Germigny-l'Exempt

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Germigny-l'Exempt
Germigny-l'Exempt
Germigny-l'Exempt, l'église
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Centre-Val de Loire
Département Cher
Arrondissement Saint-Amand-Montrond
Canton La Guerche sur l'Aubois
Intercommunalité Communauté de communes Portes du Berry, entre Loire et val d'Aubois
Maire
Mandat
Olivier Béatrix
2015-
Code postal 18150
Code commune 18101
Démographie
Gentilé Germinois
Population
municipale
307 hab. (2017 en diminution de 4,06 % par rapport à 2012)
Densité 11 hab./km2
Géographie
Coordonnées 46° 55′ 08″ nord, 2° 53′ 57″ est
Altitude Min. 180 m
Max. 227 m
Superficie 28,26 km2
Localisation
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Germigny-l'Exempt
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Germigny-l'Exempt

Germigny-l'Exempt (jusqu'en 1790, également: Germigny en Bourbonnais[1]) est une commune française située dans le département du Cher en région Centre-Val de Loire. Depuis les recherches concluantes de Louis Roubet, il est couramment admis que Germigny tire son nom de l'anthroponyme Germanus, le suffixe latin -acus indiquant la propriété, et que l'Exempt est une déformation du nom de l'affluent de l'Aubois qu'enjambe le village et qui s'est successivement appelé le Lexant, le Lessant et actuellement, le Luisant, dérivé à l'origine du latin laxare, "couler, s'écouler", indiquant le "cours d'eau"[2].

Géographie[modifier | modifier le code]

Germigny-l'Exempt est un village français du Bourbonnais[3],[4] dans la circonscription ecclésiastique de l'archidiocèse de Bourges. Il est actuellement situé dans le département du Cher et la région Centre-Val de Loire. Ses habitants sont appelés les Germinois et les Germinoises. La commune s'étend sur 28,3 km² et compte 309 habitants depuis le dernier recensement de la population datant de 2005. Entouré par les communes de La Chapelle-Hugon, La Guerche-sur-l'Aubois et Vereaux, Germigny-l'Exempt est situé à 4 km au nord-ouest de la Chapelle-Hugon et à 7 km au sud-ouest de La Guerche. Situé à 190 mètres d'altitude, le village de Germigny-l'Exempt a pour coordonnées géographiques 46° 55' 5" de latitude nord et 2° 53' 54" de longitude est. La commune de Germigny-l'Exempt fait partie de la Communauté de communes Portes du Berry, entre Loire et Val d'Aubois.

Localisation[modifier | modifier le code]

Rose des vents Ignol La Guerche-sur-l'Aubois Rose des vents
Croisy N La Chapelle-Hugon
O    Germigny-l'Exempt    E
S
Ourouer-les-Bourdelins Vereaux Grossouvre

Histoire[modifier | modifier le code]

