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Cinéma soviétique

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La Terre (1930) d'Alexandre Dovjenko.
Nikolaï Tcherkassov dans Alexandre Nevski (1938), le premier film parlant de Sergueï Eisenstein.
L'actrice principale Vera Alentova et le réalisateur Vladimir Menchov du film Moscou ne croit pas aux larmes sorti en 1980, le 3e plus gros succès de tous les temps en URSS avec 84,4 millions d'entrées.

Le cinéma soviétique est l'un des plus importants du cinéma européen au XXe siècle. Il englobe la production cinématographique de l'Union soviétique depuis la révolution d'Octobre 1917[a] jusqu'à la dissolution de décembre 1991.

La phrase de Lénine, « le cinéma est pour nous, de tous les arts, le plus important », a fait le tour du monde. Un des films d'Eisenstein, Le Cuirassé Potemkine (1925), qui met en images la révolution russe de 1905, figure toujours au premier rang du panthéon des historiens du cinéma.

Le cinéma soviétique a donné lieu à diverses interprétations qui se sont focalisées soit sur « le cinéma comme œuvre d'art », « le cinéma comme propagande » ou « le cinéma comme objet de spectacle »[1].

Un clap aux couleurs du drapeau soviétique.
Timbre-poste de 1950, commémorant les 30 ans du cinéma soviétique. Il cite Staline, qui qualifie le cinéma de « plus grand moyen d'agitation de masse ».

Pendant la période de la guerre civile, les frontières sont fermées. Il en découle que peu de films sont réalisés du fait d'une pénurie presque totale de pellicule et que le cinéma de l'Empire russe s'éteint tout à fait. On réalise à la place de courts film de propagande appelés agitki[2].

L'histoire officielle du cinéma soviétique commence le , lorsque le Conseil des ministres de la RSFSR adopte le décret « Sur le transfert du commerce et de l'industrie photographiques et cinématographiques sous la tutelle du Commissariat du peuple à l'éducation »[3]. Par la suite, cette date a été célébrée comme la « Journée du cinéma » (aujourd'hui « Journée du cinéma russe (ru) »)[b],[4].

Le , à Moscou, lors d'une conférence réunissant les délégations des congrès des Soviets de la République socialiste fédérative soviétique de Russie, de la RSS d'Ukraine, de la RSS de Biélorussie et de la République socialiste fédérative soviétique de Transcaucasie (union étatique de l'Azerbaïdjan, de l'Arménie et de la Géorgie), le Traité sur la création de l'Union des républiques socialistes soviétiques est signé. Le lendemain, le 30 décembre, le Ier Congrès pan-soviétique des Soviets approuve le traité qui a été signé par les chefs des délégations.

Années 1920

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Le landau de la scène des escaliers du Cuirassé Potemkine (1925).

Dans les années 1920, le jeune cinéma soviétique ne se développe pas dans l'isolement du reste du monde. Son premier succès arrive à l'époque du cinéma muet. À cette époque, le cinéma prolétarien novateur, appelant à la révolution mondiale, suscite de l'intérêt en Occident. Les œuvres de Dziga Vertov et Sergueï Eisenstein, qui influencent considérablement le développement du cinéma non seulement en URSS, mais aussi dans le monde entier, sont particulièrement appréciées. Plusieurs réalisateurs documentaires talentueux des années 1920 créent des films qui contribuent au développement du langage cinématographique mondial. Pour Myriam Tsikounas[5], huit « cinéastes-théoriciens » ont transformé le « muet soviétique » en « objet mythique », largement connu depuis sous le terme de cinéma soviétique d'avant-garde : Koulechov, Dovjenko, Poudovkine, Eisenstein, Room, Vertov, Kozintsev et Trauberg. Le nouveau cinéma soviétique bénéficie des expériences fort nombreuses des avant-gardes artistiques qui ont marqué les dernières années du tsarisme (futurisme et constructivisme dans les beaux-arts, formalisme en littérature…).

Après la déclaration de Vladimir Ilitch Lénine selon laquelle « le cinéma est pour nous, de tous les arts, le plus important »[6], la direction locale du parti adopte une directive visant à promouvoir l'industrie cinématographique[7]. En 1923, un décret du parti charge chaque république de créer son propre studio national (des studios ont vu le jour à Achgabat au Turkménistan, Frunze (actuelle Bichkek) au Kirghizistan, Tachkent en Ouzbékistan, etc.).

Trotski surenchérit en 1924 : « Quand nos hameaux auront des cinémas, nous serons prêts à achever la construction du socialisme »[8]. Les bolcheviks partagent une idée répandue que le cinéma permet d'éduquer et de rendre accessible la littérature classique russe ou mondiale[9] mais également qu'il est un instrument de propagande inégalé :

« То, что мы до сих пор, т.-е. за эти почти шесть лет, не овладели кинематографом, показывает, до какой степени мы косолапы, некультурны, чтобы не сказать: прямо-таки тупоумны. Это орудие, которое само просится в руки: лучший инструмент пропаганды - технической, культурной, производственной, антиалкогольной, санитарной, политической - какой угодно, пропаганды общедоступной, привлекательной, врезывающейся в память, и - возможная доходная статья. »

— Léon Trotski[10]

« Le fait que jusqu'à présent, c'est-à-dire depuis presque bientôt six ans, nous n'ayons pas maîtrisé le cinématographe, montre à quel point nous sommes balourds, ignares, pour ne pas dire tout simplement bornés. C'est un instrument qui s'offre à nous, le meilleur instrument de propagande, quelle qu'elle soit – technique, culturelle, antialcoolique, sanitaire, politique ; il permet une propagande accessible à tous, attirante, une propagande qui frappe l'imagination ; et de plus, c'est une source possible de revenus. »

Une scène du film de science-fiction Aelita (1924).

À partir de 1925, les critiques des actualités de l'écran et les articles traitant de la théorie du cinéma sont proposés aux lecteurs par la revue Ekran kinogazety contrôlée par le ministère de la Culture de l'URSS, puis, plus tard, par le Comité d'État de l'URSS pour le cinéma[11].

Iakov Protazanov réalise le film de science-fiction Aelita (1924), qui se veut une continuation de la révolution russe de 1917. Eisenstein réalise son premier long métrage, La Grève (1925), à l'âge de vingt-six ans, mais c'est son deuxième, Le Cuirassé Potemkine, qui lui apporte la renommée internationale. La remarquable mise en scène du massacre des manifestants sur les immenses escaliers d'Odessa apporte la preuve que le cinéma peut égaler les autres arts. Eisenstein réalise ensuite un film encore plus ambitieux, Octobre (1927) inspiré du reportage de John Reed, pour célébrer le dixième anniversaire de la révolution russe de 1917[12].

Entrée des studios de la Mosfilm.

Dziga Vertov est un cinéaste soviétique d'avant-garde qui, s'opposant à un cinéma dramatique et littéraire (une histoire, des acteurs, des décors), privilégie le montage-mouvement du réel. Dans son film manifeste expérimental L'Homme à la caméra, il oppose, au « ciné-poing » d'Eisenstein, sa conception du « ciné-œil », en suivant le déroulement de la vie dans une grande ville russe, le temps d'une journée. Il est également à l'origine du cinéma-vérité, qui fera des émules en France — via Jean Rouch et Jean-Luc Godard dans son groupe Dziga Vertov — et aux États-Unis dans l'après-guerre avec le cinéma direct[13].

Le cinéma soviétique agrège les compétences et la créativité d'artistes des différentes républiques de l'URSS. Dans son Atlas du cinéma, André Z. Labarrère recourt même au terme « osmose » pour évoquer la coopération entre les différentes cinématographies. Au-delà de l'importance centrale de la composante russe, il faut ainsi notamment compter avec la vitalité du cinéma ukrainien et du cinéma géorgien[14].

1929 est pour Myriam Tsikounas[15] le moment du tournant idéologique du cinéma soviétique, le passage du cinéma d'avant-garde au réalisme socialiste, bien qu'elle précise que « sur le plan esthétique, en revanche, les courants qui sont apparus en 1924, indifférents aux mots d'ordre étatiques, subsistent[16] » jusqu'en 1935, comme on le voit dans Le Bonheur d'Alexandre Medvedkine.

Tous les films soviétiques ne sont pas avant-gardistes. Sous la Nouvelle politique économique (NEP) surgissent de nombreuses comédies comme Le Bonheur juif ou Dentelles de Ioutkevitch. Parmi ces films, Le Baiser de Mary Pickford[17] de Sergueï Komarov[18] met en scène les acteurs américains Mary Pickford et Douglas Fairbanks qui rencontrent, lors d'une visite des studios russes, une jeune actrice désireuse d'entrer dans la carrière.

Années 1930

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Affiche du film Joyeux Garçons sorti en 1934.

Le premier film soviétique initialement tourné en version sonore est sorti en 1931 et s'intitulait Le Chemin de la vie. Le premier film soviétique en couleur est La Fête du travail (1930) de Nikolaï Anotchenko (ru)[19]. Le premier film de fiction en couleur est Grounia Kornakova, sorti en 1936[20].

En 1934, plusieurs films soviétiques sont projetés dans le cadre du programme du 2e Festival du film de Venise : Les Nuits de Saint-Pétersbourg, L'Orage, Tcheliouskine, Joyeux Garçons et des actualités cinématographiques. Une projection spéciale est également organisée pour la presse étrangère et les professionnels du cinéma, au cours de laquelle sont projetés Trois Chants sur Lénine, Ivan, Boule de Suif et d'autres films. La délégation soviétique remporte la Coupe de l'exposition[21].

