Étymologie de l'espéranto

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Louis-Lazare Zamenhof, l'initiateur de l'espéranto, a voulu que les mots espéranto soient tirés des langues naturelles : La vortradikoj devas esti prenataj el la naturaj lingvoj (« Les racines des mots doivent être prises dans les langues naturelles »). Ce choix classe l’espéranto dans les langues construites a posteriori. Les racines privilégiées sont celles jouant le rôle le plus important dans la communication internationale, principalement ouest-européennes et majoritairement d'origines grecque et surtout latine, l'anglais ayant aussi un peu plus de 70 % de racines gréco-latines et romanes.

Composition du vocabulaire[modifier | modifier le code]

Pour constituer les bases lexicales de l’espéranto, Zamenhof a privilégié les racines communes des langues indo-européennes dominantes dans la communication internationale. Historiquement le grec ancien, surtout le latin jusqu'à la Renaissance, le français jusqu'au XIXe siècle puis l'anglais ont été des langues dominantes, influençant fortement le vocabulaire des autres langues européennes. Environ 75 % des racines de l’espéranto sont issues du latin et des langues romanes, ce qui est à peu près le même pourcentage qu'en anglais ; 20 % environ sont d’origine germanique[1]. Les autres racines proviennent du grec ancien, des langues slaves (le polonais était sa langue maternelle) et d'autres langues . Ce choix de l'internationalité maximale des racines fait que sur les 4444 premières racines officielles dans les années cinquante, environ 90 % des racines sont reconnaissables d'un locuteur de langue romane, environ 80 % d'un Germanique, plus de 60 % d'un Russe[2], ces proportions ne faisant qu'augmenter avec l'admission de nouvelles racines, notamment scientifiques et techniques.

Le nombre de racines officielles est d'environ 17 000 en 2020. Elles permettent de créer par le système de dérivation régulier plus de 150 000 mots

La fabrique régulière des sons et des mots[modifier | modifier le code]

La fabrique régulière des sons[modifier | modifier le code]

L'alphabet latin, le plus répandu et connu au monde, est utilisé. Des 26 lettres habituelles, 4 faisaient doublon et ne se trouvent pas dans l'alphabet espéranto mais peuvent être utilisés en mathématiques : q, w, x, y. Les 22 autres lettres se prononcent comme dans l'alphabet phonétique international (API, IPA), sauf c = ts (à l'imitation de langues slaves).

Les chuintantes, qui sont écrites de façon très différente dans les principales langues européennes sont représentées par les 5 consonnes accentuées suivantes ; ĉ pouvant être écrit aussi ch comme en anglais, prononcé comme dans "tchèque", ŝ (sh) comme dans "chou", ĝ (gh) comme dans gentleman, ĵ (jh) comme dans journal, ĥ (hh)lettre rare transcrite kh en fr, prononcé comme RR, La lettre j correspond à 4 sons distincts dans les 4 langues européennes de travail de l'ONU : j de l'API en russe, en allemand et espéranto (jes = yes) ; j comme gentleman (ĝentlemano) ou jazz en anglais ; j comme journal en fr (ĵurnalo) ; j comme la jota espagnole (R guttural dur), transcrite ĥ (ĥaoso) à partir du h comme la transcription pinyin en caractères latins du chinois effectuée au départ par un espérantiste. Enfin un u bref ŭ se prononce derrière a ou e (aŭ, eŭ). L'alphabet espéranto a ainsi un haut degré d'internationalité et respecte les principes de simplicité, régularité et clarté (une lettre = un son).

La fabrique régulière des mots[modifier | modifier le code]

Trois procédés sont utilisés.

La substitution des voyelles finales[modifier | modifier le code]

Elle permet de dériver sans exception, par exemple à partir d'un substantif (désinence -o), un adjectif (-a), un adverbe dérivé (-e) ou l'infinitif d'un verbe (-i). Ainsi parol-o : parole ; parol-a : oral ; parol-e : oralement ; parol-i : parler

Le système d'affixation[modifier | modifier le code]

Une cinquantaine d'affixes indépendants et invariables, environ 10 préfixes et 40 suffixes, ont chacun un seul sens et signifient toujours le même rapport. Ainsi le préfixe mal exprime l'idée de contraire comme maladroit (mal-lerta) ; il permet de diminuer de moitié environ le nombre d'adjectifs à apprendre. Un seul petit mot ou morphème invariable -in, qui se retrouve dans les principales langues européennes et même en chinois, le yin étant le principe féminin, permet de distinguer les êtres de sexe féminin. Ainsi onkl-o, onkl-ino, oncle, tante, kuzo, kuz-ino, cousin, cousine.

La formation des mots composés[modifier | modifier le code]

Elle se fait sur le modèle des langues germaniques et de l'anglais, le mot le plus important étant à la fin.

L'assimilation généralisatrice[modifier | modifier le code]

Ces trois procédés permettent "l'assimilation généralisatrice" décrite par Jean Piaget et résumée par Claude Piron dans "Le défi des langues"[3], l’étude de la tendance la plus puissante du cerveau humain cherchant à s’exprimer : celle que Piaget a appelée assimilation généralisatrice (un élément repéré comme signifiant est généralisé à l’ensemble de l’expression)". L'apprentissage de ce qui peut être généralisé est rapide, alors que les irrégularités, nombreuses dans les principales langues flexionnelles européennes (écriture non phonétique, verbes irréguliers, etc.), sont longues à assimiler. Ces procédés sans exceptions diminuent donc dans une proportion importante le nombre de radicaux et de nettement plus de 60 % celui des mots à apprendre ; ils accélèrent très nettement l'apprentissage.

