Grammaire de l'espéranto

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Le Fundamento de Esperanto est l’ouvrage de référence sur la grammaire de l’Espéranto.
Le Plena Manlibro de Esperanta Gramatiko est un ouvrage de grammaire adapté à ceux qui ne connaissent pas la terminologie technique habituelle.

L’espéranto est une langue agglutinante internationale construite, sans genre grammatical et avec des flexions invariables.La grammaire de l’espéranto est sans exception et ne comporte à la base que 16 règles.

Elle combine de façon relativement optimale simplicité, c'est-à-dire un petit nombre d'éléments à apprendre, régularité et clarté. Une résolution de l'Académie des Sciences en 1924 a pu parler de "chef-d'œuvre de logique et de simplicité". La grammaire est en large partie lexicalisée.

Construction des sons. L'alphabet utilisé est un alphabet latin de 28 lettres, très proche de l'alphabet français de 26 lettres. Celui-ci est diminué de 4 lettres faisant doublon (q, w, x et y) et augmenté de six lettres spécifiques surmontées d'un signe diacritique (ĉ, ĝ, ĥ, ĵ, ŝ et ŭ). Des deux règles de base de la Phonétique, la première : « un son simple = une lettre » limite radicalement les risques de faute d'orthographe, et sa réciproque « une lettre = un son », associée à la deuxième règle : « accent tonique toujours sur l'avant-dernière syllabe» - rend possible une prononciation correcte par simple lecture, même si le texte comprend des termes non connus du lecteur.

Construction des mots. Les mots sont composés d'un ou plusieurs petits mots invariables, dits morphèmes, dont le(s) plus important(s) se situe(nt) à la fin du mot. On peut distinguer d'abord quatre classes de morphèmes lexicaux très nombreux (substantifs, adjectifs, verbes infinitifs, adverbes dérivés) qui se distinguent entre eux par leur voyelle finale respectivement en -o, -a, -i et -e.

Les autres classes de morphèmes grammaticaux et fonctionnels incluent un nombre restreint d'éléments - nombre entre parenthèses -, mais ces morphèmes sont utilisés très fréquemment :

  • désinences ou finales détachables : 5 non verbales + 6 verbales ;
  • article défini (1 ); numéraux (14); pronoms :10 personnels + 10 déterminatifs ;
  • adverbes simples (10 déterminatifs+ 21 monosyllabiques+ 11 terminés en aŭ) ;
  • prépositions (35) ; conjonctions (20) ; affixes (9 préfixes et 38 suffixes). L'étude de ces 200 petits mots environ est prioritaire et permet de comprendre l'essentiel de la langue, compte tenu que la plupart des racines des mots lexicaux sont déjà connues, car issues de racines le plus souvent internationales

À partir de chaque racine invariable, on peut construire logiquement une famille de mots par différents moyens.

  • La voyelle finale des mots lexicaux permet d'identifier immédiatement leur catégorie grammaticale : -o indique un substantif, -a un adjectif, -e un adverbe dérivé, -i un verbe à l'infinitif ; le radical du mot lexical reste toujours le même ; par exemple : parol-o parole, parol-i parler, parol-a oral, parol-e oralement.
  • Les radicaux sont combinés aussi avec des Affixes (préfixes ou suffixes) réguliers et invariables. Ces derniers sont en nombre limité et n'ont généralement qu'un seul sens. Ex. mal- : idée de contraire, mal-lerta maladroit
  • Les radicaux peuvent être assemblés, le dernier étant le mot principal dit le déterminé, comme en anglais : ex. vapor-ŝipo bateau à vapeur.
  • La régularité de la construction des mots diminue le nombre de racines à apprendre dans une très forte proportion, de plus de 60%. La clarté de la langue est accrue aussi par la quasi-absence d'homonymes et la faible polysémie des mots.

Construction des phrases. Elle est généralement proche de l'ordre le plus fréquent en français et en anglais, du type Sujet Verbe Objet S-V-O. Cependant l'ordre le plus fréquent des groupes de mots n'étant pas le même selon les langues, la langue internationale autorise une grande flexibilité du fait de l'existence de la finale -n pour le groupe Objet ; dans un grand nombre de phrases, le complément d'objet direct sans préposition qui prend la finale -n est placé en premier. L'ordre des groupes de mots peut ainsi changer et s'adapter aux habitudes linguistiques de chacun, tout en restant clair, ce qui facilite la communication internationale. Ainsi l'ordre international le plus fréquent est S-V-O ; mais on a aussi fréquemment les ordres O-V-S , O-S-V etc. La finale -n, caractéristique du complément d'objet sans préposition, permet donc d'identifier immédiatement l'ordre des groupes de mots, ainsi S-V-On, On-V-S ou On-S-V.

La grammaire en 16 règles du Fundamento (Bases)[modifier | modifier le code]

Alphabet[modifier | modifier le code]

Aa,

â

Bb,

b

Cc,

ts (tsar)

Ĉĉ,

tch (tchèque)

Dd,

d

Ee,

é

Ff,

f

Gg,

g dur (gant)

Ĝĝ,

dj (adjudant)

Hh,

h anglais

fortement expiré

Ĥĥ,

RRh guttural

(jota espagnole)

Ii,

i

Jj,

y (yoga)

Ĵĵ,

j

journal

Kk,

k

Ll,

l

Mm,

m

Nn,

n

Oo,

ô

Pp,

p

Rr,

r roulé

Ss,

ss, ç

Ŝŝ,

ch (chat)

Tt,

t

Uu,

ou

Ŭŭ,

ou très bref

(comme

aoûtien)

Vv,

v

Zz,

z

Remarque. ― Les typographies qui n’ont pas les caractères ĉ, ĝ, ĥ, ĵ, ŝ, ŭ, peuvent les remplacer par ch, gh, hh, jh, sh, u.

