Grammaire de l'espéranto

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Le Fundamento de Esperanto est l’ouvrage de référence concernant la grammaire de l’Espéranto.
Le Plena Manlibro de Esperanta Gramatiko est un ouvrage de grammaire adapté à ceux qui ne connaissent pas la terminologie technique habituelle.

La grammaire de l’espéranto repose sur une très grande régularité, qui contribue à sa facilité d'apprentissage. L'absence d'exception permet d'identifier les parties du discours : la terminaison -o indique un substantif, -a un adjectif, -as un verbe au présent, et ainsi de suite pour les autres fonctions grammaticales. La formation des mots repose sur la combinaison des affixes : l’espéranto est une langue agglutinante, sans genre grammatical et avec des flexions invariables.

L’article défini[modifier | modifier le code]

Il n'existe qu'un seul article défini : « la ». (Règle 1 du Fundamento)

L'article défini « la » est invariable en genre et nombre. Son utilisation est la même qu'en français et en allemand.

Il n'y a ni article indéfini, ni article partitif.

  • la libro : le livre ;
  • libro : un livre ;
  • la libroj : les livres ;
  • libroj : des livres.

Il y a quand même quelques différences d'usage entre le français et l'espéranto : on n'emploie pas l'article la devant :
- les adverbes : le mieux serait de… : estus plej bone…;
- les noms abstraits et les noms de matériaux : l'or ne rouille pas : oro ne rustas ;

  • cependant, lorsqu'un tel nom est accompagné d'une expression le spécifiant, il demande l'article :

le fer de Suède ne rouille pas : la fero el Svedujo ne rustas ;
- un substantif épithète qui précède un nom propre : le roi Philippe : Reĝo Filipo ;
- le plus (plej), lorsqu'on ne désigne pas quelque chose d'unique, mais le plus haut degré de qualité ou manière : même un renard extrêmement rusé est pris à la fin : eĉ vulpo plej ruza fine estas kaptata ; mais le plus rusé des renards se fit prendre à la fin : la plej ruza el la vulpoj fine estis kaptita.

• Ne pas confondre en français l'article indéfini avec le numéral un : il y avait là une personne, qui... : estis tie homo, kiu… ; il n'y avait qu'une (seule) personne : estis tie (nur) unu homo.

Substantif[modifier | modifier le code]

Terminaison -o caractéristique[modifier | modifier le code]

Les substantifs reçoivent la terminaison « -o ». (Règle 2 du Fundamento)

On forme le pluriel en ajoutant « -j » au singulier. Il existe deux cas : nominatif et accusatif. Ce dernier découle du nominatif en recevant la terminaison « -n ». Les autres cas présents dans certaines langues sont exprimés à l'aide de prépositions (« al », « de », « kun », « per », etc.).

Exemple : patro (père) ; patroj (pères). Les compléments d'objet direct ont la finale « -n ». patron, patrojn

Genre[modifier | modifier le code]

Comme l'anglais, l'espéranto ne connaît pas le genre grammatical, mais fait des distinctions de sexe dans son lexique. Dans ce cas, le sexe féminin est marqué par le suffixe -in-, tiré de l'allemand et du néerlandais -in (ex. frato « frère » - fratino « sœur », vulpo « renard » - vulpino « renarde »)[1].

Accusatif[modifier | modifier le code]

L'accusatif a pour fonction essentielle de marquer le complément d'objet direct (Ili konstruas grandan domon « Ils construisent une grande maison »), et indique aussi le changement de lieu, de position ou d'état (Mi iras Parizon « Je vais à Paris », ŝanĝi akvon en glacion « changer l'eau en glace »). Une particularité de l'espéranto est que dans cet emploi l'accusatif peut également s'ajouter à l'adverbe dérivé. Enfin, l'accusatif a également une fonction « joker »: de même que la préposition je, il s'emploie en cas de doute, ou pour remplacer une préposition, et marque alors simplement la dépendance syntaxique (tiu tablo estas longa je du metroj - tiu tablo estas du metrojn longa « Cette table fait deux mètres de long »; oni pendigis lin kun la kapo malsupren - oni pendigis lin kapon malsupren « On l'a pendu la tête en bas »)[2].