Chaque élément ou morphème - racine, affixe, désinence -, est considéré comme un petit mot indépendant et invariable, ce qui fait comparer l'espéranto à un jeu de lego. Par exemple flor-ist-o, fleuriste est composé de 3 éléments: -o signifie un substantif; -ist = spécialiste et flor = fleur

"Le lexique de l'espéranto peut s'écrire dans un tableau à double entrée", selon Claude Piron, Une langue simple peut-elle être une langue à part entière [4] : par exemple en lignes les racines, et en colonnes les désinences grammaticales et les affixes.

L'espéranto, langue vraiment inter-nationale[modifier | modifier le code]

Il s'apparente par son vocabulaire aux langues indo-européennes et par sa structure interne aux langues agglutinantes et isolantes[5] .

L’origine essentiellement indo-européenne du vocabulaire[modifier | modifier le code]

Elle facilite l’apprentissage de l’espéranto pour les locuteurs d’une langue de cette famille.

À travers les anciennes colonies et du fait du rôle actuel de l'anglais, les langues indo-européennes sont présentes en Amérique du Nord et du Sud ainsi qu’en Afrique, dans une grande partie de l'Asie et en Océanie avec l’anglais, le français, l’espagnol, le portugais, le russe...

La structure interne agglutinante ou isolante[modifier | modifier le code]

La structure flexionnelle des langues indo-européennes en accroit fortement les irrégularités, la difficulté et la durée d'apprentissage : par exemple en anglais flexion du radical pour to be (am, is, are, was, were be) et de nombreux verbes irréguliers, flexion de la prononciation impossible à standardiser (woman, women...), écriture non phonétique, accent tonique déterminé par l'usage etc. Les langues agglutinantes et isolantes sont dans ces domaines plus régulières.

La structure affixante des mots fait ressembler l’espéranto à un grand nombre de langues agglutinantes (notamment les langues ouralo-altaïques tel que le japonais, le coréen, les langues turques, des langues africaines comme le swahili)[6],[7],[8]

Le principe d’invariabilité des éléments de la langue se retrouve, de manière encore plus prononcée, dans les langues isolantes parlées par 30% environ de la population mondiale, telles que les langues sino-tibétaines et notamment le chinois, le vietnamien...

Le vocabulaire ne représente pas un obstacle insurmontable à la diffusion internationale de l’espéranto, comme le montre l’exemple de la Chine où l’espéranto s’est rapidement diffusé dès le début du XXe siècle. Il est de plus beaucoup moins difficile à apprendre que l'anglais[9].

L'espéranto, parent des langues de l'Europe occidentale par l'étymologie de ses racines ressemble par sa structure interne aux langues agglutinantes-isolantes les plus parlées en Afrique et en Asie. L'espéranto a fait de l'internationalité la raison de son existence, la loi même de son être, "ses os et sa chair"[10].

Le choix des racines[modifier | modifier le code]

Mots-racines internationaux[modifier | modifier le code]

Mots-radicaux internationaux[modifier | modifier le code]

Lorsque cela était possible, Zamenhof a repris des mots communs ou très proches dans un grand nombre de langues européennes. Ils n'ont d'autre formalité que de se soumettre à sa phonétique, et ce dans divers domaines :

  • technique: lokomotivo, bicikleto, radio etc.
  • scientifique : atomo, jono, aluminio, acido etc.
  • médical : psikiatrio, neuralgio, pneumonio etc.
  • philosophique: ideo, fenomeno, reflekso, percepto etc.
  • littéraire : folietono, revuo, tragedio, cezuro, prozo, intervjuo etc.
  • sportif : futbalo, maĉo, golo, skio, nokaŭti etc.
  • divers : Boire qui se dit to drink en anglais et trinken en allemand, et a donné en espéranto trinki, ainsi que drinki (boire avec excès) ; on retrouve également cette racine dans les mots trinquer (français) drinken (néerlandais) et trincare (italien).

Ingénieur qui se dit Ingenieur en allemand et engineer en anglais a donné en espéranto inĝeniero.

poŝto (poste) et telefoni (téléphoner) sont des mots que l'on retrouve couramment dans toutes les langues européennes.

Il est important de noter qu'un grand nombre de mots d'origine grecque sont également présents en espéranto (deux origines possibles, via le latin et via le vocabulaire scientifique récent : biologie, cinéma...)

Parmi ces mots internationaux, un grand nombre de mots d'origine indo-européenne est passé dans des langues non-européennes. Par exemple :

Pétrole existe en arabe sous la forme لبترول. (bytrwl prononcée bitroul) (Cette langue ne possédant pas les phonèmes [p] [e] et [ɔ], elle a donc dû adapter le mot à sa propre phonologie.)

Musée se retrouve dans diverses langues sous les formes musé, muzé, muséum, musej, muzeum...

Nul se retrouve également dans beaucoup de langues.

La nomenclature internationale en botanique et zoologie[modifier | modifier le code]

Ces sciences disposent de mots véritablement internationaux (petalo, poleno, rozo, hortensio, leopardo, tigro, kamelo, elefanto etc.). Pour remédier à la diversité de la majorité des appellations, les savants ont établi une nomenclature dont les éléments sont empruntés au latin et au grec. Zamenhof y a naturellement eu recours : kverko chêne (Lat quercus), abio sapin (lat abies), brasiko chou (Lat brassica), persiko pêche (Lat. persika), meleagro dindon (meleager) etc.

