Berliet CBA

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Berliet CBA
Berliet CBA
Berliet CBA de la première guerre mondiale.

Marque Drapeau : France Berliet
Années de production 1913 - 1932
Production 40 000 exemplaire(s)
Usine(s) d’assemblage Drapeau de la France Lyon-Monplaisir puis Vénissieux
Classe Camion moyenne distance
Moteur et transmission
Énergie Essence ; Diesel ; Bois (Gazogène)
Moteur(s) 4 cylindres coulés par paire
Position du moteur Longitudinal avant
Cylindrée 5 320 cm3
Puissance maximale 22 ch DIN (16,2 kW)
Transmission Propulsion
Boîte de vitesses Manuelle à 4 rapports
Poids et performances
Poids à vide 3 500 kg
Vitesse maximale 25 km/h
Châssis - Carrosserie
Carrosserie(s) Porteur
Suspensions Ressort à lames
Direction Pivot
Freins Mécanique
Chronologie des modèles

Le Berliet CBA est un utilitaire lourd fabriqué et commercialisé par le constructeur français Berliet entre 1913 et 1932.

Il est le poids lourd emblématique de l'Armée française lors de la Première Guerre mondiale où il a joué un rôle prépondérant sur la Voie Sacrée en acheminant inlassablement hommes, aliments, armes et munitions sans jamais défaillir jusqu'au front de la bataille de Verdun.

Le CBA sera remplacé par les GLA et GLR, tous les deux présentés en 1959.

Historique[modifier | modifier le code]

Lancement[modifier | modifier le code]

En 1913, 4 000 voitures et camions [1] sortent des usines de Monplaisir qui emploient 3 150 personnes. Cette même année, le Berliet CBA est réceptionné au service des Mines [2] pour 3,5 tonnes de charge utile (il le sera pour 4 tonnes en 1914 puis à 5 t en 1918) et primé au Concours militaire [3]. L'ingénieur Léon Monier aura beaucoup contribué à la conception du CBA.

Le CBA durant la Première Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

À partir de 1914, lancement de la Première Guerre mondiale, le CBA sera uniquement vendu à l'Armée française avec un contrat de 100 camions/mois. Simple, robuste et économique, il sera apprécié par l'Armée à laquelle près de 15 000 exemplaires seront livrés pendant le premier conflit mondial et qui notamment composeront plus de la moitié de la noria de camions sur la Voie Sacrée[4]. Il n'y aura plus de service commercial jusqu'en 1918.

Parallèlement, des commandes d'obus sont adressées à Berliet comme aux autres constructeurs automobiles. Pour satisfaire cette demande, Marius construit deux bâtiments à Monplaisir et obtient d’Édouard Herriot, maire de Lyon, l'autorisation d'installer à la halle Tony Garnier le matériel nécessaire à la production d'obus, ce qui permettra de sortir 5 000 obus par jour[5].

En 1915, compte tenu de la demande, Marius Berliet décidera de ne fabriquer que ce camion, en plus des obus.

En 1916, Berliet commence la construction de l'usine intégrée à Vénissieux / Saint-Priest sur près de 400 ha.

En 1918, près de 1 000 camions par mois sortent des usines ; ce qui sera un record du monde de production à l'époque.

Parmi les 3 500 camions qui circulaient sur la Voie Sacrée, le CBA était le plus répandu. Il était essentiellement utilisé pour le transport de troupes et de matériels, mais également pour le transport de blessés.

Entre-deux-guerres[modifier | modifier le code]

À la fin de la guerre, le CBA reprendra en service commercial, jusqu'en 1932. Au total, environ 40 000 exemplaires seront produits.