Parties du discours[modifier | modifier le code]

  • Règle 1. L’Espéranto n’a qu’un article défini (la), invariable pour tous les genres, nombres et cas. Il n’a pas d’article indéfini.
    Remarque. ― L’emploi de l’article est le même qu’en français ou en allemand. Mais les personnes auxquelles il présenterait quelque difficulté peuvent fort bien ne pas s'en servir.
  • Règle 2. Le substantif finit toujours par 'o'. Pour former le pluriel on ajoute 'j' au singulier. La langue n’a que deux cas: le nominatif et l’accusatif. Ce dernier se forme à partir du nominatif par l’addition d’un 'n'. Les autres cas sont marqués par des prépositions: le génitif par 'de' (de), le datif par 'al' (à), l’ablatif par 'per' (par, au moyen de) ou par d’autres prépositions, selon le sens. Ex.: la patr'o ― le père; al la patr'o ― au père, de la patr'o ― du père, la patr'o'n ― le père (à l’accusatif, c.-à-d. complément direct), per la patr'o'j ― par les pères ou au moyen des pères, la patr'o'j'n ― les pères (accus. plur.), por la patr'o ― pour le père, kun la patr'o'j ― avec les pères, etc.
  • Règle 3. L’adjectif finit toujours par 'a'. Ses cas et ses nombres se marquent de la même manière que ceux du substantif. Le comparatif se forme à l’aide du mot 'pli' ― plus, et le superlatif à l’aide du mot 'plej' ― le plus. Le "que" du comparatif se traduit par 'ol' et le "de" du superlatif par 'el' (d’entre). Ex.: pli blank'a ol neĝ'o ― plus blanc que neige; mi hav'as la plej bel'a'n patr'in'o'n el ĉiu'j ― j’ai la plus belle mère de toutes.
  • Règle 4. Les adjectifs numéraux cardinaux sont invariables: unu (1), du (2), tri (3), kvar (4), kvin (5), ses (6), sep (7), ok (8), naŭ (9), dek (10), cent (100), mil (1000). Les dizaines et les centaines se forment par la simple réunion des dix premiers nombres. Aux adjectifs numéraux cardinaux on ajoute: la terminaison (a) de l’adjectif, pour les numéraux ordinaux; obl, pour les numéraux multiplicatifs; on, pour les numéraux fractionnaires; op, pour les numéraux collectifs. On met po avant ces nombres pour marquer les numéraux distributifs. Enfin, dans la langue, les adjectifs numéraux peuvent s’employer substantivement ou adverbialement. Ex.: Kvin'cent tri'dek tri ― 533; kvar'a ― 4e; tri'obl'a ― triple; kvar'on'o ― un quart; du'op'e ― à deux; po kvin ― au taux de cinq (chacun); unu'o ― (l’) unité; sep'e ― septièmement.
  • Règle 5. Les pronoms personnels sont: mi (je, moi), vi (vous, tu, toi), li (il, lui), ŝi (elle), ĝi (il, elle, pour les animaux ou les choses), si (soi), ni (nous), ili (ils, elles), oni (on). Pour en faire des adjectifs ou des pronoms possessifs, on ajoute la terminaison (a) de l’adjectif. Les pronoms se déclinent comme le substantif. Ex.: mi'n ― moi, me (accus.), mi'a ― mon, la vi'a'j ― les vôtres.
  • Règle 6. Le verbe ne change ni pour les personnes, ni pour les nombres. Ex.: mi far'as ― je fais, la patr'o far'as ― le père fait, ili far'as ― ils font.
  • Formes du verbe

Le présent est caractérisé par as; ex.: mi far'as ― je fais.

Le passé, par is: vi far'is ― vous faisiez, vous avez fait.

Le futur, par os: ili far'os ― ils feront.

Le conditionnel, par us: ŝi far'us ― elle ferait.

L’impératif, par u: far'u ― fais, faites; ni far'u ― faisons.

L’infinitif, par i: far'i ― faire.


Le participe présent actif, par 'ant': far'ant'a ― faisant, far'ant'e ― en faisant.

Le participe passé actif, par 'int': far'int'a ― ayant fait.

Le participe futur actif, par 'ont': far'ont'a ― devant faire, qui fera.

Le participe présent passif, par 'at': far'at'a ― étant fait, qu’on fait.

Le participe passé passif, par 'it': far'it'a - ayant été fait, qu’on a fait.

Le participe futur passif, par 'ot': far'ot'a ― devant être fait, qu’on fera.


La voix passive n’est que la combinaison du verbe 'esti' (être) et du participe présent ou passé du verbe passif donné. Le „de” ou le „par” du complément indirect se rendent par de. Ex.: ŝi est'as am'at'a de ĉiu'j ― elle est aimée de tous (part. prés.: la chose se fait). La pord'o est'as ferm'it'a ― la porte est fermée (part. pas.: la chose a été faite).

  • Règle 7. L’adverbe est caractérisé par e. Ses degrés de comparaison se marquent de la même manière que ceux de l’adjectif. Ex.: mi'a frat'o pli bon'e kant'as ol mi ― mon frère chante mieux que moi.
  • Règle 8. Toutes les prépositions veulent, par elles-mêmes, le nominatif.

Règles générales[modifier | modifier le code]

  • Règle 9. Chaque mot se prononce absolument comme il est écrit.
  • Règle 10. L’accent tonique se place toujours sur l’avant-dernière syllabe.
  • Règle 11. Les mots composés s’obtiennent par la simple réunion des éléments qui les forment, écrits ensemble, mais séparés par de petits traits (1). Le mot fondamental doit toujours être à la fin. Les terminaisons grammaticales sont considérées comme des mots. Ex.: vapor'ŝip'o (bateau à vapeur) est formé de: vapor ― vapeur, ŝip ― bateau, o ― terminaison caractéristique du substantif.
  • (1). Dans les lettres ou dans les ouvrages, qui s’adressent à des personnes connaissant déjà la langue, on peut omettre ces petits traits. Ils ont pour but de permettre à tous de trouver aisément, dans le dictionnaire, le sens précis de chacun des éléments du mot, et d’en obtenir ainsi la signification complète, sans aucune étude préalable de la grammaire
  • Règle 12. S’il y a dans la phrase un autre mot de sens négatif, l’adverbe ne se supprime. Ex.: mi neniam vid'is ― je n’ai jamais vu.
  • Règle 13. Si le mot marque le lieu où l’on va, il prend la terminaison de l’accusatif. Ex.: kie vi est'as? ― où êtes-vous? kie'n vi ir'as? ― où allez-vous? mi ir'as Pariz'o'n ― je vais à Paris.
  • Règle 14. Chaque préposition possède en Espéranto, un sens immuable et bien déterminé, qui en fixe l’emploi. Cependant, si le choix de celle-ci plutôt que de celle-là ne s’impose pas clairement à l’esprit, on fait usage de la préposition je qui n’a pas de signification propre. Ex.: ĝoj'i je tio ― s’en réjouir, rid'i je tio ― en rire, enu'o je la patr'uj'o ― regret de la patrie. La clarté de la langue n’en souffre aucunement, car, dans toutes, on emploie, en pareil cas, une préposition quelconque, pourvu qu’elle soit sanctionnée par l’usage. L’Espéranto adopte pour cet office la seule préposition 'je'. À sa place on peut cependant employer aussi l’accusatif sans préposition, quand aucune amphibologie n’est à craindre.
  • Règle 15. Les mots « étrangers » c.-à-d. ceux que la plupart des langues ont empruntés à la même source, ne changent pas en Espéranto. Ils prennent seulement l’orthographe et les terminaisons grammaticales de la langue. Mais quand, dans une catégorie, plusieurs mots différents dérivent de la même racine, il vaut mieux n’employer que le mot fondamental, sans altération, et former les autres d’après les règles de la langue internationale. Ex.: tragédie ― tragedi'o, tragique ― tragedi'a.
  • Règle 16. Les terminaisons des substantifs et de l’article peuvent se supprimer et se remplacer par une apostrophe. Ex.: Ŝiller’ (Schiller) au lieu de Ŝiller'o; " de l’ mond' " au lieu de " de la mondo ".