En 1935, la 1re édition du Festival international du film de Moscou a lieu. Le jury est composé de Boris Choumiatski (président), Sergueï Eisenstein, Vsevolod Poudovkine, Alexandre Dovjenko, Aleksandr Arossev (ru) et André Debrie. Le grand prix du festival est décerné au studio Lenfilm pour les films Tchapaïev, La Jeunesse de Maxime et Ceux du kolkhoze[22]. En 1959, le festival est relancé et de nouveau inauguré.

Dans les années 1930, le cinéma soviétique parvient à créer un langage cinématographique unique, qui combinait les traditions réalistes de l'art dramatique russe, connues dans le monde entier sous le nom de méthode Stanislavski, avec les techniques les plus récentes dont disposait alors le cinéma mondial[23],[24],[25],[26]. Différente des autres films du même genre, la comédie cinématographique La Vie privée de Piotr Vinogradov du réalisateur Aleksandr Matcheret fut la première œuvre à s'intéresser de près à la vie privée des personnages et à faire preuve d'un lyrisme qui devint la marque de fabrique du cinéma soviétique dans les années 1960 et 1970. Cependant, les comédies « grand public » et les situations cocasses, qui étaient finalement autorisées dans l'intérêt du bien-être général, du collectivisme et du socialisme victorieux, telles que Joyeux Garçons et Le Cirque du réalisateur Grigori Alexandrov, La Riche Fiancée (ru) et Les Tractoristes du réalisateur Ivan Pyriev. Le cinéma artistique et historique s'est développé, trouvant son expression la plus marquante dans le film Tchapaïev (1934) des frères Vassiliev[27]. Se démarquant du courant dominant du cinéma soviétique, le film Le Jeune Homme sévère, réalisé par Abram Room d'après un scénario de Iouri Olecha, tente de transposer à l'écran le langage d'un avenir futuriste. Ce film est jugé raté par la critique et les autorités cinématographiques de l'époque et mis au placard, jusqu'à ce qu'il soit redécouvert par une nouvelle génération de cinéastes soviétiques dans les années 1960.

Dans les années 1930, des maîtres du cinéma tels que Leo Arnchtam, Sergueï Ioutkevitch, Fridrikh Ermler, Mikhaïl Romm, Lev Koulechov travaillent également, et le célèbre documentariste Roman Karmen commence sa carrière.

Parmi les plus grands réalisateurs d'avant-guerre, dont les œuvres ont acquis une renommée internationale, il y a Dziga Vertov, Lev Koulechov, Vsevolod Poudovkine, Alexandre Dovjenko, Boris Barnet et les frères Vassiliev.

Ioulia Solntseva, co-réalisatrice avec Alexandre Dovjenko de La Bataille pour notre Ukraine soviétique (1943).

Les années 1936-1938 sont des années difficiles en raison de la présence de Nikolaï Iejov à la tête du NKVD. En 1940, La Loi de la vie (ru) d'Alexandre Stolper et Boris Ivanov (ru), sur un scénario d'Aleksandr Avdeïenko (ru), est interdit. Le film montre une soirée d'étudiants en faculté de médecine qui boivent[28]. Pendant cette période, l'image de Staline est largement utilisée dans le cinéma pour créer un culte de la personnalité comme dans La Chute de Berlin (1949) avec Mikheil Gelovani dans le rôle de Staline[29],[30]. En 1939, 59 films de fiction sont projetés en URSS[31].

Seconde Guerre mondiale (1939-1945)

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Une scène du film La Défaite des armées allemandes devant Moscou (1943).

Au cours des premiers mois de la guerre, les écrans de cinéma sont consacrés à la propagande, dont l'objectif était « d'éveiller le patriotisme, d'inculquer la haine de l'ennemi et d'insuffler la confiance dans la victoire ». À partir de courts métrages tournés et montés à la hâte, les cinéastes créent des « compilations cinématographiques de guerre » avec pour slogan : « La victoire est à nous ! » Les almanachs cinématographiques comprennent des adaptations cinématographiques d'épisodes de combat tirés des bulletins du Sovinformburo, des récits militaires, des essais documentaires, des miniatures satiriques et de simples extraits de concert. Le Recueil de films de guerre no 1 (ru) sort sur les écrans le [32], le dernier, Recueil de films de guerre no 12 (ru), le ,[33]. Trois autres recueils cinématographiques ne sont pas sortis sur les écrans, les raisons officielles de leur non-sortie sont inconnues[34].

En et , l'Armée rouge mène une contre-offensive près de Moscou, immortalisée par quinze documentaristes du front. À partir des images tournées, les réalisateurs Leonid Varlamov et Ilia Kopaline réalisent le film La Défaite des armées allemandes devant Moscou, qui remporte l'Oscar du meilleur film documentaire en 1943. Ce film est le premier à immortaliser ce tournant décisif de la Grande Guerre patriotique et à montrer au monde entier la puissance des armes de l'armée soviétique. Par la suite, d'autres films documentaires sont tournés sur les exploits des soldats soviétiques : Stalingrad de Leonid Varlamov, Un jour de guerre en URSS[35] de Mikhaïl Sloutski (ru)[36], Dans la forêt de Smolensk de Gueorgui Bobrov (ru), La Bataille d'Orel (ru) d'Avenir Sofine (ru) ou La Bataille pour notre Ukraine soviétique d'Alexandre Dovjenko et Ioulia Solntseva. Le film clef illustrant l'effondrement définitif du Reich hitlérien est Berlin de Iouli Raïzman. Les opérateurs du film ont immortalisé l'assaut du Reichstag, Berlin en ruines ainsi que la signature de l'acte de capitulation[33].

Dans l'ensemble, pendant la guerre, le nombre de films de fiction produits par les studios soviétiques a diminué. En 1943, 26 films de fiction sont produits, et en 1945, 20 films de fiction[31].

« Malokartinie » (1943-1953)

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Affiche du film En route vers les étoiles (ru) (1942) d'Edouard Pentsline (ru).

Les années d'après-guerre ont marqué le début d'une période que le chercheur en cinéma Valeri Fomine (ru) a qualifiée de « malokartinie » (Малокартинье, litt. « faible production de films »)[37]. Le nombre de films produits chaque année par les 12 studios cinématographiques de l'URSS entre 1946 et 1952 est passé de 21 à 7[31]. Malokartinie est désormais un terme qui désigne la période allant approximativement de 1943 à 1953 dans le cinéma soviétique[38].

La fin de la Grande Guerre patriotique et les premières années d'après-guerre ont été marquées par de nombreuses difficultés pour le cinéma soviétique, comme pour l'ensemble de la vie du pays. L'économie était dans une situation très difficile : la guerre avait épuisé les ressources humaines, la reconstruction de l'économie détruite par la guerre était en cours, la sécheresse de 1946 avait aggravé les problèmes alimentaires, et la reprise de la confrontation avec les pays occidentaux rendait nécessaire la création urgente d'armes nucléaires et de moyens de les transporter.

Il fallait rétablir le fonctionnement normal de la production cinématographique. La production de films avait fortement diminué. Mais, malgré le faible nombre de films produits, certains auteurs ont été, à la surprise générale, la cible d'une vague de critiques les accusant de ne pas comprendre suffisamment la réalité soviétique. La résolution du Comité central du Parti communiste soviétique (bolcheviks) du 4 septembre 1946 « Sur le film Une grande vie »[39] a porté un coup dur aux films de réalisateurs importants de l'époque : Leonid Loukov, Sergueï Eisenstein, Leonid Trauberg. La deuxième partie du film épique Ivan le terrible d'Eisenstein, critique explicite d'un despote, est interdite en [40]. Il faudra attendre 1958, cinq ans après la mort de Staline, pour que le film soit autorisé à être projeté en URSS.

Le début du malokartinie est marqué par la résolution du Bureau d'organisation du Comité central du Parti communiste soviétique (bolcheviks) du 7 avril 1948, dont voici le contenu[37] :

« …тов. Суслову, с привлечением работников Министерства финансов, разработать вопрос о сокращении вдвое расходов по производству кинофильмов и мероприятиях по увеличению вдвое доходов от кино »

« ...tov. Suslov, avec la participation des employés du ministère des Finances, d'étudier la question de la réduction de moitié des dépenses liées à la production cinématographique et des mesures visant à doubler les recettes provenant du cinéma. »

En juin 1948, cette politique de faible production cinématographique est officialisée par une autre résolution du Politburo[37]. De ce fait, de 1947 à 1953, le nombre de films sortis diminua d'un facteur trois, passant de 21 à 7. Le 6 juillet 1953, le ministre de la Culture de l'URSS, Panteleïmon Ponomarenko, annonça qu'en lien avec cette réduction du nombre de films sortis[41] :

« …произошло недопустимое жанровое оскудение нашей кинематографии; в течение многих лет на экран не выпускалось ни одной комедии, ни одного музыкального фильма на современные темы, ни одного научно-фантастического фильма. За последние 5 лет выпущен только один спортивный фильм и два приключенческих »

« … notre cinéma a connu un appauvrissement inacceptable en termes de genres ; pendant de nombreuses années, aucune comédie, aucun film musical sur des thèmes contemporains, aucun film de science-fiction n'a été produit. Au cours des cinq dernières années, un seul film sur le sport et deux films d'aventure ont été produits. »

Le malokartinie n'a pas touché le studio cinématographique de la République socialiste soviétique de Géorgie, qui a continué à produire 2 à 4 films par an[37].