Notons que les mots latins comportant la syllabe qu sont souvent transcrits en espéranto en kv (c'est la prononciation que l'on retrouve dans les langues germaniques et slaves (et en roumain, cvartet : quatuor), par exemple dans aquarium prononcé, et parfois écrit, Akvarium), ceci afin d'éviter un hiatus (u étant une voyelle en espéranto, jamais une semi-voyelle) ; pour les mêmes raisons, les suffixes commencent par des voyelles.

35 % des 2629 racines du Fundamento (1905) rentrent dans cette catégorie qui s'est renforcée avec l'adjonction de racines communes scientifiques.

Bien souvent, les langues avaient trop divergé et Zamenhof dut faire, racine après racine, des choix étymologiques forcément difficiles ; mais il veilla à ce que les emprunts soient les plus communs possible

Les mots de la famille latine[modifier | modifier le code]

Présence dans les familles romanes et germaniques[modifier | modifier le code]

L'anglais et, dans une mesure moindre, mais encore beaucoup plus grande qu'il n'y parait d'abord, l'allemand contiennent sous forme de dérivés, un grand nombre de racines latines, ce qui permet, en choisissant ces dernières d'atteindre une bien plus réelle internationalité. Par exemple le latin "audire" se retrouve en Fr dans "audition", en It dans "auditore", en En dans "audience, auditory" , en Ge dans "Audienz, Auditor", ce qui justifie l'espéranto aŭdi. De même l'espéranto mano, immédiatement compréhensible dans les langues romanes est appuyé par les dérivés En "manuscript", Ge "Manual. Ou encore "jardin", qui se dit Giardino en italien et Garden en anglais, Garten en allemand a donné en espéranto ĝardeno.

Les mois de l'année proviennent également des langues romanes et existent aussi dans les langues germaniques (certaines langues slaves, comme le polonais, ont d'autres racines) : Januaro, Februaro, Marto, Aprilo, Majo, Junio, Julio, Aŭgusto, Septembro, Oktobro, Novembro, Decembro

Aussi l'espéranto a utilisé systématiquement ce procédé et tiré un grand nombre de ses racines de la forme latine, ce qui explique que le mot Fr répond souvent plus précisément au mot Esp-o par ses formes dérivées que par ses mots simples. Ainsi on retrouve patro (père) par paternel, dorso (dos) par dorsal, skribi (écrire) par scribe; laŭdi (louer) par laudatif, bastono (bâton) par bastonnade, proksima (proche) par proximité etc.

Les langues romanes[modifier | modifier le code]

Aussi les racines françaises sont prédominantes dans les domaines de la toilette, de la galanterie, de la cuisine : genuo, honesta, kolporti, pinglo, poŝo, pudro, revi, trikoti ; omaro (homard)

Les jours de la semaine proviennent des langues romanes : lundo, mardo, merkredo, ĵaŭdo, vendredo, sabato, dimanĉo.

Famille germanique[modifier | modifier le code]

Un grand nombre de radicaux germaniques sont plus "musclés", plus riches en consonnes et permettent d'éviter les homonymies.

Homonymie[modifier | modifier le code]

Zamenhof voulait éviter les homonymies, la langue internationale devant être la plus claire possible. L’un des moyens qu’il a utilisés pour cela est de varier les emprunts étymologiques

Ainsi la forme romane du mot "chien" proposée par le dérivé "canin", (It cane) formait un doublon avec le nom du roseau "canne", "canne à sucre". Ceci explique le choix de hundo (Ge Hund et En hound).

Le sol-eil, la sol-itude et le sol renvoyaient à trois racines identiques. Au terme international "solo" correspond le mot esp-o "sola". Les deux autres termes tirent leur radical de racines germaniques. suno vient de En sun, grundo de En "ground" et de Ge Grunde.

Le verre se traduit par vitro, d’origine latine, lorsqu’il s’agit de la matière, et par glaso, d’origine germanique, pour le récipient dans lequel on boit.

La langue se traduit par lingvo lorsqu'il s'agit du langage, et par lango lorsqu'il s'agit de l'organe.

Le garçon se traduit par junulo pour un jeune, par knabo d’origine allemande lorsqu'il s’agit d'un jeune enfant ou pré-adolescent, par kelnero de même origine, lorsqu’il s'agit d'un serveur et par filo, d’origine latine lorsqu’il s'agit du fils de quelqu'un.

La fille se traduit par junul-ino pour une jeune personne féminine, par knab-ino pour une petite fille ou pré-adolesente, par fil-ino pour la descendante de quelqu'un, par kelnerino pour une serveuse et par amor-vend-ist-ino pour une prostituée.

Sens divergents.[modifier | modifier le code]

Le radical "plan" a trois sens nettement distincts : plano, le plan projet; "ebeno" de Ge "Ebene", surface plane et "ŝvebi" de Ge schweben planer dans les airs.; rêver se traduit par revi si le rêve est éveillé, et par sonĝi s’il s’agit d’un rêve survenu au cours du sommeil.

