Sujet (grammaire)

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Le sujet est ce qui constitue la matière, le thème ou bien le motif d'un état ou d'une activité intellectuelle ou artistique, indépendamment de l'interprétation qui en est faite ou du résultat obtenu.

En linguistique et en grammaire, le terme représente une fonction syntaxique liée nécessairement au verbe (il n'y a sujet grammatical que s'il y a verbe) difficile à définir. En effet, si la définition classique est « ce qui, dans la phrase, accomplit l'action verbale », elle ne résiste pas à plusieurs cas particuliers parfois très fréquents :

  • dans une diathèse passive, le sujet est ce qui subit l'action verbale (Marie [SUJET] est regardée par Jeanne) ;
  • avec un verbe ne dénotant aucune action (être, sembler, paraître, etc.), la définition ne tient plus (Marie [SUJET] paraît fatiguée) ;
  • pour certains verbes (pleuvoir, falloir, etc.), il n'y a rien qui agisse (il [SUJET] pleut).

La meilleure définition que l'on puisse trouver pour les langues flexionnelles classiques (principalement les langues indo-européennes) est la suivante : « le sujet d'un verbe est ce avec quoi il s'accorde en personne et en nombre (et rarement en genre) ». Dans ces langues, s'il existe, le nominatif est le cas qui lui est associé.

Bien évidemment, cette définition ne fonctionne que pour un nombre réduit de langues. Avec une langue isolante comme le chinois, elle n'a aucun sens. Il faut alors chercher d'autres critères, comme sa place par rapport au verbe.

On peut aussi analyser le sujet sous l'angle des actants sémantiques, auquel cas le sujet peut être l'agent (voix active) ou le patient (voix passive).

Grammaire française[modifier | modifier le code]

Dans la grammaire française, le sujet se place devant le verbe à tous les temps à l'exception de l'impératif qui le sous-entend. Lorsque la phrase est interrogative, le verbe se place devant le sujet. Exemples :

  • Affirmative: Tu me passes le beurre, s'il te plaît.
  • Impérative: Passe le beurre!
  • Interrogative: Pourrais-tu me passer le beurre?

La notion de sujet est difficile à définir car elle se situe sur plusieurs niveaux : syntaxique, sémantique et sur le plan communicatif. En ce qui concerne la syntaxe, c’est sur ce plan que l’on parle de « sujet grammatical », qui, canoniquement, se définit par les cinq propriétés suivantes :

1) Le sujet est l’un des deux éléments nécessaires à la constitution d’une phrase. Il n’est donc pas effaçable et précède normalement le verbe qui serait le deuxième élément indispensable.

2) Le sujet régit l’accord du verbe en personne, en nombre et parfois en genre dans le cas du participé passé employé avec l’auxiliaire « être ».

ex. : Les phrases sont écrites au présent.

3) Pour trouver le sujet grammatical d'un verbe, il suffit d’utiliser la locution discontinue « C’est… qui + syntagme verbal ». Tout ce qui se trouvera entre « c’est » et « qui » sera le sujet.

ex. : Le gros chien effrayait les enfants. C’est le gros chien qui effrayait les enfants.

Cette manipulation peut poser problème avec les pronoms personnels « je », « tu », « il », « ils », « on » (*C’est on qui va à la plage pour « On va à la plage. » ou encore *C’est je qui lis un livre pour « Je lis un livre. »). Mais elle est en fait inutile dans ces cas puisque ces pronoms personnels, sous ces formes, ont toujours la fonction de sujet.

4) Le sujet peut être un groupe nominal (1), des substituts pronominaux du groupe nominal (2), des équivalents prépositionnels du groupe nominal tels que les propositions subordonnées complétives (3) , les constructions infinitives (4) et les propositions subordonnées relatives substantivales (5).

ex. :

    (1) Pierre / Mon petit frère a apprécié ses chocolats de Pâques. 
    (2) Ils / Certains / Plusieurs ont préféré partir. 
    (3) Qu’ils ne soient pas là me chagrine beaucoup. 
    (4) Partir était la seule solution envisageable. 
    (5) Qui dort dîne. 

5) Dans le cas où une phrase à la voix active possède une phrase correspondante à la voix passive, le sujet de la première peut devenir le complément d’agent de la seconde.

           ex. : Le chat [SUJET] mange la souris : La souris est mangée par le chat [Ct d’agent].