Ainsi que Louis Roubet au XIXe siècle, puis dans les années 1980 les pionniers de l'archéologie aérienne Jean Holmgren et Alain Leday l'ont montré, le site de Germigny était le siège de grandes exploitations agricoles à l'époque gallo-romaine. Jusqu'au Xe siècle, la seigneurie appartient au duc de Nevers et à l'évêché de Nevers. Les seigneurs de la première maison de Bourbon (dynastie des Archambault) prennent possession de Germigny en 916. En 1108/1109 Louis VI le Gros assiège la forteresse de Germigny-l'Exempt, fief situé en dehors du domaine royal, à la limite de la vicomté de Bourges acquise par son père en 1101, pour réduire Aymon II Vaire-Vache seigneur de Bourbon qui avait spolié son neveu Archambaud VI le Pupille[5]. Louis VI soumettra Aimon II à son autorité et finira par lui confier Germigny et Saint-Pourçain-sur-Sioule, deux sites clefs en termes géopolitiques. En 1523, la spoliation de Charles III de Bourbon par Louise de Savoie, mère de François Ier, et le don de Germigny à Philibert Babou, son intendant général, conduisent en cinquante ans à la ruine de la seigneurie et à sa disparition des cartes. En 1557, le château n'est plus signalé. En 1683, Germigny devient, par adjudication, la propriété de la famille Briçonnet d'Oizonville. Bernard Briçonnet reconstruit au sommet d'un tertre dominant l'Aubois un château sur les fondations du château médiéval auquel on donnera le nom de «Château-Renaud». Les biens du dernier châtelain de Germigny, Louis César de Bonneval, sont confisqués en 1793 et vendus. Au XIXe siècle, Germigny deviendra, sous les auspices de l'éleveur Louis Massé, le berceau de la race charolaise élaborée dans la ferme expérimentale de Martoux.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
1793 1798 Christophe Auclair    
1798 1805 Louis Collas    
1805 1824 François Massé    
1824 1831 Philippe Chafre (démissionnaire)    
1831 1838 Balthazar Dumond    
1838 1848 Jean-Alexandre Petit    
1848 1851 Antoine Colas (démissionnaire)    
1851 1851 Louis Achat (révoqué)    
1851 1861 Augustin Massé (à la suite de la révocation de Louis Achat)    
1861 1866 Alphonse Massé    
1866 1870 Gilbert Poisson    
1870 1871 Charles Boyn    
1871 1878 Pierre Bardiot    
1878 1879 Camille Raillard (démissionnaire)    
1879 1884 Antoine Couillebeaux    
1884 1894 Pierre Bardiot (démissionnaire)    
1894 1896 Jean Pagès    
1896 1904 André Billot (décédé en fonction)    
1904 1912 Louis Crochet    
1912 1919 Gilbert Dufour    
1919 1920 Louis Crochet (démissionnaire)    
1920 1929 Pierre Furet    
1929 1933 Jean Marinier (décédé en fonction)    
1933 1935 Auguste Massé    
1935 1944 Félix Roy    
1944 1953 Pierre Perriot    
1953 1977 Louis Breton    
1977 1983 Serge Sautereau    
mars 1983 mars 2001 Gilles Goupil de Bouillé[6] RPR Eleveur, agriculteur
mars 2001 mars 2008 Jean-Pierre Syty DVD[7] Enseignant
mars 2008 mars 2014 Jean-Pierre Blévin SE Chirurgien dentiste retraité
mars 2014 juin 2015 Christian Foray
DVG Ingénieur retraité
juillet 2015 En cours Olivier Béatrix UMP-LR[8], puis UDI

[9], puis Mouvement radical[10]

Directeur juridique (2013-2017)[11], puis avocat consultant ("Of counsel (en)")[12](2017-2018)
Les données manquantes sont à compléter.

Démographie[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[13]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2005[14].

En 2017, la commune comptait 307 habitants[Note 1], en diminution de 4,06 % par rapport à 2012 (Cher : -2,45 %, France hors Mayotte : +2,36 %).

Évolution de la population  [ modifier ]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
7227497575397858179561 1521 264
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
1 2481 2101 1921 1351 2041 1751 1971 0671 032
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
962901860726733672647673612
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2005 2010 2015
553509472383362331322327311
2017 - - - - - - - -
307--------
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[15] puis Insee à partir de 2006[16].)
Histogramme de l'évolution démographique

Monuments et objets inscrits et classés[modifier | modifier le code]

Château-Renaud en 1900


Ligne de démarcation[modifier | modifier le code]

La ligne de démarcation séparait la France en deux parties : au Nord, la zone occupée, et au Sud la zone dite "non-occupée" ("unbesetzte Zone", surnommée zone "nono" dans le langage courant[21]). Entrée en vigueur le 25 juin 1940, après la signature de l'armistice entre l'Italie et la France du [22], elle est supprimée le 1er mars 1943, trois mois après l'invasion de la zone sud par les troupes allemandes.

Germigny-l'Exempt est une des 27 communes du Cher qui étaient traversées par la Ligne. Le tracé coupait la commune en deux, interrompant la circulation sur l'axe principal reliant La Guerche-sur-l'Aubois (en zone occupée) à Sancoins (en zone non-occupée)[23]. Le no man's land qui séparait le poste allemand du poste français s'étendait entre le lieu-dit Les Vallées et Château Gaillard, puis se poursuivait à travers le lieu-dit La Grenouille. Il divisait Germigny-l'Exempt à la hauteur du lavoir (celui-ci était en zone non-occupée), et passait sur la route d'Ignol (actuellement la départementale 43). Une stèle commémorative a été placée au bord de la route de La Guerche (actuellement la départementale 15) au croisement avec la route de Martoux pour fixer le tracé de la Ligne: les barrières mobiles qui fermaient le passage aux véhicules et le poste de contrôle allemand étaient situés à cet endroit. La ligne continuait en direction du lieu-dit la Malandrie, et rejoignait puis longeait le ruisseau des Varennes.