Assimilation interne[modifier | modifier le code]

Modification de certaines racines[modifier | modifier le code]

En effet certaines racines ont été modifiées pour éviter les équivoques et double sens:

  • des racines en -eto ont été terminées en -edo à cause de la confusion possible avec le suffixe -et : ex. plan-eto petit plan planedo planète; bankedo banquet ; une « cigarette » n’est pas exactement un petit cigare, et une « casquette » n’est pas exactement un petit casque ; Zamenhof a donc utilisé pour traduire ces mots la terminaison -ed-, ce qui a donné « cigaredo » et « kaskedo » ; de même « cassette » se traduit par « kasedo »
  • l'existence du suffixe -il a provoqué la déformation de la terminaison -ilo en -elo : "makzelo" (machoire) vient du Lat maxillus ;
  • la présence du suffixe -ul a conduit à préférer la variante italienne -olo à la forme latine -ul : par ex. Lat populus donne en It et en Esp-o "popolo" ;
  • le suffixe -in, qui en espéranto marque le sexe féminin, pouvait surtout créer des confusions avec des noms d'animaux terminés de même : par ex., le Lat asinus (âne) donne "azeno" ; « chagrin » se traduit par « ĉagreno » et « matin » se traduit par « mateno »; il fallait éviter que ces racines se terminent par le suffixe -in- ;
  • enfin à l'instar de l'italien, certaines racines commençant par re- ont été modifiées en ri- : par ex. "rigardi" regarder (it. riguardare) ; "ripari" (réparer), it riparare ; "rimedo" (moyen) it. rimedio ; « récolter » se traduit par "rikolti ", car le préfixe « re- » signifie comme en français « répétition de l’action »

Il ne s’agit cependant pas là d’une règle absolue : des mots tels que « najbaro » (voisin) alors que le suffixe -ar- indique un regroupement (arbo : arbre, arbaro : forêt) ;Zamenhof a également gardé « espero », alors que le suffixe -er- indique un élément (sal'o : sel, sal'ero : grain de sel). Il a ainsi conservé ces deux racines (najbar' et esper') car les racines najb et esp n'existent pas et donc le risque de confusion est inexistant.

Forme intermédiaire entre deux formes nationales[modifier | modifier le code]

Lorsqu’il avait le choix entre des mots très proches dans deux langues, il a assez souvent pris une forme espéranto intermédiaire.

Parfois entre la forme anglaise et la forme allemande : par ex. "ŝtono" (pierre) intermédiaire entre En stone et Ge Stein (pr. ŝtajn) ; "strato" (rue) entre street et Strasse. Oublier, qui se dit to forget en anglais et vergessen en allemand, a donné en espéranto "forgesi".

Moins souvent entre une forme germanique et une forme romane : par ex., glisser en français et gleiten en allemand ont donné en espéranto "gliti".

"En quoi il ne faisait qu'imiter le lent travail de l'analogie qui dans les langues naturelles a comme poli les mots d'emprunt et les a phonétiquement assimilés au vocabulaire primitif"[5].

Transformation des racines par Zamenhof[modifier | modifier le code]

C'est ce qu'a fait aussi l'anglais pour certains emprunts et ce qui évite que des mots composés, très fréquents en espéranto, soient trop longs : ainsi, « éternuer » se dit « terni » ; « emprunter » se dit « prunti »

Transformation de racines : ainsi « laver » se dit « lavi » ; la lave du volcan se dit « lafo ».

Mot d'origine[modifier | modifier le code]

Par exemple « soifo », vient du français « soif », mais se prononce so-i-fo ; « teamo » (équipe) provient de l'anglais « team » mais se prononce « té-a-mo », (timo était déjà pris par un mot d'origine latine timo = crainte ;cette racine se retrouve dans « timide » et « timoré(e) ») ; la première syllabe du mot « genuo » (genou) s’écrit comme en français mais se prononce « gué », la seconde syllabe du mot se prononce comme en français, mais s’écrit nu. Toutefois, les langues d’origine sont respectées, soit de manière phonétique (orale) soit surtout de manière graphique (écrite), cette dernière étant plus internationale.

"Ces modifications n'ont pas peu contribué à donner à ce fonds commun de la langue une physionomie propre et une individualité forte"[2].

Quelques exemples de choix des racines[modifier | modifier le code]

Les unités de temps[modifier | modifier le code]

Elles proviennent des deux groupes de langues : sekundo, minuto, tago (Ge, Tag : le jour), semajno, monato (Ge Monat : le mois), jaro (Jahr/year : l'année), hieraŭ (hier), mais hodiaŭ (du latin hodie : aujourd'hui), et morgaŭ (allemand morgen, anglais tomorrow) pour demain (seconde et minute existent aussi dans les langues germaniques).

Les affixes[modifier | modifier le code]

Ils sont très utilisés en espéranto : on peut citer l’exemple du préfixe mal- d'origine française, qui indique le contraire (bela = beau, mal-bela = laid). Sont également d'origine française les suffixes -aĵ- qui indique un dérivé concret (exemple : "lano, lan-aĵo" (laine, lainage), "lakto, lakt-aĵo" (lait, laitage)), et -ad- qui indique l'action prolongée (exemple : "promeni, promen-ado" (se promener, la promenade), "legi, leg-ado" (lire, la lecture), paroli, parol-ado (parler, le discours)) ; le suffixe -ej-, qui indique le lieu (pano = pain, pan-ejo = boulangerie) vient de l’allemand (All. Bücherei librairie) de même que -in-, qui indique l'être ou le sexe féminin (reĝ-ino = reine, lat = regina; allemand : königin etc.) ; le suffixe -ec-, qui indique l'idée abstraite, provient de l’italien -ezza (bellezza-"bel-eco" : beauté) ; le suffixe -aĉ-, qui indique le péjoratif, provient de l'italien -accio (cagnaccio ="hund-aĉo"). Les suffixes -ĉj- et -nj-, qui indiquent respectivement les diminutifs affectueux masculins et féminins, proviennent du russe -чка (tchka) et -нька (n’ka).