Valdemārs Zandbergs (lv) et Vija Artmane dans une scène du film Kā gulbji balti padebeši iet (lv) (1957).

Les films historiques et biographiques n'ont pratiquement pas été affectés par la période du malokartinie. Dans les années d'après-guerre, les réalisateurs de renom ont tourné les films suivants : Mitchourine (1948) d'Alexandre Dovjenko ; Amiral Nakhimov (1946) et Joukovski (1950) de Vsevolod Poudovkine ; Pirogov (1947) et Belinski (1951) de Grigori Kozintsev ; Ivan Pavlov (1949), Moussorgski (1950) et Rimski-Korsakov (1953) de Grigori Rochal, Tarass Chevtchenko (1951) d'Igor Savtchenko, Les Compagnons du rail (1949) d'Aleksandr Faintsimmer et Vladimir Korch-Sabline, David Gouramichvili (ru) (1946) de Nikolaï Sanichvili (ru) et Iossif Toumanov (ru), Alicher Navoï (ru) (1948) de Kamil Iarmatov, Rainis (lv) de Iouli Raïzman (1949)[38].

Au cours de ces mêmes années, une série de décrets sur la littérature, le cinéma et le théâtre sont adoptés[42],[43],[44].

La période du malokartinie est liée et coïncide avec la « lutte contre le cosmopolitisme » dans la littérature et l'art.

La tâche principale du gouvernement à cette époque était d'amener les auteurs à créer dans leurs œuvres artistiques un héros positif de la nouvelle société. On considérait que dans la société soviétique, il ne pouvait y avoir de conflit entre les héros positifs et négatifs, mais seulement entre les bons et les excellents. Il était proposé aux auteurs de remarquer les « germes de l'avenir », de les développer et de les renforcer dans leurs œuvres, éduquant ainsi le spectateur soviétique[38].

Pendant la période du malokartinie, les films soviétiques sont exportés avec succès à l'étranger. Ainsi, en 1949, les films soviétiques sont diffusés dans 48 pays[45]. Par exemple, Le Dit de la terre sibérienne est visionné par 18 millions de spectateurs en 1949[45]. Les principaux consommateurs de films soviétiques sont les pays socialistes. Ainsi, en 1949, les films soviétiques occupent la part suivante du marché national du cinéma[45] :

Les films soviétiques sont aussi diffusés dans les pays capitalistes ainsi que dans leurs colonies. Ainsi, 32 films ont été livrés au Congo belge[46].

Époque Khrouchtchev (1953-1964)

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Timbre à l'effigie du réalisateur Andreï Tarkovski.

Pendant le dégel de Khrouchtchev, le style du cinéma soviétique change : les films perdent leur pathos et se rapprochent du réalisme, des besoins et des préoccupations des gens ordinaires. Selon l'archiviste du Gosfilmofond et historien du cinéma Vladimir Dmitriev, ce cinéma du dégel se développe entre 1956 et 1960, ce qui correspond selon lui à la période entre la fin du néoréalisme italien et le début de la Nouvelle Vague française. D'autres considèrent qu'il a cours jusqu'en 1968[47],[48].

Le nombre de films produits en URSS augmente énormément pendant cette période, passant de six films de fiction en 1951 à 125 films de fiction en 1965. Les nouveaux diplômés de l'Institut du cinéma permettent d'augmenter le nombre de nouveaux réalisateurs, l'objectif étant que 30 % des nouveaux films en 1967 soient réalisés par de nouveaux cinéastes. Environ 100 films étrangers sont sortis en URSS en 1965 et 1966. Entre 1945 et 1965, 71 cinémas sont construits à Moscou (la ville comptait au total 101 cinémas) et 7 autres ouvrent courant 1966. Le nombre total de salles de cinéma en URSS passe de 78 000 places en 1959 à 145 300 en 1965, avec 10 400 salles à écran large et 87 salles « grand format » (70 mm ou Cinérama). Les cinémas sont principalement concentrés dans les zones urbaines, de sorte qu'en 1964, la fréquentation annuelle des salles est de 20,6 films pour les citadins et de seulement 15,7 films pour les ruraux. Pour remédier à cette disparité, un programme expérimental de ciné-bus est conçu et testé en RSS de Biélorussie. Le ciné-bus est un autobus équipé de 35 à 60 sièges et capable de projeter un film. Le bus parcourt un rayon de 10 à 15 km pour rassembler des spectateurs jusqu'à ce qu'il soit plein, puis il s'arrête, projette le film et ramène ensuite les spectateurs dans leurs villages. Les efforts visant à augmenter la fréquentation des salles de cinéma sont couronnés de succès, le nombre d'entrées passant de 3 611 000 000 en 1960 à 4 112 000 000 en 1964. Selon les statisticiens soviétiques, la fréquentation moyenne des salles de cinéma par personne et par an en URSS était de 18,3 en 1964, contre 12 aux États-Unis et 8 en Angleterre et en France[49].

En 1958, le film Quand passent les cigognes du réalisateur Mikhaïl Kalatozov, sur un scénario de Viktor Rozov, devient le premier et unique film soviétique de l'histoire à recevoir la Palme d'or du Festival de Cannes « pour son humanisme, pour son unité et sa haute qualité artistique »[50],[51].

Le cinéaste Eldar Riazanov en 1990. Cinq de ses films ont obtenu le Prix Sovietski ekran du meilleur film soviétique.
La cinéaste Alla Sourikova en 2009. Elle a réalisé l'ostern L'Homme du boulevard des Capucines en 1987.

À partir de 1959, le Festival international du film de Moscou (classé en 1972 par le FIAPF dans la catégorie A, la plus haute) est organisé tous les deux ans, succédant à la toute première édition du festival qui avait eu lieu en 1935[52]. Des films de réalisateurs célèbres tels que Federico Fellini, István Szabó, Andrzej Wajda, Ettore Scola, Krzysztof Kieślowski, Stanley Kramer et d'autres participent et concourent au palmarès du festival.

En 1962, un film soviétique remporte pour la première fois le Lion d'or, le prix principal de la Mostra de Venise. Il s'agit du film L'Enfance d'Ivan du jeune réalisateur Andreï Tarkovski (le prix est partagé avec le film italien Journal intime de Valerio Zurlini). Le film soviétique remporta le Lion d'or une deuxième fois à la fin de l'existence du pays : en 1991, le prix est décerné à Urga de Nikita Mikhalkov[53].

Les films de genre : science-fiction dans l'espace, westerns rouges et films d'espionnage (1950-1991)

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Dans les années 1950 débute la course à l'espace entre l'Union soviétique et les États-Unis, inaugurée le par le premier satellite artificiel placé en orbite par Spoutnik 1 et marqué le par le premier vol spatial habité de Youri Gagarine par Vostok 1. Ces aventures spatiales se traduiront au cinéma par de nombreux films, dont le documentaire En route vers les étoiles (1958) de Pavel Klouchantsev. Il est communément admis que En route vers les étoiles a considérablement influencé les techniques utilisées par Stanley Kubrick dans 2001, l'Odyssée de l'espace (1968), en particulier dans sa représentation précise de l'apesanteur et d'une station spatiale en rotation. L'Encyclopedia Astronautica décrit certaines scènes de 2001 comme une « reproduction plan par plan de En route vers les étoiles »[54]. De nombreux films de science-fiction spatiale suivront, tels que L'Appel du ciel (1959) d'Alexandre Kozyr et Mikhaïl Karioukov (dont Roger Corman et Francis Ford Coppola feront un remake américanisé[55]), La Planète des tempêtes (1962) de Pavel Klouchantsev, Au-devant du rêve (1963) de Mikhaïl Karioukov, La Nébuleuse d'Andromède (1967) de Ievgueni Cherstobitov (ru), Eolomea (1972) de Herrmann Zschoche, Solaris (1972) d'Andreï Tarkovski, Moscou - Cassiopée (1974) et sa suite Les Ados du cosmos (1975) de Ritchard Viktorov, L'Enquête du pilote Pirx (1979) de Marek Piestrak, À travers les ronces vers les étoiles (1981) de Ritchard Viktorov, La Boucle d'Orion (1981) de Vassili Levine, Le Mystère de la troisième planète (1981) de Roman Katchanov ou le space opera Le Sanctuaire des sorcières (1990) de Iouri Moroz, adapté de la nouvelle de Kir Boulitchev[56].

Un autre genre soviétique lancé dans les années 1950 est le cinéma d'aventures dit « ostern », « western rouge » ou « western oriental », même si plusieurs critiques comme Georges Nivat citent le film Tchapaïev sorti en 1934 comme faisant déjà parti du genre[27]. Des verstes sous le feu (1957) de Samson Samsonov est vite comparé au western américain La Chevauchée fantastique (1939) de John Ford (1939)[57]. Le cinéaste Mikhaïl Trofimenkov (ru), qui souligne également cette influence, a fait remarquer que la version de Samsonov a été tournée avec une touche locale, sur le thème de « Yablochko »[58]. En 1966 sort Les Justiciers insaisissables, premier volet de la trilogie culte des « Insaisissables »[59], le second ayant pour titre Les Nouvelles Aventures des insaisissables (1968) et le troisième La Couronne de l'Empire russe (1971)[60]. D'autres osterns incluent Le Soleil blanc du désert de Vladimir Motyl, grand succès de l'année 1970, Le Cavalier sans tête (1972) de Vladimir Weinstock, Le Nôtre parmi les autres (1974) de Nikita Mikhalkov, Armé et très dangereux (1977) de Vladimir Vaïnchtok ou L'Homme du boulevard des Capucines (1987) d'Alla Sourikova.