L'ordre des mots n'intervient pas dans la distinction entre sujet et objet, entièrement assurée par l'accusatif. On a ainsi :

La patrino kisas la infanon. - La infanon kisas la patrino. - La patrino la infanon kisas. - La infanon la patrino kisas. - Kisas la patrino la infanon. - Kisas la infanon la patrino.

Dans ce premier exemple, la phrase signifie à chaque fois « La mère embrasse l'enfant. »

La patrinon kisas la infano. - La infano kisas la patrinon. - La patrinon la infano kisas. - La infano la patrinon kisas. - Kisas la patrinon la infano. - Kisas la infano la patrinon.

Dans ce second exemple, la phrase signifie à chaque fois « L'enfant embrasse la mère. »

Les autres fonctions syntaxiques sont indiquées par des prépositions.

Pour indiquer le mouvement, les mots reçoivent la terminaison « -n » de l'accusatif. (Règle 13 du Fundamento)

  • La kato saltas sur la tablon (Le chat saute sur la table)
  • Kien vi iras ? (Où allez-vous ?)
  • Iri antaŭen - iri supren… (Aller vers l'avant - aller vers le haut)
  • Esti antaŭe - esti supre… (Être devant - être en haut)

On emploie l'accusatif :

  1. avec le complément d'objet direct (COD) : Oni batis la malbonfarintan knabon ;
    • cependant, lorsque l'on cite (par exemple, le nom d'un livre), on ne l'emploie pas : mi legas "Privilegia Vojo" ; li diris la vorton "libro" (il dit le mot "livre" : le mot cité, "livre", reste au nominatif).
  2. avec un complément de lieu où l'on va :
    1. avec des prépositions qui ne donnent pas par elles-mêmes l'idée de mouvement :
        • la muso estas sub la tablo : la souris est sous la table ;
        • la muso kuras sub la tablo : la souris court sous la table (mais elle ne va pas ailleurs) ;
        • la muso kuras sub la tablon : la souris court sous la table (elle n'y était pas, elle s'y sauve).
      • Le passage à un nouvel état est considéré comme un mouvement : la feino transformis lin en birdon  : la fée le transforma en oiseau.
      • Cependant, les prépositions qui donnent déjà l'idée de mouvement, n'admettent pas l'accusatif: 'mi iras al (à, vers) la lernejo.
    2. avec des adverbes de lieu, pour exprimer le mouvement:
      • kie estas Riko ? –Riko estas hejme: où est R.? –R. est à la maison;
      • kien iras Riko ? – Riko iras hejmen : (vers) où va R. ? – R. va à la maison ;
  3. à la place des prépositions, si le sens reste clair ; mais, couramment, pour marquer
    • la distance : homo, tri paŝojn distanca de mi : une personne, éloignée de moi (de) trois pas ;
    • le temps : mi laboris multajn jarojn : j'ai travaillé (pendant) beaucoup d'années ;
    • la date : la 15an (dekkvinan) de julio 2002 : (au) 15 juillet 2002 ;
    • la mesure : la plej grandaj sableroj estas du milimetrojn longaj : les plus gros grains de sable sont longs de deux millimètres.

On n'emploie pas l'accusatif :

  1. Avec les copules : esti, iĝi, ŝajni, aspekti… : Riko estas koko. Tiu aeroplano ŝajnas libelo : cet avion paraît une libellule.
  2. Lorsqu'un nom ou un adjectif identifie ou décrit un nom précédant comme s'il était le prédicat d'une copule implicite : on l'élut (pour être) président
    • Nom qui suit immédiatement un autre, à l'accusatif ou non : oni elektis lin prezidanto : on l'élut président (mais : oni elektis lin kiel prezidanton). Li diris la vorton "libro". Ni vizitis la urbon Parizo.
    • Adjectif : Mi trovis la vinon bona : je trouvai le vin bon (= que le vin était bon ; mais mi trovis la bonan vinon : je trouvai le bon vin).