Précisions[modifier | modifier le code]

Alphabet et prononciation (règles 9,10, 16)[modifier | modifier le code]

L'alphabet[modifier | modifier le code]

L'alphabet latin est adopté par suite de sa très grande internationalité. Il est de loin le plus utilisé par 45% de la population mondiale, et le plus appris par environ 80 % de celle-ci, alors que les autres alphabets ou systèmes d'écriture utilisés sont très différents entre eux (chinois, hindi, russe, arabe etc.).

La phonétique[modifier | modifier le code]

L'espéranto (Eo) utilise les sons les plus connus dans le monde. Les cinq voyelles a, e, i, o, u existent dans quasiment toutes les langues du monde. Les consonnes de l'espéranto existent aussi dans la grande majorité des langues, même si leur écriture diffère.

L'orthographe et la prononciation sont absolument phonétiques et il y a seulement 5 sons de voyelles et 23 de consonnes (par exemple 20 voyelles et 46 phonèmes en anglais). Chaque lettre correspond à un seul son et chaque son est toujours rendu par une seule et même lettre.

Pour obtenir cette écriture phonétique régulière, l'alphabet latin traditionnel de 26 lettres a été modifié, comme dans la grande majorité des langues qui utilisent l'alphabet latin. Quatre lettres qui faisaient doublon sont supprimées (q, w, x, y), mais sont utilisées comme symboles mathématiques ou pour transcrire des noms étrangers. Les 22 autres lettres sont prononcées comme dans l'alphabet phonétique international (API, IPA), sauf c = ts. Les lettres dont la prononciation de l'A.P.I. et de l'espéranto diffèrent du français sont : e = è comme après ; g toujours dur comme gant ; h = h anglais fortement expiré ; j allemand ou russe ou A.P.I. = y français comme yoga ou yes anglais = jes (Eo) ; le r est roulé (comme en italien, occitan, par ex. prononcer lo, no, ro avec l'avant de la langue) ; u = ou français

Six lettres surmontées d'un signe diacritique (supplémentaire) ou accent sont créées. Elles correspondent pour cinq d'entre elles (avec un accent chapeau ou circonflexe) à des chuintantes et affriquées que les phonéticiens considèrent comme des sons simples: ĉ = ch anglais (tch) ; ŝ = sh anglais (ch). Les trois autres ĝ, ĵ et ĥ ont les sons respectivement du j anglais ou g anglais devant e et i (jean, gents), du j français ( ĵurnalo) et enfin du j espagnol (jota) ou ch allemand (son RRH du fond de la gorge), lettre rare, transcrite souvent Kh en Fr et En ; le ŭ bref est associé seulement aux lettres précédentes a et e, prononcés en une seule syllabe ou émission de voix par ex. comme dans miaou; , comme dans c'est où, ropo.

La prononciation de chaque lettre est toujours la même, quelle que soit sa place dans le mot ; par exemple les voyelles a, i, o, placées devant un n ne sont jamais nasales ; an = ann'. Aucune lettre n'est muette.

Dans l'alphabet les consonnes sont prononcées avec la voyelle -o du substantif : a, bo, co (tso), ĉo (tcho) ; do; e (è), fo, go ; ĝo (djo), ho (Ho), ĥo (RRo guttural), i ; j (yo), ĵo (jo), ko, lo ; mo, no, o, po ; ro (doux, italien ou occitan), so, ŝo (cho), to ; u(ou), ŭ (ou bref), vo, zo.

L'accent tonique[modifier | modifier le code]

Il est d'une fixité et d'une régularité absolue, toujours sur l'avant dernière syllabe des mots, comme dans la majorité des mots de la majorité des langues d'Europe, sans aucune exception. Par exemple paROlo = parole

Ces deux règles phonétiques (une lettre = un son et accent tonique régulier) réduisent de moitié environ la durée d'apprentissage en comparaison de la langue de communication dominante, où le plus souvent en pratique on doit apprendre d'une part l'orthographe et d'autre part la prononciation.


Morphologie ou parties du discours[modifier | modifier le code]

Les parties du discours (noms, adjectifs etc.) sont lexicalisées, c'est-à-dire sont identifiées par des finales ou d'autres petits mots grammaticaux (grammèmes).

Article défini invariable : LA (règle 1)[modifier | modifier le code]

la libro : le livre ; la libroj : les livres ;

libro : un livre ; libroj : des livres.

La suppression de l'article indéfini est effective au pluriel en anglais et allemand. Zamenhof, l'initiateur de la langue, a généralisé cette suppression au singulier. On ne traduit pas un, une, des ; ni l'article partitif (de, du, de la, des)

L'existence de genres grammaticaux n'a pas été conservée en espéranto, car elle est inutile pour la transmission de l'information, comme le montre l'exemple de l'anglais et d'autres langues très parlées (chinois, japonais...). L'existence d'un seul article défini comme en anglais simplifie considérablement l'étude de la langue internationale . La distinction féminin - masculin est rendue par un seul "suffixe" -in', qui est reconnaissable dans les langues européennes (féminine, reine, regina, queen etc.) et en chinois (yin), soit connue aujourd'hui par plus de la moitié de la population mondiale ; -in est de plus considéré comme le petit mot principal, puisqu'à la fin du mot composé (règle 11).

L'article la indique que l'on parle d'une certaine chose connue de l'interlocuteur.