Les désinences grammaticales[modifier | modifier le code]

Les racines, les affixes de même que les désinences, ou finales détachables sont considérés comme des petits mots autonomes et invariables (morphèmes). Les principales désinences sont les suivantes[11] :

  • -o pour les substantifs s'imposait car le suffixe -ion est de beaucoup le plus international pour les noms (Nation Fr, En, Ge) , Nazione (It)
  • -a pour les adjectifs est recommandée par les suffixes -al comme original (Fr-Ge), ou -abl comme rentable (Fr-En) etc.
  • -e pour les adverbes dérivés est recommandée par la désinence latine des adverbes de la 1re et 2e déclinaison : latine loqui = "latine paroli"
  • -i pour les verbes à l'infinitif est recommandé par l'infinitif des verbes en -ir : Fr finir, Ge marschieren, Ru bombardir-ovat' etc
  • -j pour le pluriel : la semi-voyelle -j (y) utilisée en grec ancien (hieraj bibloj = "sanktaj libroj") s'intercale entre le -n de l'accusatif et la voyelle précédente.
  • -n pour l'accusatif (n-komplemento) est issu de l'allemand et du grec ancien ; il s'emploie dans les mêmes cas que pour l'allemand et les langues slaves.
  • -as indicatif présent comme les participes présents du Fr et de l'Esp-o -ant
  • -is passé comme le Lat amavi, l'It. fui, le Fr.je vis, je pris
  • -os futur comme le Lat amabo, l'It trovero etc.
  • -u restait la seule voyelle disponible plus adaptée à l'impératif , forme plus brève et plus énergique, et -us pour le conditionnel.

La grammaire s’inspire par certains éléments des langues indo-européennes : par exemple la formation du vocabulaire s'inspire largement des mécanismes des langues slaves, où les mots du vocabulaire courant sont formés d'une racine qui donne le sens (souvent avec préfixe) et d'une ou plusieurs terminaisons qui indiquent la fonction grammaticale. On aura ainsi en espéranto en-ir-i (entrer), à comparer avec le russe в-ход-ить (dans-mouvement-infinitif).

Le tableau des corrélatifs[modifier | modifier le code]

Le tableau des corrélatifs est une création de Zamenhof, inspirée de symétries partielles existant davantage dans des langues slaves et le grec.

Pour les radicaux[modifier | modifier le code]

  • la série des indéfinis en i- rappelle l'anaphorique latin (is, ea, id), l'allemand irgend , quelconque
  • la série des interrogatifs en ki- rappelle le pronom interrogatif des langues indo-européennes (chi en italien prononcé ki, qui en français, ki en iranien),
  • la série des démonstratifs en ti- rappelle le démonstratif germanique (this en anglais) ou l'article défini grec (tis, accusatif féminin pluriel), le français tel ;
  • la série des collectifs en ĉi- rappelle le démonstratif polonais (ci, vocatif pluriel), l'italien cielo prononcé tchielo = ciel
  • la série des négatifs rappelle à la fois la négation tchèque (neni) et le vieux-français (nenni).

Pour les voyelles et syllabes finales[modifier | modifier le code]

  • la désinence des noms -o s'offre naturellement pour les pronoms neutres destinés à représenter des choses (cela, tout, rien etc.) ;
  • celle de l'adjectif -a pour les pronoms de qualité (tel, quel etc.).
  • la voyelle -u pour les pronoms destinés à représenter les individus personnes ou choses (qui, tous, personne etc.) nécessitaient une finale vocalique pour que puissent s'y adjoindre les désinences -j et-n : elle avait l'avantage de rappeler le suffixe -ul, et la voyelle finale du mot individu.
  • la voyelle e pour le lieu ; on retrouve -e dans les mots lieu, where etc. On peut y ajouter le -n de l'accusatif pour exprimer le mouvement vers quelque chose.
  • la finale -es correspond aux pronoms de possession; elle est proche du des (allemand), du possessif 's (en) et du rapprochement phonétique kies = à qui est-ce (fr)

Tableau des emprunts lexicaux de base par groupe de langues[modifier | modifier le code]

Ce tableau permet d'identifier l'étymologie d'un peu plus d'une centaine de racines spécifiques, qui seront à priori nouvelles pour le francophone ayant fait juste un peu d'anglais (en) dans l'ensemble des1000 premières racines (Listo de Kontakto (1000 premiers mots) Anna Löwenstein[12]) . Le grec ancien (gr), le latin (lat), et les langues européennes les plus parlées (allemand ge, italien it, russe ru, polonais pl, espagnol es, portugais pt) sont citées principalement, ces racines étant bien sûr présentes aussi dans d'autres langues. Les mots fonctionnels et grammaticaux qui sont les plus fréquents sont en premier, en italiques , d'abord les affixes (Af.) , ensuite les autres (adverbes primitifs adv., prépositions prép., conjonctions conj.). L'apprentissage du vocabulaire essentiel peut donc être, relativement à d'autres langues, très rapide . La connaissance de ces 1000 premières racines, compte tenu du système de composition des mots, des affixes réguliers et de l'absence d'exceptions permet de lire à environ 95% un texte ordinaire[13] et d'établir une communication ordinaire efficace.

Emprunts au latin et aux langues romanes : (environ 75 % du vocabulaire)
Latin (lat) Affixes : -ig- tiré de purigare purifier, faire pur ; -in- = être féminin (regina = reine) ; -ind = digne d'être fait (emprunté au latin audiendus, digne d'être entendu), -um- emprunté au latin -um, finale neutre de mots internationaux ex. album, podium. Adverbes : eĉ =même (etiam prononcé à l'allemande), jam = déjà, jen = voici (en prononcé à la russe). Prépositions : apud = chez ; dum = pendant; kun (cum = avec) ; per = au moyen de, avec ; preter (praeter = au-delà de, en longeant) ; pro (pro, propter = pour, à cause de).

Conjonctions : kvankam (quoique, bien que) ; sed (mais) ; tamen (cependant, pourtant).