Viatcheslav Tikhonov (ici au premier rang en 1963, assis entre les cosmonautes Youri Gagarine et Valentina Terechkova) est l'acteur-vedette de Dix-sept Moments de printemps (1973) et TASS est autorisé à déclarer… (1984).

Dans le contexte de la guerre froide, les films d'espionnage jouent un rôle politique important, à l'image de la mini-série télévisée Dix-sept Moments de printemps réalisée par Tatiana Lioznova, à propos de laquelle Vladimir Poutine a déclaré que sa décision d'adhérer au KGB avait été motivée par les thrillers d'espionnage de son enfance, parmi lesquels la série de Lioznova[61]. La série dépeint les exploits de Maxime Maximovitch Issaïev, un espion soviétique opérant en Allemagne nazie sous le nom de Max Otto von Stierlitz, interprété par Viatcheslav Tikhonov. Stierlitz est chargé de perturber les négociations, qui se déroulent en Suisse, entre Karl Wolff et Allen Dulles et qui visent à forger une paix séparée entre l'Allemagne et les Alliés occidentaux[62]. L'intention initiale de Iouri Andropov en commandant cette série fut réalisée : Michel Heller considérait Dix-sept Moments de printemps comme « l'une des opérations les plus réussies en matière de publicité pour le KGB ». Outre cette série, d'autres films de cinéma ont rencontré un certain succès, comme la tétralogie d'espionnage sur l'agent double Mikhaïl Touliev, comprenant les films L'espion commet une erreur (1968), Le Destin de l'espion (1970), Le Retour de l'espion (1982) et La Fin de l'opération Espion (1986)[63]. Dès Mission secrète (1950) de Mikhaïl Romm, un film présente déjà l'affrontement est-ouest en mettant en scène des agents soviétiques qui déjouent des négociations secrètes entre Nazis et Américains sur la reddition des troupes allemandes à l'Ouest. Les Âmes fortes (1967) de Viktor Gueorguiev raconte l'histoire du soldat soviétique Nikolaï Ivanovitch Kouznetsov, qui s'est infiltré dans le quartier général allemand en RSS d'Ukraine. Dans La Saison morte (1968), le film met en scène l'espion soviétique Constantin Ladeinikov (interprété par Donatas Banionis) qui contrecarre les projets du criminel de guerre allemand Dr Hass dans la station balnéaire de Dargate, qui conçoit la formule d’une arme chimique et s'apprête à la transmettre en Allemagne de l'Ouest[64],[65]. En 1975, Des diamants pour la dictature du prolétariat (1975) de Grigori Kromanov met en scène le chef des services secrets Gleb Boki en 1921 qui contrarie un trafic de diamants. En 1983, Téhéran 43, nid d'espions rassemble Natalia Belokhvostikova, Igor Kostolevsky, Armen Djigarkhanian, Alain Delon et Claude Jade pour empêcher un projet d'attentat par les nazis (Opération Grand Saut) contre Winston Churchill, Joseph Staline et Franklin D. Roosevelt en 1943 lors de la conférence à Téhéran. En 1984, TASS est autorisé à déclarer… de Vladimir Fokine fait état de la recherche par le KGB d’un traître qui vend à la CIA des informations sur la présence soviétique en Nagonie, un pays imaginaire situé en Afrique.

Époque Brejnev (1964-1982)

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Tatiana Lioznova, réalisatrice du film sentimental Trois Peupliers dans la rue Pliouchtchikha (1967) mais aussi de la mini-série d'espionnage à succès Dix-sept Moments de printemps (1973).
Le réalisateur Leonid Gaïdaï, metteur en scène de nombreuses comédies à succès du cinéma soviétique telles que Le Bras de diamant (1968), Ivan Vassilievitch change de profession (1973) ou Incognito de Saint-Pétersbourg (ru) (1977).

Au printemps 1964 sort Je m'balade dans Moscou de Gueorgui Danielia sur un scénario de Guennadi Chpalikov. Cette comédie romantique commence par une scène célèbre à l'aéroport de Moscou, où un garçon sur le tarmac croise une jeune fille esquissant des pas de danse : « Tu atterris ou tu décolles ? » lui demande-t-il, « J'attends quelqu'un » répond-elle. « Qui donc ? » « Mon mari ». « Heureux homme ! ». Ce film était très apprécié par la jeunesse soviétique au début des années 1960. Bien que son intrigue soit un peu naïve et sans prétention, il montrait à quel point la vie était merveilleuse, donnait de l'espoir et essayait de voir les choses désagréables d'un œil optimiste. La chanson du même nom tirée du film est toujours populaire et est devenue l'hymne officieux de la jeunesse moscovite[66]. Il est présenté au festival de Cannes 1964 sous le titre Romance à Moscou et y obtient un prix de mise en scène pour Vadim Ioussov, surtout connu pour sa collaboration ultérieure avec Andreï Tarkovski[67].

Le film soviéto-cubain Soy Cuba de Mikhaïl Kalatozov est tourné durant le blocus américain de l'île débuté le et la crise des missiles de Cuba du 14 au et sort en salles le . Le film ayant pour thème la révolution cubaine se distingue par un grand professionnalisme technique, qui est principalement attribué aux innovations du chef opérateur Sergueï Ouroussevski et de son équipe. Malgré les accusations de formalisme, de nombreux critiques du film ont noté ses qualités visuelles et stylistiques exceptionnelles. Il remporte le Grand Prix lors du VIe Congrès de l'Union internationale des associations techniques cinématographiques (UNIATEC) à Milan puis il est redécouvert dans les années 1990, notamment via les cinéastes américains Francis Ford Coppola et Martin Scorsese. Pour la critique Diana Ourdinova, « Ouroussevski est un virtuose de la caméra mobile, il danse avec elle, marche d'avant en arrière, s'immerge même sous l'eau ». En 2005, un documentaire brésilien, Soy Cuba, le mammouth sibérien, est consacré au film[68].

En 1965 sort L'Hyperboloïde de l'ingénieur Garine d'Aleksandr Gintsburg, adapté du roman éponyme d'Alexis Tolstoï écrit en 1925[69]. Le film met en scène le personnage de Piotr Garine, qui développe une arme d'une puissance destructrice sans précédent en s'appuyant sur les découvertes du professeur Mantsev : l'hyperboloïde, un générateur de rayons thermiques intenses. Alors que de nombreux critiques ont émis des avis défavorables sur le film, les critiques Anna Novikova et Oksana Timofeïeva estiment que l'utilisation de l'esthétique du film noir « rend non seulement le film plus spectaculaire et attrayant, mais permet également de représenter par les moyens du cinéma le monde intérieur d'un héros obsédé par des idées fanatiques »[70].

En 1969 sort Sayat Nova : La Couleur de la grenade, un film tourné en RSS d'Arménie par Sergueï Paradjanov et consacré à Sayat-Nova, poète et troubadour arménien du XVIIIe siècle. Ce film est considéré comme un jalon dans l'histoire du cinéma et est largement salué par les cinéastes et les critiques. Il est souvent considéré comme l'un des plus grands films jamais réalisés[71],[72],[73],[74]. La même année sort Le Bras de diamant de Leonid Gaïdaï, une comédie soviétique culte, 4e plus gros succès de tous les temps en URSS avec 76,7 milions de spectateurs[75],[76]. L'intrigue est inspirée d'un fait divers apparemment réel : des contrebandiers suisses auraient tenté de sortir d'URSS des bijoux dans un plâtre chirurgical. Le film prend le scénario inverse : il s'agit d'importation illicite d'or et de gemmes en URSS[77].

En ce qui concerne l'autre grand festival européen, celui de la Berlinale, le cinéma soviétique n'y est longtemps pas représenté pour des raisons politiques. Ce n'est qu'en 1975 qu'un film soviétique est projeté pour la première fois à Berlin-Ouest. Malgré cette longue absence des films soviétiques à ce festival, dès 1977, le film L'Ascension de Larissa Chepitko remporta le prix principal, l'Ours d'or[78], et dix ans plus tard, le film Le Thème de Gleb Panfilov réitère ce succès[79].

L'actrice Svetlana Toma, à l'affiche des Tsiganes montent au ciel d'Emil Loteanu tourné en Ruthénie subcarpathique en 1975.
Natalia Goundareva dans Une femme douce (1977).

Inspiré par le film Le Jour le plus long (1962), le bureau politique décida de répondre à cette coproduction qui ne parlait pas de la contribution des soviétiques à la victoire de 1945 en mettant à la disposition du cinéaste Iouri Ozerov d'énormes moyens matériels, surtout soviétiques mais aussi allemands, polonais, yougoslaves et italiens pour réaliser le film épique Libération (1971). Long de h 27, ce métrage est une représentation dramatisée de la libération du territoire de l'Union soviétique et de la défaite subséquente de l'Allemagne nazie lors de la Grande Guerre patriotique, mettant l'accent sur cinq campagnes majeures du front oriental : la bataille de Koursk, l'offensive du Bas-Dniepr, l'opération Bagration, l'offensive Vistule-Oder et la bataille de Berlin. Le film remporte le prix du Comité Central de l'Union de l'Amitié Tchéco-Soviétique au Festival international du film de Karlovy Vary[80]. Le film est distribué dans 115 pays à travers le monde. En République populaire de Bulgarie, il enregistre 7 millions d'entrées[81]. En République démocratique allemande, 4 millions de personnes ont regardé L'Arc de feu / La Percée entre sa sortie en novembre 1970 et celle d'Opération Bagration en juin 1971[82]. En Union soviétique, les deux premiers épisodes ont été vus par 56 millions de spectateurs, se plaçant au 33e rang dans la liste des plus gros succès du box-office en URSS. Pour le troisième film on en a compté 35 millions et 28 millions pour le quatrième.