L'usage de l'article est approximativement le même qu'en français. Il y a quand même quelques différences d'usage ; logiquement on ne l'emploie pas devant :

  • les noms qui sont définis par eux-mêmes : les noms propres, les titres qui les précèdent immédiatement - le roi Philippe : Reĝo Filipo-, les noms abstraits et les noms de matériaux : l'or ne rouille pas : oro ne rustas. Cependant, lorsqu'un tel nom est accompagné d'une expression le spécifiant, ou d'un qualificatif, il demande l'article : le fer de Suède ne rouille pas : la fero el Svedujo ne rustas ; la tuta Italio, toute l'Italie ;
  • le plus (plej), lorsqu'on ne désigne pas quelque chose d'unique, mais le plus haut degré de qualité ou manière : même un renard extrêmement rusé est pris à la fin : eĉ vulpo plej ruza fine estas kaptata ; mais le plus rusé des renards se fit prendre à la fin : la plej ruza el la vulpoj fine estis kaptita.
  • les adverbes : le mieux serait de… : estus plej bone…;
  • Ne pas confondre en français l'article indéfini avec le numéral un : il y avait là une personne, qui... : estis tie homo, kiu… ; il n'y avait qu'une (seule) personne : estis tie (nur) unu homo.

Le substantif (règle 2)[modifier | modifier le code]

Terminaison -o caractéristique[modifier | modifier le code]

Les substantifs reçoivent la terminaison « -o ». (Règle 2 du Fundamento)

On forme le pluriel en ajoutant « -j » au singulier, comme le pluriel grec et slave. Il existe deux cas : nominatif et accusatif. Ce dernier découle du nominatif en recevant la terminaison « -n ». Les autres cas présents dans certaines langues sont exprimés à l'aide de prépositions (« al », « de », « kun », « per », etc.).

Exemple : patro (père) ; patroj (pères). Les compléments d'objet direct et plus largement les compléments sans préposition ont la finale « -n ». patron, patrojn

Genre[modifier | modifier le code]

Comme l'anglais, l'espéranto ne connaît pas le genre grammatical, mais fait des distinctions de sexe dans son lexique. De façon générale, les mots sont neutres d'un point de vue lexical. Le sexe masculin est marqué par le préfixe vir- et le sexe féminin par le suffixe -in-, par exemple ŝafo « mouton », virŝafo « bélier », ŝafino « brebis ». De façon générale, les mots désignant une profession ou une personne sont neutres, notamment ceux marqués par des suffixes, comme -isto, -ulo, -ano, -anto. Il existe toutefois quelques mots lexicalement genrés comme frato ou damo.

Accusatif[modifier | modifier le code]

L'accusatif est le signe distinctif principalement des compléments d'objet direct -sans préposition-, mais aussi des compléments de lieu, pour préciser, quand la préposition ne l'indique pas, la direction d'un mouvement (distinction en anglais entre in et into)

Il se caractérise par la terminaison -n, comme en allemand et en grec, et il peut s'adjoindre aux noms, aux adjectifs épithètes, aux pronoms et, s'il y a un mouvement vers, aux adverbes de lieu..

Si l’on veut qu’une langue internationale excelle dans la traduction de textes originaux de toutes les cultures, l’accusatif est irremplaçable[1].

Texte de Zamenhof : "Sur l'accusatif"[modifier | modifier le code]

Zamenhof dans "Lingvaj respondoj" - Réponses sur la langue - https://web.archive.org/web/20130722062355/http://www.esperanto.org:80/Ondo/L-lr.htm#08kazoj a donné une explication complémentaire.

"Concernant l'accusatif, je peux vous donner le conseil suivant : utilisez le toujours, seulement dans les occasions où il est effectivement nécessaire; dans toutes les autres occasions où vous ne savez pas si on doit l'utiliser ou non, utilisez toujours le nominatif. L'accusatif a été introduit seulement, parce que sans lui le sens souvent ne serait pas clair mais son utilisation en cas de non nécessité enlaidit beaucoup plus la langue que sa non utilisation en cas de besoin.

L'accusatif dans notre langue ne dépend jamais de la préposition antérieure (car celle-ci par elle-même ne demande jamais l'accusatif), mais seulement du sens. Nous utilisons seulement l'accusatif dans trois cas :

a) pour montrer ce ou celui qui supporte l'action (cad. après des verbes ayant un sens actif), par exemple, 'je le bat', mi batas lin ; ' je dis le mot', mi diras la vorton"

b) pour indiquer une direction ( c'est-à-dire un mouvement vers un lieu quelconque, à la différence du mouvement sur place), si la préposition par elle-même n'indique pas ce mouvement ; par exemple nous devons différencier iri en la urbo" aller dans la ville" (où je suis déjà) et iri en la urbon, " aller en ville" "(en y rentrant) ; mais nous disons “mi venas al la celo” (ne “al la celon”) "j'arrive au but" (donc celo = but sans la lettre finale -n qui marque l'accusatif), car la préposition « al » montre déjà la direction.

c) dans tous les cas, lorsque nous ne savons pas quelle préposition utiliser, nous pouvons utiliser l'accusatif au lieu de la préposition "je", par exemple dans l'expression "j'en suis satisfait", mi kontentiĝas tion ĉi l'accusatif ne dépend pas du verbe "est satisfait" mais remplace uniquement la préposition manquante "je" (= mi kontentiĝas je tio ĉi)".


En résumé: a) et c) le cas le plus fréquent est l'accusatif d'objet, ou plus largement le complément sans préposition - S-V d'action-O-n - ;

b) ensuite c'est l'accusatif de direction - pour un complément sans une préposition indiquant la direction, quand on veut indiquer celle-ci vers (= al) - S-V de mouvement-préposition qui n'indique pas la direction)-O-n ou -O seul (selon le sens de la phrase)

L'accusatif permet de distinguer 3 grandes fonctions parmi les groupes de mots : Sujet -o ; verbe V ; complément sans préposition -on ; les autres fonctions syntaxiques sont indiquées par des prépositions.

Remarques d'approfondissement[modifier | modifier le code]

L'ordre des mots ou des groupes de mots n'intervient pas dans la distinction entre sujet et objet, entièrement assurée par l'accusatif, ce qui donne à la langue une grande souplesse. On a ainsi :

La patrino kisas la infanon. - La infanon kisas la patrino. - La patrino la infanon kisas. - La infanon la patrino kisas. - Kisas la patrino la infanon. - Kisas la infanon la patrino. Dans ce premier exemple, la phrase signifie à chaque fois « La mère embrasse l'enfant. »

La patrinon kisas la infano. - La infano kisas la patrinon. - La patrinon la infano kisas. - La infano la patrinon kisas. - Kisas la patrinon la infano. - Kisas la infano la patrinon. Dans ce second exemple, la phrase signifie à chaque fois « L'enfant embrasse la mère. »

Cependant l'ordre Sujet-Verbe-Objet (SVO), est le plus fréquent en espéranto comme dans la communication internationale : anglais, chinois, langues romanes...

