Joël Chapron

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Joël Chapron
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Historien du cinéma, traducteurVoir et modifier les données sur Wikidata

Joël Chapron (né à Paris en 1960) est spécialiste des cinématographies d'Europe centrale et orientale, et, plus particulièrement, de celles de l'ex-Union soviétique. Il est responsable de cette zone au sein d'Unifrance Films pour la promotion du cinéma français. Interprète et traducteur de russe, il a sous-titré plus d'une centaine de films, écrit de nombreux articles, donné des conférences en France et à l'étranger, réalisé des bonus DVD et écrit des ouvrages publiés en France et en Russie. Correspondant étranger du Festival de Cannes depuis près de 30 ans[1] pour les pays de l’ex-URSS, il y a été à 7 reprises l'interprète attitré des membres du jury russes.

Biographie[modifier | modifier le code]

Joël Chapron fait tout d'abord des études de russe à la Sorbonne, avant d'entrer à l'École supérieure d'interprètes et de traducteurs (ESIT) de Paris et de devenir interprète de conférence. Il entre simultanément aux Dictionnaires Le Robert (1986-1992) et travaille auprès d’Alain Rey. Il collabore notamment à l’édition refondue du Micro-Robert (ainsi que du Micro-Robert Poche[2] et du Micro-Robert Plus), dont il dirige la correction après en avoir rédigé une partie, et participe à la rédaction de la 3e édition du Petit Robert ainsi qu’à la révision de l’étymologie des emprunts à la langue russe en français. Il mène parallèlement une carrière de sous-titreur (plus de 100 films en langue russe) et de traducteur de scénarios. Il travaille, dans le cadre de différentes missions effectuées en Europe centrale et en ex-URSS, pour la Société des auteurs et compositeurs dramatiques (SACD), le Centre national du cinéma et de l'image animée, Europa Cinemas et l'Observatoire européen de l'audiovisuel.

En 1987, le bureau Sovexportfilm l'envoie pour la première fois au Marché du film du Festival de Cannes. Il fait alors la connaissance de Gilles Jacob qui le prend comme interprète de russe du comité de sélection, puis des membres de jury russes de 1990 à 1995 (Alexeï Guerman, Natalia Negoda, Nana Djordjadze, Inna Tchourikova, Alexandre Kaïdanovski, Maria Zvereva), puis, en 2018 après 23 années sans membres du jury russes, à Cannes, d'Andreï Zviaguintsev et y présente les films de la Cinéfondation depuis sa fondation.

Il fut, de 1993 à 1999, membre de la Commission du Fonds d’aide aux coproductions avec les pays d’Europe centrale et orientale du CNC (dit "Fonds ECO"), puis membre suppléant de la Commission du Fonds d’aide aux coproductions (dit «Fonds Sud») du CNC, avant d'être nommé expert par le ministre de la Culture auprès de la Commission du Fonds ECO[3] ; puis, de 2000 à 2002, membre de la Commission de la fondation suisse Montecinemaverità (qui exista de 1992 à 2004), visant à aider les films en provenance des pays cinématographiquement en difficulté. Il travaille également sur plusieurs coproductions franco-russes (dont Une vie indépendante de Vitali Kanevski et Est-Ouest de Régis Wargnier). En 1995, Daniel Toscan du Plantier le nomme responsable des pays d’Europe centrale et orientale à Unifrance, l’organisme de promotion du cinéma français à l’étranger.

Il collabore depuis près de trente ans au Festival de Cannes pour lequel il établit des recommandations de films de l’ex-URSS et des pays de l'Europe de l'Est et a fait de même, de 2006 à 2012, pour le Locarno Festival[4] (il apporte son concours à l’organisation de la section Open Doors dédiée à l'Asie centrale en 2010[5] et aux pays du Caucase en 2013[6]).

Il fut membre du groupe de réflexion sur le cinéma, « l’Exception », parrainé par Le Monde et l'Institut d'études politiques de Paris (2000-2004), dont les travaux ont été publiés dans trois livres parus chez Gallimard, Le Banquet imaginaire (ISBN 978-2-0707-6835-6) (2002), Voir ensemble (ISBN 978-2-0707-3445-0) (2003) et Le Cinéma sans la télévision (ISBN 978-2-0707-7138-7) (2004).

Après avoir été pendant plusieurs années chercheur associé au Laboratoire Culture et Communication d'Avignon Université, il y a été nommé, par décret au Journal officiel[7], professeur associé de 2009 à 2016. Il fut également professeur à l'ESRA en 2017-2018 et est, depuis 2019, chargé de cours à l'École de cinéma de Moscou[8].