Site d'exfiltration privilégié dans le Cher, le "passage" de Germigny, longtemps oublié, a connu en 2018 un regain d'intérêt et donné lieu à des cycles de conférences mélangeant personnalités académiques et témoins locaux[24],[25]. A partir du 6 juin 1944 des hommes de la brigade de marche Charles Martel du colonel vichysto-résistant[26] Raymond Chomel, de l'Armée d'armistice, exploiteront le maquis de Germigny pour y organiser des opérations de sabotage et stopper la retraite de l'ennemi.

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Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2020, millésimée 2017, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2019, date de référence statistique : 1er janvier 2017.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Camille Trapenard, Le Pâturage communal en Haute-Auvergne (XVIIe-XVIIIe siècles), Larose & Tenin, 1904.
  2. Louis Roubet, "La Coutume de Germigny-l'Exempt", in: Annales des Congrès scientifique de France: 37e session, août 1872
  3. Coutumes générales et locales du Paÿs et duché de Bourbonnais, 1779.
  4. Hippolyte François Jaubert, Glossaire du centre de la France, 1864.
  5. André Leguai, Histoire du Bourbonnais (« Que sais-je ? », no 862), Paris, Presses universitaires de France, 1960 p. 16.
  6. Jessy Ruzé, Le Mémorial des maires du Cher: de la Révolution à l'an 2000, Éditions du Terroir, 1999, p.147
  7. Annuaire des Mairies du Cher 2006-2007, Editions Céline, page 43
  8. « Tension avant le premier conseil communautaire », Le Parisien,‎ (lire en ligne)
  9. « Résultats des élections législatives 2017 ‑ Cher - 3e circonscription », 20 minutes,‎ (lire en ligne)
  10. « Liste des élus du Mouvement radical »
  11. Marlène Lestang, « Olivier Béatrix (UDI) se pose en rassembleur à Saint-Amand », La Montagne,‎ (lire en ligne)
  12. « Liste des "Of counsel" du Cabinet Latournerie-Wolfrom »
  13. L'organisation du recensement, sur insee.fr.
  14. Calendrier départemental des recensements, sur insee.fr.
  15. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  16. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014, 2015, 2016 et 2017.
  17. Notice no PA00096806, base Mérimée, ministère français de la Culture
  18. Notice no PA00096805, base Mérimée, ministère français de la Culture
  19. Page retraçant l'histoire de Château-Renaud (Certaines informations contemporaines contenues dans ce texte sont périmées. Ainsi, Château-Renaud n'est plus la propriété du baron de Maistre qui le revendit en 1992 au décorateur Allard, lequel à son tour le revendit en 2000 à Geoffroy Sartorius, administrateur financier.)
  20. Notice no PM18001171, base Palissy, ministère français de la Culture
  21. Eric Alary, La ligne de démarcation 1940-1944, Perrin
  22. Jean-Yves Mary, Alain Hohnadel et Jacques Sicard, Hommes et ouvrages de la ligne Maginot, t. 3 : Le destin tragique de la ligne Maginot, Paris, Éditions Histoire & collections, coll. « L’Encyclopédie de l'Armée française » (no 2), , 246 p. (ISBN 2913903886), p. 221.
  23. Alain Rafesthain, La Résistance aux mains nues, 2015
  24. "La ligne de démarcation, sa signification géopolitique", sur Le Berry républicain du 13/04/2018. Consulté le 11 janvier 2019.
  25. Site du Musée de la Résistance et de la Déportation du Cher
  26. Colonel Jean Druart, Le maquis d'Épernon, 32e régiment d'infanterie, brigade Charles Martel, 202 p., éd. Hérault, Mondévrier, 1991 (ISBN 2-7407-0023-7)
  27. Annie Lacroix-Riz, Les Elites françaises entre 1940 et 1944, 2016, p.70
  28. Jacques-Augustin Bailly, La Libération confisquée: le Languedoc, 1944-1945, 1993, p.291
  29. Philippe Valode, Le Livre noir de la Collaboration, 2013
  30. Caroline Fourest, Fiammetta Venner, Les Anti-pacs ou la dernière croisade homophobe, Paris, Éditions Prochoix, 1999 (ISBN 978-2-913749-00-9).


Liens externes[modifier | modifier le code]

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