En parallèle des films de science-fiction dans l'espace, plusieurs films soviétiques abordent aussi le voyage dans le temps ou les boucles temporelles. C'est le cas d'Ivan Vassilievitch change de profession (1973) de Leonid Gaïdaï, adapté de la pièce de théâtre de Mikhaïl Boulgakov, où le héros navigue entre la période contemporaine et l'époque d'Ivan le Terrible. Le film est un grand succès avec plus de 60 millions d'entrées. Un autre film semblable est Miroir pour héros (1987) de Vladimir Khotinenko, adapté de la nouvelle éponyme de Sviatoslav Rybas (ru)[83].

La rivalité Est-Ouest est parfois perceptible concernant les choix des sujets : par exemple, des réalisateurs russes tentent d'adapter de la meilleure manière possible au cinéma les grands standards de la littérature européenne[84]. Grigori Kozintsev est alors le cinéaste le plus en vue pour ses adaptations multiples (notamment un Don Quichotte en 1957). Des films soviétiques sont par ailleurs plusieurs fois nommés aux Oscars américains dans la catégorie du meilleur film en langue étrangère. Trois films remportent cette récompense : Guerre et Paix (1968) de Sergueï Bondartchouk, le film soviéto-japonais Dersou Ouzala (1975) d'Akira Kurosawa et Moscou ne croit pas aux larmes (1981) de Vladimir Menchov. Le réalisateur Stanislav Rostotski voit également ses films nommés deux fois aux Oscars : La 359e Section en 1972 et Bim chien blanc à l'oreille noire en 1978[85],[86].

Outre les films ayant remporté des prix dans les plus grands festivals internationaux, les œuvres de réalisateurs tels qu'Ivan Pyriev, Sergueï Guerassimov, Leonid Gaïdaï, Marlen Khoutsiev, Gueorgui Danielia, Eldar Riazanov, Vassili Choukchine, Alexeï Guerman, Leonid Bykov, Stanislav Govoroukhine, Tatiana Lioznova, Vladimir Bassov entre autres. Le record du nombre de films élus meilleurs films de l'année par les lecteurs du magazine Sovietski ekran est détenu par Eldar Riazanov avec L'Ironie du sort (comédie romantique culte[87] lauréate du prix d'État de l'URSS en 1977[88],[89]), Romance de bureau (1978), Une gare pour deux (1983), Romance cruelle (1984) et Promesse du ciel (1991)[90].

Les acteurs baltes ont joué un rôle important dans le cinéma soviétique[91]. De nombreux tournages en extérieur de films « sur l'Occident » (par exemple La Saison morte en 1968) sont tournés dans les pays baltes, avec la participation importante d'acteurs baltes qui avaient l'apparence non slave nécessaire pour les intrigues « occidentales » (mais qui parlaient russe avec un fort accent, ce qui explique pourquoi des acteurs russes étaient invités pour le doublage).

Un grand succès de l'année 1976 est la romance musicale Les Tsiganes montent au ciel d'Emil Loteanu où, à côté d'authentiques Roms, des acteurs et des actrices de toute l'URSS ont été recrutés : ainsi Maria Kapnist est une Saint-Pétersbourgeoise d'origine grecque, Grigore Grigoriu et Svetlana Toma sont moldaves, Béla Vichnievski est d'origine hongroise, Dumitru et Mihail Bouzyliov-Creţu sont de la région du lac Baïkal, Nikolaï Jemtchoujny est de Vladimir et Lialia Tchornaïa est une étoile de la troupe Romen à Moscou. L'action se passe en Ruthénie subcarpathique au XIXe siècle. Dans sa tournée des festivals, le film remporte la Coquille d'or du 14e Festival de Saint-Sébastien en 1976[92] et est élu meilleur film de l'année au Festival international du film de Belgrade en 1977[93]. Dans les salles soviétique, il rassemble 64,9 millions de spectateurs, se plaçant au 15e rang des plus films les plus populaires de l'histoire du cinéma soviétique[94],[95].

Les cinéastes soviétiques collaborent assez activement non seulement avec leurs collègues des pays du bloc socialiste (principalement d'Europe de l'Est), mais aussi avec des producteurs, des réalisateurs et des acteurs des pays capitalistes. La première coproduction est le film soviéto-finlandais Sampo, sorti en 1958. Il est suivi par le film soviéto-italo-britannique La Tente rouge, réalisé par Mikhaïl Kalatozov en 1969, le film soviéto-italien Waterloo de 1970, réalisé par Sergueï Bondartchouk et produit par Dino De Laurentiis, le film soviéto-japonais Moscou, mon amour, réalisé en 1974 par Aleksandr Mitta, le film soviéto-japonais de 1975 réalisé par Akira Kurosawa Dersou Ouzala, le film soviéto-franco-suisse Téhéran 43 (1980) avec Alain Delon dans l'un des rôles principaux, le film de 1987 Les Yeux noirs, réalisé par Nikita Mikhalkov avec Marcello Mastroianni dans le rôle principal. Dans ces années-là, des vedettes occidentales du cinéma sont également apparues dans des films soviétiques : Elizabeth Taylor, Ava Gardner et Jane Fonda sont venues pour le film de conte de fées L'oiseau bleu (1976). L'actrice française d'origine russe Marina Vlady joue dans Un amour de Tchekhov (1969) de Sergueï Ioutkhevitch. Ce réalisateur a également donné à l'actrice française Claude Jade le rôle principal féminin dans Lénine à Paris (1981). Claude Jade a ensuite de nouveau joué pour Mosfilm dans Téhéran 43 (1981). Giancarlo Giannini et Ornella Muti ont joué dans La vie est belle de Grigori Tchoukhraï[96], Franco Nero, Sydne Rome et Ursula Andress ont joué dans Les Cloches rouges : le Mexique en flammes et J'ai vu naître un nouveau monde (1983) de Bondartchouk.

La place Pouchkine en 1984, avec le cinéma Rossïa derrière, siège du Festival international du film de Moscou.
Gueorgui Danielia (ici en 2010) est le metteur en scène de la comédie romantique Je m'balade dans Moscou (1964), mais aussi de la comédie de science-fiction Kin-dza-dza! (1986).

Sergueï Bondartchouk compte parmi les réalisateurs qui tourne et joue des deux côtés du rideau de fer. En Union soviétique, il est considéré comme un maître des scènes de bataille grandioses avec des milliers de figurants (particulièrement dans Guerre et Paix ou Waterloo). Tout au long de l'histoire du cinéma soviétique, il y a eu des cas où des acteurs sont partis vivre et travailler « à l'Ouest ». Si certains acteurs russes de la première vague d'émigrants ont réussi à se faire connaître dans leur nouveau pays, plus tard, en grande partie à cause de leur mauvaise connaissance des langues étrangères (principalement l'anglais), les acteurs soviétiques ont eu du mal à sortir du cadre des rôles secondaires soviétiques. On peut citer comme exemples de telles biographies Mikhaïl Tchekhov (fondateur d'une école de théâtre populaire aux États-Unis, qui a formé de nombreuses vedettes hollywoodiennes), Maria Ouspenskaïa, le compositeur de musique de film Dmitri Temkine, Fiodor Chaliapine fils (qui s'est retrouvé en Occident dès son enfance), Saveli Kramarov, Ilia Biakine, Aleksandr Beniaminov (ru), Oleg Vidov, Mikhaïl Barychnikov, Aleksandr Godounov, Lev Krouglio (ru). Parmi les réalisateurs, deux cas sont particulièrement connus : le travail d'Andreï Kontchalovski en Occident et l'émigration d'Andreï Tarkovski en 1984.

Kontchalovski réalise Sibériade en 1979. L'intrigue raconte le destin de deux familles sibériennes — les Solomines et les Oustioujanines — sur leurs trois générations (environ 70 ans) et s'inscrit dans l'histoire de la Sibérie dans l'Union soviétique. Le thème du pétrole dans le film est inspiré par la longue lutte du héros du travail socialiste Farman Salmanov pour trouver du pétrole dans l'oblast de Tioumen à la fin des années 1950. Le film est présenté au Festival de Cannes 1979[97]. Françoise Sagan, présidente du jury du festival, a déclaré à Kontchalovski qu'elle démissionnerait du jury si Sibériade ne partageait pas la Palme d'or, la principale récompense du festival, avec Apocalypse Now de Francis Ford Coppola[98]. Néanmoins, le scandale est étouffé et le prix est partagé entre Apocalypse Now et Le Tambour[98], Sibériade remportant le deuxième prix le plus important. La principale motivation des autres membres du jury qui ont persuadé Sagan était que le prix ne devait pas être partagé entre les deux superpuissances dans le contexte de guerre froide[98]. On sait que pendant le festival, Coppola, qui avait eu le temps de regarder Sibériade, a invité Kontchalovski sur son yacht dans la baie et lui a dit qu'il ne voyait pas d'inconvénient à partager le prix principal avec lui[98]. Selon Kontchalovski, « la conversation s'est déroulée comme si Gromyko et Kissinger, deux puissances, s'étaient rencontrés »[98]. Un an après ce film et ce prix à Cannes, Kontchalovski part réaliser quelques films à Hollywood, dont Tango et Cash (1989) avec Sylvester Stallone, avant de revenir en Russie dans les années 1990.

