Latil TAR

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Latil TAR
Tracteur d'Artillerie Roulant
Latil TAR
Un Latil TAR avec sa remorque

Marque Drapeau : France Latil
Années de production Prototype : 1911
Série : 1913 - 1922
Production Environ 3 000 exemplaire(s)
Usine(s) d’assemblage Drapeau de la France Usine de Levallois-Perret
Classe Utilitaire lourd pour du transport militaire
Moteur et transmission
Énergie Essence
Moteur(s) L4
Position du moteur Longitudinal avant
Cylindrée 7 500 cm3
Puissance maximale 40 ch DIN (29 kW)
Transmission Intégrale
Boîte de vitesses Manuelle à 5 rapports
Poids et performances
Poids à vide 5 800 kg
Vitesse maximale 18 km/h
Châssis - Carrosserie
Carrosserie(s) Porteur
Suspensions Ressort à lames
Freins Mécanique
Chronologie des modèles

Le Latil TAR (Tracteur d'Artillerie Roulant) est un tracteur d'artillerie lourd proposé à l'Armée française par le constructeur français Latil en 1911. Il sera produit de 1913 à 1922 et sera remplacé par le Latil TAR H.

Historique[modifier | modifier le code]

Lancement[modifier | modifier le code]

En 1911, peu avant le début de la Première Guerre mondiale, pour remplacer les animaux utilisés pour tirer les charges lourdes sur route et les champs de bataille, l'Armée française recherche un véhicule capable de tracter les pièces d’artillerie sur tous les terrains d'intervention. Latil donna naissance au TAR (Tracteur d'Artillerie Roulant). Le prototype sera finalisée en 1911.

Des Latil TAR avec des soldats durant la Première Guerre Mondiale.

Un concours est lancé en mars 1913. Le Ministère de la Guerre en avait fixé le programme : « Les camions ne doivent pas dépasser 7,5 tonnes dont 2 de charge utile, rouler à la vitesse moyenne de 8 km/h en tractant 15 tonnes et être capables de gravir, sans remorque, une pente de 18 %. ». Deux constructeurs sont candidats : Panhard & Levassor en collaboration avec Châtillon-Commentry propose le Châtillon-Panhard et Latil présente le TAR. Il remportera la préférence des militaires. Étrangement, aucune commande ne sera passée suite à ce concours[1].

Un second concours est organisé en 1914 qui voit 4 candidats : toujours le Châtillon-Panhard et le Latil TAR mais également deux nouveaux venus, un modèle Schneider et le Renault EG. À nouveau, le Latil TAR est en première position, qui viendra ensuite le Châtillon-Panhard puis le Renault EG[1]. Le TAR sera commandé à environ 3 000 exemplaires par l'Armée française.

Le TAR durant la Première Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Entre-deux-guerres[modifier | modifier le code]

Un TAR en version civil.

À la fin de la guerre, le TAR continuera en service commercial, jusqu'en 1922.

Caractéristiques[modifier | modifier le code]

Dimensions[modifier | modifier le code]

Le rapport des tests effectués par l'Armée mentionnent que pour utiliser son effort de traction maximum sur bon terrain, il doit au minimum être chargé de 2 tonnes.

L'effort de traction aux jantes avec le premier rapport de boîte enclenché à 2,5 km/h est de 3 750 kg permettant de tracter un ensemble de :

  • 20 tonnes sur une rampe de 15 % ;
  • 25 tonnes sur une rampe de 12 % ;
  • 35 tonnes sur une rampe de 8 %.
Un Latil TAR tractant sur une remorque un char Renault FT.
Latil TAR (1911 / 1913-1922)
Longueur
Largeur (sans rétroviseurs)
Hauteur
Empattement
Porte-à-faux
Garde au sol 4 500 mm
Rayon de braquage 8,50 m
Angle d’attaque / Fuite
Masse à vide 5 800 kg
P.T.A.C. 7 500 kg
P.T.R.A. 15 000 kg
Volume de chargement
Réservoir à combustible

Chaîne cinématique[modifier | modifier le code]

Détail de la face avant.

Ayant déjà participé au premier concours de 1913, le constructeur Latil n'a apporté que très peu de modifications à son véhicule à quatre roues motrices et directrices.

L'ensemble moteur, embrayage, boîte de vitesses et différentiel avant forment un seul bloc, relié au châssis en 3 points : une rotule à l'avant et deux pattes à ressort à l'arrière.

Moteur[modifier | modifier le code]

Le TAR n'a eu qu'une seule motorisation essence à 4 cylindres en ligne monobloc de 7,5 litres de cylindrée (120 x 160 mm) et développant 40 ch. Il est graissé par barbotage avec niveau constant avec un refroidissement par thermosiphon avec un radiateur circulaire à ventilateur central.

Comme ses concurrents, il satisfait aux tests de traction et de franchissement d'une rampe de 15 % en charge avec 20 t réparties sur le tracteur et sa remorque. La vitesse sur route du tracteur seul est de 18 km/h et en charge (15 t avec remorques) sur terrain difficile, il atteint 12 km/h.