Lexèmes : abio (sapin), akvo (eau), avo ( lat, pt grand père), flava (jaune), okulo (œil), vulpo (renard), tegmento (tectum) toit

Français (fr) Voir le paragraphe détaillé ci-dessous.
Italien (it) Affixes : -aĉ- (-accio = péjoratif), -an- = membre d'une collectivité (italiano = italien) ; -estr- = commandant (maestro = maître) ; -ec- (-ezza = idée abstraite) ; -iĝ- = devenir (tiré de verdeggiare verdir).

Adverbes : almenaŭ (almeno = au moins) ; ankaŭ (anche, pr. anke =aussi).

Prépositions : da = de (après un nom de mesure), ; tra = à travers. Conjonctions : se (si) (condition).

Lexèmes : ĉielo (cielo) (ciel) ; fari (fare) (faire) ; kaco (cazzo), (vulgairement « pénis ») ; mastro (maestro) patron ; skatolo (it. scatola) box, boite, Sinjoro (Signore) , (Seigneur (titre d’honneur) , Monsieur) ; voĉo (voce) (voix) ;

Langues romanes en général, espagnol (esp)

portugais (pt)

Affixes : -iva = possibilité active (esprimiva = expressif) ; -obl- (esp: doble) multiplicatif ; Prépositions. tra (à travers).

Lexèmes : amiko (ami), facila (facile), fero (fer), miri (esp admirarse) s'étonner; nubo (esp nube) nuage ; premi (pt compremir, premir) fr accabler, appuyer (sur), oppresser, opprimer ; preso impression (d'imprimerie), provi (pt provar, esp probar) essayer, éprouver ; rimedo (esp remedio) en, fr res(s)ource; ruli rouler (pt, ge en roll) ; stulta (en, fr, it stupid'); verda (vert) ; vok'i appeler, elvoki évoquer, volvi (pt envolver, en roll) enrouler ;

Emprunts aux langues germaniques : (environ 20 % du vocabulaire)
Allemand (ge) Affixes : -n de l'accusatif ; ge =rassemblement des deux sexes, (Geschwister = frères et sœurs), -il = outil (fin du mot Schlüssel = clé ou fin du mot out-il) ; -in (sexe féminin, Königin = reine, freundin = amie).

Adverbes : ajn = n'importe (transcription phonétique de ein dans irgend ein) ; baldaŭ (bald = bientôt), ja = ja (de fait), nun = maintenant ; nur = seulement ; ol (ge : als) que (après comparatif). Prépositions : anstataŭ (anstatt = au lieu de), je = je au sens indéterminé, laŭ (laut = selon). Conjontion : nu = or.

Lexèmes : bedaŭri (bedauern, en be sorry = regretter); drato =fil métallique (Draht), dungi = embaucher (dingen), , faden'o (Faden) : fil ; Fraŭlino (Fräulein = demoiselle ; Mademoiselle) ; fuŝ'i (pfuschen) bâcler, gâcher, fr fichu ; haven'o (ge : Hafen ; en : harbour) port ; haŭt'o (Haut) peau ; hund'o (Hund = chien) ; knab'o (Knabe = garçon (jeune homme)), ; spegul'o (Spiegel, lat. speculum) fr miroir En mirror ; ŝati (ge schätzen, en like) apprécier ; ŝlos'i (ge abschliessen), fr fermer à clé ; ŝnur'o (Schnur) corde ; ŝrank'o (Schrank = armoire) ; ŝtrump'o (ge strumpf, en stocking) bas -eto chaussette ; taŭgi (ge taugen, en suitable) fr convenir ; teler'o (Teller) assiette ; traf'i (treffen, pl trafiac') atteindre ; tuko (Tuch, en clothe) tissu (pièce de) ; verko (ge Werk) œuvre, ouvrage ; viŝi (wischen, en wipe) essuyer ; zorgi (sich sorgen, en care for) se soucier de

Anglais (en) Affixe : -on- (finale de fraction), nombre fractionnaire. Pronom : ŝi (she = elle). Adverbe : jes (yes = oui). Lexèmes: birdo (bird = oiseau), farti (fare) se porter, graso (grease) = graisse ; helpi (to help = aider), kato (cat = chat), spite (in spite of = en dépit de), suno (sun = soleil), teamo (team = équipe), lasta (last = dernier), najlo (nail = clou), profesoro (professor), ŝarko (shark = requin) , savi (to save, it, es, pt salv) sauver, ŝuo (shoe = chaussure), ŝipo (ship = bateau)
Langues germaniques en général (ge, en, sv) Adverbes : ju...des = plus... plus (ge : je...desto ; suédois = sv : ju...des). Lexèmes : bildo (ge Bild, en picture) image, danki (ge danken, en thank) remercier), dika = gros (ge dick, en thick), ebena = plat, plan lisse (ge : eben, en : even), fingro (en, ge : finger) doigt ; fiŝo (en fish, ge fisch) poisson, forgesi (en to forget, ge vergessen) = oublier ; fremd'a (fremd, en foreign) étranger ;frost (en, ge) gel ; grundo (ge Grund, en ground) sol, halti (ge halten, en halt) arrêter, jaro (ge Jahr, en year) année, lerni (en to learn, ge lernen) apprendre ; morgaŭ (ge morgen, en to morrow) demain ; ofte (ge oft, en often) souvent ; sata (ge satt, en satisfied) satisfait, rassasié ; ŝaf'o (ge Schaf, en sheep) mouton; somero (ge Sommer, en summer) = été ; ŝteli (ge stellen, en steal) voler ; vintro (en, ge Winter) = hiver ; veki (en awake, ge wecken) réveiller ;
Emprunts aux langues slaves :
Polonais (pl) Adverbe : ĉu (czy) (est-ce que). Lexèmes : cel'o (cel, ge Ziel) (but, dessein, fin, objectif, krad'o (krata) (dièse, grillage, grille), lut'i (lutować) (souder), moŝt'o (mość) (seigneurie), piĉ'o (piczka) (vulgairement « vulve ») ; pilk'o balle à jouer
Russe (ru) Affixes : -ĉj- (-чка) (-tchka = diminutif affectueux), -nj- (-нька) (n’ka = diminutif affectueux). Adverbe :nepre immanquablement, sans faute. Prépositions: krom (кроме = en outre, excepté, sauf, hormis), po = à raison de. Lexèmes : barakt'i (барахтаться = se débattre), vost'o (хвост = queue d’animal).
Langues slaves en général klopod'i (essayer, faire des démarches), prav'a (juste, correct)
Emprunts à d’autres langues indo-européennes :
Grec ancien (gr) Directement :

