Théophile Cart

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Théophile Cart
Description de cette image, également commentée ci-après
Théophile Cart (photo d'Henri Manuel, Paris).
Naissance
Saint-Antoine-de-Breuilh, Drapeau de la France France
Décès (à 76 ans)
Paris, Drapeau de la France France
Activité principale
Distinctions
Auteur
Langue d’écriture espéranto
français

Théophile Cart, né le dans le bourg de Saint-Aulaye situé sur la commune de Saint-Antoine-de-Breuilh (Dordogne) et mort le à Paris, est un écrivain français et un des plus importants espérantophones français. Il est parfois qualifié de « deuxième père de l'espéranto ».

il est inhumé le 23 mai 1931 au Cimetière du Père-Lachaise.

Biographie[modifier | modifier le code]

Théophile Cart est le fils d'un pasteur protestant, et l'aîné d'une famille de cinq enfants. Partisan de l'orthodoxie de la langue espéranto, il participa aux controverses sur les questions de morphologie et de syntaxe qui agitaient les cercles espérantophones au début du siècle, ainsi qu'aux polémiques qui mirent alors en péril l'unité du mouvement espérantophone.

Il est considéré comme un des plus grands défenseurs du Fundamento (livre qui fixa les bases de la langue en 1905).

Son plus grand mérite, il l’acquiert pendant la crise de 1907-1908 quand l’apparition de l’ido menace de diviser le mouvement espérantophone. Il mit alors toute son énergie, toutes ses capacités et tout son tempérament à éviter le schisme. Il y réussit grâce ses insistantes mises en garde des risques encourus pour la langue de changements incessants. Depuis ce moment et ensuite en tant que président de l’Académie d’espéranto il se battit sans cesse contre tout changement qui — selon son jugement — n’était pas le résultat d’une évolution naturelle.

Études[modifier | modifier le code]

  • Études primaires et secondaires à Lausanne (Suisse).
  • Études supérieures à Bâle, Berlin, Rome et Paris.
  • Licence de grec et de latin en 1881.
  • Premier à l'agrégation d'allemand en 1885.

Activités professionnelles[modifier | modifier le code]

Activités espérantophones[modifier | modifier le code]

  • Entend parler de l'espéranto, pour la première fois en 1891 à Uppsala.
  • Commence à apprendre la langue en 1901 après avoir lu un article de Carlo Bourlet.
  • Fonde l'imprimerie et la librairie « Presa Societo ».
  • Commence son action pour les aveugles en 1903.
  • Crée le journal en braille Esperanta Ligilo en 1904.
  • Vice-président de la Société française pour la propagation de l'espéranto (1905-1909)
  • Président du collectif de rédaction de la revue Lingvo Internacia en 1907.
  • Président de la Société française pour la propagation de l'espéranto (1909-1912).
  • Président de l'Académie d'espéranto (1920-1931) [1]
  • Organise le premier congrès international des aveugles espérantophones à Prague en 1921.

Œuvres[modifier | modifier le code]

Cart a écrit de nombreux articles, rapports, brochures et livres : « une des meilleures plumes espérantistes. »[2]

  • Esperanto en dix leçons (1902)
  • Vocabulaire espéranto-français et français-espéranto (1903).
  • Espéranto Radikaro (1906).
  • Plena klasika libro (1912).
  • Rapport au sujet de l'espéranto au ministre de l'Instruction publique (1907).
  • Biletoj de Blankbarbulo (1913-1917).
  • Vortoj de Profesoro CART (1927).
  • Pri Landnomoj (1927).

Théophile Cart fut président de la Société linguistique de Paris et a été décoré de la croix de la Légion d'honneur.

Extrait de texte à propos de la traduction[modifier | modifier le code]

(texte traduit de l’espéranto)

L’espéranto comme outil de traduction

Lorsque nous traduisons, nous devons toujours repenser le texte à traduire en espérant. Sinon, si notre traduction est une espérantisation littérale de l'original, elle ne devient pas du tout compréhensible au niveau international.

Que l'action de repenser varie en fonction de la langue du texte à traduire, cela ne fait aucun doute et n'est pas reprochable : il est bon que l'espérantisation garde une sorte de caractère national, une teinte nationale, mais seulement une nuance, et seulement dans le mouvement stylistique, car le dictionnaire lui-même doit rester le même, quelle que soit la langue traduite.

Quand tous comprendrons cela, nous n'aurons plus besoin de lutter contre la tendance étrange de ceux qui introduisent de nouveaux mots, des expressions nouvelles. Simplement parce que de cette manière, ils traduisent, plus rapidement et plus facilement une chose nationale.

Parmi toutes les langues, l'espéranto est sans doute l'outil de traduction le plus pratique, car il est, selon sa construction elle-même, merveilleusement proche de chacune des langues en particulier, mais il a, cependant, comme toute langue vivante, son génie international spécial, - une condition de vie, - que nous devons tous, Slaves, Allemands ou Latins, respecter strictement.

(Lingvo Internacia, juillet 1913).

Documents annexes[modifier | modifier le code]

Acte de naissance[modifier | modifier le code]

Acte de naissance n'1 du 2 avril 1855 - commune de Saint-Antoine-de-Breuilh (Dordogne).

Le deux avril Mil Huit Cent Cinquante Cinq à Huit heures du matin, acte de naissance de Antoine Théophile CART, enfant de sexe masculin né dans la demeure de son père, le 31 mars expiré à Onze heures du soir, fils légitime de M. Jacques Louis CART, âgé de vingt-six ans cinq mois pasteur et de Dame Adrienne Louise Sophie Wilhelmine MASSET âgée de vingt-six ans et sept mois, sans profession, domiciliés au chef-lieu de la commune de Saint-Antoine.