Il fait de très nombreuses présentations de films d'ex-URSS et d'Europe centrale - Paris, Antony, Arcachon, Avignon, Châtellerault, Montélimar, Épinal, Montauban, Fos-sur-Mer, Penmarc'h, Bruxelles (Bozar), Créteil... - et lors du festival de Cannes, du festival Lumière à Lyon, du festival de cinéma russe à Honfleur...

Distinctions[modifier | modifier le code]

Joël Chapron a été nommé au grade de chevalier dans l’ordre des Arts et des Lettres[9] () et s’est vu décerner le Prix du meilleur sous-titrage de l’année 2013 pour un film non anglophone (The Major[10] de Iouri Bykov) par l'Association des traducteurs/adaptateurs de l'audiovisuel.

Traductions et sous-titrages[modifier | modifier le code]

Parmi les nombreuses traductions du russe, on peut citer :

Publications[modifier | modifier le code]

Joël Chapron est l’auteur de nombreux articles, pour la presse française (plus de 30 articles pour Le Monde, Le Film français…) et étrangère, sur les cinématographies des pays de l’Est[12], dont :

  • Une (petite) histoire du cinéma kirghize (Culture et Musées no 12, Actes Sud, (ISBN 978-2-7427-8122-5), également éditée en anglais dans Studies in Russian & Soviet Cinema, Volume 4, Number 2) ainsi que dans Cinema in Central Asia, Rewriting Cultural Histories, edited by Michael Rouland, Gulnara Abikeyeva and Birgit Beumers I.B. Tauris, 2013;
  • l’article pour le site du Festival de Cannes (en huit langues) sur l’histoire des relations tumultueuses entre celui-ci et la Russie[13] (2011), Cannes et la Russie : je t'aime, moi non plus
  • les articles relatifs aux cinémas russe et hongrois de la nouvelle édition du Dictionnaire mondial du cinéma (parue en 2011 chez Larousse)[14]
  • l’article consacré à Vingt-cinq ans d’industrie cinématographique postsoviétique (CinémAction no 148, « Le cinéma russe, de la perestroïka à nos jours », ) ;
  • l’article intitulé L’Exploitation cinématographique en Russie d’avant-hier à aujourd’hui dans Cinéma russe contemporain, (r)évolutions, sous la direction d’Eugénie Zvonkine[15] (2017)

Publications en français[modifier | modifier le code]

  • L’Exploitation cinématographique en France, avec Priscilla Gessati, éd. Dixit/Le Film français, 168 pages, (ISBN 978-28-44811-75-2) ()
  • Moscou et Saint-Pétersbourg mis en scènes, avec Christel Vergeade, éd. Espaces&Signes, 116 pages, (ISBN 979-10-94176-26-9) ().
  • 25 ans de cinéma français à l'étranger sous la direction de Gilles Renouard (J. Chapron est l'auteur des chapitres "Russie" et "Pologne"), éd. Hémisphères, 416 pages, (ISBN 978-2-37701-082-0) (décembre 2020).

Ouvrages traduits en russe[modifier | modifier le code]

  • Принципы и механизмы финансирования французского кино(Principes et mécanismes du financement du cinéma français), с Присиллой Жессати, 96 стр., изд. КоЛибри/Азбука-Аттикус, (ISBN 978-5-389-02094-8) (2011)
  • Принципы и механизмы финансирования французского кино (Издание второе), с Присиллой Жессати, 128 стр., изд. КоЛибри/Азбука-Аттикус, (ISBN 978-5-389-06993-0) (2013)
  • Французский кинотеатр - Аншлаг длиною в век, с Присиллой Жессати, 224 стр., изд. КоЛибри/Азбука-Аттикус, (ISBN 978-5-389-11297-1) (2016)

Bonus DVD[modifier | modifier le code]

Conférences[modifier | modifier le code]

  • « 20 ans de cinéma post-soviétique »[19] (9es Rencontres du cinéma européen, Vannes, avril 2010)
  • « Retour sur le cinéma soviétique » (Institut Lumière, Lyon, )[20]
  • « Russie/France : la circulation des productions nationales »[21](Université de Lausanne, décembre 2012).
  • « Les cinémas russe en France et français en Russie » [22](Sorbonne, Association des historiens, « La France et la Russie dans l’Europe des XIXe et XXe siècles »,  ; Moscou, )
  • « Une histoire du cinéma soviétique et du cinéma russe en France : 1896-2012 »[23] (Sotchi, festival Kinotavr, juin 2013)
  • « Vingt-cinq ans d'exploitation cinématographique post-soviétique »[24] (colloque "Le cinéma russe depuis 1991", ENS Louis-Lumière, Paris, décembre 2014)
  • « Une histoire du cinéma russe en France » (Institut Lumière, Lyon, )
  • « L’Exploitation cinématographique en Russie »[25] (Princeton University, )
  • « L'Histoire dans le cinéma russe » (Ajaccio, )[26]
  • « Le cinéma roumain » (Pessac, )[27]
  • « 30 ans de cinéma roumain dans les salles commerciales françaises »[28] (colloque "Romanian Cinema in the Cultural Framework", Université libre de Bruxelles, décembre 2019)
  • « L' "écranisation", ou comment passer de la littérature russe au cinéma »[29] (Festival Univerciné russe, Nantes, février 2020).