Essence
Modèle Construction Moteur + Nom Norme Euro Cylindrée + Alésage x course Performance Couple Vitesse maxi Consommation + CO2
Latil TAR 1911 / 1913-1922 4 cylindres en ligne
.
Aucune norme 7 500 cm3 (7,5 L)
29 kW (40 ch) à 1 100 tr/min ... Nm à ... tr/min 18 km/h (à vide)
12 km/h (en charge)
... l/100 km
... g/km

Boite de vitesses[modifier | modifier le code]

Paris - Retromobile 2014 - Latil TAR 4X4 - 1913 - 002.jpg

Le TAR sera équipé d'une boite de vitesses manuelle à 5 rapports et marche arrière. Le premier rapport sert à "décoller" le véhicule ; le 4e sera en prise directe. L'arbre du baladeur porte une vis attaquant la couronne du différentiel intéressant les roues avant. En bout, il actionne un cardan qui va attaquer le différentiel arrière.

Caractéristique de la boite manuelle (véhicule à vide)
Régime de ralentie Vitesse de croisière Vitesse maxi Régime maxi
Neutre 100 tr/min - -
1re - - 3 km/h 1 250 tr/min
2e - Au pas 1 250 tr/min
3e - 1 250 tr/min
4e - 1 250 tr/min
5e - 15 km/h 18 km/h 1 250 tr/min
R - 1 250 tr/min

Transmission[modifier | modifier le code]

  • Embrayage : cône cuir inversé.
  • Transmission aux roues : par cardans latéraux qui terminent les arbres des deux différentiels. Les différentiels peuvent être bloqués.

Mécanique[modifier | modifier le code]

Un TAR, châssis nu.

Le véhicule dispose d'un système de freinage sur les quatre roues qui fonctionne simultanément. Il possède deux freins à mâchoires situées sur la face interne de chaque roues et un frein sur l'arbre en sortie de différentiel. Ce dernier, actionné au pied, sert pour les ralentissements ou le freinages de courte durée ; pour le freinage « de fatigue » ou d’urgence, le chauffeur doit actionner les freins sur roues à l’aide d’un levier manuel.

Niveau suspension, le TAR est muni de ressort à lames en acier doux estampés sur les deux essieux reliés au châssis. Les ressorts sont terminés par des chapes qui s'engagent dans des supports spéciaux pour leur permettre d'osciller par rapport au châssis.

Pour la direction, elle est commandé sur les roues avant ; un arbre longitudinal transmet le même mouvement aux roues arrière et permet ainsi un virage rapide. Le rayon de braquage minimum est de 8,50 m.

Carrosserie[modifier | modifier le code]

  • Châssis : tôle emboutie de 200 mm de hauteur.
  • Cabestan : un arbre sortant de la boîte de vitesses actionne un cabestan placé à l'arrière et permet de développer un effort de traction de 1 250 kg à 1,50 m par seconde.
  • Roues : 4 roues identiques jumelées en acier coulé avec bandages caoutchoutés 1.200/110. Diamètre des jantes : 1 160 mm.

Fonctionnement[modifier | modifier le code]

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Essai du camion Latil TAR - lire l'extrait de l'article "L'essai du mois" Latil TAR 4x4 de Didier Vialard en 1915 paru dans le n° 87 de "La Vie de l'Auto" le 29 octobre 1987.

Essai du camion Latil TAR.

Curiosité[modifier | modifier le code]

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En 1911, la jeune société Latil créée en 1897, réalise son premier véhicule tout terrain « à grande adhérence », (comme on appelait les engins à quatre roues motrices et directrices à l'époque).

En 1913, donnera naissance au gros tracteur d'artillerie TAR (Tracteur d'Artillerie Roulant), destiné à remplacer la cascade de chevaux nécessaires pour tracter les canons de 105 m/m., son concepteur est primé par le Ministère de la Guerre en 1913.

Les acheteurs de ce modèle de véhicule pouvaient se faire rembourser jusqu'à 30 % du prix d'achat par le Ministère de la Guerre, s'ils acceptaient que leur véhicule et le chauffeur soit réquisitionné en cas de mobilisation. Ayant la capacité de se déplacer dans la boue, sur le sable ou la neige, il trouve immédiatement un marché, qui ne fait que s'amplifier après la Première Guerre mondiale, pour la traction des charrues, le débardage dans les forêts, les transports coloniaux, l'agriculture.

Préservation[modifier | modifier le code]

Latil TAR de la fondation Berliet.
  • Fondation de l'Automobile Marius-Berliet : exemplaire entièrement restauré est exposé au Musée de la Grande Guerre du pays de Meaux[2].
  • Association Lorraine des Amateurs d'Automobiles de collection et de loisirs : exemplaire en version pompier.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b alexrenault, « Châtillon-Panhard (1911-1914) », sur l'automobile ancienne, (consulté le 27 juillet 2019)
  2. « Le formidable Latil TAR », sur Fondation Berleit (consulté le 22 mai 2019)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • L'Aviation et l'automobilisme militaires 1914 - Le concours militaire de Tracteurs à adhérence totale ISSN 2428-2278 - Extraits sur Gallica.fr pages 268 à 296
  • Les camions de la victoire: le service automobile pendant la Grande guerre , 1914–1918 - par Jean-Michel Boniface - (ISBN 2-7072-0300-9)

Articles connexes[modifier | modifier le code]