Sujet et sémantique[modifier | modifier le code]

Les différents rôles sémantiques qu’un sujet grammatical peut détenir (agent, bénéficiaire, siège, instrumental, etc.) et le sujet grammatical sont indépendants et l’une de ces notions ne peut définir l’autre. Un sujet peut détenir plusieurs rôles sémantiques qui lui sont attribués par la « subjectivation » du verbe. De cette façon, dans la phrase « Daniel donne un cadeau à Marc. », Daniel, qui est sujet du verbe « donner », est l’agent et Marc est le bénéficiaire ; mais dans la phrase « Marc reçoit un cadeau de la part de Daniel. », cette fois Marc est le sujet du verbe « recevoir » mais il n’est pas agent pour autant et est resté bénéficiaire tout comme Daniel est resté l’agent. C'est pourquoi il est important de ne pas mélanger syntaxe et sémantique, il n’est pas juste et pas pertinent de définir le sujet par son rôle sémantique et les phrases telles que « le sujet fait l’action. » sont à éviter.

Sujet et communication[modifier | modifier le code]

Le sujet est classiquement établi comme « ce dont parle le reste de la phrase », soit le thème de la phrase qui se trouve généralement en début de phrase. Cependant, ce n’est pas toujours le cas : des exemples de phrases à la voix passive, des dislocations ou encore des focalisations mettent en avant le thème de la phrase alors qu’ils n’étaient ni le sujet ni au début de la phrase initiale. C’est également en ce sens qu’il est important de ne pas mélanger non plus la syntaxe et la fonction communicative et de ne pas définir le sujet grammatical comme étant "ce dont on parle".

ex. :

Cette fille, je la connais depuis des années. (mise en avant du thème qui est le COD à l’aide d’une dislocation)

J’ai vu cet homme hier. : C’est cet homme que j’ai vu hier. (mise en avant du thème qui est le COD à l’aide d’une focalisation)

Définition technique[1][modifier | modifier le code]

L'origine du terme «sujet» peut être liée à Aristote et à ses discussions sur les arguments logiques. Dans ces arguments, il y a deux parties d'une phrase. L'un des constituants est connu comme le prédicat. Il contient explicitement le sujet. Avec le sujet dans la phrase de prédicat, cela permet de fonder l'argument. Sans sujet explicite / implicite, une expression ne peut pas exister en anglais ou en français.

Formes du sujet[1][modifier | modifier le code]

Nom (phrase) ou pronom: Le vieil arbre a dû être coupé.

Un gérondif (phrase): Le tapement de la pluie contre la fenêtre m'a fait peur.

A to-infinitive (expression): Écouter activement en classe est une forme de participation.

Une clause complète: Qu'elle avait un bon cœur, m'a fait aimer plus.

Une clause relative libre: Quoi que vous disiez, ne changera pas d'avis.

Une citation directe: «What's gwanin» est souvent utilisée à Toronto pour se saluer les uns les autres.

Zéro (mais impliqué) sujet: Sortez la poubelle!

Un juron: Il neige.

Un cataphorique: Il était entendu que nous devrions tous être silencieux.

Définition informelle (différence entre le sujet et l'objet)[2][modifier | modifier le code]

1) Le sujet est la "personne / chose qui fait l'action"; 2) l'objet est la "personne / chose recevant ou affectée par l'action".

Trois critères d'identification des sujets en anglais et dans d'autres langues sont énumérés[1][modifier | modifier le code]

1. Accord sujet-verbe: Le sujet est d'accord avec le verbe selon la personne et le nombre.

2. Position occupée: Le sujet précède généralement le verbe dans les clauses déclaratives en anglais. ex: Savio danse.

3. Rôle sémantique: Le sujet peut se comporter comme un agent qui effectue l'action associée au verbe. Il peut également se comporter comme un thème, en démontrant les propriétés attribuées par le prédicat.

4. Cas morphologique: Le sujet est marqué par ses propriétés nominatives.

5. Omission: vous pouvez omettre un sujet aussi longtemps que cela est impliqué dans la phrase.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c (en) « Subject (grammar) », Wikipedia,‎ (lire en ligne)
  2. Neil Coffey, « Subject or object? », sur www.french-linguistics.co.uk (consulté le 11 avril 2018)

Toutes les informations ci-dessus (description du sujet en français, sujet et sémantique, sujet et communication) sont issues de la Grammaire méthodique du français rédigée par Martin Riegel, Jean-Christophe Pellat et René Rioul, PUF, 2004.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]