On emploie l'accusatif[2] afin d'éviter toute équivoque:

  1. avec le complément d'objet direct (COD) : construction type de la phrase S-V-O-n. Ili konstruas grandan domon : « ils construisent une grande maison ».
    • cependant, lorsque l'on cite (par exemple, le nom d'un livre), on ne l'emploie pas : mi legas "Privilegia Vojo" ; li diris la vorton "libro" (il dit le mot "livre" : le mot cité, "livre", reste au nominatif).
  2. avec un complément de lieu où l'on va : Pour indiquer la direction, les mots reçoivent la terminaison « -n » de l'accusatif. (Règle 13 du Fundamento)
    1. avec des prépositions qui ne donnent pas par elles-mêmes l'idée de mouvement : la muso estas sub la lito : la souris est sous le lit ;la muso kuras sub la lito : la souris court sous le lit (mais elle ne va pas ailleurs) ; construction type : S-V de mouvement-préposition qui n'indique pas la direction -O-n. La muso kuras sub la liton : la souris court sous le lit (elle n'y était pas, elle s'y sauve). Cette distinction est comparable à celle en anglais entre in et into.
      • Le passage à un nouvel état est considéré comme un mouvement : la feino transformis lin en birdon : la fée le transforma en oiseau.
      • Cependant, les prépositions qui donnent déjà l'idée de direction (al et ĝis) , n'admettent pas l'accusatif: 'mi iras al (à, vers) la lernejo.
    2. avec des adverbes de lieu, pour exprimer la direction :
      • kie estas Riko ? –Riko estas hejme: où est R.? –R. est à la maison;
      • kien iras Riko ? – Riko iras hejmen : (vers) où va R. ? – R. va à la maison ;
  3. à la place des prépositions, si le sens reste clair ; Il a également une fonction « joker »: de même que la préposition je, il s'emploie en cas de doute, ou pour remplacer une préposition, et marque alors simplement la dépendance syntaxique (tiu tablo estas longa je du metroj - tiu tablo estas du metrojn longa « Cette table fait deux mètres de long » Couramment, pour marquer
    • la distance : homo, tri paŝojn distanca de mi : une personne, éloignée de moi (de) trois pas ;
    • le temps : mi laboris multajn jarojn : j'ai travaillé (pendant) beaucoup d'années ;
    • la date : la 15an (dekkvinan) de julio 2002 : (au)  ;
    • la mesure : la plej grandaj sableroj estas du milimetrojn longaj : les plus gros grains de sable sont longs de deux millimètres.

On n'emploie pas l'accusatif :

  1. Avec les copules : esti, iĝi, ŝajni, aspekti… car il n'y a pas de mouvement : Riko estas koko. Tiu aeroplano ŝajnas libelo : cet avion paraît une libellule.
  2. Lorsqu'un nom ou un adjectif identifie ou décrit un nom précédant comme s'il était le Prédicat (linguistique) d'une copule implicite : on l'élut (pour être) président
    • Nom qui suit immédiatement un autre, à l'accusatif ou non : oni elektis lin prezidanto : on l'élut président (mais : oni elektis lin kiel prezidanton). Li diris la vorton "libro". Ni vizitis la urbon Parizo.
    • Adjectif : Mi trovis la vinon bona : je trouvai le vin bon (= que le vin était bon ; mais mi trovis la bonan vinon : je trouvai le bon vin).

Adjectif (règle 3)[modifier | modifier le code]

Les adjectifs reçoivent la terminaison « -a ». Ils peuvent être dérivés de n'importe quelle racine, si ça a du sens. Ils se placent généralement devant le nom.

Adjectif qualificatif[modifier | modifier le code]

Ils s'accordent avec le substantif en nombre et en cas, en ajoutant respectivement et dans l'ordre -j et -n. Les comparatifs de supériorité et d'infériorité se forment à l'aide des mots «pli» ou «malpli» ; le superlatif se forme à l'aide des mots «plej» et «malplej». Le comparatif est suivi de la conjonction « ol » : pli… ol (« plus… que ») malpli… ol (« moins… que »).

Exemples : bona (bon) bona patro, bonaj patroj, bonan patron, bonajn patrojn ; malpli granda ol : moins grand(e) que ; la plej bona le (la) meilleur(e)

Numéraux (règle 4)[modifier | modifier le code]

Le système numéral de l'espéranto est rationnel et sans exceptions, comme celui du chinois, du japonais ou de l'albanais. Il est calqué sur l'arithmétique, qui, à l'aide de dix signes, écrit tous les nombres. Les dix numéraux de base ont une forme brève et pratique qui permet aisément toutes les combinaisons.

Nombres cardinaux[modifier | modifier le code]

Les nombres cardinaux sont invariables[3].

0 « nul », 1 « unu », 2 « du », 3 « tri », 4 « kvar », 5 « kvin », 6 « ses », 7 « sep », 8 « ok », 9 « naŭ », 10 « dek », 100 « cent », 1000 « mil ».

Les nombres intermédiaires se forment à l'aide de ces nombres de base selon la règle que les nombres de base (de 0 à 9) multiplient les unités supérieures (dek, cent, mil...) quand ils les précèdent et s'additionnent à elles quand ils les suivent.

Écriture en lettres[modifier | modifier le code]
  • On écrit en un mot les nombres qui se multiplient, et séparés, ceux qui s'additionnent : kvar kaj dek ok faras dudek du ("quatre plus dix huit font vingt deux").
  • Cependant, les multiples de mille s'écrivent séparés : du mil tricent (2300).
  • Les ordinaux de unu à naŭ, s'ils sont précédés d'un seul autre nombre, prennent le trait d'union : dek-unua, sescent-unua (11e, 601e).
  • Cependant : la jaro mil sepcent tridek dua (l'an 1732[e]).
  • Dans les fractionnaires, chaque élément est lié par un trait d'union : tricent-sesdek-kvinono (un 365e).
Dérivation des nombres cardinaux[modifier | modifier le code]

Les nombres peuvent se dériver :

  • en substantifs (« -o ») : nulo, unuo (unité), duo (paire), trio (triplet)
  • en adjectifs ordinaux (« -a ») : tria (troisième), sesa (sixième)
  • en fractionnaires (« -on- ») : duono (un demi)
  • en collectifs (« -op- ») : duope (à deux)
  • en multiplicatifs (« -obl- ») : duobla (double)
  • en distributifs (préposition « po ») : po kvin (à raison de 5)

Pronoms personnels, adjectifs et pronoms possessifs (règle 5)[modifier | modifier le code]

La série suivante de pronoms personnels exprime la personne grammaticale : mi « je », vi « tu » (le pronom ci est rarement employé, sauf en poésie ou dans quelques milieux)[4], li « il » (pour sujet de sexe masculin), ŝi « elle » (pour sujet de sexe féminin), ĝi « il/elle » (pronom neutre pour les choses, concepts ou êtres animés de sexe non connu ou indifférent), si « soi » ou « se » (réfléchi), ni « nous », vi « vous » (pluriel), ili « ils/elles/eux » (pour tous les cas), oni « on ». Tous prennent la marque de l'accusatif, le cas échéant.

