Citroën 23

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Citroën Type 23
Citroën 23

Marque Drapeau : France Citroën
Années de production 1935 - 1969[1]
Classe Utilitaire
Moteur et transmission
Moteur(s) Quatre cylindres à culbuteurs
Cylindrée 1 911 cm3
Puissance maximale 42 ch puis 52 ch
Transmission Aux roues arrière
Boîte de vitesses Manuelle 4 rapports
Poids et performances
Poids à vide Plateau-ridelles bâché : 2 020 kg
Vitesse maximale 70 km/h
Châssis - Carrosserie
Carrosserie(s) Plateau, plateau-ridelles bâché, benne, fourgon, car, bus et tracteur
Suspensions Lames de ressort semi-elliptiques
Dimensions
Longueur 5 040 mm puis après avril 1940, 5 580 mm
Largeur 1 960 mm
Hauteur Plateau-ridelles bâché : 2 760 mm
Empattement 3 380 mm puis après avril 1940, 3 750 mm
Chronologie des modèles

Le Citroën T23 est un camion conçu en France et fabriqué du milieu des années 1930 à la fin des années 1960. Dernier véhicule conçu du vivant d'André Citroën, le T23 détient le record de longévité absolu de la marque Citroën dans sa période souveraine (c'est-à-dire entre 1919 et 1974, avant le rachat de Citroën par Peugeot), avec trente-cinq années de production ininterrompue de ce modèle, de 1935 à 1969. Son symbole usine est le "PUD" .

Histoire[modifier | modifier le code]

Le T23 de Citroën est à l'origine une camionnette puisqu'il fut réceptionné aux Mines le 25 avril 1935 avec un poids total en charge (P.T.C.) de 3 500 kg. Il est présenté au Salon de Paris d'octobre de la même année conjointement aux camionnettes et aux poids lourds de la marque.

Le Type 23 série U (ou T23 série U) est un véhicule de 1 500 kg de charge utile en version plateau, ce qui lui donnait une charge totale[2] de 2 300 kg (d'où sa désignation « 23 », avec « U » pour utilitaire).

Il utilise le moteur — moderne pour l'époque — de la Traction Avant 11 CV monté retourné (il entraîne les roues arrière par l'intermédiaire d'un arbre de transmission et d'un pont avec suspension à ressorts semi-élliptiques) et avec un sens de rotation inversé pour maintenir le sens de rotation de la manivelle par la droite. La boîte de vitesses spécifique possède trois rapports très courts plus une prise directe. Le Type 23 plafonne à 70 km/h.

Un Citroën Type 23R série U surmonté du bibendum Michelin.

Sa cabine dérivée de la partie avant des « Rosalie » a été dessinée par Flaminio Bertoni, le créateur du dessin de la Traction Avant, de la 2 CV, de la DS, de l'Ami 6 et du camion « Belphégor ».

Le Type 23 Di, dévoilé au Salon de Paris 1936 équipé d'un moteur Diesel quatre cylindres de 1 767 cm3 (40 ch à 3 650 tr/min), est lancé en février 1937 toujours avec 1 500 kg de charge utile. Le moteur est alors un véritable Diesel Citroën construit sous licence Ricardo.

En 1939, l'armée française commande en urgence plus de 13 000 Type 23U avec des accessoires spécifiques tels que crochets de remorque, marche-pieds rallongés avec coffres spéciaux. Les premiers exemplaires sont encore équipés d'ailes galbées et biseautées sur la partie avant mais dès la fin 1939, apparaissent les ailes plates.

Le Type 23L série U est réceptionné aux Mines le 29 avril 1940. Son châssis est rallongé de 37 cm en empattement et son P.T.C. est de 3 800 kg. Ses ridelles plus longues sont en acier et non plus en bois et le plateau est désormais soutenu par cinq traverses au lieu de quatre. Dès leur arrivée à Paris en juin, les Allemands prennent possession de l'usine Citroën de Javel et y poursuivent la production des Type 23L série U.

En septembre 1941, le T23L devient T23R avec un freinage hydraulique et un châssis renforcé, le P.T.C. passant à 3 950 kg. En février 1945, le P.T.C. passe à 4 200 kg et fin juin 1952 à 4 500 kg. Cette dernière version possèdera des ailes avant galbées différentes des modèles d'avant guerre, et qui retombent jusqu'au pare-chocs avant à partir de novembre 1952. Ces ailes seront encore modifiées, plus près des roues avec des renforts dans leur partie arrière entre mai et octobre 1953.

