités habituelles, destructions, massacres et déportations. Toute la Basse Mésopotamie soumise est confiée à un gouverneur assyrien. De nombreux scribes figurent parmi les Babyloniens déportés en Assyrie. Ilscélèbrent la victoire assyrienne dans un poème épique connu sous le nom d'«Épopée de Tukulti-Ninurta» et contribuent à la "babylonisation" de la culture assyrienne.

Devenu maître de toute la Mésopotamie, il est non seulement roi du pays d'Assur, mais également «roi des quatre régions», «roi de Sumer et d'Akkad» et «roi de la mer du Haut et de la mer du Bas» (c'es-à-dire le lac de Van et le golfe Persique).

Réalisations[modifier | modifier le code]

Parmi ses activités de bâtisseur figure la construction d'une nouvelle capitale, Kar-Tukulti-Ninurta, située sur le Tigre en face d'Assur, approvisionnée en eau par un canal. Il y élève un temple à Assur et s'y fait construire un palais.

La civilisation assyrienne de cette période est connue par des écrits très importants, comme le recueil des Lois assyriennes, conservé sur plusieurs tablettes. L'une d'elles est en particulier consacrée au statut des femmes et de leurs biens. On possède également une compilation de décrets royaux qui nous donne une idée très précise de la vie à la cour et du harem royal. On y trouve aussi décrit le rituel du couronnement qui définit le Dieu Assur comme le véritable Roi, le souverain étant chargé sur terre de le servir, d'agrandir et d'enrichir le royaume. Dans cet empire la langue assyrienne remplace les dialectes hourrites.

Chute[modifier | modifier le code]

Il est assassiné dans son palais de Kar-Tukulti-Ninurta au cours d'une révolte fomentée par un de ses fils, Assurnasirpal et la noblesse assyrienne. Trois de ses fils lui succèdent[5].

Après sa mort, l'Empire assyrien tombe petit à petit dans le déclin et perd son influence durant environ cinq siècles.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Garelli 1969, p. 206
  2. René Grousset, Histoire de l'Arménie, Payot, 1995, p. 45
  3. Garelli 1969, p. 207
  4. Grayson 1972, p. 118
  5. Hervé Reculeau, Tukulti-Ninurta. La démesure in : Dossiers d'archéologie, nov.-déc. 2011, N° 348, p. 51-52

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Albert Kirk= Grayson, Assyrian Royal Inscriptions, vol. 1, Otto Harrasowitz,‎
  • Paul Garelli, Le Proche-Orient asiatique des origines aux invasions des peuples de la mer, Presses universitaires de France, coll. « Nouvelle Clio »,‎