Adjectif[modifier | modifier le code]

Les adjectifs reçoivent la terminaison « -a ». (Règle 3 du Fundamento)

Adjectif qualificatif[modifier | modifier le code]

Ils s'accordent avec le substantif en nombre et en cas. Le comparatif se forme à l'aide du mot « pli » ; le superlatif se forme à l'aide du mot « plej ». Le comparatif est suivi de la conjonction « ol » : pli… ol (« plus… que »).

Exemples : bona (bon) bona patro, bonaj patroj, bonan patron, bonajn patrojn ; pli granda ol : plus grand(e) que

Adjectif possessif[modifier | modifier le code]

Les adjectifs possessifs dérivent des pronoms personnels par l’ajout de la marque -a de l'adjectif. (Règle 5 du Fundamento)

Exemples : mia « mon, ma », nia « notre », etc.

« son », « sa » et « leur(s) » se rendent par « sia(j) » lorsqu'ils se rapportent au sujet.

Les possessifs prennent les marques du pluriel et de l'accusatif, le cas échéant. Seul si n'est pas utilisé en position de sujet.

Pronom personnel[modifier | modifier le code]

La personne grammaticale s'exprime par la série suivante de pronoms personnels : mi « je », vi « tu/vous »[3], li « il » (pour un être vivant de sexe masculin), ŝi « elle » (pour un être vivant de sexe féminin), ĝi « il/elle » (pour les êtres vivants de sexe indéterminé ou les choses), si « soi » ou « se » (réfléchi), ni « nous », ili « ils/elles/eux » (pour tous les cas), oni « on ». Tous prennent la marque de l'accusatif, le cas échéant. (Règle 5 du Fundamento)

Verbe[modifier | modifier le code]

Conjugaison[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Conjugaisons en espéranto.

Les verbes sont réguliers. (Règle 6 du Fundamento)

Ils se caractérisent par une série de marques qui forment une conjugaison mêlant des valeurs temporelles et modales, sans varier ni pour les personnes ni les nombres[4] :

  • L'infinitif a la finale –i : fari (faire)
  • Le présent a la finale –as : mi faras (je fais)
  • Le passé a la finale –is : ni faris (nous faisions/nous fîmes).
  • Le futur a la finale –os : li faros (il fera).
  • Le conditionnel a la finale –us : vi farus (vous feriez)
  • Le volitif a la finale –u : Faru ! (Fais !)

Ces terminaisons permettent d'exprimer n'importe quel concept sous forme de verbe : muziko « musique » → li muzikas « il joue de la musique », ĝoja « gai » → ĝoji « se réjouir ». Cette possibilité est notamment exploitée pour former des verbes d'état à partir d'adjectifs : « elle est belle » peut se dire aussi bien ŝi belas que ŝi estas bela.

Le conditionnel est le mode du fictif, de l'irréel ; il s'emploie aussi bien en proposition principale qu'en proposition subordonnée : Mi povus, se mi volus. « Je pourrais si je voulais ». L'éventualité est plutôt rendue par le futur : Morgaŭ eble pluvos. « Il se peut qu'il pleuve demain. Il pleuvra peut-être demain ».

Le volitif est le mode de l'expression de la volonté ; il correspond en français à l'impératif (Atendu ! « Attends! Attendez ! ») et à certains usages du subjonctif quand il exprime un désir, un souhait, une volonté, ou une exigence (Li venu. « Qu'il vienne. » Kien ni iru? « Où faut-il que nous allions ? », Mi proponas ke ni laboru kune. « Je propose que nous travaillions ensemble »).

Nuances d’aspect[modifier | modifier le code]

À l'inverse du français, mais à l'instar des langues slaves, l'espéranto ne pratique pas la concordance des temps : Mi ne sciis ke li venos. « Je ne savais pas qu'il viendrait ».