Les romans d'Arcadi et Boris Strougatski, naviguant entre science-fiction et polar, sont adaptés à plusieurs reprises au cinéma : d'abord en 1979 avec L'Auberge de l'alpiniste mort de Grigori Kromanov, puis la même année dans le célèbre Stalker d'Andreï Tarkovski, parfois considéré comme le meilleur film soviétique voire l'un des plus grands films de tous les temps[99],[100],[101]. La comédie fantastique Magiciens est adaptée à la télévision en 1982 d'après le roman Le lundi commence le samedi. Alexandre Sokourov réalise Les Jours de l'éclipse en 1988 et un an plus tard sort Un dieu rebelle, une coproduction internationale adaptée du roman Il est difficile d'être un dieu, réalisée par Peter Fleischmann et co-scénarisée par Jean-Claude Carrière et Pierre Christin[102],[103].

Au milieu des années 1970, le cinéma « grand public » commence à gagner en popularité en URSS : pour la première fois, une série de films catastrophes (L'Équipage d'Aleksandr Mitta, 1980) et d'action (Pirates du XXe siècle de Boris Dourov, 1980) sont tournés[104]. Ces deux films figurent parmi les 10 films les plus populaires de tous les temps en Union soviétique avec Moscou ne croit pas aux larmes (1980), Le Bras de diamant (1969), Opération Y et autres aventures de Chourik (1965) et La Prisonnière du Caucase ou les Nouvelles Aventures de Chourik (1967), Les Noces à Malinovka (1967), Le Glaive et le Bouclier (1968) et Les Nouvelles Aventures des insaisissables (1968), réunissant tous plus de 60 millions de spectateurs en salles[105].

Cinéma de la perestroïka (1985-1991)

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Natalia Negoda (ici en 2020) est érigé au rang de sex-symbol en 1988 grâce au rôle-titre du film La Petite Véra de Vassili Pitchoul, dans lequel elle apparaît décomplexée et rebelle.
Ielena Iakovleva en 2000. L'actrice interprète une prostituée émancipée dans le film soviéto-suédois Interfille de Piotr Todorovski sorti en 1989.

Avec le début de la Perestroïka, le cinéma soviétique commence à changer de visage. Le cinquième congrès de l'Union des cinéastes, qui se tient en mai 1986, marque un tournant dans l'histoire récente du cinéma soviétique. Lors de cet événement, l'ancienne direction de l'Union est de facto destituée. C'est à partir de ce moment que commence l'ère du cinéma dit « de la Perestroïka », où les films abordent des thèmes auparavant tabous, deviennent délibérément provocateurs et naturalistes, frôlant parfois le pessimisme pur et simple — ce courant artistique est appelé « tchernoukha » en russe. Parallèlement, des films continuent d'être tournés dans le style traditionnel.

Au Festival international du film de Moscou 1985 est projeté Requiem pour un massacre d'Elem Klimov d'après les écrits d'Alès Adamovitch. L'intrigue du film se concentre sur l'occupation allemande de la Biélorussie pendant la Seconde Guerre mondiale et sur les événements tels que les a vécus un jeune adolescent biélorusse nommée Florian, qui rejoint une unité de partisans, puis dépeint les atrocités nazies et les souffrances infligées à la population. Le film mêle hyperréalisme et surréalisme sous-jacent, existentialisme philosophique et thèmes poétiques, psychologiques, politiques et apocalyptiques. Le film a reçu des critiques positives lors de sa sortie initiale et remporte le prix d'or et le prix FIPRESCI au Festival international du film de Moscou 1985. Selon un sondage des lecteurs du magazine Sovietski ekran, il est reconnu comme le meilleur film de l'année 1986[106] et comme l'un des meilleurs films de guerre de tous les temps selon de nombreux classements internationaux[107],[108],[109].

Les dernières années de l'existence de l'URSS sont une période fructueuse pour le cinéma. Plusieurs films populaires et emblématiques sortent à cette époque : Kin-dza-dza! de Gueorgui Danielia (1986), Le Coursier de Karen Chakhnazarov (1986), Le Repentir de Tenguiz Abouladzé (1987), Assa de Sergueï Soloviov (1987), Mélodie oubliée pour une flûte d'Eldar Riazanov (1987), L'Aiguille de Rachid Nougmanov (1988), Taxi Blues de Pavel Lounguine (1990), Nuage-paradis de Nikolaï Dostal (1990), etc.

En 1986 sort Lettres d'un homme mort de Konstantin Lopouchanski. Ce film de science-fiction post-apocalyptique après une apocalypse nucléaire est sorti un mois avant la catastrophe nucléaire de Tchernobyl. En raison du climat tendu entre l'Amérique du Nord et la Russie pendant la guerre froide, de nombreux critiques pensent que Lettres d'un homme mort est une réponse à des films américains comme Le Jour d'après et à des films britanniques comme La Bombe et Threads, qui traitent de leur point de vue sur la course aux armements nucléaires[110].

En 1988, le film La Petite Véra de Vassili Pitchoul fait sensation par sa représentation d'une famille ouvrière russe dans une ville industrielle morne. Vera (вера) signifie « foi » en russe, mais la vie de Vera est une vie en vase clos[111]. Le film est présenté comme le premier film soviétique punk à explorer la rébellion de la jeunesse et l'esprit contre-culturel[112]. Le film prend ouvertement parti pour les jeunes contre l'autorité, dépeignant la police comme répressive et indifférente au sort du peuple[112]. Certains critiques de cinéma qualifient égaelement ce film de « premier film érotique soviétique »[113]. Il contient pour la première fois une scène intime explicite, ce qui était tout à fait impensable avant la Perestroïka dans les salles de cinéma soviétiques (dans les films occidentaux importés en URSS, ce genre de scènes était « coupées »)[114]. Après La Petite Véra (qui, dans un certain sens, est devenue un symbole de libération), des films sur des thèmes auparavant interdits ont commencé à sortir en masse : la criminalité, la prostitution ou la violence domestique. C'est le cas du film Interfille de Piotr Todorovski sorti en 1989 qui met en scène l'actrice Ielena Iakovleva dans le rôle d'une prostituée à Leningrad. Selon le critique Aleksandr Fedorov, Interfille démontre clairement que l'érotisme sur les écrans nationaux n'est jamais devenu un genre à part entière, jouant un rôle secondaire et portant toujours une certaine charge idéologique et sociale[114]. Le film contribue à la formation d'une nouvelle image de la femme à l'écran. L'héroïne principale n'est ni une mère ni une maîtresse, mais une femme émancipée qui décide elle-même de son destin et de sa profession[115].

Le Pépélatse, l'appareil qui peut voler vers d'autres planètes, dans la comédie dystopique de science-fiction culte Kin-dza-dza! (1986).

À la fin des années 1980, le cinéma commercial fait son apparition sous la forme du cinéma coopératif, un cinéma financé par des particuliers et des financeurs privés qui se servaient parfois de ce débouché pour blanchir de l'argent. Le premier film commercial est la comédie Pour les jolies dames ! d'Anatoli Eïramdjan (1989), produite par la coopérative Fora-film[116].

Les deux derniers films élus meilleur film soviétique de l'année par le magazine Sovietski ekran sont le documentaire On ne peut pas vivre comme ça de Stanislav Govoroukhine en 1990 qui chronique les problèmes sociaux des années 1980 en URSS et le film-parabole Promesse du ciel d'Eldar Riazanov en 1991, qui met en scène un groupe de vagabonds habitant près d'une décharge. L'un de ces vagabonds déclare être en contact avec des extraterrestres qui lui ont promis de l'amener lui et ses amis dans leur planète où règnent le bonheur, la joie et la paix avant que les autorités soviétiques ne décident de raser la décharge pour implanter une usine[117].

La fin des années 1980 voit également la sortie du film Les Voleurs dans la loi de Iouri Kara, qui fait sensation en 1988 en présentant de façon franche le crime organisé russe, les Voleurs dans la loi du titre, qui prend le contrôle d'une station balnéaire. Le film de gangsters fera ensuite florès tout au long des années 1990 dans le cinéma russe, reflétant la crise sociale post-soviétique[118].

Un courant artistique parallèle né à Leningrad au début des années 1980 dans le milieu des artistes et cinéastes d'avant-garde, le nécroréalisme, va se révéler influent au tournant des années 1990, notamment à travers la figure de Ievgueni Ioufit et de son film Papa, le père Noël est mort (1991)[119]. Le nécroréalisme se concentre sur l'étude des états limites de l'être humain, de la pathologie de la corporéité et de l'absurdité de la mort, en recourant souvent à l'esthétique du grotesque, de l'humour noir et du choc[120].

Postérité

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Le cinéma soviétique cesse d'exister avec la fin de l'URSS en date du . Il est remplacé par les cinémas nationaux des 15 nouveaux États d'Europe et d'Asie. Les bâtiments spécialisés des anciens studios cinématographiques républicains, les cinémas, le matériel cinématographique et autres équipements deviennent la propriété des nouveaux États, ce qui est confirmé par des accords internationaux entre la Fédération de Russie et les anciennes républiques de l'URSS.