Affixes : -j (terminaison du pluriel ; -eg- très grand, (emprunté à mega avec apocope de l'initiale m) ; ek- (ekgelân : éclater de rire, soudaineté d'une action commençante ; -er  : unité constitutive de l'ensemble (apocope de meros = partie) ; -id- = descendant direct, (Pelopides = fils de Pelops). Conjonction : kaj (et). Préposition : pri (peri = au sujet de)

Par l'intermédiaire des langues romanes et germaniques : biologi'o (biologie), hepat'o (foie), ost'o = os, politik'o (politique), et beaucoup de termes scientifiques.

Lituanien du (deux). Adverbes : ju (plus), tuj (aussitôt, d’abord, immédiatement, sitôt, tout de suite).
Sanskrit Essentiellement des objets et pratiques culturellement liés à l’Inde :

Budh'o (Bouddha), Nirvan'o (Nirvana)

Emprunts à d’autres langues non indo-européennes :
Finnois Un terme typiquement scandinave :

saŭn'o (sauna)

Hongrois ĉako (csákó) (coiffure militaire rigide, portée autrefois par les hussards, les chasseurs et la plupart des corps d’infanterie et qu’ont seulement conservée les saints-Cyriens et la garde républicaine à pied.), ĉuro (csuró) (vulgairement « sperme »)
Japonais Essentiellement des objets et pratiques culturellement liés au Japon, parfois avec une déformation phonétique trahissant leur emprunt via des langues européennes :

animeo (アニメ) (anime), aikido (合気道) (あいきどう) (aikidō), cunam'o (津波) (つなみ) (tsunami), ĉanoj'o (茶の湯) (ちゃのゆ) (chanoyu), ĉirimeno (縮緬) (ちりめん) (chirimen), eno (円) (えん) (en), goo (囲碁) (いご) (igo), hajk'o (俳句) (はいく) (haiku), harakir'o (切腹) (はらきり) (harakiri), haŝio (箸) (はし) (hashi), hibakŝo (被爆者) (ひばくしゃ) (hibakusha), ĵudo (柔道) (じゅうどう) (jūdō), kamikaz'o (神風) (かむかぜ) (kamikaze), kapao (河童) (かっぱ) (kappa), karaoke'o (カラオケ) (karaoke), karate'o (空手道) (からてどう) (karatedō), katano (刀) (かたな) (katana), kimono (着物) (きもの) (kimono), manga'o (漫画) (まんが) (manga), noo (能) (のう) (nō), origami'o (折り紙) (おりがみ) (origami), sake'o (酒) (さけ) (sake), samuraj'o (侍) (さむらい) (samurai), ŝinto'o (神道) (しんとう) (shintō), ŝogio (将棋) (しょうぎ) (shōgi), ŝogun'o (将軍) (しょうぐん) (shōgun), suŝi'o (寿司) (すし) (sushi), tankao (短歌) (たんか) (tanka), tofuo (豆腐) (とうふ) (tōfu), udono (饂飩) (うどん) (udon), utao (歌) (うた) (uta), zorio (草履) (ぞうり) (zōri), bonsaj'o (盆栽) (ぼんさい) (bonsai)

Same boac'o (renne)

Emprunts lexicaux au français[modifier | modifier le code]

En passant en espéranto, les racines internationales revêtent alors l'orthographe de cette langue. Les lettres d'origine en français entre guillemets sont transcrites en espéranto en italiques: "y" est transcrit par i (ciklo) ; "oi" par ua ( trotuaro) ; "ou" par u (genuo) ; "c" devant a, o, u par k (katarakto) ;" c" devant e et i par c(cedro = cèdre) ; "s" (entre voyelles) par "z (rozo) ; "x" par ks (maksimo), mais "ex-" devant voyelle est transcrit par ekz (ekzerci) ; "w" par v (vagono); "ch "grec par k (psikologio) ; "ph" par f (farmacio) ; "th" par t (teatro) ; "cc" devant e et i: kc (akceli = accélérer) ; "gn" français par nj (ĉampanjo = champagne) ; "gu" devant voyelle par gv (lingvo) ; "qu" par kv (skvalo =squale); "su" devant voyelle par sv (persvadi).

De plus les consonnes doubles à l'intérieur d'un mot simple, à l'imitation du russe, sont toujours simplifiées ("terre" = tero ; "ballon" = balono etc). Toute consonne double à l'intérieur d'un mot indique alors qu'il s'agit d'un mot composé (mar-risko = risque de mer).