D'autres affixes permettent d'exprimer diverses nuances d'aspect :

  • le préfixe ek- pour l'aspect inchoatif (action commençante, entrée dans un état): dormi « dormir » → ekdormi « s'endormir » ;
  • le suffixe -ad- pour l'aspect duratif (action prolongée) : labori « travailler » → laboradi « travailler sans arrêt » ;
  • le préfixe re- pour l'aspect itératif (action répétée) : legi « lire » → relegi « relire ».

Participes et temps composés[modifier | modifier le code]

Le système verbal comporte également des participes présents, passés et futurs, marqués respectivement par -ant-, -int- et -ont- pour la voix active et -at-, -it- et -ot- pour la voix passive. Ils peuvent se combiner à l'auxiliaire esti pour former des temps composés qui expriment l'aspect progressif avec les participes présents, le passé récent avec les participes passés, le futur proche avec les participes futurs. En pratique, l'usage de ces temps composés est assez restreint, surtout à l'actif, la préférence allant à l'usage d'adverbes temporels[5].

Exemples de participes actifs
  • présent –ant– : manĝanta (qui mange)
  • passé –int– : manĝinta (qui a mangé)
  • futur –ont– : manĝonta (qui mangera)
Exemples de participes passifs
  • présent –at– : manĝata (qui est mangé)
  • passé –it– : manĝita (qui a été mangé)
  • futur –ot– : manĝota (qui sera mangé)

Esti (être) est le seul verbe auxiliaire : La bildo estas presita signifie oni presis la bildon (l'image est imprimée). La bildo estas presata signifie oni presas la bildon (l'image est en train d'être imprimée).

Transitivité[modifier | modifier le code]

La transitivité des verbes en espéranto est généralement fixée, et il n'est pas possible de déduire régulièrement si un verbe formé par simple ajout des marques de conjugaison à un radical est ou non transitif. En revanche, deux suffixes permettent d'en modifier la valence :

  • -ig- indique que l'on provoque une action et transforme un verbe intransitif en transitif (causatif)
  • -iĝ- indique un changement interne, et transforme un verbe transitif en intransitif (décausatif). Exemples[6] :
  • turni « tourner (quelque chose) » - turnigi « faire tourner » - turniĝi « tourner (faire un ou plusieurs tours) » ;
  • sidi « être assis » - sidigi « asseoir » - sidiĝi « s'asseoir » ;
  • blanki « être blanc » - blankigi « blanchir (rendre blanc) » - blankiĝi « blanchir (devenir blanc) ».

Par ailleurs, la préfixation d'une préposition aboutit généralement à transitiver un verbe intransitif :

  • naĝi « nager » → tranaĝi « traverser à la nage » ;
  • plori « pleurer (être en pleurs) » → priplori « pleurer (quelque chose) ».

Adverbe[modifier | modifier le code]

L’adverbe dérivé reçoit la terminaison « -e ». (Règle 7 du Fundamento)

Ses degrés de comparaison se marquent de la même manière que ceux de l'adjectif.

  • Exemple : rapide (rapidement)

mia frato pli bone kantas ol mi—mon frère chante mieux que moi.

L'adverbe de lieu en -e indique le locatif (le lieu où l'on est). L'adverbe de lieu se met à l'accusatif en -en pour indiquer la direction.

Préposition[modifier | modifier le code]

Toutes les prépositions sont suivies du nominatif[7]. (Règle 8 du Fundamento)

La signification des prépositions est univoque[8]. (Règle 14 du Fundamento)

La préposition universelle « je » a, seule, un sens variable et indique surtout le temps, l'heure et les dimensions. Elle peut être utilisée dans les cas douteux :

  • Mi parolas pri vi (Je parle de vous)
  • Je kioma horo? (À quelle heure ?)
  • Kredi je io (Croire en quelque chose)

Négation[modifier | modifier le code]

La négation s'exprime par un seul mot. (Règle 12 du Fundamento)

Donc lorsque dans une phrase il y a un mot au sens négatif, l'adverbe de négation « ne » est alors supprimé.