Nombre de films produits par an

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File d'attente devant un cinéma à Kharkov en 1981, pour voir le film L'Escadron des hussards volants.
  • 1918 : 6 films
  • 1919 : 57 films
  • 1920 : 29 films
  • 1921 : 12 films
  • 1922 : 16 films
  • 1923 : 8 films
  • 1924 : 69 films
  • 1925 : 80 films
  • 1926 : 102 films
  • 1927 : 118 films
  • 1928 : 124 films
  • 1929 : 92 films
  • 1930 : 128 films

Les statistiques relatives à la sortie en salles de films de fictions en URSS dans les premières années d'après-guerre sont les suivantes (avec 12 studios de cinéma)

  • 1946 : 21 ;
  • 1947 : 21 ;
  • 1948 : 16 ;
  • 1949 : 10 ;
  • 1950 : 12 ;
  • 1951 : 11 (dont 3 concerts cinématographiques) ;
  • 1952 : 7 (dont 2 concerts cinématographiques).

Selon le journaliste Valeri Otstavnykh, après la guerre, environ 500 films sont produits chaque année. Ils sont ensuite distribués, et même les films « réservés à un public restreint » de Tarkovski sont accessibles aux spectateurs intéressés dans un petit nombre de cinémas périphériques de Moscou[121].

Dans les années 1980, la production annuelle de films en URSS est la suivante : environ 270 films de fiction (dont environ 120 téléfilms), environ 2 000 films documentaires, scientifiques et éducatifs (plus de la moitié d'entre eux sont réalisés dans des studios cinématographiques républicains). La fréquentation des cinémas s'lève à environ 4 milliards de spectateurs par an[122].

Nombre de salles de cinéma

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En 1913, la Russie compte 1 412 cinémas, dont 137 à Saint-Pétersbourg et 67 à Moscou.

Pendant la révolution et la guerre civile, le nombre de cinémas a doublé, mais il a continué à augmenter rapidement dans les années suivantes, principalement grâce aux cinémas itinérants[123] :

  • 1925 : 2 000
  • 1928 : 10 000
  • 1934 : 29 200
  • 1951 : 42 000
  • 1960 : 103 387
  • 1972 : 156 913
  • 1982 : 151 753
  • 1987 : 153 017 (dont seulement 4 865 cinémas fixes).

Principales structures cinématographiques soviétiques

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Billets de cinéma délivrés par le Comité d'État pour le cinéma de la RSFSR (vers 1980).

Sociétés cinématographiques

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  • La seule société cinématographique nationale en URSS était le Comité d'État du Conseil des ministres de l'URSS pour la cinématographie, dit « Goskino », qui comptait plusieurs unités de production (« studios ») :
    • Studio central de scénarisation[124],[125]
    • Studio de cinéma Mosfilm :
      • 1961-1966 : Première association créative et Association des films télévisés (depuis 1964, association créative « Ekran ») ;
      • 1966-1973 : associations créatives « Vremia », « Kinoaktior » (association créative d'écrivains et de cinéastes), « Tovarichtch », « Iounost », « Loutch », « Ekran » (depuis 1967 — « Telefilm »), Association créative expérimentale (créée en 1968 par la fusion de l'Atelier cinématographique créatif expérimental, lui-même créé en 1964[126],[127])
      • 1973-1988 : première, deuxième, troisième et quatrième associations créatives, association créative de films télévisés, association créative expérimentale[128] (en 1976, elle est réorganisée en sixième association créative, puis liquidée la même année[127], l'atelier de films comiques et musicaux est réorganisé en association créative de films musicaux et comiques, en 1979, la sixième association créative est rétablie), groupe de doublage ;
      • 1988—1990 : associations créatives « Ritm », « Slovo », « Janr », « Iounost », « Soïouz », « Kroug » et « Telefilm »[129] ;
      • depuis 1990 : les studios « Ritm », « Slovo », « Janr », « Iounost », « Soyouz », « Kroug », « Telefilm » ;
    • Studio central Gorki de cinéma pour enfants et jeunes :
      • 1975-1988 : première, deuxième et troisième associations artistiques ;
      • 1988-1990 : associations artistiques « Mir », « Kontakt », « Zodiac », « TVK », association artistique expérimentale « Ladya » ;
      • Filiale de Yalta (1963-1989)
        • 1976-1988 : première, deuxième et troisième associations créatives
    • Studio central russe du cinéma documentaire
    • Studio central de films scientifiques, populaires et éducatifs (« Tsentrnaoutchfilm (ru) »)
    • Studio d'animation « Soyouzmoultfilm » : associations créatives de dessins animés et de films d'animation avec des marionnettes, groupe de doublage
    • Studio de cinéma Lenfilm :
      • 1961[130]—1988 : première, deuxième et troisième association créative (jusqu'en 1972[130] et depuis 1987), association créative de films télévisés (depuis 1972), groupe de doublage
      • 1988-1990 : associations créatives et de production « Troïtski most », « Golos », « Ladoga », « Petropol »
      • Depuis 1990 : studios « Troïtski most », « Golos », « Ladoga », « Petropol »
    • Studio de Leningrad pour les films de vulgarisation scientifique et éducative (« Lennaoutchfilm »)
    • Studio d'actualités de Kouïbychev (ru)
    • Studio de cinéma de Sverdlovsk (formé dans l'Oural par des cinéastes évacués vers l'Oural le , à Sverdlovsk, au plus fort de la Grande Guerre patriotique. Un an plus tard seulement, en 1944, le premier film fut tourné : une comédie musicale inspirée de l'opérette autrichienne Silva).
    • Studio de Sibérie occidentale
    • Studio de cinéma d'actualités de Sibérie orientale (ru)
    • Studio Dovjenko (En 1925, il a été décidé de créer, en plus du studio d'Odessa fondé sur les ruines de l'industrie cinématographique pré-révolutionnaire, un autre studio cinématographique ukrainien à Kiev).
      • 1961-1974 : Première, deuxième associations créatives, Association créative de films télévisés
      • 1974-1988 : Associations créatives « Vremia », « Iounost » (depuis 1982 — « Radouga ») et « Loutch »
      • 1988-1990 : Première, deuxième et troisième associations créatives
      • Depuis 1990 : Associations créatives « Zemlia », « Talisman » et « Radouga »
    • Studio de films scientifiques populaires de Kiev (« Kievnaoutchfilm »)
    • Studio de cinéma d'Odessa (Le studio cinématographique d'Odessa est le successeur direct du studio « Mirolog », fondé à Odessa en 1907 par le photographe Miron Grossman, qui avait acheté une caméra à Paris) : Première et deuxième associations créatives, groupe de doublage
    • Studio de cinéma de Yalta (Tout comme Odessa, le studio cinématographique de Yalta connaît son apogée pendant la guerre civile. En 1917, Alexandre Khanjonkov tranfert sa production cinématographique à Yalta et y tourne ses films jusqu'en 1919).
    • L'association de production « Kopirfilm » regroupait les studios de duplication de films :
    • Gosfilmofond, la cinémathèque de l'Union soviétique
    • Association pan-soviétique « Sovexportfilm », pour l'exportation de films soviétiques à l'étranger.
    • VPTO « Videofilm » — créée en 1986, elle assurait la duplication et l'enregistrement sur cassettes vidéo des films et téléfilms des studios cinématographiques Goskinosoviet et des téléfilms de l'association créative « Ekran » de la télévision et la radio d'État de l'URSS, ainsi que des principales rédactions chargées de la préparation des téléfilms des comités locaux de télévision et de radio[132]. En 1991, la société anonyme à responsabilité limitée « Corporation Videofilm » est créée[133], puis en 1993, elle abandonne l'enregistrement et la duplication de programmes vidéo pour se consacrer à la diffusion télévisuelle[134].
    • Studio « Artvideo »
    • Studio « Double »
    • Bureau de propagande du cinéma soviétique, depuis 1987 — VTPO « Kinocentre »[135]
    • Direction des festivals internationaux de cinéma et des expositions « Sovinterfest »[136]

Une partie des films est tournée par les chaînes de télévision publiques elles-mêmes, qui disposent d'unités de production cinématographique (l'association créative « Ekran » au sein de la télévision et de la radio d'État de l'URSS, les rédactions en chef des téléfilms et les départements de production cinématographique des comités de télévision et de radio des républiques socialistes soviétiques et de Leningrad, les rédactions de production cinématographique des studios de télévision des républiques socialistes soviétiques, des régions et des provinces).