Adjectifs et pronoms possessifs

Les adjectifs possessifs dérivent des pronoms personnels par l’ajout de la marque -a de l'adjectif. (Règle 5)

Exemples : mia « mon, ma », nia « notre », etc.

« son », « sa » et « leur(s) » se rendent par « sia(j) » (uniquement) lorsqu'ils se rapportent au sujet

Les possessifs prennent les marques du pluriel et de l'accusatif, le cas échéant. Seul si n'est pas utilisé en position de sujet.

Les pronoms possessifs sont obtenus en plaçant la devant l'adjectif : la mia etc.

Verbe (règle 6)[modifier | modifier le code]

Conjugaison[modifier | modifier le code]

La morphologie du verbe est simplifiée d'une façon incroyable[5].

a)Tous les verbes sont réguliers et se conjuguent de même ;

b) l'existence des pronoms sujets permet de réduire chaque temps à une seule forme comme pour le prétérit anglais ;

c) l'indicatif est réduit à trois temps : passé, présent, futur.

d) La disparition du subjonctif en anglais et en français parlé, sa non existence en russe prouvent que ce mode est superflu.

e) On peut se contenter d'un seul auxiliaire comme en russe, l'auxiliaire être, esti

Il y a seulement six marques finales ou désinences. Ces six finales ne varient pas pour les personnes et pour les nombres[6], et elles forment une conjugaison comprenant les trois temps fondamentaux de l'indicatif et les trois autres modes essentiels.

Cette mini conjugaison s'apprend donc beaucoup plus vite que celle de la majorité des langues européennes les plus parlées qui possèdent, compte tenu des verbes irréguliers, plus de 500 jusqu'à plus de 2000 formes verbales.

  • L'infinitif a la finale –i : far-i (faire)
  • Le présent a la finale –as : mi far-as (je fais)
  • Le passé a la finale –is : ni far-is (nous faisions/nous fîmes).
  • Le futur a la finale –os : li far-os (il fera).
  • Le conditionnel a la finale –us : vi far-us (vous feriez)
  • Le volitif a la finale –u : Far-u ! (Fais !)

Ces terminaisons permettent d'exprimer n'importe quel concept sous forme de verbe : muziko « musique » → li muzikas « il joue de la musique », ĝoja « gai » → ĝoji « se réjouir ». Cette possibilité est notamment exploitée pour former des verbes d'état à partir d'adjectifs : « elle est belle » peut se dire aussi bien ŝi belas que ŝi estas bela.

Le conditionnel est le mode du fictif, de l'irréel ; il s'emploie aussi bien en proposition principale qu'en proposition subordonnée : Mi povus, se mi volus. « Je pourrais si je voulais ». L'éventualité est plutôt rendue par le futur : Morgaŭ eble pluvos. « Il se peut qu'il pleuve demain. Il pleuvra peut-être demain ».

Le volitif est le mode de l'expression de la volonté ; il correspond en français à l'impératif (Atendu ! « Attends! Attendez ! ») et à certains usages du subjonctif quand il exprime un désir, un souhait, une volonté, ou une exigence (Li venu. « Qu'il vienne. » Kien ni iru? « Où faut-il que nous allions ? », Mi proponas ke ni laboru kune. « Je propose que nous travaillions ensemble »).

Nuances d’aspect[modifier | modifier le code]

À l'inverse du français, mais à l'exemple des langues slaves, l'espéranto ne pratique pas la concordance des temps. Leur usage relève des seules exigences de la pensée. Toute proposition conserve en subordination le même temps qu'elle aurait si elle était principale, à l'exemple du grec ancien, ce qui simplifie la question du style indirect : Mi ne sciis ke li venos. « Je ne savais pas qu'il viendrait ».

D'autres affixes permettent d'exprimer diverses nuances d'aspect :

  • le préfixe ek- pour l'aspect inchoatif (action commençante, entrée dans un état): dormi « dormir » → ek-dormi « s'endormir » ;
  • le suffixe -ad- pour l'aspect duratif (action prolongée) : labori « travailler » → labor-adi « travailler sans arrêt » ;
  • le préfixe re- pour l'aspect itératif (action répétée) : legi « lire » → re-legi « relire ».
Participes et temps composés[modifier | modifier le code]

Le système verbal comporte également des participes présents, passés et futurs, marqués respectivement par -ant-, -int- et -ont- pour la voix active et -at-, -it- et -ot- pour la voix passive. Ils peuvent se combiner à l'auxiliaire esti pour former des temps composés qui expriment l'aspect progressif avec les participes présents, le passé récent avec les participes passés, le futur proche avec les participes futurs. En pratique, l'usage de ces temps composés est assez restreint, surtout à l'actif, la préférence allant à l'usage d'adverbes temporels[7].

Exemples de participes actifs[modifier | modifier le code]
  • présent –ant– : manĝ-anta (qui mange)
  • passé –int– : manĝ-inta (qui a mangé)
  • futur –ont– : manĝ-onta (qui mangera)
Exemples de participes passifs[modifier | modifier le code]
  • présent –at– : manĝ-ata (qui est mangé)
  • passé –it– : manĝ-ita (qui a été mangé)
  • futur –ot– : manĝ-ota (qui sera mangé)

Esti (être) est le seul verbe auxiliaire : La bildo estas presita signifie oni presis la bildon (l'image est imprimée). La bildo estas presata signifie oni presas la bildon (l'image est en train d'être imprimée).