  • Mi neniam fumas (Je ne fume jamais)

Tabel-vortoj[modifier | modifier le code]

Tabel-vortoj signifie « mots du tableau », ce qui n'a pas d'équivalent satisfaisant en français. Il s'agit d'une série limitée de mot-outils, présentés individuellement dans la partie « dictionnaire » du Fundamento (et non sous forme de tableau comme ci-dessous – bien qu'incontestablement, c'est sous cette forme que ces mots ont été construits).
On a parfois donné le nom de « corrélatifs » à ces mots[9], ce qui est abusif, car seuls les mots en « ki- » et en « ti- » sont corrélatifs (c'est-à-dire qui s'utilisent en relation l'un avec l'autre), et qu'il existe d'autres corrélatifs qui ne sont pas dans le tableau.

interrogatif/relatif
(que, quoi)
démonstratif
(ce, ça)
indéfini
(quelque)
collectif
(chaque)
négatif
(non, rien, aucun)
ki– ti– i– ĉi– neni–
chose ou situation –o kio(n)
(que, quoi)
tio(n)
(cela, ça, ce)
io(n)
(quelque chose)
ĉio(n)
(tout, chaque chose)
nenio(n)
(rien, aucune chose)
individu ou désignation –u kiu(j, n)
(qui, lequel, quel)
tiu(j, n)
(celui-ci, celui-là, cet)
iu(j, n)
(quelqu'un, un certain)
ĉiu(j, n)
(tous, chacun, chaque)
neniu(j, n)
(personne, aucun)
possession –es kies
(de qui, dont)
ties
(de celui-là)
ies
(de quelqu'un)
ĉies
(de tous)
nenies
(de personne)
qualité –a kia(j, n)
(de quelle espèce de)
tia(j, n)
(tel, cette espèce de)
ia(j, n)
(une espèce de)
ĉia(j, n)
(toute espèce de)
nenia(j, n)
(aucune espèce de)
lieu –e kie(n)
(où)
tie(n)
(là)
ie(n)
(quelque part)
ĉie(n)
(partout)
nenie(n)
(nulle part)
manière –el kiel
(comment, comme)
tiel
(ainsi, tellement)
iel
(en quelque sorte)
ĉiel
(de toute manière)
neniel
(nullement)
cause –al kial
(pourquoi)
tial
(pour cette raison)
ial
(pour quelque raison)
ĉial
(pour toute raison)
nenial
(pour aucune raison)
temps –am kiam
(quand, lorsque)
tiam
(alors)
iam
(un jour)
ĉiam
(toujours)
neniam
(jamais)
quantité –om kiom
(combien)
tiom
(tant, autant)
iom
(un peu, a)
ĉiom
(tout)
neniom
(rien du tout)

(les j, n entre parenthèses indiquent la possibilité pour les relatifs en question de se mettre à l'accusatif (n), au pluriel (j), ou aux deux en même temps (jn).)

Les termes en -u peuvent être employés comme pronoms (iu, quelqu'un, une certaine personne), auquel cas ils désignent toujours des êtres humains, ou comme adjectifs (iu ideo, une certaine idée).
Les termes en -o peuvent exprimer un objet (kio estas?, qu'est-ce ? ; à comparer avec kiu estas?, qui est-ce ?) ou une situation (tio estas neebla, c'est impossible).

Kiel peut, à la différence des autres formes en ki-, être adverbe et introduire des groupes nominaux (kiel ci comme toi).

Autres éléments de langue[modifier | modifier le code]

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Prononciation[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Prononciation de l'espéranto.

Chaque mot se prononce comme il s'écrit et s'écrit comme il se prononce[10]. (Règle 9 du Fundamento)

L’accent tonique est toujours sur l'avant-dernière syllabe. (Règle 10 du Fundamento)

Le substantif singulier sans accusatif et l'article défini peuvent perdre leur dernière voyelle qui est alors remplacée par une apostrophe. (Règle 16 du Fundamento)

Formation des mots[modifier | modifier le code]

Les mots internationaux, c'est-à-dire adoptés par un très grand nombre de langues sont employés en espéranto en leur appliquant l'orthographe et la terminaison espérantistes correspondantes. (Règle 15 du Fundamento)

Mais quand, dans une catégorie, plusieurs mots différents dérivent de la même racine, il vaut mieux n'employer que le mot fondamental, sans altération, et former les autres d'après les règles de la langue internationale.