Caractéristiques[modifier | modifier le code]

Dimensions[modifier | modifier le code]

Berliet CBA - Unité chirurgicale. Datant de 1915.
Berliet CBA (1913) Berliet CBA (1914) Berliet CBA (1918)
Longueur 3 408 mm 3 408 mm 3 408 mm
Largeur (sans rétroviseurs) 1 060 mm 1 060 mm 1 060 mm
Hauteur
Empattement 4 050 mm 4 050 mm 4 050 mm
Porte-à-faux
Rayon de braquage
Angle d’attaque / Fuite
Masse à vide 3 500 kg 3 500 kg 3 500 kg
P.T.A.C. 3 500 kg 4 000 kg 5 000 kg
P.T.R.A. 10 000 kg
Volume de chargement
Réservoir à combustible

Chaîne cinématique[modifier | modifier le code]

Moteur[modifier | modifier le code]

Le CBA n'a eu qu'une seule motorisation qui sera modifiée avec différents types de carburants. Il sera équipé d'un moteur à 4 cylindres en ligne coulés par paire.

Modèle Construction Moteur + Nom Norme Euro Cylindrée + Alésage x course Performance Couple Vitesse maxi Consommation + CO2
Berliet CBA
Essence
1913 - 1932 4 cylindres en ligne
Berliet Type Z
Aucune norme 5 320 cm3 (5,3 L)
100 × 140 mm
16,2 kW (22 ch) à 1 250 tr/min
(limiteur de vitesse)
... Nm à ... tr/min 25 km/h (à vide)
17 / 20 km/h (en charge)
... l/100 km
... g/km
Berliet CBA
Gazole
1931 4 cylindres en ligne
Berliet Type Z
Aucune norme 5 320 cm3 (5,3 L)
.
16,2 kW (22 ch) 25 km/h (à vide)
17 / 20 km/h (en charge)
Berliet CBA
Gazogène (bois)
1920 4 cylindres en ligne
Berliet Type Z
Aucune norme 5 320 cm3 (5,3 L)
.
16,2 kW (22 ch) 25 km/h (à vide)
17 / 20 km/h (en charge)

Boite de vitesses[modifier | modifier le code]

Paris - Retromobile 2014 - Berliet type CBA - Unité chirurgicale - 1915 - 002.jpg

Le CBA sera équipé d'une boite de vitesses manuelle à 4 rapports. Le premier rapport sert à "décoller" le véhicule ; le 4e sera en prise directe.

Caractéristique de la boite manuelle
Régime de ralentie Vitesse de croisière Vitesse maxi Régime maxi
Neutre 200 tr/min - -
1re - - 5 km/h 1 250 tr/min
2e - Au pas 1 250 tr/min
3e - 1 250 tr/min
4e - 20 km/h 25 km/h 1 250 tr/min
R - 1 250 tr/min

Transmission[modifier | modifier le code]

La transmission sera entraînée à l'arrière par chaîne (à axes rivés ou en option goupillés) sur un différentiel qui est équipé de roues jumelées. Ce type de transmission très archaïque est simple et solide, et peut être facilement réparé. La transmission à cardans, peu utilisée car il faut payer les droits de licence à l'ingénieur italien qui l'a inventée, est encore peu utilisée sur les camions dont les démarrages sont trop souvent brutaux, comme le CBA.

Détail de la face avant.

Mécanique[modifier | modifier le code]

Le véhicule ne dispose pas de système de freinage sur les roues avant. Il possède deux freins à mâchoires situées sur la face interne des roues arrière et un frein sur l'arbre en sortie de différentiel. Ce dernier, actionné au pied, sert pour les ralentissements ou le freinages de courte durée ; pour le freinage « de fatigue » ou d’urgence, le chauffeur doit actionner les freins sur roues à l’aide d’un levier manuel.

Niveau suspension, le CBA est muni de ressort à lames sur les deux essieux.

Châssis et carrosserie[modifier | modifier le code]

Châssis traditionnel de l'époque.

Préservation[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. AFB - fonds Berliet - fontex 4432/3 Extrait catalogue Berliet 1913.
  2. AFB - fonds fiches des Mines Berliet G 102.
  3. AFB - fonds thématique / concours / fontex 5690 : 28.
  4. Jean-Louis Loubet, L'Industrie automobile: 1905-1971, Droz, 1999, p. 130.
  5. Louis Muron, Marius Berliet (1866-1949), Éditions Lugd, Lyon 1995, page 6.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]