Transitivité[modifier | modifier le code]

La transitivité des verbes en espéranto est très majoritaire (plus des quatre cinquièmes des verbes) et généralement fixée[8], et il n'est pas possible de déduire régulièrement si un verbe formé par simple ajout des marques de conjugaison à un radical est ou non transitif. En revanche, deux suffixes permettent d'en modifier la valence :

  • -ig- indique que l'on provoque une action et transforme un verbe intransitif en transitif (causatif)
  • -iĝ- indique un changement interne, et transforme un verbe transitif en intransitif (décausatif). Exemples[9] :
  • turni « tourner (quelque chose) » - turn-igi « faire tourner » - turn-iĝi « tourner (faire un ou plusieurs tours) » ;
  • sidi « être assis » - sid-igi « asseoir » - sid-iĝi « s'asseoir » ;
  • blanki « être blanc » - blank-igi « blanchir (rendre blanc) » - blank-iĝi « blanchir (devenir blanc) ».

Par ailleurs, la préfixation d'une préposition aboutit généralement à transitiver un verbe intransitif :

  • naĝi « nager » → tra-naĝi « traverser à la nage » ;
  • plori « pleurer (être en pleurs) » → pri-plori « pleurer (quelque chose) ».

Adverbes dérivés (règle 7) et adverbes simples[modifier | modifier le code]

L’adverbe dérivé reçoit la terminaison « -e ». (Règle 7 du Fundamento)

Ses degrés de comparaison se marquent de la même manière que ceux de l'adjectif.

  • Exemple : rapide (rapidement)

mia frato pli bone kantas ol mi — « mon frère chante mieux que moi ».

L'adverbe de lieu en -e indique le locatif (le lieu où l'on est). L'adverbe de lieu se met à l'accusatif en -en pour indiquer la direction.

La liste des adverbes simples est dans le Vocabulaire de l'espéranto, mots fonctionnels

Prépositions (règles 8 et 14)[modifier | modifier le code]

Règle 8. Toutes les prépositions veulent, par elles-mêmes, le nominatif[10]. La désinence -n sert alors à signifier le mouvement vers la position indiquée par la préposition.

Ex. Balai la polvon sub la lito kaj ne balai ĝin sub la liton. Balayer la poussière sous le lit et non en la poussant sous le lit

Règle 14. La signification des prépositions est univoque[11].

La préposition universelle « je » a, seule, un sens variable et indique surtout le temps, l'heure et les dimensions. Elle peut être utilisée dans les cas douteux :

Mi parolas pri vi (Je parle de vous) ; Je kioma horo? (À quelle heure ?) ; Kredi je io (Croire en quelque chose).

Tous les compléments des verbes d'action qui ne sont pas introduits par une préposition prennent la désinence -n. Ex. Vojaĝi eksterlanden, Voyager à l'étranger

  • prépositions de lieu indiquant la position
    • antaŭ devant
    • malantaŭ derrière
    • apud à côté de
    • ĉe chez, tout près de
    • ĉirkaŭ autour
    • ekster hors de (sans mouvement)
    • en dans
    • inter entre
    • kontraŭ en face de, contre
    • sub sous
    • sur sur
    • super au-dessus de
  • Indiquant un mouvement:
    • al vers
    • el hors de: avec mouvement
    • post après, derrière
    • preter au-delà de: en dépassant
    • tra à travers
    • trans au-delà de: en passant par dessus
  • Prépositions de temps
    • antaŭ avant
    • antaŭ ol avant de
    • dum pendant
    • ĝis jusqu'à
    • post après, derrière
  • Indiquant un rapport logique
    • anstataŭ au lieu de
    • da de: partitif
    • de de, par après un verbe passif
    • krom sauf (excepté) ; outre, en plus de (à l'inclusion de)
    • kun avec, accompagnement
    • laŭ le long, selon
    • per au moyen de, avec
    • po à raison de
    • por pour: but
    • pri au sujet de
    • pro à cause de
    • sen sans

Tabel-vortoj ou tableau des mots simples "corrélatifs" : pronoms, adjectifs et adverbes déterminatifs[modifier | modifier le code]

Tabel-vortoj signifie « mots du tableau », ce qui n'a pas d'équivalent satisfaisant en français. Il s'agit d'une série limitée de mot-outils, présentés individuellement dans la partie « dictionnaire » du Fundamento (et non sous forme de tableau comme ci-dessous – bien qu'incontestablement, c'est sous cette forme que ces mots ont été construits).

On peut dire que chaque corrélatif consiste en une partie antérieure et une partie postérieure, mais ce sont donc des mots simples, non décomposables.

Parties antérieures : libellé des colonnes

KI- interrogatif, relatif, exclamatif ; TI- démonstratif ; I- indéfini ; ĈI- mot globalisant ; NENI- négatif
Pour l'étymologie , voir l'étymologie de l'espéranto.

Les parties postérieures : libellé des lignes :-U individu, chose individuelle ; -O non individualisé ; -A qualité, sorte; -ES possession (sujet et objet) ; -E lieu ; -AM moment, temps ; -AL cause ; -EL manière, degré ; -OM quantité.:

On peut aussi, selon la présentation initiale, distinguer d'abord la liste des indéfinis (Iu etc.) , puis rajouter devant la lettre ou le groupe de lettres caractéristique (K-, T--, Ĉ- ou NEN-).

interrogatif/relatif
(que, quoi)
démonstratif
(ce, ça)
indéfini
(quelque)
collectif
(chaque)
négatif
(non, rien, aucun)
ki– ti– i– ĉi– neni–
chose ou situation –o kio(n)
(que, quoi)
tio(n)
(cela, ça, ce)
io(n)
(quelque chose)
ĉio(n)
(tout, chaque chose)
nenio(n)
(rien, aucune chose)
individu ou désignation –u kiu(j, n)
(qui, lequel, quel)
tiu(j, n)
(celui-ci, celui-là, cet)
iu(j, n)
(quelqu'un, un certain)
ĉiu(j, n)
(tous, chacun, chaque)
neniu(j, n)
(personne, aucun)
possession –es kies
(de qui, dont)
ties
(de celui-là)
ies
(de quelqu'un)
ĉies
(de tous)
nenies
(de personne)
qualité –a kia(j, n)
(de quelle espèce de)
tia(j, n)
(tel, cette espèce de)
ia(j, n)
(une espèce de)
ĉia(j, n)
(toute espèce de)
nenia(j, n)
(aucune espèce de)
lieu –e kie(n)
(où)
tie(n)
(là)
ie(n)
(quelque part)
ĉie(n)
(partout)
nenie(n)
(nulle part)
manière –el kiel
(comment, comme)
tiel
(ainsi, tellement)
iel
(en quelque sorte)
ĉiel
(de toute manière)
neniel
(nullement)
cause –al kial
(pourquoi)
tial
(pour cette raison)
ial
(pour quelque raison)
ĉial
(pour toute raison)
nenial
(pour aucune raison)
temps –am kiam
(quand, lorsque)
tiam
(alors)
iam
(un jour)
ĉiam
(toujours)
neniam
(jamais)
quantité –om kiom
(combien)
tiom
(tant, autant)
iom
(un peu, a)
ĉiom
(tout)
neniom
(rien du tout)

les j, n entre parenthèses indiquent la possibilité pour les pronoms et adjectifs relatifs en question de se mettre à l'accusatif (-n), au pluriel (-j), ou aux deux en même temps (-jn).

