Musique espérantophone

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Cédéroms exposés à la librairie du congrès mondial d'espéranto de 2008 à Rotterdam
Clip d’une chanson en espéranto : La fina venk’ par i.d.c. (Éric Languillat)

Avec la littérature écrite en espéranto, la musique espérantophone est l'une des principales composantes de la culture espérantophone.

Les débuts[modifier | modifier le code]

La musique espérantophone est presque aussi ancienne que la langue elle-même. La Espero, hymne de l’« Espérantie », est originellement un poème écrit par Zamenhof, peu après la publication de l'ouvrage Langue Internationale, première méthode d'apprentissage parue en 1887.

La flexibilité de l'espéranto s'est révélée être un atout indéniable quant à l'adaptation des différents styles de musique et de chant. Il existe aujourd'hui un grand répertoire d'œuvres musicales originales et d'œuvres traduites en espéranto.

Les années 1960 à 1970[modifier | modifier le code]

Les premiers vinyles en espéranto apparaissent dans les années 1960 avec Jen nia mondo (« Voici notre monde ») de Duo Espera, un groupe néerlandais, et Ni kantu en Esperanto (eo) (« Chantons en espéranto »), groupe américain très populaire à l'époque grâce à la chanson La lingvo por ni (« Notre langue ») sur l'air de Bring Back My Bonnie to Me.

Les années 1970 sont marquées par l'éclosion de nombreux artistes produisant disques vinyles ou cassettes : Ramona Van Dalsem des Pays-Bas, Alberta Casey des États-Unis, Veselin Damjanov, Miŝo Zdravev de Bulgarie, les français Jacques Le Puil (eo), Max Roy Carrouges, Morice Benin, les italiens Gianfranco Molle (eo), Marĉela, Suzana, Giulio Cappa (eo), Guido, les suisses Olivier Tzaut (eo), Johán Valano, la Canadienne Joëlle Rabu.

Cette époque signe aussi l'apparition des premiers labels espérantophones : Edistudio en Italie et LF-koop en Suisse.

Les années 1980 à 1990[modifier | modifier le code]

Les premiers groupes de rock apparaissent dans les années 1980 avec notamment Amplifiki, premier groupe international avec ses musiciens provenant de Suisse, du Danemark et de France, qui se forme lors des rencontres internationales de jeunes Internacia Junulara Festivalo et Internacia Seminario (IS). On note aussi le groupe Persone de Stockholm et Team de Slovaquie. Le jeune mouvement a surtout besoin de structures. En 1986 s'ouvre en Suède le plus important festival culturel : Kultura Esperanto-Festivalo (KEF).

L'association EUROKKA (eo), fondée en 1987 pour le centenaire de la naissance de l'espéranto, se consacre au rock espérantophone. Un an plus tard, elle fonde la maison d’édition Vinilkosmo qui distribue en 1990 ses premières œuvres : une compilation, des titres d'Amplifiki et de JoMo chantant La Rozmariaj Bebeoj. La gazette ROK-gazet' tente de faire connaître à la communauté espérantophone sa musique contemporaine.

La fin des années 1980 et les années 1990 sont l'ère des CD avec l’arrivée de nouveaux artistes, comme Kajto de la province Frise du nord des Pays-bas. Chez Vinilkosmo apparaissent Persone de Suède, Tutmonda muziko (eo) d'Allemagne, Akordo (eo) des Pays-Bas, Dolchamar de Londres, Jacques Yvart qui chante Georges Brassens, Solotronik (eo), le groupe catalan Kaj Tiel Plu d’Espagne, le chanteur argentin Alejandro Cossavella et d'autres.

Les années 2000[modifier | modifier le code]

Pour la musique espérantophone, l’an 2000 est l’occasion de rencontrer un succès pour le Kultura Arta Festivalo de Esperanto (eo) à Toulouse et la 7e édition du KEF à Helsinki.

Une nouvelle génération de musiciens et de DJ apparaît, avec déjà quelques stars comme DJ Kunar (eo) d'Allemagne, DJ Njokki (eo) d'Italie, et DJ Roĝer’ du Brésil. Leur musique se diffuse dans les discothèques lors des diverses rencontres internationales espérantophones (IJK, IS, IJF, IJS, KEF).

Le groupe Supernova devient le premier à réaliser une vidéo musicale de qualité professionnelle en espéranto avec leur chanson Pasio en katen’[1].

Diversité[modifier | modifier le code]

La musique espérantophone a sans cesse gagné en qualité, pour proposer aujourd'hui une grande diversité de styles et d'origines ; elle est de plus en plus internationale.

On peut y trouver pour tous les goûts : chansons, variété, rock, folk, musique populaire, chorale, musique lyrique, underground (punk, hardcore, trash), hip-hop, rap, RnB, musique électronique (techno, trance, dance) et musiques du monde comme le séga de l'Île Maurice ou le salégy de Madagascar.

En 2015–2016, le label indépendant Vinilkosmo propose une plate-forme de téléchargement virtuelle d’albums au format MP3, venant ainsi soutenir la faible pénétration de la musique espérantophone dans les plate-formes habituelles telle iTunes.

Références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]