Verda Majo

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Verda Majo

Description de l'image  Teru Hasegawa.JPG.
Nom de naissance Hasegawa Teru
Activités écrivain
espérantiste
résistante
Naissance
Yamanashi, Drapeau du Japon Japon
Décès (à 34 ans)
Drapeau de la République de Chine République de Chine
Langue d'écriture japonais, espéranto

Hasegawa Teru, 長谷川 テル (7 mai 1912, préfecture de Yamanashi - 10 janvier 1947), connue par les espérantophones sous le nom de plume Verda Majo que l'on pourrait traduire par Mai Vert. Espérantiste et pacifiste, elle partit combattre l'impérialisme de son propre pays en Chine lors de la guerre sino-japonaise en écrivant en Japonais et en Espéranto puis en exhortant à la radio les soldats Japonais à cesser ce qu'elle voyait comme une politique autodestructrice pour son pays et son gouvernement militariste.

L'étudiante[modifier | modifier le code]

Verda Majo est née en 1912 ; son père était un ingénieur civil de la région de Tokyo. À 17 ans, malgré la possibilité d'entrer à l'Université des femmes à Tokyo, elle choisit de commencer ses études à Nara. La raison était sans doute que Nara était suffisamment éloigné de Tokyo pour qu'elle puisse échapper au contrôle parental.

Elle devint une étudiante modèle, rarement vue sans un livre à la main et participait par de courts essais au magazine de son université. Puis en 1932, elle décida d'apprendre l'Espéranto. Cette décision, qui allait avoir de grandes conséquences sur sa vie, n'allait pas de soi à l'époque. En effet la dépression à l'échelle mondiale des années vingt, aggravées par le tremblement de terre de 1923, fit monter progressivement le fascisme, notamment au sein de l'armée. La situation était déjà hors de contrôle en 1931 lorsque l'armée déclencha l'occupation de la Manchourie. Pendant cette période, les principaux opposants furent assassinés, le gouvernement était trop faible et l'aile gauche de la population forma ses propres organisations socialistes, qui subissaient les répressions violentes de la police.

À l'époque, l'Espéranto, qui fut introduit au Japon en 1906, voyait sa branche "non-neutre" appeler de nombreux membres. Ainsi Verda Majo se trouva rapidement membre de l'Union Espérantiste Prolétaire Japonaise, la Japana Prolet-Esperantista Unio (JPEU). À son retour des vacances universitaire, de nombreux membres de JPEU avaient été arrêtés. Elle fut également arrêtée et emprisonnée, puis expulsée de son université et renvoyée à Tokyo. Cette expérience, au contraire de l'intimider, fortifia sa conviction de devoir résister contre les forces réactionnaires qui s'emparaient de son pays.

Ainsi à Tokyo, elle rejoignit JPEU, ainsi que la Japana Esperanto-Literatura Societo et le Klara Rondo (le cercle de Clara, en référence à Clara Zetkin, féministe marxiste allemande). Débutante en 1932, elle était déjà capable de contribuer à des articles littéraire en 1935.

La Résistante[modifier | modifier le code]

C'est ainsi qu'au printemps 1936, elle rencontra Liu Ren, un étudiant Chinois de Tokyo, et à l'automne de la même année elle annonça l'avoir épousé sans en demander le consentement à sa famille. Elle pouvait ainsi quitter le Japon et embarquer secrètement pour la Chine. Avant son départ elle brûla toutes ses lettres, articles et photographies, signifiant ainsi l'irréversibilité de son geste et la force de sa détermination.

Arrivés à Shanghai le 19 avril 1937, ils prirent contact avec l'Union Espérantiste Prolétaire Chinoise, la Ligue Espérantiste de Shanghai et contribuèrent à des articles de Ĉinio Hurlas (La Chine hurle). Liu Ren et Verda Majo atteignirent Hong Kong en février 1938, et y restèrent pour quatre mois. Si peu d'informations sont disponibles sur cette période, il est certain qu'elle fut d'une difficulté extrême. Luttant d'une part pour faire face aux besoins de base, ils se voyaient d'autre part refuser la possibilité de ce pourquoi ils avaient quitté le Japon : aider la résistance chinoise.

Mais finalement Verda Majo put approcher l'écrivain Guo Moruo, qui l'aida à trouver un poste à la station de radio du Kuomintang. Celle-ci ayant besoin d'une japanophone, le couple partit pour Wuhan où Verda Majo commença son travail pour la section de propagande internationale du Kuomintang, avant d'être évacuée pour Chongqing fin 1938. Elle y continua son travail dans des conditions de plus en plus difficiles ; en effet, les chefs du Kuomintang se montrèrent de plus en plus hostiles aux communistes. Guo Moruo fut démis de ses fonctions au sein de la section de propagande, et Verda Majo fut de ceux qui le suivirent dans son nouveau poste au sein des affaires culturelles. Elle y resta jusqu'à ce que le Japon fût vaincu et que la lutte pour le pouvoir entre le Kuomintang et les communistes chinois commençât.

En 1946, Tchang Kaï-chek et les armées du Kuomintang semblant prendre du terrain, Zhou Enlai, l'un des fondateurs du Parti communiste chinois, donna pour instruction au couple de partir pour Harbin où ils devaient occuper des postes à responsabilité.

Elle ne travailla pas en vain pour la résistance, ses émissions en japonais avait une certaine influence sur les troupes d'invasion. Certains soldats écrivirent des poèmes exprimant leur émotion à l'écoute de ses émissions, qui avaient le ton de faire sortir de leurs gonds les militaristes japonais. Les journaux de son pays natal la qualifiait de "traîtresse à la voix suave", et des lettres anonymes suggérait à son père de se suicider. Mais du côté chinois, Zhou Enlai répondait que, par son action, elle était une enfant fidèle du peuple japonais, une vraie patriote.

Verda Majo, déjà deux fois mère, décida d'avorter et contracta une infection dont elle mourut à l'âge de 34 ans. Liu Ren devint également malade et mourut quatre mois après. Deux ans après, la Chine était proclamée « république populaire ».

Les deux époux furent enterrés au cimetière des martyrs de Jiamusi.

Plus tard, les espérantistes chinois rendirent possible les retrouvailles de sa sœur et ses enfants.

L'auteur[modifier | modifier le code]

Par ses écrits, Verda Majo devint la plus fameuse espérantiste d'Asie. Son œuvre originale en espéranto En Ĉinio batalanta (Dans la Chine en guerre) est caractérisée par une description délicate et abondante et un style linguistique de haute qualité. Il est souvent dit que ce texte n'a pas été égalé, au Japon ou en Chine du moins, depuis sa parution en 1945. Le vétéran espérantiste Kurisu Kei dit ainsi : "En Ĉinio Batalanta", aurait pu être une œuvre maîtresse non seulement de la littérature en espéranto, mais aussi de la littérature mondiale, s'il avait pu être terminé.

Références[modifier | modifier le code]

  • (en) Hasegawa Teru, p. 206 de Concise Encyclopedia of the Original Literature of Esperanto, Geoffrey Sutton, édition Mondial, 2008, ISBN 9781595690906, 728 pages
  • (en) Verda Majo – A Sincere Friend Dedicated to China
  • (eo) Texte de En Ĉinio Batalanta
  • (en) The life and memory of Hasegawa Teru: contextualizing human rights, trans/nationalism, and the antiwar movement in modern Japan, E Esselstrom - Radical History Review, 2008 - Duke Univ Press