Les racines (on utilise le terme de lexèmes) espéranto proches ou d’origine françaises (nous les exprimerons le plus souvent sous la forme verbale infinitive) sont souvent un peu modifiées pour s'adapter à la prononciation, à l'orthographe de la langue, ainsi que pour éviter les homonymes et faciliter l'internationalisation. Les lexèmes en italiques font partie des 1000 premiers radicaux. La majorité de ces racines sont d'origine latine ou grecque et communes avec l'anglais..Elles peuvent être divisées de la façon suivante :

  • les lexèmes ayant le même sens, la même orthographe et la même prononciation qu'en français :

absorb'i (absorber), adopt'i (adopter), brod'i (broder), dir'i (dire), dorm'i (dormir), fin'i (finir), honor'i (honorer), lav'i (laver), profit'i (profiter)

  • les lexèmes ayant le même sens et la même prononciation qu’en français, mais dont l’orthographe est un peu différente, notamment pour respecter l'écriture phonétique. Il faut ainsi souvent remplacer les lettres c, ss, s par respectivement k, s et z, élaguer les lettres redoublées, utiliser une lettre de substitution pour les lettres n'existant pas en espéranto (q notamment) :

agresi (agresser) akomodi (accommoder), asimili (assimiler), atak'i (attaquer) dezir'i (désirer) don'i (donner), esper'i (espérer), frot'i (frotter), grat'i (gratter), izol'i (isoler), kri'i (crier), lu'i (louer), metod'o (méthode), pas'i passer, paŝ'i faire des pas; pik'i (piquer), proklam'i (proclamer), pup'o (poupée), rafin'i (raffiner), regal'i (régaler), rev'i ("rêver", dans le sens "rêve éveillé", "rêver en dormant" se dit "sonĝi")

  • les lexèmes ayant le même sens et la même orthographe qu’en français, mais dont la prononciation est un peu différente

La lettre u se prononce comme « ou » en français Exemples : debuti (débuter), disputi (disputer), refuti (réfuter), repudii (répudier)

Les sons nasonnés français am-em-im-om-um et an-en-in-on-un n'existent pas en espéranto et se prononcent comme ame, -éme, -ime, -ome, -oume et ane, -éne, -ine,-one, -oune Exemples : grimp'i (grimper), invest'i (investir), montr'i (montrer), pens'i (penser), invent'i (inventer), renvers'i (renverser)

La lettre e se prononce comme « é » en français) Exemples : ven'i (venir)

  • les lexèmes dont la prononciation et l’orthographe sont un peu différentes du français, mais dont le sens est aisément perceptible pour une personne francophone :

aplaŭd'i (applaudir), bril'i (briller), ced'i (céder), cirkul'i (circuler), kred'i (croire), defend'i (défendre), degel'i (dégeler), disoci'i (dissocier), eksped'i (expédier) (en espéranto, la lettre x n’est pas utilisée) fenestr'o (fenêtre), improviz'i (improviser), invent'i (inventer), inspekt'i (inspecter), instru'i (instruire, enseigner), kelk-foj'e (quelquefois), komerc'i (commercer), kongres'o (congrès), kondamni (condamner), komenc'i (commencer), konstern'i (consterner), liver'i (livrer), manĝ'i (manger), marĉand'i (marchander), naŭz'i (provoquer la nausée), neĝ'i (neiger), neglekti (négliger), parol'o (parole), parol'i (parler), percepti (percevoir), pesi (peser), plast'o (plastique), pluv'i (pleuvoir), protekt'i (protéger), reg'i (régir, gouverner), respond'i (répondre), rigard'i (regarder), rikolt'i (récolter), rimed'o (moyen) traduk'i (traduire), vend'i (vendre) ; vic'o (vice-, rang(ée), suite)

Les lexèmes abrégés (avec une apocope) en comparaison du français mend'i commander (commercial) ; prunt'i emprunter ; spezo mouvement de fonds (cf espèces); elspez'i spend, dépenser

  • Les lexèmes ressemblant au français, mais dont le sens est différent, c’est-à-dire les faux-amis.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Jiří Hana, « Two-level morphology of Esperanto », Institute of Formal and Applied Linguistics,‎ , p. 85 (lire en ligne)
  2. a et b Gaston Waringhien, ABC d'espéranto à l'usage de ceux qui aiment les lettres, Paris, L'Harmattan, p. 49
  3. http://claudepiron.free.fr/livres/defilanguesbonsens.htm.
  4. http://claudepiron.free.fr/articlesenfrancais/simple.htm
  5. a et b Gaston Waringhien, ABC d'espéranto à l'usage de ceux qui aiment les lettres, Paris, L'Harmattan, , 76 p p., n° 64 à 66
  6. Gaston Waringhien, ABC d'espéranto à l'usage de ceux qui aiment les lettres, Paris, L'Harmattan, numéros 64 à 66
  7. « VIDÉOS. L'espéranto, une langue bien vivante », sur Le Point, (consulté le ).
  8. http://claudepiron.free.fr/articlesenfrancais/comprendreafr.htm
  9. Claude Piron, « Asie: anglais ou espéranto. Quelques exemples. », sur http://claudepiron.free.fr/
  10. Gaston Waringhien, ABC d'espéranto à l'usage de ceux qui aiment les lettres, Paris, p. Conclusion, n° 66
  11. Gaston Waringhien, ABC d'espéranto..., Paris, L'Harmattan, 76 p p., n° 17
  12. http://remush.be/tezauro/Kontakto.html
  13. (en) John C. Welles, Edward Thorndike, Vilio Sethälä, Helmar Franck, « Comparative characteristics of English and Esperanto », sur http://www.sat-amikaro.org/