  • Société de radiodiffusion et de télévision d'État de l'URSS (« Gosteleradio (ru) »)
    • Association créative « Ekran », depuis 1988 — Association créative et de production « Soyouztelefilm » : studios de films documentaires, artistiques, d'animation, pour enfants et adolescents, d'actualités télévisées, de programmes musicaux
  • Comité pour la télévision et la radiodiffusion du Comité exécutif régional de Leningrad (« Comité de Leningrad pour la télévision et la radiodiffusion » et « Lentefilm », jusqu'en 1975 — « Télévision de Leningrad »)
  • Comité d'État de la RSS d'Ukraine pour la télévision et la radiodiffusion (ru) (« Ukrtelefіlm »)
  • Comité de radiodiffusion et de télévision du Comité exécutif régional de Kouïbychev (« Kouïbychevtelefilm (ru) »)
  • Comité pour la télévision et la radiodiffusion du Comité exécutif régional de Saratov (« Saratovtelevision »)
  • Comité de radiodiffusion et de télévision du Comité exécutif régional de Volgograd (« Volgogradtelefilm »)
  • Comité de radiodiffusion et de télévision du Comité exécutif régional de Rostov (« Dontelefilm (ru) »)
  • Comité de radiodiffusion et de télévision du Comité exécutif régional de Perm (« Permtelefilm (ru) »)
  • Comité de radiodiffusion et de télévision du Comité exécutif régional de Sverdlovsk (« Sverdlovsktelefilm »)
  • Comité de radiodiffusion et de télévision du Comité exécutif régional de Novossibirsk (« Novosibirsktelefilm (ru) »)
  • Comité de radiodiffusion et de télévision du Comité exécutif régional de Krasnoïarsk (« Krasnoïarsktelefilm (ru) »)
  • Comité de radiodiffusion et de télévision du Comité exécutif régional d'Irkoutsk (« Irkoutsktelefilm »)
  • Comité de radiodiffusion et de télévision du Comité exécutif du kraï de Primorié (« Daltelefilm (ru) »)

Chacune des républiques de l'Union soviétique, à l'exception de la RSFS de Russie et de la RSS d'Ukraine, possédait ses propres sociétés de production cinématographique :

  • Comité d'État de la RSS d'Arménie pour la cinématographie (Goskino de la RSS d'Arménie)
    • Studio Armenfilm (fondé au début des années 1920 en tant que division du Commissariat du peuple à l'éducation de la République)
    • Studio de films documentaires et de vulgarisation scientifique d'Erevan – séparé du studio Armenfilm en 1959 et réintégré en 1982[137]
  • Comité d'État de la RSS d'Azerbaïdjan pour la cinématographie (Goskino de la RSS d'Azerbaïdjan)
    • Studio Azerbaïdjanfilm (fondé au début des années 1920 en tant que division du Commissariat du peuple à l'éducation de la République)
  • Comité d'État de la RSS de Biélorussie pour la cinématographie (Goskino de la RSS de Biélorussie)
    • Le studio cinématographique « Belarusfilm » (fondé en 1928 sous le nom « Savetskaïa Belarus » à Saint-Pétersbourg, dans le bâtiment de l'ancien théâtre « Krivoïe zerkalo » (où travaillait Evreinov). Les films eux-mêmes étaient tournés à Moscou, Minsk n'abritant qu'un laboratoire cinématographique pour la production de films d'actualités) : associations créatives de films artistiques et télévisés et atelier de films d'animation, depuis 1982 — également l'association créative « Letopis ».
  • Comité national de la cinématographie de la RSS d'Estonie (Goskino de la RSS d'Estonie)
  • Comité national de la cinématographie de la RSS du Kazakhstan (Goskino de la RSS du Kazakhstan)
    • Studio Kazakhfilm (fondé en 1934 comme studio de reportages) produit son premier long métrage, Amanguéldy, en 1939, en collaboration avec Lenfilm. À l'instar des autres studios de cinéma d'Asie centrale, il connaît un essor important pendant la guerre, lorsque Mosfilm et Lenfilm sont évacués au Kazakhstan. Ils fusionnent alors temporairement. Après la guerre, lorsque les grands studios quittent la république, les plateaux de tournage et les salles de montage restent à Alma-Ata.
  • Comité d'État de la RSS kirghize pour le cinéma (Goskino, RSS kirghize)
    • Studio Kirghizfilm (fondé en 1944 comme bureau de production de reportages pour Ouzbekkino, où étaient tournés les actualités filmées. La production de longs métrages a débuté au milieu des années 1950).
  • Comité national de la cinématographie de la RSS de Moldavie (Goskino de la RSS de Moldavie)
    • Studio Moldova-Film (fondé en 1940, immédiatement après l'annexion de la Moldavie par l'URSS ; un département de reportages ukrainiens y a été ouvert à Chișinău, où les actualités ont été tournées jusqu'en 1957)
      • « Arta », « Loutchafèroul » et l'Association du film documentaire
  • Comité national de la cinématographie de la RSS du Tadjikistan (Goskino de la RSS du Tadjikistan)
    • Studio Tadjikfilm (fondé en 1930 en tant que studio de reportages) s'est ensuite tourné vers la production de longs métrages. Pendant la guerre, des cinéastes de la partie européenne de l'URSS y ont été évacués. La société Soyuzdetfilm y a également été évacuée.
  • Comité national de la cinématographie de la RSS du Turkménistan (Goskino de la RSS du Turkménistan)
  • Comité national de la cinématographie de la RSS d'Ouzbékistan (Goskino Uzbek SSR)
    • Studio Ouzbekfilm (fondé en 1925 sous le nom de « Étoile de l'Orient »). Avant la guerre, il a produit des films classiques sur l'histoire de la lutte révolutionnaire et des classes dans les déserts d'Ouzbékistan, tels que Les Chacals de Rawat (Шакалов Равата).
    • Studio de Tachkent de vulgarisation scientifique et de films documentaires.

Syndicat des travailleurs du cinéma

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Les travailleurs du cinéma (tout comme les artistes, les écrivains et autres acteurs culturels) sont regroupés au sein d'un syndicat créatif. En 1960, le comité d'organisation du Syndicat des travailleurs du cinéma regroupe[138] :

  • 12 bureaux républicains : ukrainien (avec des succursales à Odessa et Yalta), biélorusse, géorgien, arménien, azerbaïdjanais, ouzbek, kazakh, tadjik, turkmène, letton, lituanien, estonien ;
  • des succursales à Sverdlovsk et Leningrad ;
  • six représentants (en Kirghizie, en Moldavie, dans les studios de cinéma d'actualités de Rostov et de Ciscaucasie, dans les studios de cinéma d'actualités de Kouïbychev et de la Basse Volga, dans le studio de cinéma d'actualités de Novossibirsk).

Au , le Syndicat des travailleurs du cinéma comptait 2 471 membres (personnes physiques)[138] :

  • Moscou — 1168 personnes ;
  • Leningrad — 327 personnes ;
  • Ukraine — 217 personnes ;
  • Géorgie — 139 personnes ;
  • Arménie — 68 personnes ;
  • Kazakhstan — 68 personnes ;
  • Azerbaïdjan — 56 personnes ;
  • Ouzbékistan — 68 personnes ;
  • Sverdlovsk — 50 personnes ;
  • Biélorussie — 48 personnes ;
  • Lettonie — 47 personnes ;
  • Tadjikistan — 39 personnes ;
  • Lituanie — 32 personnes ;
  • Turkménistan — 30 personnes ;
  • Estonie — 27 personnes ;
  • Studios de Kouïbychev et de la Basse Volga — 21 personnes ;
  • Studios de Rostov et de la Ciscaucasie — 17 personnes ;
  • Kirghizistan — 13 personnes ;
  • Moldavie — 11 personnes ;
  • Studio d'Irkoutsk — 11 personnes ;
  • Studio de Novossibirsk — 10 personnes.

Les membres du Syndicat des travailleurs du cinéma étaient répartis par profession (au )[138] :

  • Réalisateurs — 618 personnes ;
  • Cinéastes — 521 personnes ;
  • Artistes — 196 personnes ;
  • Acteurs — 290 personnes ;
  • Scénaristes — 246 personnes ;
  • Scientifiques et ingénieurs — 157 personnes ;
  • Organisateurs de production — 122 personnes ;
  • Critiques, historiens de l'art et enseignants — 103 personnes ;
  • Ingénieurs du son — 88 personnes ;
  • Monteurs — 74 personnes ;
  • Compositeurs — 56 personnes.

De même (en 1960), des Maisons du cinéma créées par le Comité d'organisation de l'Union fonctionnent dans les villes suivantes : Moscou, Leningrad, Kiev, Erevan, Bakou, Alma-Ata, Frunze[138].

Personnalités du cinéma soviétique

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L'actrice Lidia Smirnova dans Mon amour (1940) de Vladimir Korch-Sabline.

Réalisateurs

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Scénaristes

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Acteurs soviétiques, Actrices soviétiques.

Critiques de cinéma

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Notes et références

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  1. Alors que l'Union soviétique proprement dite ne débute formellement que le , la République socialiste fédérative soviétique de Russie est bien effective dès 1917.
  2. Pour commémorer cet événement, le 27 août a été déclaré « Journée du cinéma » par le décret du Présidium du Conseil suprême de l'URSS du 1er octobre 1980 « Sur les jours fériés et commémoratifs ». Dans la version révisée du décret du Présidium du Conseil suprême de l'URSS du 1er novembre 1988 « Sur les modifications apportées à la législation de l'URSS relative aux jours fériés et commémoratifs », cette journée a été rebaptisée « Journée du cinéma russe ».

Références

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Articles connexes

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Listes et catégories

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Bibliographie

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Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

Dictionnaire

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  • Richard Taylor, Nancy Wood et Julian Graffy (dir.), The BFI companion to eastern european and russian cinema, Londres, British Film Institute, , 288 p.

Les premiers grands ouvrages sur le sujet

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  • Jay Leyda (trad. de l'anglais par Claude-Henri Rochat), Kino : histoire du cinéma russe et soviétique, Lausanne, Éditions l'Age d'homme, (1re éd. 1960), 533 p.
  • Marc Ferro, Analyse de film, analyse de sociétés : une source nouvelle pour l'histoire, Paris, Hachette, , 290 p. (ISBN 978-2-07-032805-5 et 2-07-032805-8). Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Marc Ferro, Cinéma et histoire, Paris, Denoël, coll. « Bibliothèque Médiations », , 168 p. Document utilisé pour la rédaction de l’article

Nouvelles approches du sujet (classement par ordre chronologique croissant)

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Liens externes

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