  • Exemples : teatro (théâtre), lifto (ascenseur), radaro (radar)…

Composition des mots[modifier | modifier le code]

Ils se forment par simple juxtaposition, en accolant les racines ; le mot principal qui donne la signification essentielle se trouve à la fin. (Règle 11 du Fundamento)

  • Exemples : Birdokanto (Chant d'oiseau). Junulasocio (association de jeunes).

Nombres[modifier | modifier le code]

Nombre cardinal[modifier | modifier le code]

Les nombres cardinaux sont invariables[11]. (Règle 4 du Fundamento)

0 « nul », 1 « unu », 2 « du », 3 « tri », 4 « kvar », 5 « kvin », 6 « ses », 7 « sep », 8 « ok », 9 « naŭ », 10 « dek », 100 « cent », 1000 « mil ».

Les nombres intermédiaires se forment à l'aide de ces nombres de base selon la règle que les nombres de base (de 0 à 9) multiplient les unités supérieures quand ils les précèdent et s'additionnent à elles quand ils les suivent.

Écriture en lettres[modifier | modifier le code]

  • On écrit en un mot les nombres qui se multiplient, et séparés, ceux qui s'additionnent : kvar kaj dek ok faras dudek du ("quatre plus dix huit font vingt deux").
  • Cependant, les multiples de mille s'écrivent séparés : du mil tricent (2300).
  • Les ordinaux de unu à naŭ, s'ils sont précédés d'un seul autre nombre, prennent le trait d'union : dek-unua, sescent-unua (11e, 601e).
  • Cependant : la jaro mil sepcent tridek dua (l'an 1732[e]).
  • Dans les fractionnaires, chaque élément est lié par un trait d'union : tricent-sesdek-kvinono (un 365e).

Dérivation des mots[modifier | modifier le code]

Les nombres peuvent se dériver :

  • en substantifs (« -o ») : nulo, unuo (unité), duo (paire), trio (triplet)
  • en adjectifs ordinaux (« -a ») : tria (troisième), sesa (sixième)
  • en fractionnaires (« -on- ») : duono (un demi)
  • en collectifs (« -op- ») : duope (à deux)
  • en multiplicatifs (« -obl- ») : duobla (double)
  • en distributifs (préposition « po ») : po kvin (à raison de 5)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Cette distinction ne se fait que pour les êtres vivants de sexe déterminé ; il s'agit bien d'une distinction de sexe et non de genre grammatical.
  2. Joguin 2001, p. 61-67
  3. La distinction T(u)-V(ous) n'existe pas en espéranto ; bien qu'il existe cependant une deuxième personne du singulier, (ci), elle ne s'emploie réellement qu'en poésie. (Joguin 2001, p. 144)
  4. les participes et les formes composées varient néanmoins en nombre.
  5. Joguin 2001, p. 112-115
  6. Joguin 2001, p. 127-135
  7. cette règle, étrangement, est fausse. Depuis Zamenhof, les prépositions peuvent être suivies de l'accusatif pour indiquer un mouvement.
  8. Cependant, les prépositions peuvent avoir plusieurs sens, ainsi la préposition de qui introduit le complément du nom, le complément d'agent, le complément de temps (origine).
  9. Dictionnaire de poche et Dictionnaire Pratique (2000) de SAT-AMIKARO. Toutefois ce terme est abandonné dans les rééditions en cours de révision.
  10. notons cependant les affriquées c et ĉ dont la différence avec ts et n'est pas forcément claire.
  11. Excepté miliono million et miliardo milliard quand ils sont multipliés, et qui sont des substantifs lorsqu'ils ne sont pas suivis d'un autre nombre : du milionoj da vortoj deux millions de mots, mais du milionoj unu vortoj deux millions un mots.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]