L’après-guerre[modifier | modifier le code]

Citroën U23.

Progressivement surnommé « U23 » après la Seconde Guerre mondiale, le Type 23 est équipé à partir novembre 1953 d'une nouvelle cabine monocoque réalisée par la Carrosserie Citroën de Levallois, le châssis étant très peu modifié et s'appelant toujours Type 23R série U jusqu'en 1958. Il bénéficie d'une partie des progrès du moteur Traction Avant « 11D » à partir de mai 1955, puis de ceux de l'ID 19 en janvier 1964. L'U23 sera produit jusqu'en 1969[1], décliné à partir de novembre 1958 en 23-35 (3,5 tonnes), 23-45 (4,5 tonnes) et 23-50 (5 tonnes).

Présentée dès l'été 1958, une cabine semi-avancée est disponible en novembre, toujours réalisée par la Carrosserie de Levallois, mais raccourcie d'un mètre. Par rapport aux premiers modèles de série, de très nombreuses modifications seront apportées par Citroën, telles que la modification de la direction jugée dangereuse, l'ouverture des portes vers l'arrière, un nouveau pédalier suspendu, la réduction des dimensions du capot moteur (accessible de l'intérieur). Par la suite, des sièges tubulaires seront montés et, à partir du Salon 1965, pour les versions essence comme les versions diesel, le filtre à air sera installé sous le capot cabine (accessible de l'extérieur).

Dès 1958, des moteurs Diesel Perkins quatre cylindres de 3 153 cm3 (52 ch à 2 400 tr/min) sont proposés en adaptation pour tous les T23, avec leur trousse d'adaptation fournie par la Société française des Moteurs Perkins. Ce montage obligeait simplement le propriétaire du véhicule à passer les Mines à titre isolé. Devant le succès de ce moteur plus puissant, plus fiable et donnant plus de couple que le moteur Diesel Citroën d'avant Guerre, le Type 23-50 Di désormais équipé de série du moteur Perkins sera réceptionné aux Mines le 28 juillet 1960. Toutefois, chez Citroën, les numéros de série des 23-50 Di, à cabine Levallois normale comme à cabine Levallois semi-avancée, ne commenceront à être enregistrés qu'à partir de septembre 1961.

Autocar Citroën U23 de 1947 avec une carrosserie "Joseph Besset" - visible à Annonay.

Le Type 23 sera proposé en toutes sortes de carrosseries, notamment toute une série de bennes basculantes - réalisées par Genève, Marrel, Samson ou Pillot - et de fourgons tôlés- Heuliez et Currus -, pour devenir un Autocar, un bus, un corbillard, un camion-nacelle, un fourgon de lutte contre l'incendie, un camion pour transport des bouteilles de lait de la SAFR, un camion publicitaire ou des véhicules avec aménagements spéciaux à la demande, etc.

Les firmes Herwaythorn et Sinpar proposeront des transformations de T23 en quatre roues motrices. C'est surtout Sinpar qui obtiendra le marché du 4x4 pour les T23, laissant à Herwaythorn une partie des 4x4 Citroën sur châssis T46 et T55. Pour le T23, Sinpar proposera une foule d'équipements, notamment des treuils, des prises de force, des réducteurs, des multiplicateurs, des transformations de châssis, ainsi que des remorques et un tracteur pour semi-remorque, l'ensemble du tracteur et de la remorque pouvant atteindre 6,8 tonnes en charge.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b fin de production des T23 en 1969 reconnue officiellement par Citroën en 2007, avec, toutes versions confondues, 1 304 châssis et véhicules produits en 1968, et 1432 en 1969.
  2. charge totale = charge utile + carrosserie

Annexes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Fabien Sabatès, Le catalogue Citroën 1918 - 1960, éditions Massin, (ISBN 2-7072-0256-8)
    16 pages sur les T23
  • Ivan Lavallade, Le Citroën U23 de mon père, éditions E.T.A.I., (ISBN 978-2-7268-8771-4)
    120 pages sur les T23

Articles connexes[modifier | modifier le code]