Par la déclaration à nous faite par le père qui nous a présenté l'enfant en présence de Pierre ROLLAND, boulanger, âgé de trente huit ans, et de Jacques LAVAUD, boucher, âgé de vingt et un ans, domiciliés au chef-lieu de la commune de Saint-Antoine.

Constaté suivant la loi par nous maire officier de l'État Civil de la commune de Saint-Antoine, canton de Vélines, arrondissement de Bergerac (Dordogne).

Après lecture faite, le père et les témoins ont signé avec nous. Signatures de LAVAUD, ROLLAND, CART et AU DUBOS.

Son père, Jacques Louis Cart, était pasteur de l'Église Évangélique Libre de Saint-Aulaye.

Hommages[modifier | modifier le code]

LA MOVADO - Junio 1931. paĝo 101 : « la lastaj momentoj de profesoro CART »

La disparition du professeur CART, un des plus impressionnants prototypes des pionniers de l'Espéranto, dont l'action et l'influence remplissent les 30 dernières années de notre histoire, est sans doute la perte la plus considérable que le monde espérantophone ait subi depuis la mort de Zamenhof, car on est en droit de dire qu'il est « le 2e père de l'Espéranto ».

À moi qui l'ai connu le 25 juin 1905, pendant une réunion à Saint-Germain avant le congrès de BOULOGNE, et qui depuis lors n'ai jamais cessé de le voir et de l'entendre, enfin moi qui au printemps 1924, quand il était malade et devait supporter une grave opération, qu'il appela jusqu'à la veille de sa mort, j'ai eu l'honneur de l'aider comme secrétaire dans son pesant labeur de président de l'Académie. Qu'il me soit donc permis de lui dédier les lignes que voici, et par là d'accomplir le dernier devoir d'amitié et de remerciements.

Quand je suis arrivé chez lui, comme tous les mercredis, le 20 mai, il semblait en bonne santé de corps et d'esprit. Avec gaieté et clairement, il me montra les épreuves de presse du Ve cahier du bulletin de l'Académie qui allait paraître, pleinement confiant dans le grand succès qu'aurait le congrès de PARIS en 1932. Il me parla de son intention d'organiser alors une importante réunion du Comité linguistique. Hélas à 19 heures, je lui ai dit au revoir et ne devais plus le revoir vivant. Le lendemain en effet, terrifié par un coup de téléphone, j'accourus à son domicile et appris de sa femme éplorée mais admirablement courageuse, les détails suivants : Après une soirée tranquille, pendant laquelle il avait corrigé encore jusqu'à 23 heures les nouvelles épreuves de presse, après une nuit pareillement sans incident, soudain un peu avant 6 heures, il s'était levé en disant qu'il suffoquait et qu'il avait froid. Pendant que sa femme préparait rapidement quelque chose de chaud, il quitta sa chambre et s'approcha, comme poussé par un mystérieux instinct, de son bureau, de son fauteuil habituel, devant sa table de travail. Mais presque au même instant il chancela et s'accrochant au bras de sa femme, il s'affala sur le fauteuil et resta sans bouger. Elle espérait qu'il ne s'était qu'évanoui. Il était hélas déjà frappé par la mort, mais sans douleur : « infarctus » affirma le docteur qui arriva peu après.

Extraits du discours de Mr le docteur MOULIN, maire du Ve arrondissement de Paris, lors des obsèques le 23 mai.

... Théophile CART était né à Saint-Antoine de Dordogne le 31 mars 1855; fils d'un pasteur protestant, il était l'aîné d'une famille de 5 enfants.

... Il fit ses études secondaires à Lausanne où son père s'était établi vers 1859, et poursuivit des études supérieures à Bâle, Berlin, Rome et Paris. La thèse qu'il présenta sur « le voyage de Goethe en Italie » témoigne des préoccupations littéraires et philosophiques de cet esprit que ne devaient fasciner que la Science et la Beauté.

... Je laisserai à de plus compétents, le soin d'exalter la mémoire de l'espérantiste que fut Mr CART. Mais je tiens à mentionner ici cette qualité parce qu'aucune circonstance de sa vie, pourtant si pleine et si bien remplie, ne témoignera davantage de sa foi dans le progrès humain et de son idéalité passionnée, que la bataille menée pendant 35 ans de sa vie, à travers vers tant d'obstacles, au mépris de ses intérêts personnels et à l'encontre de tant de préjugés, pour le triomphe de l'Espéranto. Devant cette création géniale, à laquelle il avait voué toutes les ressources de son cerveau et de son cœur, pour l'unité de laquelle il a lutté jusqu'à sa mort, Il aura eu la satisfaction de voir s'ouvrir enfin les perspectives d'avenir, qu'il avait toujours prédites et pour la réalisation desquelles il a si longtemps combattu. ... Entouré de ceux qu'il affectionnait, plein dune vigueur que bien des gens plus jeunes lui eussent enviée, en pleine possession de sa vaste intelligence, Théophile CART est mort, comme il avait désiré mourir en pleine sérénité.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Patrick Cabanel, « Théophile Cart », in Patrick Cabanel et André Encrevé (dir.), Dictionnaire biographique des protestants français de 1787 à nos jours, tome 1 : A-C, Les Éditions de Paris Max Chaleil, Paris, 2015, p. 581-582 (ISBN 978-2846211901)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. http://www.akademio-de-esperanto.org/aktoj/aktoj1/historio.html.
  2. in Pierre Janton, l'Espéranto, Päris, PUF, coll. « Que sais-je ? »

Liens externes[modifier | modifier le code]