Filmographie comme acteur[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Cannes dévoile son commité de sélection de films », sur filmfestivals.com (consulté le 17 septembre 2020).
  2. https://www.payot.ch/Detail/le_robert_micro_poche_dictionnaire_de_noms_propres_cartes_chronologie_2nde_edition_mars_1994-joel_chapron-9782850362736
  3. https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000000188816/
  4. (en) « 66th Locarno Film Festival to focus on Armenia, Georgia, Azerbaijan - Public Radio of Armenia », sur Public Radio of Armenia (consulté le 17 septembre 2020).
  5. https://www.screendaily.com/doors-of-perception/5013658.article
  6. https://www.locarnofestival.ch/fr/pardo/professionals/press/Press-release/projects-for-open-doors-2013?
  7. https://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000021720867
  8. https://moscowfilmschool.ru/about/tutors/139122/
  9. « Nomination dans l'ordre des Arts et des Lettres septembre 2012 », sur gouv.fr (consulté le 17 septembre 2020).
  10. https://beta.ataa.fr/prix/2014/adaptation-en-sous-titrage-dun-film-non-anglophone
  11. [1]
  12. Chapron, Joël, « L’Europe centrale en arrêt sur image », Culture & Musées, Persée - Portail des revues scientifiques en SHS, vol. 7, no 1,‎ , p. 181–186 (DOI 10.3406/pumus.2006.1394, lire en ligne, consulté le 17 septembre 2020).
  13. « CANNES ET LA RUSSIE : JE T’AIME, MOI NON PLUS », sur Festival de Cannes 2020, (consulté le 17 septembre 2020).
  14. http://www.editions-larousse.fr/dictionnaire-mondial-du-cinema-9782035843463
  15. Septentrion, 286 pages, (ISBN 978-2-7574-1799-7)
  16. https://www.youtube.com/watch?v=wajrfjAe7eo
  17. http://www.potemkine.fr/Potemkine-fiche-film/Coffret-grigori-tchoukhrai/pa11m5pr19820.html
  18. http://www.drame.org/blog/index.php?2017/05/04/3611-chepitko-klimov
  19. http://www.cinecran.org/v1/wp-content/uploads/2018/04/Plaquette-9e-Rencontres-du-Cin%C3%A9ma-Europ%C3%A9en.pdf 
  20. « "70 années de cinéma soviétique" par Joël Chapron » [vidéo], sur YouTube (consulté le 17 septembre 2020).
  21. https://applicationspub.unil.ch/interpub/noauth/php/Ud/ficheCours.php?v_enstyid=39682&v_ueid=174&v_langue=37
  22. (pt) « La France et la Russie dans l'Europe des XIXe et XXe siècles », sur calenda.org (consulté le 17 septembre 2020).
  23. https://kinotavr.ru/images/kinotavr-2013-catalog.pdf
  24. http://www.labex-arts-h2h.fr/IMG/pdf/programme-bat-3.pdf
  25. https://www.jiscmail.ac.uk/cgi-bin/wa-jisc.exe?A3=ind1512&L=EAST-WEST-RESEARCH&E=base64&P=4487&B=--_004_EEB4C4D4ED6A2A4CAE7657E9825A0BB557CDBB0CCSGMBX201Wpuwin_&T=image%2Fjpeg;%20name=%22image003.jpg%22&N=image003.jpg&XSS=3
  26. « « Napoléon invite la Russie » : Cinéma et Pouvoir jusqu'au 5 juin à l’espace Diamant. », sur Corse Net Infos - Pure player corse (consulté le 17 septembre 2020).
  27. https://www.webeustache.fr/2016/12/
  28. http://cinematek.be/ftp/print-pr/CINEMATEK-2019-20-12_01_02.pdf?fbclid=IwAR3gTCbHn6a4SRro71x_nzOScTvjVJQXfJa-uc4CVot495wlzHgu4nQ-oj0
  29. https://francerussiecei-nantes.fr/festival-univercine-russe-saison-19-20/

Liens externes[modifier | modifier le code]