Les termes en -u peuvent être employés comme pronoms (iu, quelqu'un, une certaine personne), auquel cas ils désignent toujours des êtres humains, ou comme adjectifs (iu ideo, une certaine idée).

Les termes en -o peuvent exprimer un objet (kio estas?, qu'est-ce ? ; à comparer avec kiu estas?, qui est-ce ?) ou une situation (tio estas neebla, c'est impossible).

Kiel peut, à la différence des autres formes en ki-, être adverbe et introduire des groupes nominaux (kiel ci comme toi).


Syntaxe[modifier | modifier le code]

La syntaxe de l'espéranto est essentiellement logique. Certains aspects de la syntaxe ont déjà été abordés dans les règles 11 à 16 du Fundamento et dans les sections correspondantes : l'usage de l'article la ; le complément du substantif (de, da si idée de quantité, fare de si idée de verbe au passif) ; le complément sans préposition des verbes d'action (-n) ; l'attribut des verbes d'état (sans -n) ; le pronom réfléchi si ; l'utilisation des trois modes principaux en fonction du plus ou moins grand degré de réalité d'une action : indicatif (-as, -is, -os) ; volitif (-u) ; conditionnel (-us)

Les conjonctions[modifier | modifier le code]

Les conjonctions de coordination[modifier | modifier le code]

Elles coordonnent les propositions : kaj et; ou ; ĉar car ; do donc ; sed mais etc.

Les conjonctions de subordination[modifier | modifier le code]

Elles subordonnent les propositions tial ke parce que ; por ke pour que ; ke que ; se si etc.

En espéranto, aucune conjontion de subordination n'influe sur le mode du verbe qui la suit, et seule en décide la logique.

Les mots composés (règle 11) et le rapport de possession[modifier | modifier le code]

La possibilité de créer facilement des mots composés contribue grandement à la richesse lexicale d'une langue. C'est le cas en anglais, allemand, où le mot principal est à la fin Les mots composés de l'espéranto suivent aussi ce schéma très productif : par ex., urbo-domo signifie maison de ville, hôtel de ville.

D'où la règle 11 :" Les mots composés s’obtiennent par la simple réunion des éléments qui les forment, écrits ensemble, mais séparés par de petits traits (1). Le mot fondamental doit toujours être à la fin. Les terminaisons grammaticales sont considérées comme des mots". (1) Ces petits traits sont généralement omis dans les ouvrages autres que d'initiation.

La plupart des mots en espéranto sont des mots lexicaux portant une ou plusieurs des 11 désinences (finales détachables) : une des 3 non verbales marquant la catégorie -o, -a, -e, auxquelles peuvent s'ajouter les désinences grammaticales -j, -n , ou une des 6 désinences verbales.

Les affixes[modifier | modifier le code]

Certaines racines sont utilisées principalement pour former des mots composés. On les nomme des affixes, soit une dizaine de préfixes : MAL, GE, etc., soit une quarantaine de suffixes EBL, UL, etc.Ils permettent de simplifier le vocabulaire d'une façon incroyable.

Voir la liste dans Vocabulaire de l'espéranto#Affixes

Le rapport de possession s'exprime de façon simple par la préposition de. Ce complément introduit par de peut revêtir aussi une forme adjectivale : la pordo de la ĝardeno ou la ĝardena pordo, la porte du jardin.

L'ordre des mots[modifier | modifier le code]

Le déterminant précède généralement le déterminé ou mot principal, comme pour le mot composé.

a) Sont devant le nom : l'article la tablo, la table ; le nom de nombre du tabloj, deux tables ; le possessif mia libro, mon livre ; l'adjectif la bela floro, la belle fleur

b) La négation est devant le mot qu'elle rend négatif : Li ne laboras , il ne travaille pas. Ne li laboras, ce n'est pas lui qui travaille. Li laboras ne en Parizo, ce n'est pas à Paris qu'il travaille.

c) L'adverbe se trouve devant le verbe Vi bone laboras, vous travaillez bien.

Pour le reste la place du mot ou groupe de mots à l'accusatif est relativement libre. Les ordres Sujet Verbe Objet S-V-On et On-S-V sont les deux ordres les plus fréquents. Ex. Mi amis junulinon, j'ai aimé une jeune fille ou Junulinon mi amis etc.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Claude Piron, « Structures linguistiques et accusatif », sur http://claudepiron.free.fr/ (consulté le 22 novembre 2019)
  2. Joguin Jacques, Parlons espéranto, Paris, L'Harmattan
  3. Excepté miliono million et miliardo milliard quand ils sont multipliés, et qui sont des substantifs lorsqu'ils ne sont pas suivis d'un autre nombre : du milionoj da vortoj deux millions de mots, mais du milionoj unu vortoj deux millions un mots.
  4. (Joguin 2001, p. 144)
  5. Gaston Waringhien, ABC d'espéranto à l'usage de ceux qui aiment les lettres, Paris, l'harmattan, 75 p p., p. 27
  6. les participes et les formes composées varient néanmoins en nombre.
  7. Joguin 2001, p. 112-115
  8. Anna Löwenstein, « 1000 radicaux les plus fréquents » (consulté le 7 janvier 2020)
  9. Joguin 2001, p. 127-135
  10. Les prépositions qui n'indiquent pas le mouvement peuvent être suivies de l'accusatif pour l'indiquer. Ex. la kato saltas sur la tablo (le chat saute sur la table: il est déjà sur la tabler et y fait des bonds). la kato saltas sur la tablon (le chat saute sur la table:, mais depuis un autre point de épart).
  11. Cependant, les prépositions peuvent avoir plusieurs sens, ainsi la préposition de qui introduit le complément du nom, le complément d'agent, le complément de temps (origine).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]